CHAPITRE IV
» Nous sommes ici en deuil aujourd'hui, et cependant bien consolés, d’après les principes de la foi. Un charmant néophyte de dix-sept ans, nommé Jacques, vient de mourir dans le bois. à un jour de marche de ce village. Son père et sa mère sont infidèles encore. Je le voyais avec peine obligé de !2s suivre dans leur hivernement, parce qu'il n'était que catéchumène et pas suffisamment préparé pour le saint baptème. I] n'y avait pas d'espérance qu'il vécût longtemps , car il était atteint d’une maladie de langueur qui avait déjà fait beaucoup de progrès. Je lui persuadai aisément de rester avec moi, quoique notre charitable chef Pockéganu eût à peine du blé pour nourrir, jusqu'à la Noël, vingt-deux personnes de sa famille, outre les visiteurs de tous les jours qui nous assiègent pour être instruits dans la foi ; ses parents y consentirent avec peine. Enfin je le baptisai, il y a six semaines, et il s'en alla à pied au campement de son père. Le temps était fort mauvais. Lorsqu'il me fit s:s adieux , je n'espérais plus le revoir. Je {ui recommandai de bien conserver la grâce du baptême ; il lui était doux et aisé de me promettre de faire tous ses efforts , et il a tenu parole. Son père et les autres sauvages , qui ont apporté ici le corps pour lui donner Ja sépulture chrétienne, nous disent qu’il priait continuellement » Qu'il apprenait les prières à ses petits frères , qu'il les instruisait, les exhortait, leur faisait observer les abstinences de l'Eglise ; et lui-même, tout faible et tout malade qu'il était ,
il leur en donnait constamment l'exemple. ji n'a pas même consenti à prendre du bouillon aux jours consacrés à la pénitence ; malgré les instances de sa mère, qui n'avait en outre que du sagamité, mais pi'é st bouilli, à lui donner. Son dernier mouvement à été un signe de croix, de patience et de résignation. Beati qui in Domino. moriuntur ! Destitué de tout secours spirituel , et entouré d'infidèles seulement , il faisait souvent et ne pouvait faire que le signe de la croix : son oncle, touché d'une teile piété , s’est rendu en venant à confesse + €t son père paraît si bien disposé , que j'attends de Jui une pareille démarche à son retour de la chasse, Toute la famille suivra ensuite les traces de son chef. J'avais bien raison de dire à an de mes meilleurs amis du Kentucky, protestant et sénale ur au congrès , qui voulait me retenir dars son voisinage : « Je convertirai plutôt cinquante sau' ges au Michigan, qu’un seul presbytérien au Kentucky. — Je le crois, répondit-il, parce que vous n'aurez pas de préjugés à arracher d'abord ; j'ajouterai, ni l'amour des choses terrestres. »
» Vous ne serez pas fâché d'apprendre comment je suis logé et nourri : en Vénant ici, je m'attendais bien à y trouver l'occasion de combattre la
msamuunntononueeeceonenué ee
sensualité , et je ne me trompais pas. C’est sans doute une insigne faveur du Ciel, que j'apprécie beaucoup, puisqu'il faut faire pénitence. Je dois prêcher cette vertu aux autres, et je n’ai que peu de temps à la pratiquer moi-même. Vous apprendrez d’abord que la cheminée de ma cabane fume tellement qu'il faut quelquefois éteindre le feu ; puis, le plancher est si mal joint et la porte aussi, que nous avons des vents coulis à souhait, Le toit, entr'ouvert en plusieurs endroits, est aujourd'hui couvert d’un pied de neige qui nous protëge contre le froid ; mais , en temps de pluie ou de dégel, il faut bien se soumettre à de fortes rosées, et quelquefois à des ondées. Mon lit était une natte et quelques couvertures; au mois de septembre, j'obtins enfin une vaillasse ; encore je n’en jonis que deux nuits; il fallut pratiquer l'hcspitalité et la livrer à un ami qui a passé plusieurs mois au village. Ma table est un banc de quatre pieds de long et de dix pouces de large; elle est à peu près suffisante pour deux personnes qui n’ont qu'un seul plat à y mettre. Quelquefois nous sommes sans viande lorsque la chasse n’a pas été heureuse : alors nous avons recours au sagamité ou à des fèves; il arrive même que le pain nous manque , mais toujours de façon ou d'autre nous vivons ; grâces à Dieu , je ne mc suis jamais mieux porté et je n’ai jamais été plus content : Beata solitudo , sola beatitudo ! Enfin , je me trouve à ma place; je serais pourtant fort aise d’avoir un bon prêtre avec moi, ou du moins dans mon voisinage. .….
IT
Le choléra en Amérique.
Dévouement des missionnaires et des communautés religièuses.
Rose Le fléau terrible qui a ravagé l'Europe n’a p*+ Snargné les forêts de l'Amérique. Le choléra a décimé les populations du nouveau monde, comme celles de l'ancien ; son appar:2n swhe y a répandu le même effroi que parmi nous. Le malheureux qui en {:i: « teint, dans les commencements surtout, succombait aprc: quelques lenre. d’horfbles souffrances ; chacun fuyait le théâtre de sir do ravages; loin de se porter mutuellement secours et assistance , e0 | :rchait dus l'isolement un abri contre la contagion. Que dovait fai: : clerst catholique dans cette
Cen ils 01 d’exi mais catho tu n° vraies fices ( génér votre tout c que | de vo notre | la for » 0 liques En An se son sinon ( protesi la natu résultat
\veur dois iquer fume est si it, Le | pied ou de à des is de deux passé long pernmes vOns nous )ieu , tent :
erais
mon
orêts nde , nême OM souf-