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lui-même, tout y pousse avec une admirable fécondité, des arbres dans les forêts, de Therbe dans les vallées que Ton dirait autant de superbes prairies. Sur la côte prospèrent le sucre, le café, le gingembre, le tabac, la banane, le poivre, le thé récemment introduit; sur les pentes moyennes, les céréales et les autres cultures européennes. Les districts supérieurs se composent surtout de prairies pour Télevage du mouton, des chevaux, etc. Les mines de charbon sont très étendues et reliées par des voies ferrées au port de Durban, et Ton s'occupe d'utiliser les riches minerais de fer que Ton a découverts en plusieurs endroits.
On compte dans le Natal, sur une étendue de 29200 milles carrés, 929 970 habitants, dont 64 95 1 Européens, 794600 indigènes et 70369 coolies indiens.
Ces indigènes sont des Bantous* Les Mahométans et les Portugais les ont appelés par mépris du nom de Cafres^ c'est-à-dire infidèles ou païens.
Grands, beaux et forts, les Bantous, qui autrefois se faisaient mutuellement des guerres acharnées, ont été complètement domptés par les Anglais. Sous leur domination, au Natal, comme partout dans l'Afrique du Sud, ils se multiplient très rapidement, leur race étant peut-être la plus prolifique du monde.
Ils habitent des huttes en forme de ruches à abeilles, faites d'une sorte d'ajoncs et où l'on pénètre en rampant : un feu brûle au centre, et la fumée n'ayant pas d'issue s'accumule sous le chaume! La famille s'accroupit autour du foyer et y passe les heures les plus froides de la journée. Le Cafre ne travaille pas; il cultive autour de son kraal — parc à bœufs, par extension village — quelques champs d'une variété de millet amabèle^ et du maïs, mais c'est la femme qui bêche et remue la terre, son enfant fixé sur son dos par un pagne ; c'est elle qui porte les fardeaux pendant que son seigneur et maître la regarde ou s'éloigne pour la chasse.
L'habillement pour la femme est rudimentaire : une peau de
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vache autour des reins, qui lui dure toute la vie; pour l'homme, une ceinture de queues d'animaux à fourrures ou de lanières coupées dans leur peau, avec des verroteries, des bracelets de cuivre ou d'herbes tressées, des colliers de dents d'animaux féroces, des amulettes, un sac à médecines, une petite cuiller en os qui sert à
se moucher et aussi racler la sueur, ,. . ,.
une petite gourde au poignet, un étui de bois ou tabatière dans l'oreille.
La richesse du chef de famille, au moins la source de cette richesse, ce sont ses fdles. Tout Cafre qui veut se marier, doit donner au père de sa fiancée un certain nombre de tétcs de bétail, au moins dix. Il se rattrapera vite, car sa femme préparera sa nourriture, cultivera son champ, et lui donnera à son tour des filles qu'il échangera plus tard pour des troupeaux entiers. Aussi à mesure que ses ressources s'augmenteront, le nombre de ses femmes augmentera de même, chacune de celles-ci vivant avec ses enfants dans une hutte séparée. Avant l'arrivée des Anglais le Cafre ne connaissait pas le divorce.
La religion des Cafres est obscure et indéterminée, se plaisant dans le vague et le mystérieux. Quoi qu'on en ait dit, il est certain qu'ils croient en Dieu. Le « Très-Grand », Unhtdunkulu, est le premier ancêtre des Bantous. Un jour, disent-ils, il envoya un vent puissant qui secoua fortement les roseaux, et du milieu des roseaux sortirent un homme et une femme qui enseignèrent aux
hommes à remuer la terre, à traire les vaches et à brasser la bière. Mais le « Très-Grand » ne s'occupe plus de ses enfants, il est trop haut et trop loin pour les entendre. Il a laissé son autorité aux esprits des morts, qui sont immortels, qui ne quittent pas les compagnons de leur vie d'ici-bas, tout-puissants pour leur causer du mal ou leur faire du bien. C'est au moyen des « Isanusi », prêtres, docteurs ou sorciers, que l'on communique avec les esprits des ancêtres, par eux qu'on ;uloucit leur colère, qu'on découvre ceux qui ont commis un crime, ou sont cause d'une maladie. Le gouvernement anglais a interdit aux Isanusi l'exercice de leur fonction; mais il leur reste la ressource d'un diplôme de médecin.
Ainsi donc le Cafrc croit à la vie future, mais pour lui la vie future ne peut être qu'heureuse et il n'a point l'idée de châtiments à venir. Il ne prie pas Dieu, mais il tâche de se rendre propices les âmes des ancêtres. A peine a-t-il rendu le dernier soupir que ses amis s'emparent de son cadavre, l'attachent dans la position d'un homme assis et lui creusent une fosse profonde (Jans le kraal. Bon nombre de tribus Bantou pratiquent la circoncision, et l'accomplissement de ce rite donne lieu à de grandes réjouissances.
La morale des Cafres est très relâchée. Il n'y avait cependant chez eux ni adultère, ni inceste, leur sens de la justice commutative était très développé et ils avaient, dit-on, horreur du vol, avant de venir en contact avec la a civilisation ».
Au commencement du siècle dernier, le Natal était habité par ç}'\ tribus cafres — à peu près i oooooo d'âmes — dispersées au
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flanc des collines, dans les forêts plus nombreuses et plus fortes qu'aujourd'hui, dans les vallées couvertes de longues herbes, dont elles disputaient la possession aux nombreux éléphants qui s'y promenaient en toute liberté, aux lions et aux panthères cachés dans les rochers, aux élans et aux antilopes qui sillonnaient les plaines, aux hippopotames et aux crocodiles qui peuplaient les rivières.
C'est en i486 que Bartholomeo Diaz atteignit pour la première fois le Cap, qu'il appela Cap des Tempêtes, et que son souverain, le roi Jean II, nomma Cap de Bonne-Espéi-ance. Onze ans plus tard, le 35 décembre i497, Vasco de Gama découvrit le Natah
On n'en entend plus parler jusque vers 1820. A ce moment, le roi des Zoulous, Tshaka, franchit le Tugela, ravage le pays, tue les habitants, incendie les kraais, emmène le bétail et fait un vaste désert de ce pays. Vers 1825, quelques colons anglais venus du Cap, lui prêtent assistance dans ses combats contre les Pondos du Sud et s'établissent sur le point de son empire appelé depuis Port-Natal ou Durban, qu'il leur concéda en même temps que l'autorisation de faire le commerce dans ses États. Tshaka fut tué et remplacé en 1829 par son frère Dingaan, et l'établissement du Natal ne fit que végéter.
Cependant les fermiers, ou Boers du Cap, ne pouvaient s'habituer au joug de leurs nouveaux maîtres, ni se soumettre à leurs lois arbitraires.
Aussi, quand vint l'abolition de l'esclavage, qui les ruinait, l'indemnité promise n'étant accordée qu'à des conditions irréalisables, une foule d'entre
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eux résolurent de quitter le Cap et de remonter vers le Nord pour y fonder une nouvelle colonie. Ils passèrent le fleuve Orange, chantant leurs hymnes et luttant contre les tribus noires qui s'opposaient à leur marche. Des groupes s'avancèrent jusqu'au nord de la rivière Vaal. D'autres passèrent les montagnes du Berg, et descendirent sur le Natal, conquérant le pays et repoussant les guerriers de Dingaan. A la tête de cette dernière colonne se trouvaient deux héros, Pieter Retief et Gert Maritz.
Pieter Retief, à la tête de 70 cavaliers, se présenta en i838, à Kingkloof, devant Dingaan, et demanda à lui acheter le territoire compris entre le Tugela et l'Umzimvulu. Dingaan les fit massacrer tous dans un guet-apens et, à la tête de 4^000 guerriers, surprit pendant la nuit leurs compagnons campés sur la rivière Bushman. Ceux-ci repoussèrent l'ennemi, mais après avoir perdu 616 des leurs dans ce combat sanglant, dont le lieu porte encore le nom de Weenen^ « les pleurs ». Ils reçurent des renforts, pénétrèrent à la fin de i838 dans le territoire zoulou, sous la conduite d'André Pretorius, et battirent Dingaan, qui, l'année suivante, leur fit demander la paix, leur abandonnant le pays que son frère Tshaka avait concédé aux colons anglais, c'est-à-dire le territoire du Natal (mars i839).
Peu de temps après, un frère de Dingaan, Unipandc, s'allia aux Boers. La guerre recommença avec Dingaan, qui finit par être battu et dut se réfugier chez les Swazies, sur la baie de Dclagoa où il mourut. Umpande fut proclamé roi et il abandonna aux Boers 36 000 têtes de bétail et tout le territoire entre le Tugela et l'Umvolosi. La République du Natal était fondée. Mais le gouverneur du Cap refusa de la reconnaître, et, en i8/ii, il envoya contre les Boers le capitaine Smith et un petit corps de troupes. Battu d'abord à Port- Natal, Smith se retira dans une redoute où il resta bloqué. Des renforts lui furent envoyés, et il s'empara du Natal qui, en i843, fut déclaré possession anglaise et annexé à la colonie du Cap. Devenu
en i856, colonie séparée avec des institutions représentatives, il obtint, en 1898, son autonomie.
Parmi les 6/) 000 Blancs qui Thabitent, les Boers prédominent encore dans le Nord où ils s'étaient jadis établis, mais partout ailleurs ce sont les Anglais qui forment dans l'ensemble le gros de la population blanche.
D'Urban, Durban ou Port-Natal, est le grand port de la côte Sud- Est, et c'est là qu'aboutissent les chemins de fer du Transvaal et du nord de TOrange. C'est donc par là que se fait tout le commerce de la colonie. Sa population est de 48410 habitants. Pietcrmaritzburg, la capitale, ainsi nommée en souvenir des deux chefs du grand trek, Pieter Retief et Gert Maritz, est situé dans l'intérieur, à 54 milles de Port-Natal, et compte 28 5oo habitants.
En 1897, par lettres patentes royales, d'accord avec une délibération du Parlement de Natal, fut annexée à la colonie de Natal la province de Zoulouland qui comprend les 2/3 environ des anciennes possessions des Zoulous, et qui s'étend au nord du Tugela entre la possession portugaise, le Transvaal et le Swaziland.
LES PREMIERS MISSIOIN^NAIRES
Avant i85i, la vaste étendue de territoire qui formait alors le Vicariat apostolique du Natal était sous la juridiction de Mgr Devereux. Vicaire apostolique de la Province orientale du Cap. Vers 1848, voulant se rendre compte de cette partie encore inconnue de son immense Vicariat, il y envoya le R. P. Murphy qui, débarquant à Durban, y trouva à sa grande surprise environ 160 Catholiques, soldats, colons anglais et français de Maurice. Il en découvrit un nombre presque égal à Pietcrmaritzburg, et, après un séjour de quelques mois, il s'en revint à Grahamstown, rendre compte à son évoque des bonnes dispositions de ces Catholiques et de leur désir d'avoir des prêtres. Mgr Devereux en référa à la Propagande et demanda la
création d'un nouveau Vicariat. Et c'est ainsi que le Vicariat du Natal fut créé en i85i avec, pour frontières, au Sud le Vicariat oriental du Cap et la rivière Key, à TEst TOcéan Indien, au Nord les Tropiques, renfermant ainsi une partie de la colonie du Cap, la colonie du Natal, une partie des colonies portugaises, et ce qui devint plus tard le Transvaal, TOrange, le Basoutoland et le Bechouanaland.
On le confia aux Oblats de Marie Immaculée.
Récemment fondée, la nouvelle congrégation accepta cette charge, sans se laisser arrêter par le manque de ressources, ni le petit nombre de ses ouvriers; et, le i5 mars i852, cinq missionnaires, le P. Allard, un prêtre irlandais et trois Français, le P. Sabon, dont nous aurons à reparler par la suite, un diacre et un Frère convers, saluèrent les horizons du Natal.
Le P. Allard venait du Canada où il avait déjà dépensé une partie de ses forces et de sa vaillance, dans des affaires parfois délicates et épineuses. Mandé à Marseille, il y fut consacré par Mgr de Mazenod et chargé d'aller fonder la nouvelle Mission. Arrivé à Capetown, il s'y lia d'amitié avec notre consul, M. Blanchetton, qui se mit tout entier à son service, ouvrant même une souscription en sa faveur à Capetown, « heureux, disait-il, d'être utile aux missionnaires et d'avancer la cause de son pays ».
A Durban, les Pères furent reçus cordialement. Mais ils manquaient de tout. Une chambre, prêtée par un Protestant marié à une femme catholique, fut leur première chapelle; ils la remplacèrent bientôt par un abri provisoire, élevé sur un terrain que leur avait concédé le gouvernement. A Maritzburg, le gouvernement leur accorda aussi un terrain sur lequel, avec les quêtes faites parmi les Catholiques et les dons des Protestants, ils bâtirent également une petite chapelle, que desservait, malgré une énorme distance de 60 milles, le P. Sabon, déjà chargé de Durban. Avec les orages, le chaume de la chapelle de Durban laissa passer la pluie et il fallut la remplacer. Cette fois encore. Catholiques et Protestants se mon-
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trèrent généreux, et le P. Sabon put bâtir une véritable église, acheter quelques terrains, se loger, et d'une partie de sa maison faire une école où, sachant à peine l'anglais, il se mit à renseigner à une vingtaine d'enfants, catholiques ou protestants. A cette école le gouvernement garantit un secours d'un millier de francs.
Le nombre des Catholiques du Vicariat, s'élevait alors à peine à I200, disséminés sur une étendue plus vaste que la France entière, avec seulement trois prêtres pour s'occuper d'eux !
Cependant des Indiens, importés par le gouvernement du Natal, venaient d'arriver pour la culture de la terre et les plantations de cannes à sucre. Parmi ces coolies se trouvaient plusieurs familles catholiques. Le P. Sabon se fit un devoir de les visiter et se mit à étudier, inutilement, hélas ! étant trop âgé pour cela, leur langue si difficile. En même temps étaient arrivés de Maurice un certain nombre de familles catholiques. A ceux-là aussi le P. Sabon prodigua son dévouement et sa charité, et, peu à peu, le nombre de ses fidèles augmenta.
Maritzburg progressait également et, dès le 25 décembre i853, jour anniversaire de la découverte de la colonie, était bénite la première église catholique du nouveau Vicariat.
En i854, des secours arrivèrent en la personne de deux missionnaires qui devaient laisser une trace profonde de leur passage dans l'histoire du Vicariat, le P. Barret et le P. Gérard. Chargé bientôt de Maritzburg et de l'immense district qui l'environne, le premier est encore aujourd'hui, malgré son âge et ses fatigues, à la tête de cette Mission et de ses œuvres développées et agrandies. Le second se consacra à la conversion des indigènes, et c'est encore parmi les Noirs du Basoutoland qu'il dépense le reste de ses forces.
En 1873, la Mission de Pietermaritzburg, qui s'étendait aux quatre cinquièmes de la colonie, comptait 577 Catholiques, dont 160 soldats, et celle de Durban, 384 dont 100 coolies venus de l'Inde. Le principal soin des Pères était de maintenir les Catholiques, de
visiter, autant que cela leur était possible, leurs districts des campagnes, de diriger leurs écoles. Cependant, en lespace de i5ans, ils avaient reçu 5o abjurations de Protestants. &i les soldats catholiques ne dépassaient pas 25, ils avaient toute liberté d'aller à Téglisc et de pratiquer leur religion, mais sans avoir droit à un aumônier. Quand ils dépassaient ce chiffre, le gouvernement rétribuait un aumônier, qui naturellement était le missionnaire, et, les jours de dimanche et de fête, ils se rendaient militairement à Téglise.
Mgr Allard était d'instinct porté vers les indigènes. Si d'abord il s'était occupé des Blancs, si abandonnés au point de vue religieux, ce fut toujours avec Tardent désir et Tarrière-pensée de se consacrer au plus tôt à ces millions de Noirs qui l'entouraient et dont personne ne s'inquiétait. II commença par les visiter. Puis il tenta un premier établissement dans une tribu cafre voisine de Maritzburg. Pendant plus d'un an, deux Pères séjournèrent avec lui aux milieu d'eux, vivant de leur vie, et s'efibrçant sans livres d'apprendre leur langue. Une église fut bâtie et la Mission Saint-Michel fondée. Elle ne leur procura que des angoisses et des déceptions. Les Cafres venaient aux instructions, espérant tirer profit de la présence des missionnaires ; mais à peine de retour dans leurs kraals ils se moquaient de leurs enseignements. Les hommes interdisaient aux femmes d'aller à l'église afin d'empêcher leur conversion, et, pendant huit ans, pas un seul homme ne se convertit. Entourés comme ils l'étaient de Catholiques et de diverses sectes protestantes, le spectacle de plusieurs religions chrétiennes troublait leur faible intelligence et ils ne savaient pas choisir. Enfin une guerre de tribus éclata et les Cafres évangélisés se virent expulser de leur terrain par un chef plus puissant. Tout était à recommencer.
Les Oblats s'adressèrent alors au gouvernement, qui leur octroya un terrain sur lequel leurs Cafres vivraient en sûreté. Et le travail reprit, ardu, difficile, pénible et stérile, hélas! Heureux les missionnaires, quand, malgré les sorciers, ils pouvaient administrer furtîve-
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ment le baptême à quelques pauvres enfants. Les Cafres eux-mêmes, qui ne pouvaient s'empêcher d'admirer leur dévouement, leur conseillaient de renoncer à- leur entreprise : « Pourquoi vous affliger? leur disaient-ils, c'est à nous seuls la faute si nous ne vous suivons pas. » Les grandes vérités les rendaient tristes; ils ne pouvaient se résoudre à abandonner leurs jouissances matérielles pour des joies à venir que leur intelligence assombrie par la superstition était incaj)n))l Ils ne pouvaient échapjx-r au joug de icui^ sorciers, ni renoncer à la |>olygamie. Mt'ino au lit de mort ils ne se reiuliiirnt poiiil. " piéférant mourir en Cafres, après avoir \(•r\^ en Cafres », suivant l'expression d'un missionnaire.
Obligés enfin d'abandonner ces pauvres endurcis, les Pères se dirigèrent vers
un autre site, plus église susr -jubE™ db diubjui ■
éloigné des grands
centres, et ils fondèrent une nouvelle Mission qu'ils nommèrent Notre-Dame des Sept Douleurs. Ce fut une nouvelle succession de souffrances morales et physiques et d'insuccès.
Cependant une autre partie du Vicariat réclamait l'attention du missionnaire : les colonies portugaises et en particulier Delagoa Bay, où se trouvaient, disait-on, nombre de Catholiques sans prêtres et sans sacrements. Le P. Bompart y fut envoyé. Le Gouverneur l'accueillit parfaitement mais refusa de lui laisser accomplir aucun acte de son ministère, en vertu du fameux « Beneplacitum Regium ». Ce privilège date de i4H6, et il était particulièrement odieux en cette occasion et pour les Chrétiens portugais, entièrement abandonnés
depuis longtemps, et pour le missionnaîre venu de si loin inutilement. On lui offrit de se faire naturaliser Portugais et de se soumettre à rarchevéque de Goa. Il refusa. Bientôt il tomba gravement malade, et il ne dut son salut qu'à sa constitution robuste et à son invincible courage. Enfin il put repartir après Tarrivée d'un prêtre portugais.