‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 110 sur 175 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

s'ils voulaient partir. Aussitôt il. s'assemblent et délibèrent; voici leur réponse : « Nous sommes venus ici pour accomplir un devoir religieux, et non pour traiter d'affaires ; une autre fois nous nous en occuperons. » Comme on les pressait encore sur ce point : « Oui, nous partirons , dirent-ils; mais la première condition de notre départ , c'est que nous ayors wi: prêtre qni nous accompagne. »

» Le lendemain à onze heures, nous les vtmes arriver à la file, au nombre d'à pen près quatr :-vingts, montés sur de jolis chevaux. Les femmes tenaient leurs eni, ats dans leurs bras et portaient en croupe derrière elles tout le bagage de la famille ; parmi eux, la femme est encore la servante. Les hommes venaient ensuite, parés de leurs plus beaux vêtements ; ils traversèrent silencieusement la ville voisine, car le chef de la prière leur avait défendu de s’y arrêter, à cause des piéges tendus à leur simplicité ; ils franchirent ensuite la belle rivière de Saint-Joseph, et arrivèrent à Notre-Dame. Là, ou prit place autour du lac ; chaque famille dressa sa tente et alluma son feu. Mais déjà le prêtre à la longue robe noire les attendait dans la chapelle pour les disposer à !à solennité. Trois jours durant, il les exhorta , les instruisit, entendit leurs confess ‘ons set ces enfants dociles oublièrent tellement tout ce qui ne regardait pas le soin de leurs âmes, qu'une fois, au coucher du soleil , ils n'avaient pas encore pris la nourriture du matin, Il est vrai qu'un malentendu était la cause de ce jeûne rigoureux, mais pas un des Indiens n'avait songé à se plaindre.

». Enfin, au jour désiré, on s’assemble de grand matin ; la prière commence, et deux néophytes sont baptisés ; deux autres recevront le lendemain le sacrement de mariage. Pendant la messe solennelle, des sermons

- sont faits en trois langues ; car les habitants d'alentour, les uns par foi,

les autres par curiosité, ont voulu être témoins de la cérémonie , et la chapelle s’est remplie d'assistants, Bientôt les chants graves de l'Eglise cessent , et les Indiens entonnent leurs hymnes pieux. Nous ne comprenions pas leur langue ; mais il y avait dans leur accent quelque chose de si affectueux, le recueillement qui se retrouvait même dans leur voix avait pour moi tant de charmes, que j'avais peine à contenir mon émotion. Quand on fut au moment de la communion, mes larmes coulèrent en abondance. Les hommes se présentèrent d'abord, les femmes vinrent ensuite enveloppées de leurs couvertures blanches , Comme d'un voile religieux. Prosternés pendant la cérémonie » tous se trafnaient à genoux jusqu'à la table sainte ; on comprené que, s'ils avaient connu quelque

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autre moyen de s'humilier davantage, ils eussent voulu le pratiquer, Après avoir reçu leur Dieu, ils devinrent immobiles, et on les aurait crus morts, si ce n'étaient leurs lèvres qui remuaient lentement et lours faces qri paraissaient enflammées, Non, jamais je n'ai vu nulle part tant de recueillement et de piété.

» Peu de temps après, ces pauvres Indiens s'éloignaien:, pour ne plus les revoir, de ces lieux qu'ils aimaient à tant de titres ; le jour de leur émigration était venu. Anciens maîtres de la forêt, ils avaient fini par en être dépossédés ; leurs villages avaient disparu; ils n'avaient plus de terres ; c'était une nécessité de partir ; il fallut abandonner tout, iss cendres mêmes de lewrs pères.

» J'apprends aujourd'hui avec consolation, de la bouche du prêtre qui les a accompagnés jusqu'au terme de leur bon voyage , qu'ils ont retrouvé au désert leurs frères , un autel et deux ecclésiastiques, auxquels ils ont été confiés. Que le bon Dieu les y protége !

» Durant cette visite pastorale , j'ai rencontré , sur plusieurs points de mon diocèse, éaviron six cents familles allemandes , et je me plais à leur rendre ce témoignage, qu’elles m'ont partout préparé le plus filial accueil ; j'ai constamment reçu d'elles des',narques signalées de respect, de cocfiance et d'attachement ; je ga:de un précieux souvenir des sacrifices qu’elles s'imposent pour avoir au milieu d'elles des prêtres catholiques. Comme je ne puis mentionner toutes ces généreuses colonies , laissez-moi vous citer, comme exemple des réceptions qui m'ont été faites , celle dort j'ai été l’objet à Bluc-Creek. Arrivés à environ deux milles de l'église, nous rencontrâmes la congrégation tout entière; hommes, femmes, ecfants , étaient venus avec leurs croix et leurs bannières pour recevoir le premier pasteur. Un bouquet de fleurs lui fat offert avec simplicité , à lui et aux prêtre jui l'accompagnaient. Puis commença la procession au

milieu de l'interminable forêt. C'était un beau soir d'antomne ; le pays

présentait le genre d'accidents heureux que les A'>3mands paraissent aimer ; les échos des bois répétaient à l'envie ces cantiques pieux par lesquels le pauple , d’un commun accord, bénissait Dieu et invoquait les saints. Cette muiiniudte de voix chantant les louanges du Seigneur, sous des arbres sécuis..6;, 11 011 causé ne impression plus vive et plus douce que les plus belles compositions des grands maîtres que j'aie jamais entendues. L'éclat brillant des bannières de soie, sur lesquelles étaient peintes les images de Jésus et de sa Mère, glissant à travers le leuillage; les teintes si riches et si variées de la forêt, dorée par les derniers rayons

dus Tom!

pour bonté scène

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