‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 24 sur 105 · DS DS · texte numérisé non relu

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plus humbles voyageurs peuvent servir les grands desseins de Dieu... »

Saint Frumence « traduisit les saints Évangiles dans la langue gheez qui est sœur de l’hébreu et que parlent encore les Asgidé. Dans le reste de l'Éthiopie cet idiôme est, comme notre latin, une langue morte employée dans le service liturgique. De toutes les langues de l'Abyssinie, la plus répandue est l’amarinna parlée surtout par les Amharas, dits, jadis, Ancharas. Puis viennent le tigré ou kasig, le suho, les quatre langues agaw, les idiômes kafa et quelques autres. Enfin, l’i/morma ou langue des Gallas. »

En résumé, les peuples de l’Abyssinie et les Gallas

sont une des transitions entre la race blanche et la

race nègre, Les teintes variées de leur peau, les traits du blanc sous leur couleur brune ou noire, n'indiquent-ils pas qu’ils sont un des traits d’union dans lequel se confondent les deux races.

L’Abyssinie renferme quatre millions d'habitants : sur ce nombre deux millions appartiennent sans le savoir aux anciennes sectes hérétiques d'Eutychès et de Dioscore. La plus grande partie suit aveuglément les idées changeantes Ge leurs rois; aujourd'hui hérétiques, demain catholiques. Quelques milliers de catholiques, des juifs, des idolâtres et des musulmans forment le reste de la population.

il est très-probable que la foi fut prêchée en Abyssinie après le retour de l’eunuque de la reine de Candace baptisé par saint Philippe, et que l’Église d'Égypte qui fournit saint Pantène à l'Inde, y envoya des missionnaires. Du reste, on ne doit pas oublier que l'Éthiopie ou Abyssinie était l’Inde ultérieure ou Éthiopie; par conséquent, il est très-possible selon certains auteurs qu ‘elle soit l’Inde évangélisée par saint Pantène

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en 189. Il y aurait trouvé les chrétientés fondées par saint Barthciémy. Quoi qu'ilen soit, l'établissement définitif du catholicisme en Abyssinie paraît ne dater que du 1v° siècle. A cette époque Métrodore, voyageur grec, ayant visité l’Abyssinie, revint à Constantinople rendre compte de son voyage à l'empereur Constantin, Alors un autre Grec de Tyr nommé Métrope partit pour étudier les ressources commerciales de ces contrées. Il emmena ses deux neveux, Édèse et Frumence. L'équipage de leur navire fut massacré dans un port de la mer Rouge; Édèse et Frumence trouvèrent seuls grâce à cause de leur grande beauté, fonduits en esclavage à Axum auprès du roi, ils surent tellement gagner son estime, qu’il leur conféra les plus hauts emplois de son royaume, Après sa mort, la reine-mère leur confia l'éducation de ses deux fils Abreha et Atzbeha, souverains futurs de l’Abyssinie. Frumence profita de sa haute position pour inoculer le christia-

nisme dans l'esprit de ses élèves, et tirer leurs peuples

de l’idolâtrie. Il se rendit avec son frère à Alexandrie auprès de saint Athanase pour lui demander des évêques et des prêtres; le saint ne crut pas mieux faire que de sacrer Frumence évêque d’Axum. Il revint en Abyssinie avec neuf missionnaires qui sont tous honorés par les Églises d'Égypte et d’Abyssinie. Saint Frumence \ est appelé saint Frémona, son frère Édèse fut ordonné prêtre à Tyr, sa patrie.

Ces apôtres opérèrent un nombre immense de conversions ; de 330 à 344, ils baptisèrent les deux princes associés à l'Empire. Ceux-ci favorisèrent la prédication de l’Évangile et surent résister aux injonctions de l’em- Pereur Constance qui les somma d’embrasser l’arianisme. L'Église d'Abyssinie les honore comme saints. Frumence mourut laissant le Tigré presqu’entièrement

chrétien. Les successeurs d’Abreha et d’Atzhéha continuèrent l’œuvre de leurs pères, Entre 480 et 338 Tazena fit évangéliser le Bornou et la Nubie. Son fils Caleb, surnommé le béni, Élesbéaan, défendit les

“chrétiens d'Arabie contre les Juifs; il abdiqua, et

après avoir envoyé sa couronne au Saint-Sépulcre, il se retira dans un monastère où il mourut. Le culte de ce saint roi est reconnu dans les Églises grecques et romaines.

Grâce à ses princes, l'Abyssinie conserva l'unité de la foi jusqu’après le vr° siècle ; seule, l'ambition de quelques-uns de ses princes entraîna une partie des chrétiens dans l’hérésie. En effet, c’est après la conquête de l'Égypte par les mahométans aidés des hérétiques, que le patriarche copie d’Alexandrie consacra l’'abouna Cyrille métropolitain d'Axum. Jusque-là, les Falahas ou juifs abyssins retranchés dans les montagnes du Semen, étaient restés tranquilles, Mais vers le x° siècle ils s'emparèrent du trône de l’Abyssinie ; peu s’en fallut que le christianisme n'y fût étouffé, Ce fut l’évèque, Tecla Hainanout, Barthélemi qui releva le courage des chrétiens : il rendii la couronne aux descendants de Salomon. Cet évêque fonda le célèbre Couvent de Debras-Libanos dont relèvent encore tous les autres monastères abyssins. C’est lui qui exclut de l'épiscopat le clergé de l’Abyssinie, en décrétant qu’il n'y aurait jamais que le seul et unique évêque d’Axum sorti de l’Église copte d'Alexandrie, et que tout personnage revêtu de la dignité épiscopale y Serait puni de mort. Ainsi fut rivée à l’hérésie l'Église d’Abyssinie : cette mesure encore en vigueur de nos jours £n a causé la ruine. Les abounas Salamas envoyés d'Égypte ont toujours été les persécuteurs acharnés des prêtres Catholiques, Ce sont eux qui par leurs menaces et

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leurs excommunications, les ont fait martyriser et expulser. Aujourd’hui, vendus aux sociétés bibliques, ils emploient l'or protestant pour essayer d’anéantir le catholicisme,

Jusqu'au x siècle l’histoire est muette sur les relations de l’Abyssinie avec l'Église romaine. Cependant, chaque année, des moines se rendaient à Jérusalem au couvent, entretenu par leur nation auprès du saint Sépulcre. C’est par ce moyen que la Providence ménagea la reprise des missions, Au x siècle nous voyons l'empereur Lalibela, regardé comme saint avec son second successeur, Nacueto Laab, chercher à détourner ie cours du Nil pour punir les Égyptier - de leurs dévastations, Ce monarque éloquent et courageux fit creuser dans le roche la plupart des monastères actuels.

Pendant le xrve siècle, huit dominicains, envoyés par le pape Jean XXII, y opérèrent un grand nombre de conversions, entre autres cellé d'un prince abyssin nommé Philippe, I fut martyrisé en 1366; seize années auparavant deux dominicains indigènes avaient été mis à mort pour la foi catholique. Il est très-probable que les huit premiers ont été également martyrs. A cette époque, le pape Eugène IV préparait l’union des Églises d'Orient et le concile de Floreñce. A cet elfet, il envoya plusieurs mineurs observantins italiens. travailler à cette réunion. Les frères A/bert de Sarzane, Thomas

de Scarlino et trois autres observantins tentèrent de pénétrer en Abyssinie : le premier resta en Égypte, ses Compagnons, plusieurs fois retenus prisonniers à la : frontière, y parvinrent. Après avoir subi toute espèce de mauvais traitements, ils allaient être décapités, lorsqu’arriva la rançon payée par le Saint-Père pour leur rachat. Les efforts d'Eugène IV réussirent : l’empereur Zara-Jacob lui fit connaître ses bonnes dispositions

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par l'intermédiaire de Vicomède, supérieur du couvent abyssin de Jérusalem. Deux autres franciscains ayant pénétré jusqu à lui, le frère Séraphin de Sicile rapporta sa réponse au pape. L'empereur envoya des députés au concile de Florence et l’union fut consommée. En même temps, il enjoignit au sultan d'Égypto de cesser de persécuter les chrétiens de ses États : par son énergie, il leur,procura un mon.ent de repos.

Le concile de Florence cuvre une ère florissante pour les missions d'Orient. Quatre autres fruuciscains furent envoyés en Abyssinie en 1474, mais Zara-Jacob était mort; la reine mère gouvernait pour son jeune fils /scander Il : elle ne les accueillit pas favorablement. Après leur retour, quatre autres religieux du même ordre, désignés par Sixte IV pour cette mission, ne purent partir. En 1480 un pareil nombre se dirigea vers l’Abyssinie : on n’a jamais su ce qu’ils étaient devenus.

Les relations de ce royaume avec Rome semblent être restées interrompues depuis certe époque jusqu’à l’arrivée du prêtre portugais Covilham. Envoyé par le roi J’an II à la recherche du célèbre prêtre Jean, celui-ci se fixa à la cour d’Iscander II, en 1498. C’est lui qui fut pendant longtemps l'intermédiaire entre Rome

et l’Abyssinie. À son instigation, Iscander envoie à.

Lisbonne et auprès du pape le moine Lude-Marc : les résultats de cette ambassade ne furent pas immédiats. L'empereur, vainqueur des mahométans, fut assassiné par un de ses ministres. Son frère Naod lui succéda de 1499 à 1508 et ne laissa pour héritier qu’un jeune enfant sous la tutelle de l’impératrice Hélène.

Or, les mahométans, profitant de l’affaiblissement de l'empire, l’attaquaient plus fortement que jamais. Hélène, conseillée par Covitham, envoya demander du secours à Emmanuel de Portugal; elle lui offrait

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de Bermudes, viut en Abyssinie. À son arrivée en 1829 il trouva le jzune roi majeur à la tête dé ses États,

‘ous le nom de David III. Ce prince avait battu les musulmans ; le danger une fois éloigné, ses disposi!ions élaent changées. Il reçut donc Rodrigue froidement et traîna les négociations en longueur pendant six ans. Mais en 1526, les succès du suitan Sélim lui ayant donné de grandes inquiétudes, il donna une réponse favorable. Rodrigue partit avec un prêtre abyssin, Zaga-Zaab, accrédité à la cour de Lisbonne. Le médecin Bermudez avait su gagner la confiance de David ainsi que celle de Marr, évêque d’Axum. C’est pourquoi, les relations avec l'Égypte étant interrompues, ce dernier demanda au pape Clément VII d’en faire son successeur, Après de nouveaux revers, David envoya une seconde fois Bermudez en "ortugal presser l’envoi des secours. Celui-ci revint institué patriarche d'Alexzandrie avec une flotte et 500 hommes de troupe commandés par Étienne et Christophe de Gama. Mais David était mort écrasé par la douleur et la honte de ses défaites, en 1540. Geragn, l'Attila de l’'Abyssinie, général de Selim, avait conquis presque tout le royaume. Claudius Asnafon, fils. ue David, jeune homme de dix-huit ans, venait de succéder à son père. Grâce aux Portugais, il reconquit insensiblement, ses États. D'abord Christophe de Gama, abandonné des Abyssins, fut blessé, pris et décapité : ensuite Geragn, trahi par ses janissaires, succomba dans une bataille décisive. Claudius, délivré du féroce général mahométan, témoigna de l'ingratitude à ses libérateurs. Il reçut Bermudez

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