DE LA COCHINCHINE ET DU TONG-KING
Navigation vers la Chine.
Lettre de M. Mialon, missionnaire apostolique, à M. Eynao, curé de Saint-Laurent, au Puy.
a Macao en Chine, le 29 octobre 1830.
» Notre voyage a été une succession alternative de bonheur et de peine, de beau temps et de tempêtes ; la mer inconstante nous présentait tour à tou” la brise, les lames et les vagues. Mais généralement parlant , nous avons eu des contrariétés plus qu’ordinaires ; et si néanmoins notre voyage a été si court, cela est dû à la supériorité de notre excellent navire , ou plutôt à la divine Providence, qui en châtiant d'ane main caresse de l’autre.
» Ce fut le 29 mars que nous fimes voile du Hâvre, à midi précis du jour le plus beau; nous quittâmes le port bordé par une foule immense qui applaudissait à la fière démarche de notre élégant navire , tandis que nous avancions au son des instruments, emportés par une brise insensible ; j'étais appuyé sur le gaillard de derrière, et je contemplais la France que je quittais pour toujours. Vers le déclin du jour, mes yeux étaient encore fixés sur la côte pour regarder les derniers balancements des arbres de
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