‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 61 sur 175 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

IT

Plaisirs d’un missionnaire en Cochinchine.

‘tre de M, Retord, missionnaire apostolique, à. Müe L'** A°‘**, à Lyon.

» À d'autres j'ai fait le narré succinct de nos misères ; avec vous je

changerai de style, d'autant plus qu'il n’est pas expédient d’être toujours triste, et moins encore d'attrister les “utres 3 je vous dirai donc mes plaisirs, bien différents de ceux que recherche le monde, que je n’échangerais pas avec les siens ; puissiez-vous en lisant la description que je vais vous en faire, sentir votre cœur brûlant d'amour pour Celui qui meles donne , et de zèle pour la religion qui me les fait goûter !

» Ma chère sœur, vous êtes sans doute étonnée que ‘ me propose de vous parler de mes plaisirs : .— Eh ! de quels plaisirs pouvez-vous jouir,

: mé direz-vons, si loin de votre patrie, sur un sol aussi insalubre ; dans Un royaume païen, peuplé de voleurs et de malheureux , 0! gouverné de . plus par un cruel tyran ; parmi des hommes dont les mœurs et les coutumes sont si différentes des vôtres, dans un teinps de persécution sanglante, sous le soleil brûtant de la zone torride ? Encore une fois, quels peuvent être vos plaisirs? — Or, écoutez, chère sœur, je vais vous le dire ; j'en ai de différents genres, et les voici : plaisirs dans mes courses apostoliques ; plaisirs dans ines visites à nos chrétiens et dans celles qu'ils me font quelquefois ; plaisirs dans les miséricordes que Dieu manifeste pour la conversion des pêcheurs ; plaisirs dans la protection sensible que la Providence accorde à notre sainte religion; plaisirs dans l'exercice de mon ministère : que de plaisirs! Reprenons-les maintenant en détail.

» 4° Plaisirs dans mes courses apostoliques. — Qu'elles sont belles ! Tantôt, semblable à un gros mandarin, je les fais moliement couché dans un filet recouvert d’une belle natte et porté par deux Annamites. C'est ainsi que nous, hommes d’un autre monde, sommes obligés d'en user ainsi lorsque , pour des raisons pressantes , nous allons quelque part pendant le jour; dans ce filet et sous cette natte, l'œil du méchant ne peut nous voir : telle est la ruse dont nous sommes obligés de nous servir, afin

de tromper nos ennemis. Tantôt, heureux héritier de la barque de Pierre,

je voyage sur les eaux des fleuves, qui sont très-beaux ici et en très-

grand nombre, grâce à des inondations qui , pendant plus de quatre mois,

couvrent entièrement le pays. Ce mode de transport devient fort com-

mode; et les païens qai me voient voguer dans ma pauvre petite nacelle,

croient que je vais comme eux à la pêche des poissons, quand je vais à

celle des hommes. Le plus souvent, c'est à pied que je fais mes courses.

Fiçurez-vous un individu dont la taille est de cinq à six pouces plus haute

que celle de tous ceux qui l'environnent ; une longue barbe cache presque

tout son visage, un large turban enveloppe sa tête, et un chapeau de

paille de neuf pieds au moins de circonférence la couvre enentier ; ses larges habits, d'une forme toute singulière, sont relevés jasqu’aux genoux ; ses pieds sont nus, et sa main est armée d'un gros et noueux bâton; le voilà qui s'avance précédé d’une douzaine d'hommes armés de longues perches de bambous ; car c’est ainsi qu'il faut en user pour ne pas s'exposer à tomber entre les mains des brigands qui pullulent sur cette malheureuse terre annamite. Je marche au milieu des ténèbres d’une nuit profonde, dans des chemins tortueux et étroits , bien souveni dans la boue ou dans l’eau jusqu'à la ceinture, et malgré la pluie et les vents. Où allezvous dans cette équipage? me direz-vous ? Où je vais ? Ah! quelquefois chercher la brebis errante pour l’arracher au loup infernal ; d'autres fois, je fuis pour m'arracher moi-même à la fureur des persécuteurs ; mais peu importe, je me trouve heureux ; dans le silence de mes pensées , je réfléchis que notre vie n'est aussi qu’un pèlerinage, ce monde entier un lieu d'exil, et que Jésus-Christ, notre maître et notre modèle, a comme moi parcouru les bourgs et les bourgades , tantôt pour prêcher aux pauvres, tantôt pour fuir les méchants. Les prophètes qui l'ont précédé, les apôtres et tant d'autres saints qui l'ont suivi, n'ont-ils pas aussi trafné leur existence sur le sommet des montagnes, dans la profondeur des vallées, dans l'obscurité des souterrains, couverts de peaux de chèvres et de brebis, eux dont le monde n'était pas digne ? Or ne suis-je pas heureux, ma chère sœur, de former un nouvel anneau de cette grande chaîne de prophètes, d'apôtres et de missionnaires ; de cette chaîne qui embrasse tous les lieux et s’allonge le long de tous les siècles? Je suis là, il est vrai, comme un roseau fragie au milieu des cèûres majestueux du Liban ; mais enfin, j'y suis, ma place est marquée et mon nom écrit au milieu de tous ces prédicateurs de la bonne et grande nouvelle. Voilà ce qui me fait trouver un très-grand plaisir dans mes courses apostoliques, quelque aventureuses qu'elles soient,

font épro sanc mêm Qu'e de cc seul vigne rives usqui sion, Voix, comm leurs missic offrir buffle de pa vienne gine « berger trouve des ta s'agen.

natte, on cau dis con comme voûtes dans ce etc.; je envoier combie:

est bien lement, qu'un c qui dér.

fre, Lrèsois, omelle, ais à

aute que 1 de rges ; ses 1; le gues 'exmalnuit joue llezfois fois, peu éflélieu moi res, tres pxisdans bis, hère tes , ieux seau , Ma eurs rand jent.

Page 1