CHAPITRE PREMIER pa
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L’Asi : : La Leïtan
Asie Mineure ou Anatolie (pays du Levant) est située bok à
entre les 24 et 27° de longitude est et entre les 30° et ne L
42 de latitude sud. Les limites sont au nord le détroit lutte des Dardanelles, la mer de Marmara, le Bosphore, la mer
Naire et l’Asie russe ; au sud l’Arabie ; à l’ouest la Médi- Fe . |
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La Syrie est bornée au nord par le mont Taurus ; au D déc, qui sud par l'Arabie ; par l’Euphrate à l’est, et la Méditerra- elle mes
née à l'ouest. Elle forme la contrée désignée dats la JS de large Bible sous le nom d’Aram, et comprend la Phénicie, la RS tume qu Palestine et la Palmyrène, Deux chaînes de montagnes JS lrès-den: divisent sa partie occidentale: le Liban, qui court pen- Rest à 39: dant 400 kilomètres du 33 au 36° latitude nord, depuis ESDr'ofonde la rive gauche de l’Oronte jusqu’à la rive droite du Kas- profonde sie ; le Thabor et le Sinaï en sont des dépendances. Îl férieur détache de son versant oriental une seconde chaîne qui Æ Vienne forme un. triangle dont le sommet serait au sud : € est Sur le pl:
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l'Anti-Liban, Sa cime principale est l’Hermon de l’Écriture appelé par les Arabes Djebel el Scheïk (montagne du vieillard). Le sommet le plus élevé du Liban atteint 3200 mètres d'altitude; le Thabor n’en à que 585, et le Sinaï en mesure 8928, La vallée comprise entre ces deux chaînes est la partie la plus fertile et la plus belle de la Syrie appelée autretois Cælesyrié ou Syrie creuse (Gor), et aujourd’hui Beqâa. Elle est arrosée par l'Oronte, principal fleuve de cette région, et le Leontès ou Leïlany. Le premier prend sa source non loin de Bâalbek, dans la Beqäa, traverse le lac Kadès et va se jeter dans la Méditerranée au sud da Souedied, ancienne Séleucie de Piérie, après avoir reçu le Kara-Sou et l’Afrin, qui se réunissent dans le lac d’Antioche. Le second cours d'eau important de la Syrie est le Jourdain (Wahr-el- Scheriat) en Palestine ; il naît au dessus d'Hasbeya, dans l'Anti-Liban, traverse les lacs de Samochonite (Bahr-el- Ouleh (lac de la hauteur), vaste marécage de roseaux, puis le lac de Tibériade (Bahr-Tubaryeh), et, après ur cours rapide de 160 kilomètres, vient se perdre dans la mer Morte. Les éaux de ce lac sont douces et poissonneuses, É
La Syrie renferme deux lacs principaux : la mer Morte où lac Asphaltite (Bahr-Lut, mer de Lot), située en Judée, qui reçoit les eaux du Jourdain et plusieurs torrents : ele mesure 80 myriamètres de longueur sur 24400 mètres de largeur ; ses eaux sont très-salées et chargées de hilume qui surnage à leur surface : elles sont par conséquent très-denses ; on n’y trouve aucun poisson. Leur niveau st à 392 mètres au dessous de celui de la mer; les plus profondes sont au nord, où elles atteignent 400 mètres de Profondeur ; le fond du lac doit donc être de 800 mètres inférieur à celui de la mer.
Viennent ensuite le lac d’Antioche, le lac Sebhah, situé
Mur le plateau d’Alep, le lac de Kadès et celui de Tibé-
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riade, entourés de montagnes pittoresques, a7:x rives parsemées des ruines de plusieurs antiques cités.
Au sud du Jourdain, une nouvelle dépression prolonge le Gor (pays creux) et forme l'Arabah (vallée des chariots). [i se réunit à l'Abatah, bras de la mer Rouge qui forme avec le golfe de Suez la presqu'ile triangulaire et feldspathique du Sinaï, dont le pic de Sainte-Catherine est le point le plus élevé ; il atteint 2826 mètres d'altitude.
Au nord-est, s’allonge, au bord de la Méditerranée, la chaîne calcaire de la Judée ; elle longe ‘le rivage et se relie au Liban. Cette dépression indique probablement le cours du Jourdain, tributaire de la mer Rouge avant la révolution qui a bouleversé toute cetie zone, et qui aurait éxhaussé son lit de 30 mètres, à 41 kilomètres de l’Abatah. Cet endroit est le point de partage des eaux de ces mers.
Le Liban tout entier est une montagne de calcaires crétacés ainsi que les plateaux à l’est el à l’ouest du Jourdain.
Le massif du Djebel-el-Scheick dresse son sommet couronné de neiges perpétuelles indiquant l'entrée des régions bien différentes et plus riches de l’Anti-Liban.
Entre le Liban et la mer, s'étendent de riches et fertiles plaines d’alluvions (sahel) couvertes d’une belle végétation, contrastant avec l'aridité et la stérilité des environs
de Jérusalem et de la mer Morte.
Le climat de la Syrie, très-chaud dans les plaines, esl tempéré dans les montagnes; il est assez salubre dans
cette dernière zone. Pendant les pluies d'hiver, le ther-:
momètre ne descend pas à 10° centigrades au dessus de zéro. : .
Les productions des zones tropicales et tempérées y réussissent parfaitement, avantage inappréciable que pos sèdent bien peu de contrées. 3 à 400 cèdres sont les restes
des célèbres fcrêts dont parle la Bible. Plusieurs d’enire
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eux peuvent compter de 400 à 800 ans; il y en a sept qui se font remarquer par leur grosseur ; il n’en reste plus que l'écorce ; on ne peut donc pas estimer au juste leur âge. Ils mesurent 15 à 146 mètres de circonférence, et leur hauteur n'en dépasse pas 20. À 2 mètres du sol ils se. divisent en plusieurs tiges. Ils s'élèvent sur un plateau accidenté, entouré:à l’est par l’hémicycle que forment les cimes neigeuses du Makmel, et se termine à l'ouest sur la vallée des saints ; ils sont disséminés sur des mamelons, et à leurs pieds, descend dans la vallée la petite rivière
y Kadiska, Ce plateau a 2000 mètres d’altitude, le sommet
du Makmel qui les abrite en a 30600. Vu des terrasses du patriarchat, ce panorama est féerique. La vallée des Saints, comme toutes celles du Liban, est percée de grottes nombreuses qui formaient les anciennes laures des premiers moines.
La Syrie se divise en quatre gouvernements (eyalet); ce sont : Alep, Damas, Saint-Jean d’Acre et Tripoli. Chacun d'eux est administré par un pacha.
$ IT, Population et religions de la Syrie.
La population totale de la Syrie est évalués à 2,406,000 âmes, Elle forme un amalgame composé d'éléments hétérogènes. Ces peuples appartiennent à des religions différentes. Afin de bien comprendre l’histoire des missions de Syrie, il est nécessaire d’exposer les origines et les mœurs de chacun d’eux, ainsi que leurs croyances.
Depuis 2,500 ans, la Syrie a subi plusieurs invasions. Les Assyriens de Ninive en font la conquête 750 ans avant Jésus-Christ. Les Chaldéens les suivent; Tyr seule échappe à leur joug ; puis viennent les Perses de Cyrus, les Macédoniens d'Alexandre, les Séleucides et Pompée qui en fait
mue province romaine. Cinq siècles plue tard, elle est an- . mnexée à l'empire de Constantinople jusqu’en 622 ; alors
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e l'Arabie s’en emparent, Déchirée par les guerres intestines des musulmans, conquise par les croisés, reprise par les Mameluks d'Égypte pour être dévastée par Tamerlan et les Druses, elle est dévenue la proie des Turcs ottomans qui la possèdent depuis bientôt trois siècles. De toutes ces circonstances est s0rtie la population actuelle, débris de tous les peuples qui se sont égorgés où réfugiés sur son territoire. de Grecs, Les Grecs sonl répandus dant tout le Levant. ls forment la population agricole de la campagne et le bas peuple des villes On 1es divise en deux groupes distincts. Le premier est celui des Grecs gchismatiques appelés Roums (romains); bien qu'ils ne soient romains ni d'origine ni de religion ; mais parce qu'ils sont les descendants des anciens sujets de cet empire. Éloignés des intrigues et des troubles de Byzance, ils cnt mieux con- | servé la foi chrétienne.
La province d’Asie, évangélisée principalement par saint Pierre qui fixa d’abord son siége à Antioche, et par l’apôtre saint Paul, était divisée en gran nie. Convertie par saintGrégoire l’Illuminateur, elle resta attachée au catholicisme pendant delongs siècles. Les Grets furent entraînés dans le schisme et dans l'hérésie par à Photius, qui, d’écuyer de l’empereur d'Orient, devint pa: triarchs de Constantinople *t pri “œcuménique ou universel. Déposé par Isaac Comnène, i aila moutir dans l’île de Procanèse. Le schisme ne mot
ral nas avec son poutife, dins lequel il éiait incarné. Malgré le concile de Lyon, réuni en 1274, et celui de Florence, où les empereurs Michel et Jean Paléologut avec la majorité des évèques grec proclamèrent l’unioià des Églises d'Orient et d’Ocrident, 1e schisme se perpéti} jusqu’à nos jours. Douze fois les ürecs 8e réunirenti
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nationale et tombèrent justement entre les mains des Turcs en 1453,
Prosterné devant le cimeterre ture, le patriarche universel de la nouvelle Rome et les évêques simoniaques du Phanar so1.i; nommés ou déposés par le successeur de
Mahcmet selon qu'ils offrent plus ou moins d’or pour
l'acquisition de leurs siéges, Aussi, voyons-nous une dousaine de patriarches de Constantinople déposés depuis
Tel est le sort de toutes les Églises séparées du Siége romain, et leur histoire est là pour le prouver,
Aujourd’hui, les Grecs ne savent plus ce qu'ils doivent croire; il ne leur reste que l'ignorance et un orgueil incommensurable.
Cependant, lorsque les pères de la compagnie de Jésus vinrent en 4626 ouvrir les missions de Syrie, ils trouvèrent parmi eux une foi suffisante pour servir de base à la mission. Leurs prédications, les livres qu’ils répandaient dans les populations opérèrent des conversions nombreuses. Divers patriarches et évêques revinrent à l'Église catholique, Le bien se soutient encore aujourd’hui, et chaque année les missionnaires ont la consolation de voir revenir au bercail un certain nombre d'entre eux.
Le second groupe est celui des Grecs Melkites, unis à l'Église romaine. Cette dénomination dérive de l'arabe et du syriaque ; elle signifie émpérialistes. Elle fut donnée par les Eutychiens aux Grecs qui, se soumettant au con: : cile de Chalcédoine, souscrivirent à l’édit de l’empereur Marcien, Ce nom de Melkite-est donc appliqué aux Grecs catholiques de Syrie et d'Égypte; il est synonyme d’orthodoxe.
Leur patriarche réside à Damas. Trois titres sont attachés à ce patriarcat : ceux d’Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem ; il a sous sa juridiction douze évêques suffragants, 50,000 fidèles au plus, quatorze monastères
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d'hommes et trois de religieuses soumis à la règle de saint Basile. Les Melkites suivent le rite grec.
90 Lés Syriens. Comme les Grecs, ils se divisenf en Syriens hérétiques et en Syriens catholiques qui ont aussi un rite particulier, Les premiers, refusant de se soumettre au concile de Chalcédoine, ont persévéré dans l’hérésie d'Eutychès ; ils ne reconnaissent qu'une seule nature dans la personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, d’où on les appelle monophysites ; ils sont encore appelés jacobites. Ilsnient la procession du Saint-Esprit par le Fils, le
purgatoire, le jugement. D’autres sont Nestoriens ; ils
habitent principalement le Taurus et la Mésopotamie.
Depuis le xvrre siècle, une partie des Syriens s’est réunie à l’Église romaine. C’est le père jésuite Pierre Fr0mage, de la mission d’Alep, qui fut l’auteur de ce mouvement de retour, en convertissant l’évêque syrien de cette ville. Ce prélat se réfugia à Cherfé, dans le Liban, et} ouvrit un collége en 1760. Cinq évêques et un nombre de prêtres se réunirent à lui, et l’Égiise catholique syrienne fut fondée malgré la persécution qui se déchaîna contre elle. Depuis quelques années, le siége du patriarcat syrien a été transporté dans la ville importante de Mardin, près des jacobites du Taurus.
Le patriarche des Syriens est assisté de deux évèques in partibus ; il a en outre cinq évêques suffragants.
3 Arméniens. La grande et la petite Arménie furent $
converties par saint Grégoire l’Illuminateur. Il conduisit à Rome le roi Tiridate et reçut du pape Sylvestre 1°le titre de patriarche. Son siége fut fixé à Alep, en Cilicie, où il resta jusqu’au xvin® siècle. La foi catholique }
brilla dans toute sa pureté jusqu’au milieu du xr°. À cetle époque, le patriarche Narsès entraîna dix évêques dans les erreurs d'Eutychès. Leurs discussions politiques les firent tomber entre les mains des mahométans; et ie Rp: schisme se perpétua, avec des alternatives de retour, jus
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qu'en 1740, année dans laquelle commença le mouvement qui les pousse actuellement vers Rome.
À cette époque, l'archevêque d’Alep, Mgr Abraham- Arzivian (Aigle), rentra dans l'Église romaine et ramena avec lui une partie de sa nation. Le pape Benoît XIV lui donna le pallium et lui conféra le titre de patriarche càtholique d'Arménie. Le prélat prit le nom de Pierre, qui a été conservé jusqu'ici par ses successeurs, Chassé de Constantinople par les persécutions des Turcs, il étabiit son siége à Siside, en Cilicie, d’où la persécution des Arméniens hérétiques le força de se réfugier, en 1742, dans le Liban, d’abord à Crem, ensuite à Bzommar, où réside encore le patriarche actuel, Pierre VIII. Bzommar est à 2.kilomètres de Cherfé, dans une position magnilique, d’où la vue embrasse un Panorama incomparable et varié, depuis les rochers arides du Liban jusqu'aux flots azurés de la mer de Syrie.
La juridiction du patriarchat arménien catholique Ésétend sur les Arméniens d'Égypte, de Syrie, de Chypre,
de Cappadoce, d'Arménie mineure, du Kurdistan et de Mésopotamie, Il renferme 12 évêchés, 60 prêtres administrent les paroisses divisées en 32 mi:sions. Un ordre religieux, fondé par Mgr Arzivian, les antonins, s’occupe de la prédication et des études scientifiques avec succès. L'abbé du couvent de Crem jouit des prérogatives éris- Copales et de la juridiction ordinaire sur le diocèse d’Antioche. Dans ces dernières années, 3 évêques et 23 prées se sont voués à l’éducation de la jeunesse, et quelques aimes ont fondé une communauté pour l’enseignement es jeunes filles, sous le nom de dames de l’Immaculéeonception. Les écoles sont fréquentées par un millier l'enfants au moins.
Le patriarcat arménien de Gilicie possède en outre à psommar un séminaire important. Cet établissement a lé construit, il y a près de 80 ans, avec les cotisations
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‘des Arméniens catholiques. Il contient une communauté
de 4140 membres, dont 40 élèves ; un évêque en esi le supérieur! Des prélats et des prêtres distingués en sont sortis, On y enseigne l’arménien, le turc, l'arabe, le latin, l'italien, le français, la théologie, la jurisprudence et la philosophie, ete. L'étude des traditions nationales y est l'objet d’une application particulière, pour mettre les prêtres à même de ramener à la vraie foi leurs compatriotes schismatiques.
Sopt membres égarés de cette communauté, révoltés contre leurs supérieurs, viennent de servir d’instrument à la persécution organisée savamment contre le catholicisme. Ils se sont séparés de l’Église catholique : à l'aide dé gouvernement ture, ils ont évincé les catholiques du couvent iel s'y sont installés avec les soldats musulmans, entretenus aux frais de la communauté.
Le nombre des Arméniens catholiques dépasse 60,000 âmes ; celni des non unis esi évalué à 4 million. Chaque année de nombreuses conversions s opèrent, et tout donne à, penser que le retour de la nation arménienne entière à la foi romaine ne se fera pas attendre.
4 Les Chaldéens. Leur histoire est liée intimement à celle des Hébreux. Ils sont répandus dans la Perse, h Mésopotamie et la Syrie. Leur rite est un des plus vénérables : on les connaît sous le nom de Nestoriens, de l'hérésie de Nestorius qu'ils croient professer encore ; Car is ignorent leur foi. Disséminés et pauvres, les Chaldéer.s de Syrie n'ont presque pas de sanctuaires ; ils sont san discipline et sans écoles. Le patriarche des Chaldéens cathotiques réside au couvent de Mar-Hormès, prù Mossoul.
so Maronites. Vers la fin du v° siècle vivait sur ‘le bords de l’Oronte un ermite nommé Maraun. Sa sainteté
lui donna une influence considérabie dont ii se sertie
pour maintenir les Orientaux en union avec Rome, 54
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services le firent nommer successivement évêque de Botris, ville située au pied du Liban, et patriarche du Liban. Il fixa sa résidence au monastère de Kanobin, fondé par Théodose le Grand. Sa charité et sa puissance attirèrent dans la montagne ‘autour de lui tous les persécutés appelés Mardaites ou rebelles par les Arahes. Ce noyau de chrétiens, aguerri par des luttes quotidiennes devint une nation redoutable. Elle orit le nom de Maronites, de celui de son premier patriarche. A sa mort, ils
se choisirent des chefs entreprenants qui vainquirent plus
d’une fois les armées musulmanes. Au vue siècle les hérétiques monothélites, refusant de se soumettre à l’empereur Anastase IE, se réfugièrent auprès des Maronites, ils leur apportèrent ainsi un accroissement considérable en même temps qu’ils propagèrent parmi eux leurs erreurs. Le monothélisme enseignait qu’il n’y avait dans la personne de Jésus-Christ qu’une seule volonté et par conséquent une seule action, L'indépendance religieuse qu'ils voulaient conserver leur inspira le désir de l'indépendance politique. Ils résistèrent aux empereurs, aux Arabes et aux Turcs. + |
Mais plusieurs fois vaincus, ils furent obligés de devenir tributaires, tantôt des pachas d'Égypte, tantôt des Turcs ou des Turcomans. Toutefois, ils les empêchèrent de pénétrer dans la montagne jusqu’à ces derniers temps. Pendant les croisades, ils aidèrent les croisés, auxquels ils donnèrent un appui sérieux. A cette époque, leur domination fut restreinte au Liban. Ce fut en 11482 et en 1245
pauils se réunirent à l'Église romaine. Depuis la fin du
xi° siècle jusqu’en 1445, ils s’en séparèrent et se récon-
cilièrent avec elle plusieurs fois. Lèur union ne devint permanente et définitive qu’à partir du concile de Florence. En 1736, ils ont admis dans un concile national
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Leur organisation politique, détruite par les derniers
événements, était une république régie par un droit doit a féodal et coutumier, basé probablement sur les assises de émigré Godefroi de Bouillon. Au sommet de la hiérarchie sont L'Ég] les émirs, princes, commandants, dont la dignité est breux, : héréditaire. 11 y en a près de 200 et leur généalogie est M triarche conservée avec soin. Ils sont nommés par les scheiks qui BR d'Antio composent leur conseil. Les émirs du Liban furent tous MN Saint-S Druses jusqu’en 1798, année où finit la dynastie des 17 évèq Mans. À cette époque, le principal et premier émir chré. à Beyro tien était l’'émir Béchir, descendant de la famille musul. églises c mane des Scheabe, venue du Hauran. Il gouvernaitle D tères d' Liban depuis 35 ans, lorsqu'à l’occasion de l’expédition B règle de d'Ibrahim-Pacha, la Turquie et l'Angleterre le déposèrent BK part son pour le punir de sa sympathie envers les Égyptiens. Il Jusqu fut d’abord exilé à Malte, puis vint mourir à Brousse en 5 paix ave 1850, à l’âge de 83 ans. Son successeur fut Haïder, M paix ent né de père druse et de mère chrétienne, Homme de foi et B chiavéliq de piété, il mourut en 1854, à Djounie, aprèS avoir été le BB péens, s« plus vertueux des princes. Le dernier émir est Joseph Ka- RS Turcs vc ram, arrêté malgré toutes les promesses du gouvernement LS fanatism turc, actuellement en exil. Après les émirs viennent Banti-cat} les scheiks (séniores ou seigneurs), qui, par leurs services, ÆS peuple e leur naissance ou leur âge, ont gouverné une population, tion) à s Ils représentent les anciens d'Israël, Il y a quatre fa. Bsentr'ég milles principales de scheiks. Bpachas et
Le peuple se livre à l’agriculture. Sobre, alerte, agile RRdes fanat et délié, le Maronite est patient, hospitalier, belliqueux. À faisaient Son esprit est ouvert et pénétrant, son caractère et Mes village affable, mais vindicatif. désarmés
Le Liban est divisé en deux parties ; la partie chré- FO, sau tienne dont la principale est le Kesrouan, et la partie BMies femm mixte où les chrétiens sont mêlés aux Druses ainsi qu'à Reurs des d'autres infidèles : la première renferme 300 localités et Re long : la seconde 287. La population maronite est évaluée à pri incen( 200,000 âmes : mais, depuis les massacres de 4860, elle hrétiens
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doit avoir. considérablement diminué émigré sur le littoral.
L'Église maronite est administrée par un clergé nombreux, vivant de son industrie privée. A la tête est le patriarche qui prend lenom de Pierre et le titre de patriarche d'Antioche ; il rend compte de son administration au Saint-Siége tous les dix ans. 11 a sous. sa juridiction 17 évèques dont deux à Alep, deux en Mésopotamie, un à Beyrouth, et les autres dans le Liban ; 350 paroisses et églises desservies pa: 1200 prêtres séculiers et 90 monastères d'hommes et une centaine da femmes, soumis à la règle de saint Antoine, Depuis la dernière guerre, la plupart sont en ruine.
Jusqu’en 1840, les Maronites avaient toujours vécu en paix avec les Druses ; Mais, après la conclusion de la paix entre le sultan et Méhémet-Ali, une politique ma-
: beaucoup ont
Y chiavélique. appuyée par quelques gouvernements euro-
péens, souffla la discorde entre ces deux peuples. Les Turcs voulaient à tout prix s'installer dans Je Liban. Le fanatisme musulman d’un côté ; la politique et les haïnes anti-Catholiques de l'autre, excitèrent sSourdement le peuple et les khaouyas (bourgeoisie de nouvelle forma tion) à se soulever contre les scheiks et les émirs, et à s'entr'égorger. Alors, en 1860, les Druses, aidés par les
Bpachas et les soldats turcs ainsi que par la connivence
des fanatiques qui avaient juré la mort de tous ceux qui faisaient le signe de la croix, se ruèrent sur les villes et
Mes villages chrétiens dont ils Massacrèrent les habitants
désarmés : pillèrent, SaCCagèrent, incendièrent les maisons, sauf celle du consul anglais à Damas, et, vendirent des femmes et les filles aux marchands d'esclaves, fournis. *eurs des harems de l'Orient, Dans un espace de 60 lieues le long sur 20 de large, cinq villes et 325 villages ont
pré incendiés par les Druses, À Damas 6,000 maisons de
hrétiens sont devenues la proie des flammes, plus de
25,000 malheureux ont été tués et 75,000. chassés de leurs villages, furent livrés aux maladies et à la faim. Parmi eux il y avait 6,000 veuves et 10,060 orphelins ; 3,000 jeunes femmes furent vendues aux musulmans par les Druses à raison de 10 francs par tête, 150 églises et 32 monastères ont été détruits. Les autres rits n’ont. pas été moins épargnés ; les Grecs unis ont perdu 43 couvents.
6° Druses (Dursijeh). L'origine et la religion de ce peuple du Liban vivant à côté des Maronites fut lonstemps un problème, Aujourd’hui la lumière s'est faite à leur sujet. Les Druses sont sortis de Ja secte mahométane des Bateni dont les partisans s'établirent au Gaire, en Égypte. Chassés de l'Égypte, ils se réfugièrent dans le Liban, où les Maronites les accueillirent imprudemment sous le manteau de proscrits.
La religion! des Druses est un mélange de mohomé-
tisme, de judaïsme, de christianisme et de toutes les er- *
‘ reurs philosophiques de l’Orient ; elle sanctionne l’hypocrisie, Avec le musulman, le Druse est musulman ; il est chrétien avec le chrétien. Elle admet l’unité, de Dieu, créateur, conservateur et juge du monde, mais attribue les vertus divines à ses ministres en ce monde et enseigne la métempsycose.
, Les Druses adorent une tête de veau qui est le symbole de l’humanité d’Jakem, leur premier chef et prophète, Elle permet tous les crimes; il n’y a de péché que ce qui peut troubler l’ordre entre les frères ; elle ne reconnaît donc pas la distinction du bien et du mal. Les ministres de leur religion sont divisés en plusieurs classes, et les fidèles en initiés et non initiés. Les étrangers peuvent être initiés; ils ont des formules pour reconnaître les frères. Étant donnée une pareille religion, on ne peut
s'étonner de voir les Druses devenus les instruments dociles des ennemis de la foi catholique nour la destruction
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des Maronites.
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Leur gouvernement est le même que celui des Maro-. nites avec lesquels ils habitent les mêmes villages dans onze districts.
1°’ Les Ansariés. Ce peuplé habite la chaîne ée montagnes qui porte son nom. Cette chaîne, lé mont Bargulus des anciens, court du nord au sud pendant 478 kilom. entre Latiakié (Laodicée) et le Nahr-el-Kebir (grande rivière) et sépare le bassin de l’Oronte de celui de la Méditerranée. Ellé ést le prolongement du Liban: mais ses pentes sont plus douces et l'altitude moyenne de leurs points culminants est de 1,000 à 1,200 mètres. Le Djebel- Akrad (Cassius) atteint 1767 mètres. |
Les Ansariés ont à peu près les mêmes mœurs que Îles Druses. C’est parmi leurs tribus que gouverna le trop célèbre vieux de la montagne, chef des assassins. Ils datent de 891, et forment plusieurs tribus réparties en trois districts dépendants du pacha de Tripoli auquel ils paient le tribut : les Chamsiés et les Kelbiés : les premiers âdorateurs du soleil, les seconds du chien: les Jésidiés, qui ont Satan pour Dieu, et les Quadmousie, espèce de gnostiques. En général, on retrouve chez ce peuple montagnard de l’Asie Mineure toutes les absurdités de l’antiquité.
Il faut rattacher aux Druses et aux Ansariés les Nosatris et Ismaëlis tribus montagnardes de la chaîne de Xusseir et de Schara, qui suit la côte au sud de Lattakié et de Tripoli. Ils détestent les mahométans et préfèrent les chrétiens. Ce sont des peuples travailleurs et industrieux, Les Nosaïres et les Ismaélis ont chacun près de 8(9 villages. a
8 Les Mahométans. Is forment deux principales sectes : les Sunnites, sectateurs d'Omar élevé au kalifat à la rlace d'Ali, et les schiites, sectateurs d'Al, époux de Fatyme, lille de Mahomet, supplanté par Omar, Les Turcs des villes et de l'administration appartiennent aux premiers : les
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Persans, les Turcomans, les Kurdes, les Arabes et les Métoualis font partie des seconds.
9° Les Méloualis sont les restes des anciens Syriens. Peuple pasteur, ils ont leur centre dans la Begda‘brès Büalbek et s'étendent jusqu'à Sour (Tyr). Ils sont au nombre d’une vingtaine de mille et ont tous les vices des Turcs et des Arabes. Les Métoualis sont grands, svelies, bâlés et brunis par le soleil du désert; on les reconnaît à leur burnous aux raies noires et jaunes ; ils portent toujours une paire de pistolets d'arçon à leur ceinture. Leurs, femmes sont défigurées par le tatouage de leurs ‘èvres. D’un caractère indépendant, ils détestent les Turcs à légal des chrétiens. Les Druses, les Ansariès et les Métoualis sont au nombre d’au moins 100,000.
10° Les Arabes ou Ismaëliens, pasteurs et nomadés, viennent du: désert jusque‘ dans les plaines de la Palestine, de Beqâa et de Galilée. Is appartiennent à cette
. race antique pure et jamais conquise qui s'étend des -
frontières de la Perse à l'extrémité du Maroc. On l:s appelle encore Bédouins, Bedaoni, hommes du désert : arabe signifie solitude, désert. I1 ne faut pas confondre les Arabes bédouins avec les Arabes sédentaires des villes et des villages ; leurs mœurs sont très-différentes. À part
leur mahométisme fanatique, on reirouve en eux les an-
ciens pasteurs de la Bible, Le nombre des tribus arabes est incalculable. ss
Parmi elles, signalons les Wahabites, secte du mahométisme; leur centre est dans l’Yemen, en Arabie; ces dissidents ne reconnaissent pcint Mahomet pour prophète. Dieu est Dieu, il n’y a point d’autre Dieu que Dieu ; tel est leur axiôme fondamental : cependant leur fondateur a su prendre la place de Mahomet.
11° Les Turcomans. Ce sont également des tribus de
peuples pasteurs, de race tartare. émigrés des bords de
la mer Caspienne, L'hiver, ils habitent ia Syrie, principa-
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lement le pachalik d'Alep, et l'été, ils vont faire paître leurs iroupeaux dans |les gras pâturages de l’Arménie et de la Caramanie. La fertilité de ces territoires leur permet d'élever plus de chameaux, de buffles, de chèvres et de moutons, que les Arabes. Les Turcomans sont mahométans fanatiques. Leurs mœurs et leur gouvernement sont à peu près les mêmes que ceux des Arabes ; ils parlent la langue turque.
12° Les Kurdes. Peuples pasteurs et nomades, ils viennent des montagnes du Kurdistan, où naissent les sources du Tigre. Cette contrée est riche en céréales. Les Kurdes sont les Karduques qui s'opposèrent à la retraite de Xénophon. Ils promènent leurs tentes depuis Diarbekir, Erzeroum et Sivas, jusque dans les montagnes à l'est d’Antioche. On évalue leur nombre à 150,000. Redoutés, à cause de leur brigandage, ils ont cependant des idées assez aristocratiques. Ils sont musulmans, mais d’un mahométisme tiède et vivent à peu près indépendants des gouvernements de Perse et de Constantinople. Quelques tribus kurdes adorent Satan, comme principe du mal; c'est le fond de la doctrine de Zoroastre, contemporain de Salomon, renouvelée plus tard par le manichéisme et conservée sous le nom de dualisme, religion du bon et du mauvais principe.
13° Les Juifs. Ils sont nombreux en Syrie et divisés en deux sectes : les Caraîtes' ou purs qui suivent la lettre de la Bible sans commentaire, et les Talmudistes. Le centre des premiers est à Tibériade. .
La population chrétienne de Syrie aiteint le chiffre de 100,000 âmes dont 300,000 catholiques. Tous ces peuples appartiennent à la branche sémitique du rameau araméen. Cette branche a produit les Assyriens, lec Hébreux, les Phéniciens et les Carthaginois remplacés par l:s Arabes, qui ont imposé leur langue à la plupart des Labitants de la Syrie. Quant à la langue syrienne, elle
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paraît être encore parlée chez les Souriani, Yacoubi ou Kaldani, populations chrétiennes de la Mésopotamie et de la Chaldée. On la retrouve dans les livres liturgiques syriaques, dans les versions de l'Ancien Testament ainsi que dans les targums, commentaires de la Bible.
S III, Missions de Syrie.
Le centre des missions de Syrie est la ville de Jérusalem ; elle est le siége du patriarche latin Mgr Valerga, délégué du Saint-Siége auprès des différents rites unis pour traiter de leurs affaires ecclésiastiques. Le patriarchat embrasse toute la Syrie et l'île de Chypre.
4° Jérusalem est la capitale de la Palestine et de: l’ancienne Judée. Fondée par Melchisedech, elle devint la métropole dè la terre de Chana an, ou des Hébreux.
Après bien des vicissitudes, elle fut prise en 71 de notre ère par Titus et Vespasien et totalement détruite par Adrien qui l’appela Ælia Capitolina.
Le premier évêque de Jérusalem fut Jacques le Mineur, que les Juifs précipitèrent du haut: du temple. Siméon, fils de Cléophas, parent du Sauveur, lui succéda ; il fut crucifié à l’âge de 110 ans. Après la dispersion des Judéochrétiens sous Adrien, Césarée devint la métropole de la Palestine. Plus tard le concile de Nicée reconnul aux évêques de Jérusalem un rang d'honneur particulier, En 551, le concile de Chalcédoine leur rendit la dignité archiépiscopale, dès lors ils devinrent patriarches. Leur adhésion au schisme de Constantinople supprima lévêque catholique de Jérusalem ; mais les papes en conservèrent à Rome la dignité, en dispensant les titulaires de la résidence.
L'Église de Jérusalem fut alors administrée jusqu’en
Sépulere, vicaire apostolique. En cette année, Pie IX res-
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gés spécialement de la garde ét de l'entretien des saints lieux. A leurs couvents sont adjoints des hôpitaux pour les catholiques et des 4coles qu'ils desservént ; en outre, ils sont Curés des villes où ils résident. Le premier de ces établissemeni : est le Saint-Sépulcre. Cet édifice vénérakie est une chapelle en marbre, située sous fa coupole de la basilique de cé nom. Les Catholiques et la France protectrice des catholiques d’Oriént étaient en possession de droits légitimes indiseutables sur les sanctuaires de Terre- Sainte. Depuis quelques années, le gouvernement fran... j à presque renoncé, en reconnaissant les empiétements des Grecs et en admettant les Russes à partager des priviléges, qu’ils n'avaient jamais ‘eus jusqu'à nos jours. La reconstruction de la coupole du Saint-Sépulcre a été l’oc- Casion de ces concessions déplorables à tous les points de vué.
Le patriarchat latin de Jérusalem est aujourd’hui en possession d'une église convenable consacrée en 1871 par Mgr Valerga. 1] possède un grand séminaire composé d'une trentaine d'élèves : 15 prêtres dont 9 indigènes, 12 églises et chapelles et une école normale d'institutrices à Nazareth. Les œnvres catholiques de la ville se composent d’un hôpital de 22 lits, d’écoles de garçons et de filles. Ces dernières sont dirigées par des sœurs françaises de Notre-Dame de Sion, installées dans le prétoire de Pilate ; une centaine de jeunes filles les fréquentent. L’h0- Pital est desservie par trois sœurs également françaises de Saint-Joseph. Les franciscains mineurs ÿ possèdent deux Couvents où sont représentées toutes les provinces de l'ordre, Il s’y trouve des pères français, et d’après les statuts, la charge de vicaire doit être confiée à un religieux
de cette nationalité. Leur fondation remonte à saint François d’As. ises, qui obtint du sultan d'Égypte la garde du Saint-Sépuicre pour son ordre. Alors, dix religieux succédèrent aux viñgt chanoines établis par Godéfroi de Bouillon, Ils habitent un étroit local adossé à leur chapelle et n'en peuvent sortir pendant trois mois ; or leur apporte leur nourriture à travers un guichet. Des écuries äppartenant à des mahométans occupent la partie supérieure du couvent et de l'église. Les premiers franciscains furent tous massacrés à Jérusalem et à Ptolémaïs (Saint- Jean d'Acre). D’autres les remplacèrent et purent s'établir au mont Sion ainsi qu'au Saint-Sépuicre. Afin de mettre les saints lieux à l'abri des profanations, Robert, roi de Sicile, et Sanche sa femme, les achetèrent du sultan d Égypte et les cédèrent au Saint-Siége qui les confia à cet ordre religibux.
En 1342, ils construisirent un couvent qu'ils dotèrent pour l'entretien de douze moines et de 3 frères. Une autre pieuse personne donna le terrain voisin et y établit un hôpital. En 1338, les Turcs massacrèrent encore les pères, puis quatre autres en 1394. L'histoire des pères de Teire-Séinte est une loïque chaîne de martyrs innombrables. Chassés du mont Sion en 1561, ils obtinrent à un prix exorbitant l’église et le couvent de Saint-Sauveur, ancienne propriété des Géorgiens. Pendant les discordes de l’Europe, ils furent abandonnés, et malgré cela, ils soutinrent les catholiques de la Syrie. Le couvent du Saint-Sépulcre renferme 12 prêtres ; celui de Saint-Sauveur, une église, 28 prêtres et 32 frères laïques.
Jérusalem a 15,250 habitants ; sur ce nombre on compte 7,000 Juifs, 4,900 Mahométans, 2,0 00 Grecs schismatiques, 1,000 Catholiques latins, 30 Grecs melchites, 50 à 60 Üoptes, 470 Arméniens schismati ques et quelques protestants gou’ernés par un évêque anglo-prussien
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David. Les latins n’y ont que leur cathédrale nouvel! ja chapelle de la Flagellation, quelques sanctuaires dans l’église du Saint-Sépulcre, et la petite église de Saint-Sauveur. Une grande partie des ordres religieux ont des missionnaires en Syrie, outre les franciscains italiens, espagnols et français ; [un y retrouve les Capucins et les Carmes. Les frères mineurs sont près de 200 : ils ont des établissements dans les villes de Saint-Jean d’Acre, Alep, Beyrouth, Bethléem, Fayum, Damas, Jaffa, Latakié, Nazareth, Saïda, Tibériade, Tripoli de Syrie, et à Nicosie en Chypre. Les franciscains (espagnols ont un établissement à Gaza. Ceux des Capucins scnt à Alep, Beyrouth, Biscerra, Damas, Gazin, Saïda, Sansum et Bamile, et les Carmes déchaussés, au mont Carmel, à Alep et à Tripoli.
Les établissements français sont desservis par les jésuites et les lazaristes, Les jésuites sont arrivés en Syrie en l'année 1656. Après leur suppression, le Saint-Siége confia leurs missions d'Orient aux lazaristes ; depuis leur heureuse résurrection, ils ont fondé de nouvelles missions à Gazir, Bicfaïa, Mâallaka, Zahleh, Beyrouth, Saint- Jean-d’Acre, Caïffa ; ils les ont consacrées au Sacré-Ceur.
1 Gazir, chef-lieu du Kesrouan, partie complétement chrétienne. C’est dans cette ville que se trouvent es prin- Cipaux établissements des missions libanistes. Les pères y ont établi on 1840 un collége séminaire, dans un des anciens palais de l’émir Abdallah-Che’ , SuCCesseur du célèbre Béclir ; il est dédié à saint Joseph. Le séminaire contient trois catégories d'élèves : la première est composée de jeunes gens qui se destinent à l'état ecclésiastique : ils sont au nombre d’une cinquantaine de tous les rites*orientaux : ils apprennent l'hébreu, le syriaque, le grec et le chaldéen, La deuxième réunit des pensionnaires européens que le contact avec les jeunes gens des auires Catégories prépare à devenir des traits d'union entre l’Europe et l’Asie mineure ; la troisième contient
les enfants des grandes familles du pays. Les études sont divisées en sours préparatoires dont la langue française fait partie, et en deux grands cours, Dans le premier, on enseigne le latin, le grec, les sciences, la philosophie et la théologie ; dans le deuxième, les jeunes gens apprennent l’histoire, les mathématiques, la géographie, la comptabilité, les langues arabe, italienne et turque. Chaque élève de Gazir apprend au moins 2 ou 3 langues, beaucoup en savent six. Douze pères, trois professeurs laïques et six frères dirigent cet établissement.
Les jésuites ont annexé à leur coilége une communauté de femmes pour les écoles ; ce sont les Mariamettes de Becfaïa, De plus, un certain nombre de pères y sont affectés au service des missions dans les villages de ce district, ;
% Becfaïa. Petite ville du district de Kathai, où l’émir Haïder, successeur de Bechir, vint résider: et appela les pères jésuites, Les Maronites y sont en grande majorité. Les révérends pères y ont une mission, Notre-Dame libé-
ratrice, fondée en 1833, et deux écoles fréquentées cha-
cune par 50 enfants et une autre pour les adultes; on y enseigne l'arabe et le syriaque. C'est là qu’ils ont installé le premier établissement des sœurs institutrices dites Mariamettes de Becfaïa.
Becfaïa compte quatre paroisses maronites et une conférence de Saint-Vincent de Paule, Cette pisies a donné des résultats inespérés.
3° El-Mäallaka. Cette résidence est un établissement pareil au précédent ; il a été également fondé en 1833 sous Ja protection de l’'émir Bechir, qui donna le terrain nécessaire pour sa construction.
Cette ville est située au pied 'u Liban, à l'endroit où s'unissent les plaines de Beqâa et de Bâalbek, Ses écoles contiennent plus de 180 enfants ; ce sont des instituteurs indigènes qui les dirigent.
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4 Zhaleh, à deux kilomètres plus loin dans la Beqâa, c'est un évêché du rit grec melchite, Elle contient 15,000 chrétiens dont 8,000 catholiques ; 15,000 Maronites dépendants de l’archevêque de Saïda et 1,200 Grecs unis. Les chrétiens, restés au nombre de 2,000 en armex, s'y défendirent yaillamment en 1860, contre 17,000 égorgeurs dont ils enfoncèrent les rangs pour se réfugier dans la montagne, lorsque la nourriture et les munitions leur manquèrent. Cette ville fut pillée et incendiée. Beaucoup d'habitants, réfugiés dans le collége à l'abri du drapeau français, y furent massacrés. Les pères Billotet, français, Buonacina, italien, et trois autres frères y recurent la couronne du martyre, Le frère Maksond fut tué sur l’autel en défendant le Saint-Sacrement. Aujourd'hui ces établissements sont relevés, le collége et les écoles de garçons contiennent 500 enfants. L'école des filles est dirigée par des Mariamettes ; elles ont 200 élèves.
Zahleh est assise sur le versant oriental du Liban. A quelques mètres devant elle, se déroule la plaine de Bâalbek et se dresse la chaîne de l’Anti-Liban, dont les arêtes déthirent au loin l'azur des cieux. Vu du pic qui domine la ville, ce panorama est un des plus grandioses du globe. Lorsque les jésuites arrivèrent dans cette partie de la Syrie, il y a 50 ans, ils campèrent auprès des ruines de Bâalbek, sous la tente ; mais bientôt ils se fixèrent à Mâallaka, village situé à 2 kilomètres des ruines dé cette ville fameuse, et de là à Zahleh.
À quelque distance, sur le versant de l'Anti-Liban, au dessus de la magnifique vallée de Beqâa, s’élèvent les ruines de Béalbeck, la Baalath de Salomon (Héliopalis) ou ville du soleil.
Dans ce dédale de ruines vivent encore aujourd’hui 2,000 habitants dont 30 familles chrétiennes melchites et üne maronite, ; En avancant vers l'Euphrate, dans une oasis fertile et
arrosée du désert, gisent à terre les ruines de Paimyre, la sœur de Bâalbek, construite par Salomon, et qui atteignit son apogée sous les règnes d’Odenat et de Zénobie. Étendue à terre et morcelée comme Bâalbek, elle n’est plus qu'un misérable village arabe.
5° Caïffa. Petite ville au pied du Carmel, assise sur les bords de la Méditerranée. Sa rade est la plus sûre de tout ce littoral, on y fait un commerce d'exportation de blé, d’orge, de coton, de sésame et d'huiles qui prend chaque jour un plus grand développement. Les pères y ont une résidence, l’école des filles est desservie par deux sœurs françaises de Nazareth, l’école des garçons par un instituteur indigène. :
Au dessus de Caïffa, sur le mont Carmel, s’élève le couvent des càrmes déchaussés qui y perpétuent la vie du prophète Élie, leur premier fondateur.
6° Beyrouth. Ancienne Beryte. Port sur les côtes de la Phénicie, c’est la ville de commerce la plus importante de ce littoral. Elle contient 36,000 habitants dont 42,000 mahométans, 2,000 Grecs schismatiques et 412,000 catholiques, en majorité maronites. Appelée d’abord Geris, elle aurait été fondée par Gerasi, cinquième fils de Chanaan, et devint une colonie de Sidon et de Rome. Auguste lui donna de nom de sa fille Julie avec l'épithète d’heureuse, Felix-Julia. Plus tard, Julien l'appela mère et nourrice des lois, à cause de son école célèbre de droit. En 566, un tremblement de terre la détruisit. Elle appartient aux Turcs depuis sa prise par Amurat IV. Sanchoniaton, le plus ancien écrivain après
Moïse, était de Beyrouth.
Les jésuites y ont établi une mission, une imprimerie dont les ouvriers sont les enfants de leurs écoles. Par ce moyen, ils ont pu multiplier les livres élémentaires des classes et lies bons livres, si rares en Orient, qui font pénétrer la lumière de la vérité au foyer des familles
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Les Capucins et les franciscains de Terre-Sainte y ont. des établissements, Le couvent de ces derniers renferme trois prêtres et un frère. C’est à Beyrouth qu’un grand nombre de chrétiens se sont réfugiés pendant les événements de 1860. Des terrasses de la ville, lis pouvaient suivre la marche des massacres par celle des flammes des villages incendiés.
T° Saint-Jean d’Acre, Piolémaïs, Ace, Acco. Cette ville fut le dernier refuge des croisés : c’est là que périt, victime de sa charité, le dernier patriarche de Jérusalem noyé dans les flots, Vicolas de Anapiis. C'est là aussi, que pendant le siége de 1189 à 1191, quelques seigneurs allemands firent avec les voiles de leurs galères des tentes pour abriter et soigner les soldats de leur nation.
Telle fut l’origine de l’ordre teutonique qui subjugua la Prusse et la convertit au catholicisme pendant le xIn° siècle. En 1199, les chevaliers teutoniques s’établirent à Ptolémaïs à laquelle ils donnèrent le nom de Saint- Jean d’Acre. De nombreuses ruines attestent sa grandeur passée. Après avoir été assiégée inutilement par les troupes françaises de Bonaparte, subi le bombardement de 1840, elle se releva, grâce à sa position sur la côte de Syrie. On y voit la tour maudite qu'une tradition dit avoir été la maison où auraient été frappées les pièces
d'argent qui furent le prix de la trahison de Juda; telle serait la raison de son nom.
Saint-Jean d’Acre renferme 12,000 âmes ; sur 2e nombre,
il y a 400 iatins, 1,500 Grecs melchites, autant de Grecs hérétiques ; le reste est mahométan,
Les révérends pères jésuites ont à Saint-Jean d’Acre une mission et une école de garcons ; l’école des filles est dirigée par les sœurs de Nazareth qui ont également soin de l’hospice, En outre, le couvent des pères de Terre-Sainte contient deux religieux dont l’un est le curé des latins.
Afin de remédier à l'ignorance de ces populations intelligentes, les jésuites ont établi, non-seulement comme nous l’avons vu des congrégations de sœurs indigènes institutrices, mais encore une congrégation de frères instituteurs appelés œavériens.
Établissements des lazaristes. Ces missionnaires ne sont arrivés en Syrie qu’il y a 50 ans.
1° Antoura. Village du Kesroan, au pied d’une colline, :
dans un bassin couvert d'une belle végétation. Son vrai nom est Ain-Toura (source du rocher) ; elle le doit à une source abondante qui jaillit d’une montagne voisine et traverse le village, D'abord mission et collége des jésuites, cet établissement, appartenant à la Propagande, fut donné par Pie VI aux lazaristes qui continuèrent à diriger ce collége, d’où sont sortis, pendant longtemps, la plupart des maronites instruits. Les lazaristes, au nombre de cinq, y donnent une instruction commerciale et secondaire comprenant les humanités ainsi que les éléments des sciences : il contient une cinquantaine d’élèves,
On voit en outre à Antoura un couvent de a res indigènes de la Visitation,
Non loin de cette localité est le village de Raïfun près de Bzommar. C’est là que se trouve le collége d’hiver des lazaristes. Pendant l'été ils remontent à Antoura avec leurs élèves,
2° Tripoli, Tarablus. Ville de 15,000 âmes située au pied du Liban, près de l'embouchure du Wahr-el-Kadich, dans une piaine fertile. Son commerce est assez important, Elle est le siége de trois évêchés, melchite, maronite
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et syrien, et le centre d’un gouvernement ou eyalet.
Les lazaristes français y ont une mission; en outre les carmes déchaussés dirigent un externat.
Le couvent des pères de Terre-Sainte est composé de deux pères franciscains. |
3° Damas. Elle est une des plus anciennes villes du monde, il en est parlé dans la vie d'Abraham. Assise dans une vallée fertile arrosée par le Baradat, elle est le cheflieu de l'eyalet ou gouvernement qui porte son nom, et le siége du patriarche grec d’Antioche dont relèvent 52 évâques. Sa population s’élève à 150,000 âmes. Chaque anr” vs äe 50,000 musulmäns s'y réunissent pour fai: : l: | lerinage de la Mecque. On y fabrique des lames de "5 , damassées renommées dans tout l'Orient.
Les lazaristes dirigent une école considérable de garçons, les filles de la Charité de Saint-Vincent de Paule, celle des filles ; en outre, elles ont un dispensaire et un orphelinat.
Le couvent des franciscains renferme deux prêtres et un frère; ils ont également une école florissante et un hospice. L'un d’eux est le curé des latins. On y trouve aussi une maison de capucins, Damas renfermait en 4860 24,000 chétiens. Du 9 juillet au 17 de cette même année, les musulmans en égorgèrent au moins 11,000 avec des raffinements de cruauté. Tout le quartier et les établissements chrétiens furent pillés et incendiés et 8 franciscains brûlés vifs dans leur couvent. Aujourd’hui, les établissements catholiques sont relevés.
Nous ne quitterons pas la Terre-Sainte sans dire un mot de Bethléem et de Nazareth. Bethléem est situé à 8 kilomètres de Jérusalem. C’est dans cette ville que se trouve le principal noyau catholique de la Palestine, Sa population est composée de 2,000 latins, 1,500 Grecs hérétiques, 115 Arméniens schismatiques ; le reste est musulman, ce qui donne un total général de 3,965 «mes: son altitude est de 836 mètres.
Bethléem (maison du pain), Éphrata (fertilité), lieu de la naissance du Sauveur, ainsi que du roi David, C’est là qu'eut lieu l’adoration des pasteurs et des mages. Aussi, dès les premières années de l’Église, ces lieux ont été honorés par les chrétiens et profanés par les Césars persécuteurs. Mais l’impératrice Hélène les purifia et construisit la magnifique cathédrale dont les Grecs se sont emparés. En 384, saint Jérôme vint s’y sanctifier pendant 38 ans dans l'étude et la prière. Il bâtit un monastère d'hommes dont saint Eusèbe de Crémone fut le second
supérieur. Sainte Paule et sa fille Eustochie, de race con-
sulaire, l’y accompagnèrent et fondèrent à Bethléem trois couvents de femmes.
Les Grecs ont envahi insensiblement la plupart des sanctuaires. Le couvent des franciscains renferme 15 religieux; sa chapelle est aujourd’hui l’église paroissiale catholique ; un père en est le curé. Elle est sous le vocable de sainte Catherine.
A Bethléem on trouve un orphelinat et des écoles de filles fréquentées par 250 enfants. Ce sont les sœurs françaises de Saint-Joseph qui dirigent ces établissements, où elles enseignent les différents états convenables aux femmes.
Bethléem fut érigée en évêché en AO par le pape Pascal IT, à la demande de Baudoin I.
Nazareth, ville de Galilée, est bâtie lirrégulièrement au fond d’un bassin entouré de montagnes calcaires, à près de 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, par 320 41’ 58/’ de latitude nord et 32 56’ 25/’ longitude est de Paris. Elle appartenait à la tribu de Zabulon et n’a été h“bitée que par des Juifs jusqu'à Constantin, qui y fit construire la grande église de l’Annonciation.
Nazareth ne prit d'importance qu’au xr° siècle, sous le
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détruites par les mahométans. Ce n’est qu’en 4620, après
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bien des ravages commis par les musulmans, que les pères de Terre-Sainte reconstruisirent une église qui n'occupe que le tiers de l'emplacement de la première ; mais ils ne purent rebâtir leur couvent qu’eñ 1730. Il contient 17 religieux qui dirigent la paroisse et les écoles de garçons. Pendant les croisades, Nazareth fut le siége d’un archevêché. Depuis les exploits du féroce Bibas, et surtout depuis la translation miraculeuse de Ja maison de la sainte Vierge en Dalmatie et à Lorette le 10 mai 1291, elle n’est plus qu’un amas de ruines. La population s'élève à 3,500 âmes, savoir : latins, 600 ; Grecs melchites, 250 ; Maronites 220 ; Grecs hérétiques, 1,200 ; le reste se compose de mahométans ; chaque communion y a son clergé et ses églises. La France y est représentée depuis 1855 par des sœurs de la congrégation de Nazareth. Elles dirigent les écoles de filles, un orphelinat et une école normale pour la formatior d’institutrices indigènes. Cet établissement précieux a été fondé par Mgr Valerga. Déjà un certain nombre de maîtresses sorties de cette institution sont placées dans les localités chrétiennes et y produisent des fruits de bénédiction.
On trouve encore des sœurs françaises de Nazareth à Schefamar.
Les sœurs de Saint-Joseph sc : à Alep, à Jafia et à Saïda. Ja/ffa, l’ancienne Joppé, est 1 une des villes les plus anciennes du monde. D’après quelques auteurs, cette ville serait antérieure au déluge. C’est là que Noé aurait construit son arche et que furent apportés les cèdres qui ser virent à la construction des deux temples de Jérusalem.
EIl- cst le passage de tous les pèlerins qui se rendent en Terre-Sainte. Chaque année, elle en voit une quinzaine de mille dans ses murs. Sa population actuelle est de 10,690 âmes: sur ce nombre, il y a 450 latins at Maronites, 400 Grecs latins melchites, 100 Grecs schismatiques, et 106 Arméniens ou Juifs, \
4 sœurs de Saint-Joseph y dirigent les écoles de filles, et prennent soin des malades; leurs dèves sont au nombre de cent. Il y a 7 pères de Terre-Sainte : l’un d'eux soccupe de l’école des garçons.
Saïda, ancienne Sidon, est assise sur un Cap au nord de la Méditerranée, Cette petite ville renferme des écoles de filles, un orphelinat et un hôpital dirigés par les sœurs de Saint-Joseph. Les pères de Terre-Sainte sont au nombre
de trois. Cette ville est en outre la résidence d’un évêque maronite et d'un évêque grec.
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