‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 22 sur 175 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

Fragment d'une lettre de Mgr Auvergne, archevêque d'Icone, délégat apostolique, au rédacteur des Annales, à Lyon,

€... Nous avancions, déjà nous avions franchi les dernières montagnes de la Samarie , nous étions encore dans la tribu d'Ephraïm lorsque s'offrirent à nous les ruines d'une ancienne église. Nous nous en approchâmes ; nous reconnümes , aux restes assez imposants de cet édifice, la généreuse piété de la mère du grand Constantin. Ces ruines sont presque au milieu d’un village qu'on appelle aujourd'hui Elbir, et qui est connu dans l'Ecriture sainte sous le nom de Machmas. Jonathas y résida pendant quelque temps. On croit même que c'est dans ce lieu que la sainte Vierge s'aperçut que son fils Jésus n’était plus dans sa compagnie, lorsqu'elle retournait de Jérusalem à Nazareth, après la solennité de Pâques. L'église était bâtie à l'endroit même où la tradition rapporte que s'est passé ce fait évangélique. Nous entrâmes ensuite dans la tribu de Juda. Nous arrivions sur le sommet d'une montagne , lorsque tout à coup une voix s'écrie : « Jérusalem! » et soudain nous apparaît une vaste cité qu’entouraient de toutes parts de hautes murailles. Sur ces murs s’élevait une tour ; c'était la tour de David. Dans la cité, on découvrit un long et vaste monument environné de parvis ; c'était la place du temple de Salomon. À côté, s'élançait un vaste dôme , c'était le dôme du Saint- Sépulcre. Au sud , le mont Sion; à lorient, la montagne des Oliviers ; entre cette montagne et la ville, une vallée assez étroite, la vallée de Josaphat ; dans le fond , un torrent desséché, c'était le torrent de Cédron .

L'impression qu'on éprouve à la vue de Jérusalem est si vive, que le sentiment de recueillement dont nous fûmes saisis nous accompagna jusqu'aux portes de cette ville de prodiges. Nous n'y entrâmes pas; cependant nous étions désireux de visiter d'abord le sanctuaire de Bethléem , qui n'est qu’à trois petites lieues au midi de la cité sainte. Après avoir salué de loin le Saint-Sépulcré, nous longeâmes donc les murs de Jérusalem, et nous entrâmes bientôt dans la plaine qui devait nous conduire à Bethléem.

» Après une demi-heure environ de marche , on nous fit remarquer une sorte de prits à trois orifices, appelé la citerne des trois Rois; la tradition veut que ce soit le lieu où l'étoile apparut aux mages allant à Bethléem. Une demi-heure après, on trouve une église grecque schismatique ; en face, et sur le chemin qui conduit à Bethléem, on montre, sous un olivier, le lieu où était Elie lorsqu'un esprit céleste lui ordonna de la part de Dieu de se rendre au mont Horeb ; un peu au delà est la tour de Jacob, où l’on croit que reposa ce patriarche allant en Mésopotamie. On entre ensuite dans le champ de Rama ; c'est là que l'on voit le tombeau de Rachel; ce tombeau a la forme d'un édifice carré surmonté d'un petit dôme. Les Turcs , qui honorent les familles des patriarches , se rendent fréquemment dans ce lieu pour y prier ; il devient aussi, à cer« taines époques de l’année , un lieu de dévotion pour les Juifs. Rama est dans la montagne à droite. Il nous semblait entendre encore dans ce lieu de désolation la voix. de Rachel : Vox in Rama audita est, ploratus et ululatus multus ; Rachel plorans filios suos et noluit consolari , quia non sunt. Un peu avant d'arriver à Bethléem, nous allâmes visiter un vieux monument que L.us avions aperçu sur notre gauche, et que l'on nomme citerne de David. C’est celle sans doute dont ce prince religieux avait désiré de l’eau avec tant d'ardeur , et dont il n'osa boire cependant, parce qu’elle lui avait ôté apportée par ses braves, au péril de leur vie. Enfin nous parvtnmes à Bethléem.

» L'heureux jour que celui où nous entrâmes dans ce lieu de bénédictions! Nous arrivions, et sans délai, précédés des vénérables Pères de Terre-Sainte ; nous descendimes dans l’auguste grotte, autrefois la vile étable où voulut naître le Sauveur du monde. On descend par un escalier de forme longue dans cette grotte , qui est éclairée par de nombreuses lampes. En avançant à pas lents, nous arrivâmes au pied de l'autel , au-dessus duquel nous lûmes , remplis d'admiration et d'amour, ces ineffables paroles : « Hic Christus de Virgine Marià natus est, Ici

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