‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 11 sur 105 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

bares du Nord passent sur le vieux monde romain comme un ouragan, elles en emportent les débris vermoulus, et menacent de détruire l’œuvre des martyrs. Mais l'Église reste là, seule: et immuable comme le

rocher au milieu des ruines accumulées autour d'elle,

consolant toutes les douleurs, adoucissant toutes les souffrances, pansant toutes les plaies ; elle nourrit tous les affamés, soulage les malheureux et calme toutes les haines. C'est-elle qui fusionne les vainqueurs avec les vaincus, en les convertissant à la foi catholique. Elle en fait une nouvelle nation, qu’elle forme dans le moule de son unité, et qui deviendra le ministre de Dieu chargé d'exécuter les hautes œuvres de sa gloire et de sa miséricorde en ce monde. Ainsi les Papes sauvaient l'Occident; et les évêques de l’Église formaient la France comme les abeilles construisent leur ruche, dit l'historien protestant Gibbon.

L'Église fait donc l'éducation des peuples. Partout où s'élève un clocher, un presbytère, un couvent, il \ a une école où la jeunesse reçoit gratuitement tous les degrés d'instruction: dans les grands centres, elle établit des Universités d’où sortent des hommes célèbres dans tous les arts et dans toutes les sciences.

A son tour, la France envoie des Apôtresaux nations éloignées : toutes les nations catholiques l’imitent ; et, à partir de l’époque des croisades, nous assistons à un grand mouvement d'expansion de la foi catholique. Des religieux Français, Italiens et Espagnols parcourent l’extrême Orient ; Kan-balik ou Pekin possède un archevêque catholique et trente mille chrétiens pendant le moyen-âge. À mesure que s'opèrent les découvertes géographiques, des essaims de missionnaires vont évangéliser les Indes, la Chine, l'Afrique et l'Amérique. Cependant la plus belle part des missions

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nouvelles contrées reçoivent l'Évangile. Rarement

XViii INTRODUCTION.

est réservée à la France : en effet, étant donné le caractère français, avec son activité, son dévouement, sa générosité, son abnégation et son esprit de prupagande, transformés, perfectionnés par Ja foi, l'espérance et la charité, surnaturalisés par les dons du Saint-Esprit, et le sacerdoce, il est tout nature] qu’elle soit la nation qui donne le plus de missionnaires à l’Église; et, par “onséquent, la nation civilisatrice par excellence, conduisant le Chinois et lIndien avec le sauvage de l'Océanie et des forêts de l'Amérique ainsi que les noirs de l'Afrique à la grande unité. vers laquelle marchent tous les peuples, et qu'aucune force humaine n’empêchera de se réaliser — fiet unum oviie el unus pastor — alors il n’y aura en ce monde qu’un seul bercail et qu’un seul pasteur,

Or, en ce xix° siècle, où nous entendons tant d’esprits égarés annoncer la fin, l’enterrement de l’Église catholique romaine, nous voyons se dissoudre et se morceler les autres religions sous l'action du scepticisme, de l'indifférence et de l’athéisme à mesure que l'appui du pouvoir temporel vieni à leur manquer. L'Église catholique, seule, progresse de telle manière, qu'il faut remonter aux temps apostoliques pour assister à de semblables agrandissements : et nous le prouvons par des chiffres: À l'avènement du glorieux et admirable Pie IX, l'Eglise comptait huit cents évéchés, vicariats et préfectures apostoliques, en ce moment, elle en amille ettrois cent millions de fidèles: Dans ce nombre la France est représentée par 180 évêques. Nous trouvons donc une augmentation de 200 évêques institués par Pie IX de 1846 à 1872. Des centaines de missionnaires, de religieux, de sœurs partent chaque année pour les missions, et, chaque année, de

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