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des troupeaux considérables emportés par des épizoolies, Ces fléaux unis à la guerre et au feu avaient engendré la plus grande des misères. Théodoros ainsi que les Chohos, trisis pillardes, achevaient la ruine du pays.
M. Bel ne trouva en Abyssinie que trois missionnaires et un frère européens ; en outre, il y avait quatorze prêtres indigènes et trois diacres. Sur ces entrefaites, mourut le vieil abouna Salama. Il eut pour successeur l'abouna Athanasios. En partant du Caire, il prit l’engagement de ne pas persécuter les catholiques; mais à peine arrivé en Abyssinie, il persuada au prince Kasa que ses États tomberaient entre les mains de la France, s’il permettait à ses sujets de devenir catholiques. Alors ce prince, respectant la personne des missionndires, ordonna aux catholiques d’apostasier sous peine d'emprisonnement et de confiscation de leurs biens. Malgré les traités qui donnent la liberté de conscience aux Abyssins et l'intervention de MM. Munziger et Duflos, consul et vice-consul de France, la persécution continua et les épreuves de la mission augmentèrent. M. Bel vint mourir à Alexandrie en 1808 à l’âge de quarante-cinq ans : l’année suivante M. Delmonte, désigné pour être son successeur, mourut à Keren, des suites d’une insolation comme les autres missionnaires. C’est Mgr Zourier, évèque d'Olène in partibus, qui lui a succédé en qualité de vicaire apostolique. Ce prélat partit pour sa mission‘le 49 août 1870, avec deux prêtres et trois frères lazaristes.
Voici l’état dans lequel il trouva sa mission, Elle se compose de quatre principaux groupes de catholiques :
4° Maçawa, île de la mer Rouge, contenant 4,063 habitants, presque en face de la Mecque, appartenant au pacha d'Égypte. C’est là que se trouve la procure de la mission, un missionnaire et un frère y résident,
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Beaucoup d'hérétiques rentrent dans le sein de l'Église en mourant; il s'y trouve une église fréquentée par les catholiques étrangers ;
2° Alitiena, dans la tribu des /: "-Bogoneita, vers le sud, L'importance de cette résuence est grande : elle pourra servir de trait d'union entre A/ula (Adoua) et le sud de l'Abyssinie ; |
3° Hébo et Saganéiti, dans le Koulougousaï, La première de ces deux localités contient une église trèsconvenable dans laquelle sont déposés les restes de Mgr de Jacobis, l'apôtre moderne de la mission,
Ces résidences avoisinent celles de la province Zana Deillié: Halaï, Maharda, Adekai et Ambeilo en sont
s principaux villages. Ces deux provinces ont 42,000 catholiques formant neuf paroisses dans un rayon de 12 lieues ;
4 Keren, chef-lieu de la tribu des Bogos. Cette tribu est composée de 18 localités contenant 16,000 âmes, La moitié a subi le mahométisme qu’elle professe extérieurement : les autres sont catholiques. Le territoire des Bogos s'étend au nord de l’Abyssinie près des possessions égyptiennes. Ils ont pour voisine la tribu des Mansah, qui demande des missionnaires depuis longtemps.
La ville de Keren est située sur un vaste plateau de 2000 mètres d'altitude, l’air y est pur et frais, son climat est salubre, et les vivres moins chers que partout ailleurs. Son éloignement du centre, la présence de plusieurs Européens et celle en particulier du viceconsul de France, y assurent la tranquillité ; aussi, depuis dix ans que les missionnaires y résident, jamais ils n’ont été tourmentés. La mission, y possède un vaste enclos, une église en assez bon état; c’est là que se trouve le séminaire et la résidence du vicaire apostolique.
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Après les événements douloureux qui viennent d’éprouver la France, quelques princes de ces contrées ont Cru pouvoir traiter les Français avec mépris, « La France est morte », se sont-ils écriés, et ils se sont déchaînés avec plus de rage que jathais contre les missionraires. D’après les dernières nouvelles, Keren aurait été détruite à son tour.
‘ARTICLE HI
Mission des Gallas. — Religieux Capucins.
Les Gallas habitent le territoire compris entre le Megacoxo, sur la côte d’Ajan au Zanzibar, et PAbyssinie. Comme tous les peuples noirs de l'Afrique, mais unis par l’origine et la même langue, ils sont divisés en un grand nombre de petits royaumes presque toujours en guerre entre eux. Pendant le Cours au siècle dernier ils ont pénétré dans le sud de l’Abyssinie : profitant des guerres intestines des royaumes abyssins, ils ont réussi à y établir leur prépondérance.
On compte plus de cinquante États ou tribus gallas régis par des reis particuliers ; les plus connus sont : le Schoa au nord, ancienne province méridionale de l'Abyssinie : le Gudru confinant au Godjam abyssin : le Lagamara, le Limu, le Ronno, l'Ennerea, l'Assandabo, le Lenwera, le ÆKafa et le Xurague. À l’ouest vers le Xordofan se trouvent les Changallas. Ts enserrent l'Ahyssinie à l’ouest, au sud et au sud-est, et pénètrent dans l’intérieur entre les hautes montagnes du Schoa et du Gondar. Ces contrées se composent d’une série de grands plateaux au sol fertile et au climat doux et salubre, Ça ei là, s'élèvent des montagnes neigeuses aussi hautes que celles du Schoa : elles sont habitées par les //00s, les Allas et autres tribus, Les
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lions et toute la race panthère, les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, les girafes, les hyènes et les chacals en peuplent les montagnes et les déserts. Les Gallas sont belliqueux, féroces et pillards ; ils vivent à l’état nomade, errants avec leurs troupeaux; ils sont d'une très-grande malpropreté. D’après certains voyageurs, leur territoire s’étendrait au sud dans toute la zone intérieure de l'Afrique orientale voisine du littoral habité par les Sémals, jusqu’à la rivière Jubu. Les Sdmalis, les Danakils, peuples du littoral dela mer Rouge au nord de l' Abyssinie, et les Gallas, paraissent provenir de la même souche.
Selon l'opinion de M. d’Abbadie et de tous les missionnaires, le type galla est une transitivn entre le type syro-arabe et celui des nègres occidentaux. Leur visage est plus arrondi qué celui des Abyssins, leur nez Court est séparé du front par une dépression, leurs lèvres moins : épaisses. que celles des nègres, leurs yeux, petits et enfoncés sous leurs orbites, sont encadrés par une longue chevelure plate et non-Irineuse. Ils sont bien pris, assez gros et d’une taille au déssus de la moyenne. La couleur de ceux qui habitent les vallées est noire, mais les populations des hauts plateaux ont la peau brune et plus claire; elle est pareille à celle des Fou/añs. Les femmes vivant plus renfermées, ont le teint'beaucc 1p plus blanc. La popula-. tion galla est évaluée par les missionnaires à dix millions d’âmes, :
Le gou\ernement de certaines tribus est patriarcal] ;
les femmes ne sont pas exclues du pouvoir. Les deux tiers de ces peuples ont embrassé le mahoméiisme qui poursuit sans bruit sa marche conquérante au centre de l'Afrique. Les autres ont un culte semblable à celui des Cafres, ils adorent un dieu suprême nommé Wak, au dessous duquel on retrouve tous les dieux de l’an-
cienne Égypte : les routes, les arbres, les oiseaux, les . serpents, etc., sont dés divinités que l’on apaise par des offrandes et des jeûnes. Le plus célèbre de leurs arbres fétiches croît sur les bords de la Hawash, rivière au sud du Schoa ; il est comme le palladium de la nation tout entière, et le lien mystérieux qui en unit tous les membres. En effet, de ‘outes les pañties des royaumes, les Gallas accourent au pied de cet arbre pour lui rendre un culte véritable: ils lui adressent des prières pour obtenir tous les biens résirables ; il est interdit aux femmes d’en approcher. Trois sortes de prêtres, devins et sorciers, sont les ministres de tous ces fétiches : les Xalishas ou Callicias qui prétendent disposer de l'avenir : la prospérité comme le maiheur dépendent d'eux; les Sérénateurs qui font briller le sclell ou déchaîner les tempêtes à leur gré ; les Buddas, ceux-ci se changent en animaux féroces à volonté ; ils ont la propriété de tuer les hommes par la force de leur regard, c’est le mauvais œil des peuples méridionaux. Ils sont exécrés, et celui qu’on soupçonne de bouddhisme est soumis au jugement d’un poison narcotico-âcre qui irrite extraordinairement le système nerveux.'A ces sorciers se joignent naturellement des sorcières. Une femme est-elle lasse de son ménage, aussitôt elle fait des gestes et prononte des paroles incohérentes: c’est l'esprit callo qui la possède. Son mari se prosterne devant elle, il l’adore comme une divinité. Sa volonté est la loi de Dieu, elle ne fera plus que ce qui lui plaira ; désormais elle portera le nom de seigneur. :
Les sorciers sont tout-puissants sur l'esprit des Gallas qui les consultent en toute circonstance et les enrichissent par leurs présents.
La foi chrétienne a pénétré parmi les Gallas à l'époque où florissait l'empire chrétien d’Abyssinie.
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Les prêtres et les religieux abyssins les évangélisèrent. ‘ Plus tard, aux xvr° et xvit® siècle, les jésuites portugais, italiens et français, ainsi que des capucins français, vinrent tenter de soustraire tous ces peuples aux envahissements progressifs du mahométisme. Leurs efforts furent inutiles : les mahomttans, aidés par les hérétiques d’Abyssinie et les guerres civiles, anéantirent cette église naissante : les Gallas embrassèrent l'islam, ou retournèrent au fétichisme africain.
Cependant le Saint-Siége ne les perdait pas de vue : il les rattacha d’abord à la préfecture apostolique de l'Abyssinie, confiée aux lazaristes piémontais en 1843. Le sainit et docte M. de Jacobis en fut le premier préfet ; et lorsqu’en 1846, no le nomma vicaire apostoliqué d’Abyssinie, le pays des Gallas fut érigé en vicariat distinct. Le Saint-Siège en chargea les capurcins de la province du Piémont. M. Massaia, évèque de Cassie in partibus, partit pour cette mission en qualité de vicaire apostolique, avec-trois religieux de son ordre. Pendant sept ans il tenta d’y pénétrer. Tantôt prenant la voie d’Abyssinie, il trouva la captivité et la persécution ; il put toutefois, en 4847, sacrer M. de Jacobis évêque in partibus de Nilopolis. Dénoncé à ses persécuteurs par un Européen, il pui gagner Aden où il attendit des jours meilleurs. Tantôt suivant la route du Haut-Sennaar, où il prit les fièvres et resta un moment enseveli dans les sables du désert de Xorasko, entre les. cataractes du Nil; seul, pieds nus, le courageux évèque, conduisant un âne chargé de quelques provisions, traversa Gondar en 14852 : il touchait enfin le sol galla. Ses compagnons l'y rejoignirent après des vicissitudes semblables.
4° Il établit le centre de la missioù à Gudru, dans le royaume de ce nom, confinant au Godjam, province méridionale d’Abyssinie. Au bout de cinq mois il avait
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déjà baptisé plus de cent païens. Cette mission prospérait : elle comptait déjà quatre églises, lorsque Cassa, compétiteur du célèbre Théodoros, envahit le
Godjan. Alors les missionnaires furent obligés de se
rotirer dans le Lagamara ; s
2° Lagamara est une chrétienté florissante ; elle a deux stations, une église en piérres, et une autre en torchis. C’est là que se trouvait, en 1856, le séminaire fondé par M. Massaïa pour la formation du clergé indigène. A cette époque il y avait déjà 400 nouveaux chrétiens : l’usage:est de les convoquer au son du
tambour pour entendre la messe’ les dimanches et
jours de fêtes; 3° La troisième résidence est à Limu, localité plus à
: l'ouest, dont le roi est musulman: malgré cela, il
favorise }£s missionnaires et leur a accordé un terrain pour bâtir l’église actuelle, Limu est une ancienne chrétienté ;
4° Assandabo : province et localité voisines de l’Abyssinie, où le vicaire apostolique résidait en 1855. La mission y possède quatre églises ou stations trèséloignées l’une de l’autre. Il s’y trouve un noyau assez important d'anciens catholiques : les conversions des païens y sont nombreuses. A elle seule, cette mission occuperait ur vingtaine de missionnaires ;
5 Ronno : cette localité a une église et un presbytère, il y a un grand nombre de catholiques :
6° Ennarea : dans la province de ce nom, où se trouve une église de paille et de nombreux chrétiens. C’est là que mônseigneur Massaia consacra son coadjuteur, le père Coccino, évêque in partious de Maroc, au milieu d'une affluence considérable de catholiques ;
7° Le Lenwera : chrétienté nouvelle où les chrétiens
ont bâti leur église de ieurs propres mains ;
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8° Le Kafa, qui occupe deux missionnaires, nombre insuffisant pour les chrétiens qui s’y trouvent. Le roi de Kafa protége les Pères: son royaume est vaste, il faut trois semaines pour le traverser : il confine avec le pays des Sômalis ;
‘So Le Kourague, province considérable et chrétienté autrefois florissante, mais détruite : on y compte quarante églises sans prêtres; les anciens catholiques en ont demandé depuis longtemps et ils doivent aujourd’hui avoir reçu des missionnaires.
En 1839, la mission était composée de six religieux capucins et de cinq prêtres indigènes, d’un diacre et de sept séminaristes. Trois autres missionnaires con-
duits par le père Léon des Avranchers, antien préfet |
apostolique des îles Seychelles, y arrivaient par la voie du Mégadoxo, plus sûre depuis le traité d’amitié entre le sultan de Mascate et la France. Chacune de ces stations ést la résidence d'un ou de plasieurs missionnaires. Bientôt monseigneur Massaia revint en France
“et fit imprimer un dictionnaire et une grammaire gal-
la par l'imprimerie nationale; ce sont les premiers ouvrages en cette. langue qui: ont apparu en Europe.
Voyant que les événements politiques d'Italie tarissaient la source des missionnaires piémontais de son ordre, il demanda au Saint-Siége que sa mission fût code à ceux de la province de France. Le Saint- Siége consentit à cette mesure, mais le saint évêque fut maintenu à la tête de son vicariat apostolique. En conséquence, trois pères français vinrent débarquer à Obock. Ce port est situé à l’entrée de la mer Rouge en face d’Ader, il facilite les communications avec l’intérieur ; car d’Obock on peut se rendre dans les missions gallas sans être exposé aux dangers inévitables de l’Abyssinie. Les capucins français y ont établi leur procure en 1864. |
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Le premier soin des nouveaux missionnaires se tourna versla formation du clergé indigène. Pour sortir les enfants et les jeunes gens de leur milieu corrompu, un séminaire galla fut établi en France, à Marseille, en 1866. Là, sont formés vingt jeunes gens, destinés au sacerdoce ou à servir de catéchistes dans la mission.
Ces enfants sont très-intelligents, plusieurs savaient lire et écrire le français à la dictée, trois mois après leur arrivée dans i'établissement. Ce séminaire est dirigé par quatre religieux capucins : il a fourni déjà un prêtre et deux catéchistes.
Monseigneur Massaia revint dans sa mission avec deux autres religieux français, et se rendit dans le royaumè du Schoa, à Litché, auprès du roi Ménélik, Ce prince s'est déclaré protecteur des missionnaires, a pourvu à leurs besoins et leur a donné un terrain, sur lequel ils ont bâti une maison et une ‘église, en 4868. Immédiatement, ils ont établi une deuxième mission, à vingt lieues de la capitae. Mais tout est précaire, en ces pays de guerres continuelles, où le prince conquérant peut être détrôné, chassé ou tué par ses ennemis, au lendemain de sa victoire. .
Le royaume de Schoa contient un grand nombre d’infidèles, de mahométans et de chrétiens. Parmi ces derniers, un petit nombre est catholique, et les autres, sont matériellement, comme ceux d’Abyssinie, attachés aux anciennes hérésies bysantines d'Eutichès et de Dioscore. |
La deuxième ville du Schoa est Bibirsa. Cette ville
est située au centre du royaume, dans le pays infidèle
de Fifinni. A l’ouest, s'étend un immense hémicycle Tormé par une chaîne de montagne ; il encadre une longue plaine qui se déroule jusqu’au pied des monts
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grand plateau de Mindiar. Elles sont peuplées par d'anciens chrétiens qui ont fui devant la persécution. Ces populations attendent des missionnaires : elles sont beaucoup plus blanches que les peuples de la plaine, et semblent appartenir à la race berbère.
ARTICLE III
Zanguebar. - Congrégation du Saint-Esprii ét du Saint- - Cœur de Marie.
La mission du Zanguebar s'étend depuis le cap Gardafui, sur la côte: d’Ajan, par 12° 16/ de latitude nord; jusqu’au cap Delgado, par 14° 42’ de latitude
. Sud. Elle embrasse donc une étendue de 600 lieues de
‘côtes. Le Rovuma, fleuve qui se jette dans la mer des Indes, la sépare du Moçambique, dont le Zambèze forme la frontière méridionale, par 18° de latitude australe.
Elle renferme six États : le Quiloa, le Zanzibar, le Monbaça, le Melinde, le Berua et le Magadoxo.
Gette mission fut fondée en 1860 par M. Fava, vi- Caire général de Saint-Denis à la Réunion, dans l'île de Zanzibar. Il y établit deux prêtres, six sœurs de la congrégation des filles de Marie de l'ile de Ja Réunion, et un chirurgien de marine.
Les missionnaires ouvrirent dans leur maison un hospice, une salle de pansement, une pharmacie et des ateliers pour apprendre divers états aux orphelins qu'ils recueilleraient.
Afin d'assurer la perpétuité et le développement de la mission, le Saint-Siége, d'accord avec Monseigneur Maupoint, évêque de Saint-Deñis, la confia au zèle de la congrégation française du Saint-Esprit et de l’Immaculé Cœur de Marie, spécialement vouée à l'évangélisation des noirs.
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Le 13 juin 1863 le père Horner, supérieur de la mission, venait en prendre possessiôn ; et il ajoutait des écoles aux autres œuvres.
Actuellement, la mission compte deux établisse-, ments : l'un dans l'île de Zanzibar, l’autre à Bagamryo, en terre ferme. Bientôt, espérons-le, elle en aura un troisième dans l'Oukouéré, petit. État de l’intérieur.
En 1869, le sultan de Zanzibar, satisfait des succès des missionnaires, leur accordait en terre ferme, à Bugamoyo, une concession de deux lieues le circonférence. Bagaroyo est un village important, en ‘face de l’île de Zanzibar : ses maisons en torchis ont des couvertures de paille. Les missionnaires y ont construit un établissement dgricole, des écoles, des ateliers, un
orphelinat, auquel ils ont adjoint une crèche où l'on
recoit les enfants abandonnés par leurs parents; or,
ils sont nombreux !
La mission de Zanzibar se compose actuellement de
deux missionnaires, de trois frères, de six sœurs et de quatre cents catholiques. Depuis deux ans elle possède -
un petit séminaire de dix-huit élèves noirs. La bienveillance du sultan et l'appui des consuls de France et d’Angleterre permirent aux établissements de se développer rapidement.
En 1865, quatre-vingts adultes recevaient le baptème, et le sultan faisait faire par les ateliers de la mis sion les travaux nécessaires pour l'établissement d une batterie d'artillerie dans lâle.
‘ Lors de leur arrivée à Bagamoyo, les missionnaires trouvèrent les habitants dans une grande misère ; à peine ceux-ci cultivaient-ils, dans leurs terres .crtiles,
le manioc, le riz, le maïs, et quelques patates néces-
saires pour vivre misérablement. Ils leur distribuèrent des pommes de terre, des haricots et des pois du Cap
et introduisirent dans leur établissement l’usagé de la
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charrue. Ils améliorèrent äinsi le sort de ces malheureux noirs, Les établissements de la mission sont dir:gés par trois nères, neuf frères, et douze sœurs, Ils contiennent 350 enfants et une centaine de noirs, anciens esclaves de toute tribu.
Le climat de l’île de Zanzibar e «passe, dit M. d'Avezac, pour « des pluies occésionne quelques fièvres, mais elles «sont de peu de durée, et ne présentent pas ce carac- «ère de malignité qui rend si redoutables les fièvres «de Madagascar, La salubrité du Pays est d’ailleurs « confirmée par tous les navigateurs qui ont fréquenté « cette Île. » Cette appréciation est confirmée par l’ex-
St très-salubre, « Il être très sain. La saison
"périence des missionnaires, Depuis 13 ans il n’en est
mort aucun, La température moyenne y est de 29° centigrades. Sa population est évaluée à 380,000 Ames. La ville de Zanzibar, capitale de cet, État, est la principale de la côte orientale d'Afrique ; el} +: :tir } 80,000 habitants. Sa rade est excellente, ch- 1 elle est visitée par une soixantaine de Davir, n‘{ion, et par 42,000 boutres, petits navires : font le commerce entre la côte d'Afrique, Mac. et le golfe Persique. Elie est la résidence de France, d'Angleterre, des États-Unis etd
des consus
{ Allemagne.
Toutes les croyances y jouissent de la liberté a plus
illimitée, les Catholiques comme 1:s ifdiens 4vec leurs chevaux de bois, peuvent y faire leurs processions sans aucune crainte. Il s’y fait un grand commerce de bois.
Le climat de Bogamoyo et de la terre ferme £st aussi sain que celui de l’île; on y rencontre moins de lépreux, très-nombreux à Zanzibar ; mais beaucou p de noirs y sont atteints d'ophthalmie, causée par la réverbération des rayons du soleil sur Ces terres sablonneuses. L'inciinaison du sol vers la mer facilité l'écoulement des eaux : elles ne peuvent donc former des lagurs
et des marécages, cause de l’insalubrité de tant de rivages, L'air y est assez vif, surtout pendant le mois d'août, le moins chaud de l'année; alors les nuits sont très-fraîchès, il est nécessaire de se bien couvrir.
A quelques lieues au nord de Bagamoyo, se jette dans la mer des Indes le Aingdni, exploré, de 1858 à 1863, par le capitaine anglais Speke. Ce fleuve se jette dans la mer des Indes, par 5 45/ à peu près de latitude australe, il a 700 mètres de largeur à son embouchure bordée par une belle forêt vierge d'arbres immenses. Comme presque tous les fleuves de l’Afrique, il est peuplé par des myriades de crocodiles et d’hippopotames, Le panorama de son emnbouchure est grendiose.
La population de l'île et du'centinent est composée d’Arabes et de nègres, Les premiers sont mahométans pour la forme et s'occupent d’affaires de commerce. . À Bagamoyo ils n'ont que deux mosquées en torchis, couvertes de paille. Leurs tombes sont des caveaux : au-dessus sont déposés une marmite et une écuélle en terre cuite ; ils y déposent du riz et autres provisions, dont ils pensent que leurs parents défunts se nourrissent. A l'entrée, se trouve une petite lampe qu'ils allument pendant certains jours de fête.
Les nègres de Zanzibar sont pour la plupart des-esclaves amenés de l’intérieur de l’Afrique et vendus sur la place du marché, Ceux du continent appartiennent à des tribus voisines de la côte.
Ces tribus vivent à l’état presque sauvage, elles parlent des dialectes dérivés de la langue des Souahelis, principale nation de la côte. Leur culte est un grossier fétichisme ; ces noirs attribuent aux créatures une puissance extraordi ire ; ils adorent certains génies, auxquels ils construisent des petits sanctuzires dans les forêts. C’est là qu’ils viennent'leur offrir des
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