CHAPITRE IV
de nous en me tendant les bras. Toute la peupiade, accourue sur le rivage, se pressait autour de moi, me fixait d'un regard avide, et paraissait si absorbée dans cette contemplation, que personne ne disait rien. Alors j'aperçus derrière les autres une femine que je crus reconnattre , et je lui dis : « Catherine, n’est-ce Pas vous, ma filie?... » En effet, c'était elle. Encouragée par ces paroles, elle vainquit sa timidité naturelle et vint se jeter à mes pieds. J'appris alors que cette bonne néophyte n'avait rien oublié de sa religion et de ses prières; que, rentrée dans sa tribu, elle avait raconté à ses frères tout ce qu'elle savait du christianisme, et qu'elle avait réussi à le faire goûter à plus de la moitié de sa peuplade, qui se réunissait à elle pour parler de notre Dieu et chanter en commun ses louanges. Tous désiraient son baptôme ; mais il leur manquait un Père, ét ils n'en avaient jamais vu.
» Cependant le Seignenr prenait soin de fortifier leur foi naissante. Pendant une maladie qui affligea la tribu, plusieurs sauvages avaient invoqué le Dieu de Catherine et s'étaient trouvés guéris. Le chef Iuimême était de ce nombre, Quoique près de mourir, il avait obstinément résisté à toutes les sollicitations de Catherine. Enfin sa sœur, fervente catcchumène, s'étant présentée de nouveau pour tenter un dernier effort, au moment oùles devins étalaient autour du moribond tous leurs signesmagiques avec accompagnement de musique funèbre, elle lui répéta qu'une prière au Dieu des chrétiens ferait plus pour sa santé que toute sa confiance aux mauvais génies. Cette fois le sauvage l’écouta avec plus d'attention ; il réfléchit quelques instants, puis, appelant sa femme, il lui ordonna de congédier les musiciens, de ramasser tous les Caractères magiques épars dans sa tente , et de les brûler à la porte, ajoutant qu’il était résolu d'embrasser la foi de Catherine et de se mettre sous la protection de son Dieu, La femme obéit ; et à peine avait-elle fait disparaître les derniers symboles de la superstition que le malade se leva en parfaite santé. Il alla de ce pas trouver notre pieuse néophyte, et ne la quitta pas qu'il n’eût appris d'elle la moitié de ses prières. C'était ce chef qui s'était jeté à l'eau en apercevant le Père à robe noire dont Catherine lui avait tant parlé. » J'achevai d'instruire ces sauvages, et au jour fixé pour leur baptême, la pensée me vint d'imiter, dans cette solitude, Jean-Baptiste au désert. Sur le bord du lac, au milieu d'une belle plage de sable blanc, s'élevait un rocher autour duquel je rangeai mes catéchumènes , au nombre de cent quatre-vingt-six. De là, comme d’une chaire, je les préparai pendant trois heures au sacrement qu'ils allaient recevoir; et comme je voulus
commencer la cérémonie par le chef de la tribu que j'avais, à ce dessein, mis au premier rang, je remarquai qu'il était eilé se placer après tous les autres. Lui en ayant demandé la raison, il me répondit: « C'est au plus coupable à être le dernier. »
» Quelle doit être la joie d'un humble missionnaire , instrument de tant de miséricordes et témoin de si touchantes dispositions ? C'est ce qu'un cœur chrétien peut aisément sentir, mais que je renonce à exprimer. »
Beauté de la religion dans les forêts du Nouveau-Monde.
Extrait d'une lettre de Mgr de la Hailandière, évêque de Vincennes, à MM. les membres du Conseil central de Lyon.
« Vincennes, 1841,
» .… Dans une de mes dernières visites pastorales , j'ai eu à conférer le sacrement de Confirmation au milieu d’une peuplade indienne. C'était le
reste de la tribu des Potowattomies qui avait été obligé d'émigrer. Il y a
deux ans, leur nombre s'élevait encore à peu près à mille, et parmi eux se trouvaient guatre à cinq cents catholiques. Vous dire le spectacle édifiant
dont j'ai été témoin , les larmes d'attendrissement qu'ils ont fait couler
autour d’eux, je le voudrais bien, mais comment le pourrais-je? Vraiment
il faudrait les avoir vus, pour se faire une idée de la simplicité de leur ’ foi et de la pureté de leur vie.
» Nous allâmes un jour les visiter au camp où l’*2 tâchait de les rassem- , bler pour les préparer au départ. Pauvres sauvages ! à peine nous eurent-ils aperçus que nous les vimes arriver, se recueillir à l'approche du grand chef de la prière et demander à genoux sa bénédiction; puis, venant lui toucher la main, se retirer en silence, pendant qu'un groupe autour de nous fondait en larmes à la vue c’une parcelle du bois sacré de la croix, qu'on avait exposée à ses regards. Je leur parlai par interprète. M. Bernier, leur pasteur, les prêcha, fit le choix de ceux qui devaient être confirmés, et leur donna rendez-vous pour le Icademain à Notre-Dame-du-Lac. Un général du gouvernement américain s’avança alors pour leur Gemander
arrivi dress noire jours ces el soin
mence demai
. sont fa
les au chapell cessen!
nions | si affec pour n Quand abonda ensuite religieu jusqu'à
er le it le ya X se ifiant ouler ment leur
semnt-ils rand it lui ir de l'oix, nier, més, »* Un nder