‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 26 sur 105 · partie de nourut en é ans en · texte numérisé non relu

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auprès du vice-roi, le bahar negus, aujourd’hui appelé ras, qui s'était révoité contre son intraitable maître et manifestait l'intention d’embrasser le catholicisme. Dieu ne permit pas que l'épreuve se prolongeât davantage : Ménas mourut en 1363. [1 eut pour successeur Melek Seghed 1 (auguste souverain), âgé de douze ans. Ce prince, plus tolérant, laissa les missionnaires libres d'exercer leurs fonctions : il en faisait l'éloge au besoïin ; mais, s’il ne les persécuta pas, il paraît avoir maintenu les lois iniques de son père à leur égard. Toutefois, le père Oviedo augmenta beaucoup le nombre des chrétiens de Frémona, ville à trois lieues d’Axum, où se trouvait la principale maison des Jésuites. Il y mourut en 1577, vénéré des Catholiques ainsi que des schismatiques. Avant d’expirer, il avait désigné pour Supérieur de la mission le père Fernandez, qui ne tarda pas à le suivre dans ja tombe. Deux autres religieux furent assassinés, et le père Lobo, resté seul, expira en 1696, écrasé de fatigue. . En 1698, un prêtre indo-poriugais, envoyé par l’archevêque de Goa, vint examiner l'état de la mission. D'après ses renseignements, le R.' P. Paez, jésuite portugais, resté six ans prisonnier des mahométans, réussit enfin à aborder à Mäçawa, en 1603. Il releva la. mission de Frémona et se mit à instruire la jeunesse. Alors régnait Jacob 11 ; la réputation de Puez parvint

D jusqu'à lui: il l'appela à sa cour. Larsque le mis-

sionnaire arriva à Gondar, il se trouva en présence à :: négus Za-Denghel. Jacob avait été déposé en 4604. AcCueilli avec bienveillance par le nouvel empereur, il sut s’attirer son estime ainsi que ie respect de toute la Cour: alors il put faire veair de Goa quatre autres pères dont deux italiens. Za-Denghel se laisse aller à un zèle imprudent, il veut imposer par la force le ca-

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- il eut le même sort peu de temps après son second

avénement, en combattant son compétiteur Socinios.

Maître de l'empire en 1605, Socinios prit le titre de Melek-Seghed Il (auguste souverain). Il protésea les missionnaires et leur donna un terrain considérable sur une presqu'île du lac Dembéa, à Gorgona. Le père Paez y fit construire un établissement ainsi qu’une église en pierre et en chaux, constructions inconnues en Abyssinie : il y bâtit de même un palais pour l’empereur.

Socinios, reconnaissant, augménta considérablement les terres de la mission de frémona ; et son frère, Sela-Christos (image du Christ), vainqueur des Gallas,

. lui fit don d’un terrain important à Collela, pour y

construire un troisième établissement.

Les mahométans poursuivaient toujours leurs projets de conquête. En 1607, Melek-Seghed, attaqué, demanda du secours contre eux au roi de Portugal et au pape. Une de ses ambassades, voulant éviter les musulmans de la côte, prit la route de Mégadoro ; elle fut obligée de revenir sur ses pas.

Paez Pierre eut la consoiation de convertir Socinios quelque temps avant de mourir. Il rendit sa belle âme à Dieu, le 22 mai .622, Er ce moment, la cour éiait presque entièrement catholique: les succès les nlus consclants répondaient partout aux efforts des mi: sionnaires. De 1618 à 1623, dix nouveaux pères :£:liens et portugais vinrent partager leurs travaux : pari ces derniers se trouvait le père Puez Gaspard, arrivé en 1623.

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Pour répondre aux sollicitations de Socinios, le pape Urbain VIIT institua le père Mendez patriarche d’Éthiopie, et l’envoya avec les R. P. Sicco della Rocca et plus tard Apollinaire d’A Imeida, ses coadjuteurs, évêques in partibus de Nicée et d’'Hiérapolis, et neuf autres religieux. Ils arrivèrent à Frémona le 43 février 1526. Socinios, entouré de sa famille et de tous les dignitaires de son empire, les reçut avec une grande solennité. En présence de tout son peuple, il reconnut la primauté du pape auquel il jura obéissance et fidélité. Son fils, Facilidas, qui allait devenir le Julien de lAbyssinie, fit le même serment ainsi que les nobles présents à la cérémonie. Ensuite il fut décrété que la foi catholique devait être reçue par les Abyssins; et défendu, sous peine de mort, de professer l’hérésie eutychienne.

Les missionnaires purent se livrer à l’apostolat avec toute l’ardeur de leur zèle: mais, trop peu nombreux pour l'immense quantité des conversions de chaque jour, ils s'adjoignirent pour coopéraieurs des prêtres et des moines abyssins. Toutefois, le zèle déréglé de’ l'empereur et de ses agents compromit l'avenir de la mission par des mesures trop sévères. Le peuple se révolta ; et, d'après l'avis de Mendez, il fut obli:6 de rétablir la liturgie éthiopienne eu la corrigeant de ses et'eurs, Son fils Facilidas, impatient de régner, se mit à la ‘ète des rebelles et obtint de la faiblesse ::: son père tout ce qu’il voulut : le catholicisme i::: “dit, les ‘ésailes proscrits, l'obligation de professer l’hérésie sous peine de mort, telles furent les concessions du iaible et violent negus. I mourut navré de üculeur et de remords en 1532, après un règne de £8 ans, à l’âge de soixante-un ans, entre ies bras d'un R. P. jésuite, £a renouvelant sa profession de-foi catholique.

Facilidas (Basilides\, une fois maître da l'empire, se

donna pour mission l’anéantissement du catholicisme.

Il ordonna aux missionnaires de quitter ses États : Mendez obéit avec la plupart de ses compagnons : cependant, six d’entre eux restèrent avec le P. Almeïda, évêque de Nicée. Protégés par quelques membres de la haute noblesse, ils se cachèrent quelque temps; mais, dénoncés et traqués comme des bêtes fauves, ils ne tardèrent pas à être abandonnés de leurs protecteurs compromis pour eux. Paez, Pereira et Bruno de Sainte Croix, cernés dans une vallée profonde, sont réduits à se livrer eux-mêmes. Après avoir enduré des souffrances de toute sorte, ils meurent lapidés,, en juin 1638. Le P. Bruno survécut quelque temps: recueilli par les descendants des Portugais, il guérit et fut pendu avec le P. Cardeira en 1640. Tous les autres religieux eurent la gloire du martyre avec plusieurs prêtres et laïcs abyssius, entre autres Zara- Christos. En 1647, il ne restait plus en Abyssinie que le vicaire-génér?l, Nogueira, et cinq missionnaires

portugais aid r quelques moines et prêtres indigènes. La per on devint si grande, que les Portu-

gais de Frémonx apostasièrent en 1649, Ces malheureux, pour se concilier l’empereur, dénoncèrent Nogueira: il fut pendu en 1663.

! Pendant ce temps, le Saint-Siége, comprenant qu'avec un empereur comme Facilidas les jésuites étaient perdus et la mission très compromise, envoyait à Maçawa quatre capucins italiens, pour les secourir et les remplacer. C'était au commencement du règne de ce negus, en 1632. L’un des Pères mourut peu de temps après son arrivée, et les trois autres furent dé-

.'capités en 1642. Facililas avait offert au gouverneur

ture de cette île 40,000 piastres pour qu’il les lui livrât : il préféra gagner son or d’une manière plus expéditive en s’assurant le paradis de Mahomet.

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C'est à cette époque, en 1637, que les premiers missionnaires français vinrent en Abyssinie, Sept religieux Capucins dont le père 4 gathange de Vendôme, supérieur de la mission, vinrent tenter de secourir les malheureux catholiques de ce pays. Les pères Agathange et Cassien de Nantes prirent la voie du Nil. Dénoncés à leur entrée en Abyssinie, ils furent lapidés pour la foi en 1638. En même temps, deux autres capucins français, les pères Chérubin et François, tentaient la voie du Zanguebar ; reconnus comme prêtres par les mahométans, ils moururent lapidés à Megadoxu,

Facilidas expira en 1665, En rendant le dernier soupir il put se féliciter d’avoir accompli son programme. : tous les missionnaires avaient été obligés de quitter os États où étaient morts martyrs: le catholicisme : "y existait plus. Sur trente-quatre jésuites venus dans "A ToYaume, une moitié avait subi le martyre, l’autre ‘vait confessé la foi: et les sept premiers capucins étaient morts pour Ja religion. |

Les choses restèrent dans cet état jusqu'en 1669. Un marchand maronite, venu de ca pays à Jérusalem, en donna des nouvelles favorables à la reprise des missions Alors le Saint-Siége y envoya en qualité d'évêque, vicaire apostolique, Mgr Andrada Antoine, né en Abyssinie de père ou de mère portugais, avec plusieurs prêtres. Arrivés en 1669, ils furent tous martyrisés en 1670. A partir de cette année, la mission d’Abyssinie resta réunie à celle des franciscains réformés d'Égypte. Mais le Saint-Siége ordonna au supérieur d’y envoyer des missionnaires aussitôt qu'il e , jugerait opportun.

Un jésuite français, le L. Brévédent, la visita en 1698. Il pénétra jusqu'à Gondar en se faisant passer pour le domestique de Poncet, médecin français, qui se rendait auprès du négus : il mourut un an après à Darko.

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En 1703, Poncet fit un second voyage en Abyssinie; le père Bernat, autre jésuite, l’accompagna, mais il reçut l'ordre de revenir sur ses pas avant d’avoir atteint Maçawa: un troisième, le père Grenier, échoua également. pi Cependant les franciscains réformés ne restaient pas inactifs. Ils établirent leur procure au Caire et un hospice à Achmin, ancienne Panopolis, ville de la Haute-

Égypte, pour servir de refuge à leurs missionnaires.

Alors, le père Joseph, préfet apostolique d’Abyssinie, parvint à pénétrer jusqu'à Gondar ; il remit au négus Yassous un bref du pape Clément XI : ce princè lui confia sa réponse. En conséquence, trois franciscains réformés furent envoyés, ce sont: les pères Weiss, Libérut, préfet apostolique, autrichien, et deux Italiens. lis arrivèrent à Gonder en 1712 et trouvèrent Oustas (Juste), à la place de Yassous décédé. Il reçut les mis-

sionnaires avec bienveillance; sa protection occulte les

aida à faire quelque bien. Mais une nouvelle révolution orta sur le trône, en 1714, David IV vendu aux hérétiques, et les trois missionnaires furent lapidés le 3 mars 4716, à Abbo, dans la province de Wakayt. Désormais, la mission d’Abyssinie reste abandonnée jusqu’en 1838, époque à laquelle le pape Grégoire XVI la confia aux lazaristes piémontais. Le roi Ztsa Tecla Georghis venait d'envoyer une ambassade de vingtquatre députés à Rome, pour demander l'envoi de missionnaires Catholiques. Le Saint-Père accueillit avec joie cette proposition, et ordonna aux mineurs observantins d'y envoyer deux missionnaires : ce projet fut abandonné. Ce furent dcux voyageurs français, MM. d'Abbadie, qui préparèrent les voies à la nouvelle mission ; et, en 1838, M. de Jacobis, lazariste piémontais, en était nommé préfet apostolique. Il alla s’établifr à Gondar avec trois de ses confrères et un frère

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lai. Il y trouva un noyau de 500 catholiques qui servit de centre à d’autres, épars dans les royaumes voisins.

Les lazaristes rencontrèrent en Abyssinie les mêmes obstacles que leurs prédécesseurs : influence plus considérable des mahométans augmentant chaque jour et maîtres du littoral: l’empire divisé en trois États continuellement en guerre entre eux et avec les Gallas; de plus, l’évêque copte, l’Abouna Salama, à la solde des. protestants, retenant par la terreur plus de 100,000 chrétiens catholiques de cœur dans l’hérésie: telles sont les difficultés contre lesquelles ont à lütter les missionnaires.

Comprenant que sa mission était condamnée à une : instabilité désespérante tant qu’elle ne serait desservie que par des prêtres étrangers, M. de Jacobis commencA par fonder un séminaire pour la formation d’un clergé indigène. Ensite, il alla visiter les grands monastères auxquels tout lé clergé schismatique est agrégé. Chacun de ces couvents est une école ou université gratuite (Debra). Le niveau des études y est tombé très-bas, elles traînent en longueur pendant de nombreuses années. C’est de ces écoles que sortent les prêtres et les diptaris ou instituteurs de l’Abyssinie.

Il visita successivement le. couvent de Darrud au sommet d'une montagne (amba) composée de couches d’argile et de quartz blanc. Il est situé sur un plateau isolé de 2000 mètres de circonférence que l’on ne peut atteindre qu’au moyen de cordes. A ses pieds, existe un couvent dé femmes q'e les dévotes d’Abyssinie viennent visiter : il leur est interdit de monter au monastère supérieur. :

Il se rendit ensuite à celui du Bizien, assis sur des masses granitiques, amoncelées comme des ruines gi- Santesques, à 7730 mètres d'altitude. À l'entrée des sentiers ombragés qui serpentent sur lesflancs de]

esse

montagne, se dresse l'unique croix publique de l'Abyssinie. Autrefois ce monastère était le centre de 14

églises voisines : aujourd’hui ces populations sont ma-

hométanes ou païennes.

Il termina par le couvent’ de Gundégundé. Il est situé au sud-est de la province d’Agamien, dans une crevasse remplie de reptiles, ouverte dans les flancs d’une montagne horrible. L'abbé est.un des seuls qui ont le droit de siéger sur le Wæmbar, espèce de chaise curule, Dans l’église de ce monastère, se trouve à droite le tombeau du célèbre guerrier Sabagadis, tué par les Gallas, au moment où il allait relever l'empire. Gunudégundé possède une bibliothèque importante et précieuse où se trouvent tous les ouvrages écrits dans la langue gheez.i

Ce voyage accompli avec des fatigues inouies ne fut pas infructueux. M. de Jacobis ramena au catholicisme l'abbé de Gundégundé, Mamer Walda, Georghis, le plus savant moine de l’Abyssinie, avec sept de ses religieux. Ce fut une véritable conquête.

Insensiblement quelques séminaristes furent élevés au sacerdoce et placés dans les villages comme curés. En 1843, la principale résidence des missionnaires était à Gondar, et la procure à Maçawa. Bientôt les progrès de la mission déterminèrent le Saint-Siége à ériger l’Abyssinie en vicariat apostolique. M. de Jacobis fut nommé vicaire apostolique en 1847, mais il ne put être sacré qu’un an après, par Mgr Massaia, dans l'île de Dhulac, près Macawa ; le saint évêque ordonna en même temps 25 prêtres. En 1853, un des compagnons de Mgr de Jacobis, M. Biancheri, lui fut donné pour coadjuteur.

Pendant ce temps, de 1846 à 1849, le docte M. Antoine d Abbadie revint explorer l’Abyssinie ; il se rendit compte de l’état ainsi que des:espérances de la mis-

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sion. De retour en Europe, il sollicita du Saint-Siége l'envoi de R. P. jésuites qui suivraient le rite éthiopien. On ne donna pas de suite à ce projet.

C'est vers les mêmes années que le ras (vice-roi) Oubie, roi du Tigré, donna la province de l’Hamazen, située près du littoral, au gouvernement du roi Louis-Philippe. IL espérait par ce moyen se garantir contre les mahométans.

Cependant, le trop célèbre Théodoros s'était emparé de Gondar, que les missionnaires avaient été forcés d'abandonner. Cet usurpateur aspirait à l'empire, et pour y arriver se montrait favorable aux mahométans, aux Coptes et aux protestants; afin deleur être agréable, il persécuta les catholiques ; plusieurs d’entre eux confessèrent la foi avec courage. En 1858, trois prétendants se disputaient l'empire et s'en arrachaient les lambeaux sanglants, c’étaient: Théodoros vaincu par les Anglais; Mahomet, Bechir, mahométan à la tête de grandes forces, et le négus, neveu du roi Oubie, comme son oncle, protecteur des catholiques.

À ces guerres incessantes vinrent se joindre des épreuves bien grandes; la plupart des missionnaires moururent en peu d'années. En 1860, Mgr de Jacobis éxpirait à Maçawa, et Mgr Biancheri, son coadjuteur,. le suivait dans la tombe en 1864. M. Delmonte était venu les rejoindre avec deux autres lazaristes et un frère : il fonda en 1859 l'établissement de Keren où le séminaire fut transporté en 1865. L’année suivante, en 1866, les lazaristes français succèdent à leurs collègues du Piémont. M. Bel est nommé vicaire apostolique. Il se rend dans sa mission avec trois mission naires et deux frères, il la trouve dans la plus grande désolation, la plupart de ses confrères étaient morts: le choléra avait décimé les populations, les récoltes étaient dévorées par ‘les sauterelles et par les rats, et

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