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de l'évêché , de telle sorte qu'elle ne put réveiller aucune susceptibilité, En France, presque par toutes nos villes, à Bordeaux , par exemple, rien n'est beau commé le solennel déploiement des processions qui, chaque année, 50 font à cette : oque avec un magnifique appareil. Ici, ce nous semblait du moins, c’ä plus belle chose encore, que le Saint-Sacrement planant en quelque façon du haut du reposoir parmi les fleurs et l’encens, au milieu du plus profond recueillement, sur la ville des pirates.
» Une des personnes qui furent les plus frappées de ce triomphe pacifique de la religion , et sur le front de laquelle j'ai pu répandre plus tard les eaux de la grâce, présentait elle-même à l'observateur un sujet singulièrement touchant de graves réflexions ; je veux parler d’Aïcha, aujourd'hui Marie-Antoinette, car elle ne peut plus supporter d'autre nom. Cette dame, femme du bey de Constantine, dont tous les journaux ont parlé il y a quatre mois bientôt, grâce à ma médiation, et par la généreuse entremise du gouverneur de Constantine, avait échappé aux plus pressants périls ; elle était rendue à elle-même. J'ai pu consciencieusement étudier, éprouver ses plus intimes dispositions. Or, je n'ai pas d'expressions pour dire ce que les commencements de la foi et la première aurore de l'Evangile ont produit sur cette âme toute neuve et complétement changée; ainsi plus de goût pour des parures, naguère son unique consolation ; ainsi travail manuel, assidu, continuel; ainsi paix profonde, douce et inaitérable joie. « À présent, me disait-elle en souriant il y a peu de jours, je suis comme l'anneau que vous portez à votre doigt; il ne vous quitte jamais , vous le tournez sans cesse à votre gré , du côté où vous le laissez il demeure : c’est moi entre les mains de Dieu. » Elle m'avait vu entrer à Cortantine, le jour de mon arrivée, avec le général Gilbois, à la tête de sa colonne d'expédition ; à peu près captive alors et recherchée par les espions d’Achmet, qui cherchaient à la surprendre et à l'enlever, la vue d’un évêque fit sur elle une impression subite et extraordinaire ; sur-lechamp elleme fitécrire pour me demander de la sauver; trois semaines après, elle attachait ses yeux avides sur le beau tableau de la rédemption des captifs dans la régence d'Alger, dont M. le ministre de la guerre a orné l'évêché; et prenant avec vivacité une croix que je lui montrai, en lui faisant remarquer qu'elle brillait sur le froc des religieux de la Merci comme sur le cœur de l'évêque, elle la suspendait à son cou , la couvrait de ses embrassements, répétant avec un inexprimable attendrissement :
« Sers-moi de père , je serai ta fille; je suis chrétienne. » Et, dans le vrai, on la croit née à Gênes, tombée en captivité à l'âge de cinq ou six mois,
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arrachée à une autre mort
voulais pas vous en parler voulais faire connaître une Providence si étrangement t
» Parti pour Oran le 6 jui après, et je fus reçu de manière à me couvrir de confusion ; ges de leur joie et de leur amour. J'ai passé quinze jours dans la province, en courses et en visites continuelles parmi 08 six mille chrétiens , sous la tente des chefs arabes avec lesquels nous Mangions à la façon du désert, sur la mer, à Arzew, à Mostaganem,
enfin partout, bénissant Dieu du plus profond de mon cœur de ce que
je rencontrais d'excellentes dispositions de la part des indigènes euxmêmes.
: » Une première communion
assez nombreuse, accompagnée de la confirmation , plusieurs baptêmes
» entre autres celui de tous les enfants d'une famille jaive d'Alger, dont deux capables d'instruction ; la bénédiction d'une mosquée , dédiée le 24 juin, à Mostaganem , en l'honneur de saint Jean-Baptiste; un établissement de Sœurs, préparé à Oran même, ainsi qu'une société de charité; les secours religieux définitivement assurés à nos braves soldats, dont pas un seul ne meurt saus les réclamer; une vieille chapelle en ruines bientôt restaurée à Mers-el-Kébir ; une autre projetée à deux lieux d'Oran, sur les bords du lac salé des Mers-Erguin ; les Camps , les cimetières bénits, etc. : voilà, en abrégé, ce que Dieu m'a donné de faire durant quinze jours si vite enfuis. Je vais, grâce à vous, envoyer un vicaire de plus à Oran » Où déjà, depu:; le mois d'avril , le gouvernement en reconnaît un; it desservira les deux nouvelles chapelles... Sur le sommet du fort de Mers-el-Kébir, on me montra la tombe du commandant supérieur de marine, qui mourut de joie il y a quelques années , le jour même de la prise instantanée du fort
et de ses formidables dépendances ; Je lendemain, je célébraila messe pour lui,
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» À Mostaganem , j'ai reçu un accueil extraordinaire de la part de tous, des cavaliers-qui faisaient la.fantasia, ausii bien que de la tribu qui nous improvisait un divan de paille nouvelle, et des Tarcs qui me faisaient bénir, au bruit du canon , un feu de Saiut-Jean préparé par eux. L'’oukel même d’Abd-el-Kader se joignit à cet élan général, ainsi que le muphti, homme de beaucoup d'esprit, à qui je donnai à traduire une lettre fort expressive , que je venais de receveis des principaux habitants de Constantine, le hakem et son vénérable père. En retour, j'ai promis d'envoyer dans cette ville un prêtre. instituteur, d'orner la jolie petite mosquée qu'on m'a préparée et donnée pour église, les indigènes aidant... Avec vous encore c’est possible, tout sera rossible... Deux baptêmes et une quête abondante pour les pauvres, chrétiens où musulmans, consacrèrent avec les prières de l'Eglise ce nouveau sanctuaire. À ce propos, je veux vous faire fabriquer par les indigènes eux-mêmes une lampe en bronze, composée de débris de lampes musulmanes des cinq mosquées converties tout à l'heure en églises chrétiennes, tribut de gratitude et de piété filiale envers le glorieux saint Exupère ; elle représentera, par sa douce lumière auprès de ces restes sacrés, ce qui brûle au fond de nos âmes justement reconnaissantes. ,
» Les moments se pressent; le courrier va partir bientôt, je me hâte, sauf à revenir sur le voyage d'Oran. Si ce n'était pas vous fatiguer, je vous enverrais des lettres que je reçois des Arabes avec lesquels je suis en relation continuelle, et d'autres encore. Le scheik El-Arab, cu le serpent du désert , m'a envoyé des présents, et après m'avoir prié de venir avec deux mille cavaliers d'escorte , passer quelques jours auprès de lui, il demande avec instance maintenant un prêtre et mes enfants les médecins, « je veux dire par là les Sœurs qui pratiquent la médecine. » (Textuellement traduit.)
» À Constantine, les indigènes fondent, sous ies auspices de saint Joseph, un hospice civil que desserviront les Sœurs. Des prières universelles ont été faites dans les mosquées et l'intérieur des familles, pour demander à Dieu la conservation des jours précieux d'une excellente Sœur malade. Ils se sont adressés à moi pour l'achat des lits, des draps , etc.; j'ai dû m'associer à la fondation, et je l'irai bénir dès que je pourrai recommencer mes voyages, dont il plaise à Dieu de féconder les suites comme il en a agréé les prémices !.…
» Ici, j'ai fait faire la première communion à cent vingt soldats, par divisions de vingt-cinq ou treste, publiquement , à notre église de Saiut-
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