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TITRE ÉRPESS
peuple et au bruit du canon de la rade, la bénédiction la plus touchante et la plus solennelle ; les Aräbes eux-mêmes m'ont écrit depuis à ce sujet les choses les plus consolantes.
» Peu de jours auparavant, etle 19 mai, j'avais consommé l'acte le
plus étonnant de ces derniers temps en ce pays si intéressant; je veux
parler de l'échange d'environ cinq cents prisonniers de toutes nations: les derniers ne sont arrivés qu’hier. J'ajouterai qu'en ce moment même, et depnis quinze jours, j'ai un de mes prêtres au milieu des tribus les plus ennemies, vivant avec elles sous la tente , au camp même du l'émir Abd-el-Kader.….
» C'est seul, absolument seul, entouré de douze cents cavaliers arabes que, durant trois heures, j'ai pu épancher mon cœur dans celui de leur chef... J'ai dû envoyer au roi des Français le plus intime de cette merveilleuse conférer e. Soli Deo honor et gloria !
» Très-saint Père, à qui après Dieu devoris-nous tout ce qui précède ? Il faut le.dire , à Votre Sainteté, à ses prières , à ses bontés paternei.es.… nous le devons aussi à notre vraie mère et admirable protectrice, l'illustre et sainte Association de la Propagation de la foi, tant célébrée du reste déjà par Sa Sainteté, ct tant bénie par tous les évêques, par nous surtont qui, au milieu des inexprimables angoisses, des travaux d'un épiscopat qui ne ressemble point à celui de nos frères d'Europe , ne vivons guère que par elle.
» Je le déclare donc de nouveau, très-saint Père, et que le cœur paternel du Pape tressaille encore , c'est à ses prières et à ses aumônes , si considérables cette année encore , que je dois de n'avoir pas quelquefois désespéré , d’avoir un peu travaillé déjà dans la vigne que Votre Sainteté m'envoya défricher le premier, après tant de siècles, i: y a deux ans et demi. Par moments, je ne crains pas de l'avouer, j'ai été tenté de fuir, de me retirer dans quelque solitude, le combat m'effrayait. Mais votre souvenir, vos paroles dernières, au moment suprême du départ, les prières et le trésor de la charité de mes frères, les associés de l'OŒuvre, m'ont retenu, me retiendron. , je l'espère, jusqu’au moment où, sij'ai combattu un bon combat, je pourrai me jeter aux pieds du Juge sauveur des âmes , lui demandant une petite part de votre couronne et de la leur.
» Je lenr adresse même, très-saint Père, cette longue lettre, qui pourra être utilement employée à la confection de leurs Annales, et qui, après les avoir remerciés et consolés, parviendra plus filiale encore aux