‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 104 sur 175 · CHAPITRE 1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1V

Votre Grandeur d’une autre manière qu'en enlevant à votre diocèse des hommes aussi utiles que celui dont nous déplorons la mort, tout en nous consolant par la penséé des mérites de sa vie. »

Une dernière lettre de l'évêque de Vinccunes » du père auquel venait d'être ravi ce fils bien-aimé , clora le récit qu'on vient de lire.

« Tous étaient consternés ; DOS protestants eux-mêmes , les juges , les avocats l'aimaient autant qu'ils l'estimaient. Le 44 février, nous avons commencé à prier pour notre jeune ami; Mais j'ai remis au dimanche d'annoccer la messe vontificale poar le lundi, à laquelle la paroisse entière se rendit, Un graud nombre de nos frères séparés vinrent aussi à cette triste cérémonis. Cinq prêtres y assistaient. Je célébrai à neuf heures l'office divin, je fis l'absoute et parlai pendant quelque temps ; mais il n’en était pas besoin , les larmes de tous étaient plus éloquentes. Je rappelai la mort de ces trois missionnaires perdus en seize mois. Ah!

Qui viendra les remplacer dans ce pauvre diocèse si éprouvé dans ses premières années ?.... Quels jours pleins de mérites que ceux écoulés depuis novembre 1835, pour ce jeune avocat devenu le héros de nos missions , digne en tout des missionnaires primitifs, des PP. Brebeuf, Jogues et Lallemant ! car le voilà devenu comme le martyr de la charité , par ses derniers efforts poux ses chers Indiens. Courage! songeons à le bien suivre , et que cette mort si précieuse devant Dieu e& - {ar prêtres à venir nous aider dans un pays où il fait si bon il, et planter avec nous les racines de ces églises si intér à s'agit d'assurer l'avenir au Seigneur ! »

Les bons sauvages.

Fragments d'une lettre du P. Hoëken, missio de Jésus, près les Potowattomies, (Traduction de l'italien.)

nnaire de la Compagnie à un Père de la même Compagrie.

« Résidence de Saint-Stanisias, 27 décembre 1839.

» .... Îl faut rendre cette justice à nos sauvages ; ils sont tous exem-

plaires | dévoués de cœur aux pratiques religieuses , respectueux envers

RSS

les missionnaires , assidus enfin à s'approcher , toutes les trois semaines au plus tard, du sacré tribunal et de la table sainte. Jamais jour ne sc passe sans que sous n’en voyions quelqu'un prendre part à l'un de ces deux sacrements ; et pour les solennités, ie nombre de ceux qui veulent y participer augmente , il varie entre viagt et trente fidèles. Un des traits qui les distinguent le plus, c'est nne obéissance aveugle, je ne dis pas seulement aux ordres du prêira , mais à son plus faible désir, at je ne

sais quoi d'enfantin et d'irrésoiu qui les empêche de rien entreprendre .

sans conseil.

Sans affection pour les biens terrestres , ils ne demandent d'autre fruit à leur travail que le nécessaire de leurs besoins. Ailleurs, la culture des champs retombe sur les hommes , comme plus robustes ; ici, les feinmes en sont chargées. Jaloux cependant de rétablir l’ordre ainsi renversé davs les occupations, et de faire aimer l'agriculture à ceux qui pouvaient la rendre plus utile, je rassembiai, par un jour de printemps, tous les hommes de la ‘’ribn, et je ‘ r donnai quelques leçons d'agronomie, Tous furent émerveillés autant que satisfaits de mon enseignement. On passa sans délii de l'exposé de mes théories à leur application; et dans le double but de diriger les trévaux de mes Fudiens et d’excitr leur émulation, je me mis à leur tête, maniant et leur apprenant à marier commo moi les instruments aratoires. Nos communs labeurs n'ont pas été sans résultats; une culture plus parfaite a couvert les sillons d’une moisson plus abondante, et jamais nos sauvages n'avaient. recueilli plus de blé qu’ils n'en ont récolté ce dernier automne. Ce sera, je l'espère, nn encouragement pour eux ; l'avenir les verra développer , sur l’impulsion d'un premier succès , cette science de la culture dont je leur ai communiqué les notions élémentaires.

Avec cette tribu , le temps et ma santé me permirent d'en visiter une autre, où mon ministère eut aussi quelque succès. C'est la tribu des Otw:s. Sept de ces sauvages ont reçu le baptème de ma main; le chef est de ce nombre. Avant d'être chrétien , ce chef , par un désordre commun à vresque tous les Indiens, s’adonnait immodérément à la liqueur ; mais une fois que l’eau sacrée eut coulé sur son front, je ne sais quel chaugement voisin du prodige éteignit en lui cette passion si difficile à guérir. Depuis qu'il est néophyte, il n'a pas touché même une goutte de boisson enivrante ; et si l’on vient lui en offrir, il répond à ceux qui les lui présentent qu'il a renoncé aux liqueurs et pour jamais abjuré l'ivrognerie. À ui comme à tous :"3 sujets, les promesses du baptême,

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CHAPITRE 1v 193 mais surtout celles faites on confession , re représentent ioujours comme un invincible frein contre la désorëro, La crnfession » c'est pour eux, ainsi qu’ils l'appellent, l'éternelle répudiation do toute faute: il s'en faut tellement que le vice, à leurs Yénx , puisse compatir avec ’9 Caractère de chrétien dès qu'on en est revêtu , qu'ils regardent , au contraire , avant d'être convertis , les iniquités dont ils se sont souillés dans l’idolâtrie comme un obstacle au baptéme ; et qu'avant de je revevoir et de Changer de culte, ils s'en vont répétant en eux-mêmes : « Comment pourronsnous apprendre les prières chrétiennes et invoquer le Dieu dont nous voulons deveair les enfants » Chargés de fautes Comme nous le sommes ? Oui, nous commencerons par iaver notre conscience des taches qui la

flétrissent , et puis nous ns ferons enseigner ce que le chrétien doit savoir, »

» Les ministres protestants ont essa 'anvages , mais leur prosélvtisme s'est s 18 honneur, Au lieu de les écouter .

eüa fut un jour soumis au plas rude cu «Vi est ta femme? » Ini dit un Indi du rinistre, qui montra du doigt la « Ton vêtement est sans doute une robe noire ? poursuivit le Sauvage, — Non, répliqua ie protestant , je n'en nse pas, — Célèbres-tu la messe ?— Ou, jamais ! repart vivement Je ministre. — Assurément tu portes la tonsure ! — Non, encore, — Eh bien, reprennent : la fois tous les sauvages, va-t'en ; retourne aux lienx d'où tu viens; nous L'avons pas besoin de toi. Si nous avions dit à la Robe noire comme à toi : As-tu

par hasard une femme? Oui » DCUS aurait-il dit; mais au lieu de nous Montrer une épouse , il nous aurait fait voir un bréviaire, »

» L'expérience m'a fait sentir qu'il existe une grande différence entre ua ministère local et un apostolat errant. Que le missionraire se fixe, le fruit de ses travaux n'atteindra pas la moitié des résultats qu'il obtiendrait en cultivant plusieurs champs tour à tour. J'ai résidé moi-même, et j'ai fait peu de bien 3 tandis que dans toutes mes excursions aposto-

yé de faire des sectateurs parmi cas exercé sans fruit, pour ne pas dire on les questioune , et l'un A’entre mme au plus désespérant examen.

en. Un signe fat la seule réponse demeure où résidait son épouse.

liques , il m'est arrivé ou de baptiser des enfants même Proiustants sur

le point d’expirer , ou de réconcilier avec l'Eglise, leur Mère , des désespérés qui doutaient de sen amour , ou enfin de ramener à la sainteté d'une vie pure et chrétienne des hommes de licence invétérée et de débordement: sans frein.

» Je reviens à mes Indiens , l'objet, après Dieu, le plus che; à mon

cœur. Encore une fois, ceux que la grâce a convertis par mOn ministère sont des hommes saints, généreux pour Dieu, pleins d'édification pour leurs frères. Leur piété, grave et courageuse pour Jésus-Christ, sait âtre iliale et tendre envers Marie. Comme nous, ils l'appellent leur aimable Mère; chaque jour ils chantent à sa gloire quelques cantiques empreints de leur amour ; la pratique du Rosaire les trouve aussi fidèles, et dans leurs promenades comme dans leurs voyages , c’est leur bonheur d'en remuer les grains et d'en, réciter les prières.

» Sans doute, ma carrière est semée de bien des épines; les misères, les embarras et les tribulations m'accablent : mais aussi la Providence jette çà et là quelques fleurs sur les aspérités de ma route ; et c'est assez pour me faire oublier mes peines, du spectacle de ses miséricordieuses opérations sur mes braves Indiens. Voyez ce jeu de son amour. Une jeune Indienne , assez mal accoutumée à visiter notre demeure, s'en vint un dimanche s'asseoir au seuil de notre porte ; ella avait avec elle un tout petit enfant qu'elle tenait reposé sur un siège poriatif , conformément à l'usage de toutes les mères de l'Inde. Trois heures elle resta là silencieuse et changeant parfois de place, lorsqu'enfin, survenant, je lui demandai si l'enfant qu'elle iélevait pouvait être baptisé sans qu’elle y mît obstacle; et quoiqu'elle fût ennemie déclarée de toute espèce de religion, quoiqu'elle fût animée de haineuses préventions contre nous, elle prêta son fils à mes vœux. Je baptisai cette pauvre petite créature , et la mère s'en retourna chez elle joyeuse et presque triomphante de remporter son enfant chrétien.

» Une chose qui m’a frappé profondément , c’est que Dieu tourne en justice contré nos ennemis ce qu'il a de bonté peur nous. Voici un e, mple de ses vengeances. Favorable au début de mon apostolat dans sa peuplade, un Indien s'était d’abord fait mon maître de iangue, et touché dela générosité de ses services , séduit par certaines apparences flatteuses de justice et de droiture , je le traitai avec beaucoup d'égards et lui donnai quelque chose de ma confiance. Mais mon estime n'était qu'une erreur ; son dévouement, qu'une feinte. Il m'honorait en face, et j'appris qu’en secret il décriait et les missionnaires et les missions , tellement qu’en un jour d'ivresse il avait raconté sur nos intentions les fables les plus insensées assurément , mais aussi les plus déshonorantes. Fatigué de ces calomnies, parce qu'elles risquaient de compromettre mon minis-

tère en détruisant ma réputation , je vais au chef de la tribu, lui détaille tout ce que le sauvage a fait circuler contre moi de bruits injustes et

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par la grâce de se réunir à la véritable Eglise , mais toujo prétextes lui faisaient ajourner son abjuration. fervente, qui a eu le bonheur d'élever tous ses en

CHAPITRE IV flétrissants , et déclare que le semeur d' manquer d'être bientôt puni de son cri fidèle à ses habitudes de débauche,

tombant se coupe la laïgue. Le malheureux ! incapable de:trouver aucun remède dans la hutte des sauvages , il vient, ivre encore et tout sanglant des pieds à latôte, su présenter à notre résidence » @t nous passâmes une journée entière à lui Prédigner des soins, cherchant à cicatriser la plaie de cette langue qui nous avait tant outragés. » Permettez, mon révérend Père, de répéter en finissant ce que je vous ai déjà dit : c’est que la récolte est abondante et mure parmi ces bons sauvages, mais qu'il manque dés bras pour la cueillir. Cent tribus réclament à grands cris des missionnaires qui leur enseignent les principes de la foi catholique, la nature de leurs devoirs et la règle des mœurs ; on peut dire qu'elles sont affamées , et c'est avec une avidité sans mésure qu'elles recevraient le pain de la divine parole s'il leur était présenté. Mais, enfants abandonnés, ils le demandent en vain, nul apôtre n'est là pour le leur rompre.

» Pour ce qui me regarde personnellement, je n'ai qu'un désir, c’est de vivre parmi les Indiens et de trouver avec ma tombe le lieu de mon réveil suprôme au delà des Montagnes Rocheuses. »

© 498 aussi funestes zizanies ne saurait me. En effet, voilà qu'un jour, notre accusateur s'enivre, et en

Conversion d’un médecin protestant.

Extrait d'une lettre du P. Solier à un Père de la Compagnie de Jésus.

« Nouvelle-Orléans, 23 mai 1540,

» La noavelle d'une conversion es

L'toujours pour vous un grand sujet de joie. En voici une toute récente ,

qui, je l'espère, intéressera votre

piété, et vous fera remercier avec moi le Seigneur des bénédictions qu'il répand sur notre ministère.

» Un médecin protestant était, depuis bien des années, vivement sollicité

urs de nouveaux Sa femme, catholique fants dans sos principes

religieux et de leur communiquer les vertueux sentiments qui l’animent,

travaillait depuis longtemps à fixer les irrésolutions d'une âme dont le

salut lui était si précieux. Toute la famille ne cessait de demander au

Ciel que celui qui en était le chef fût uni aux autres membres par les

liens d'une même foi, comme il l'était par ceux du sang. Quelques détails édifiants vous feront connaître à quel point cette conversion était Gésirée.

Il y a trois aus , un des fils de ce médecin , âgé de dix-sept ans , tomba dangereusement malade. Au milieu de ses souffrances , et à l'approche d’une mort qui paraissait certaine, ce bon jeune homme n'était occupé que du salut de son père. « Qu’il est douloureux pour moi, lui disait-il, de penser que je vais bientôt me séparer de vous, et que nous ne serons jamais réunis dans l'éternité ! Ah ! je vous en conjure , embrassez la religion catholique ! » Le père, ému, promit à son fils mourant ce qu'il sollicitait comme une dernière consolation. Mais ce furent encore de nouveaux délais, bien que, par une faveur inespérée, Dieu lui eût conservé son fils. On redoubla de prières pour faire une sainte violence au Ciel. Telle était l'inquiétude que le sort éternel de ce médecin inspirait à sa famille, qu'une nuit, pendant qu'il dormait, le plus jeune de ses enfants essaya de lui attacher au cou une médaille de la sainte Vierge. « Que veux-tu, mon fils? lui dit le père en se réveillant. — Je crains, répondit le pieux enfant, que vous ne mourriez dans l'état où vous êtes, et je veux vous mettre sous la protection de Marie. »

» Enfin l'heure de la grâce arriva. L'atnée des filles fat atteinte d'une maladie grave dont les symptômes devenaient chaque jour plus alarmants. Quatre médecins réunis ne purent ni assiguer le siège du mal, ni s'entendre sur les remèdes à prescrire. Le père, accablé de chagrin, alla verser des larmes auprès de sa fille mourante. Lui ayant touché les genoux pour faire quelques frictions, « Oh! qu'ils sont durs! s’écria-t-il. — Mon père, lui dit la jeune malade , c'est à prier si souvent pour votre conversion qu'ils se sont durcis. — Ma fille, dans trois jours je communierai avec toi, » reprit le père; et celte fois il tint parole. Deux jours après , il vint me voir, et m'apprit que, depuis longtemps convaincu de la vérité de la religion catholique , il était enfin décidé à en pratiquer les devoirs, et que je le trouverais docile à tous mes conseils. Je profitai surle-champ de ces heureuses dispositions. Le lendemain, j’allai, avec une permission toute spéciale de Mgr l'évêque, dire la messe dans la chambre de la malade ; je baptisai sous condition Le père , qui avait appartenu à la secte presbytérienne, et lui donnai la sainte communion ainsi qu'à sa

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» N dants- Indien véritat rir. Le m'atter abdiqu ver qu plade qu'il © m'appo

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