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d’hui, ces États, en nombre variabie chaque année, selon les succès ou les revers des Gallas, sont au nombre de cinq: le Tigré, ch.-1. Axum, ancienne capitale de l'empire abyssin ; le Sennaar, ch.-I. Gondar, l'Ankober, l’Añnhara et lAngot. La ville d'Arnkober est devenue la ville la plus importante. Les rois de ces États reconnaissent pour la forme un négus qui réside à Gondar ; ils maintiennent ce fantôme d’empereur, parce que chacun d’eux espère s’emparer de son pouvoir et dominer toute l'Abyssinie.
Les Gallas, peuples belliqueux du sud, se sont rendus maîtres depuis le siècle dernier du Narea, du Schoa, et d’une grande partie du Godjam, provinces méridionales de l'Abyssinie.
Près du littora! s’étend, à côté d’autres îles, celle de Macawa ; elle n’est séparée de V'Afrique que par un étroit chenal ; 2lle appartient à l'Égypte et est la résidence du consul de France. C’est dans la ville qui porte son nom que les lazaristes ont établi la procure de leur mission.
L'Abyssinie est coupée par des montagnes élevées dont l'altitude atteint jusqu'à 3,200 m.: c'est &ans celles de la partie septentrionale que se trouvent les monastères dont nous parlerons plus loin. Pour donner une idée de ce pays nous ne pouvons mieux faire que d'en donner la description, impossible à résumer, du célèbre voyageur qui l’a révélé à l’Europe
moderne, le savant M. Antoine d’Abbadie, membre de D
l'Institut.
« L’Abyssinie se compose d'une série de hauts pla-
teaux isolés, sur trois côtés, du resie de l'Afrique, par À des terres chaudes, basses et malsaines. Si le voyageur E
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(Sans épuiser tout d'abord
son énergie contre ces obstacles,
& füissionnaire prudent atteindra l’Abyssi-
nie par la mer Rouge, et, porté dans une barque arabe, il ira prendre terre sur la côte des Habab, ou bien il jettera l’ancre dans le port de Macawa. Il y sera bientôt accueilli par des pasteurs au teint sombre, aux lèvres épaisses, aux cheveux ébourriflés. Ils vont nu-pieds, portent le pagne et la toge de coton, une lance, un large poignard et un petit bouclier de peau d'éléphant. Ils s'appellent Saho et se divisent en plusieurs tribus dont la plus importante, celle des Asaorta, se dit issue d'un lion : car les sauvages mêmes connaissent la vanité nationale, et le clan le plus oj:scur de l’Afrique s’efforce de jeter un manteau de More sur son origine.
« Bien que le climat de Maçawa soit sain, bien qu'on y trouve plus d’un centenaire, c’est l'endroit le plus chaud de la terre. Il est impossible à un Européen d'y conserver l'énergie. physique, et l’activité morale doit s’y affaiblir chez ceux qui ne retrempent pas leur âme aux sources élevées de la prière et de l'espérance. Le voyageur se hâte de quitter cette terre musulmane, si pleine des uses et des crimes des marchands d'esclaves, et dont les habitants passent la moitié de leur temps à s’éventer ; il part avec son guide saho, franchit le désert en une nuit, et parvient à l'aube du matin au filet d’eau de Haddas. A mesure qu'il remonte cette vallée étroite et pierreuse, il trouve le ruisseau plus vif et plus épanoui ; d’abord un peu d'herbe, pris un arbre vert: plus haut, enfin, de riants ombrages l'initient peu à peu à la fraîcheur des hautes terres. Bientôt, il n’entend plus rugir le lion, des oiseaux nouveaux gazouillent sous la feuillée et des troupes de singes jettent leurs cris d'alarme du haut de chaque rocher. On arrrive enfin à la rude montée où le chameau est remplacé par le hœuf de
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charge, on gravit en zigzag parmi des plantes grasses aux fleurs rouges, et l’on arrive au bord du plateau abyssin. Là, se dressent de toutes parts des arzes, arbres toujours verts, pareils aux cèdres, et dont les branches sont agitées par des brises fraîches qui semblent annoncer une terre promise.
CIl'est difficile de ne pas s’arrêter sur les premiers laïtes de l’Abyssinie. Vers l’est, et sur la route qu’on vient de suivre, on aperçoit de profondes fissures, les vallées nues et les Ccontre-forts qui soutiennent les hautes terres. Au nord, la crête se prolonge par /gala et le Jamazen jusqu'aux lieux où les Bilen et les Asgidé vivent sans prêtres et se croient encore chrétiens. Au sud, la vue est bornée par les montagnes ; mais, du côté de la mer, on peut voir, par un temps
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clair, la plaine de Ragad formée d'une nappe de sel. Les traditions saho y placent le site des villes maudites qui avaient refusé l'hospitalité à un ange, et, sans Connaître la Bible, les demi-musulmans racontent sous d’autres noms la métamorphose de la femme de Loth. À Ragad, on exploite de sel qui est taillé comme la pierre à aiguiser d’un faucheur, pour servir de monnaie dans toute l'Abyssinie.
(Mais le voyageur, assis au bord du plateau, portera ses regards vers l’est ; à ses pieds il verra des collines presque nues, couronnées çà et là de masses de grès blancs qui simulent de loin les châteaux ruinés de l'Europe féodale, Plus bas,s’étend Ja plaine de Zahma, repaire des lions, des panthères et des voleurs d’enfants, Cette plaine est bornée au nord par le Marah, rivière qui se contourne en spirale dans le Sarawé ei va se perdre vers la Nubie, dans le pays de Gas. Au sud-est du Zahma est l’Agame ou Agamien, terres de Montagnes et de braves, et plus haut encore sont les
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