‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 43 sur 105 · ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ASIE MINEURE

$ LL. Anatolie, Archevéché de Smyrne et mission d'Asie.

La ville de Smyrne est placée dans un site admirable, au fond du golfe étroit de Cara-Bournou (golfe noir), qui forme devant elle une avenue de bosquets de verdure masquant des villages nombreux. Elle est le chef-lieu de l'Ionie et renferme 150,000 habitants, dont 75,000 Turcs: le reste est composé, ainsi que toutes les villes du Levant, de Grecs, de Juifs, d'Arméniens et de Francs. Les Turcs appellent Francs les Européens occidentaux, habitants du frenkistan (terre des Francs). Comme toutes les villes turques, ses maisons sont en bois ; aussi est-elle de temps'en temps renouvelée par les incend: s. Celui de 1845 en a dévoré 4,000 avec une partie des établissements latins.

Smyrne est une des plus anciennes villes du Levant ; à ce titre, elle a subi bien des vicissitudes Elle était au nombre des 12 principales villes de l’'Éolide, détruite par les Lydiens ; Alexandre la reconstruisit, Un tremblément

-de terre la renversa sous Tibère ; elle fut restaurée par

Marc-Aurèle, Elle appartient aux Turcs depuis 1424. Smyrne est le siége du pacha ou vali qui gouverne l’eyalet d’Aïdin, Les Grecs, les Arméniens et les latins \ ont chacun un archevêque. Les chrétiens jouissent de toute la liberté désirable : ils peuvent faire toutes les c6-

rémonies de leur culte en public, sans inconvénient, Son premier évêque fut saint Polycarpe, disciple de saint

Jean, qui fut brûlé en 166, après avoir vu saint Ignace d’Antioche, que les soldats romains conduisaient à Rome pour être dévoré par les bêtes dans le Colysée. Aujourd’hui, elle est un archevèché latin. Mgr Spacca-Pietra en est l'archevêque ; il a succédé à Mgr Mussabini, qui l’a administrée pendant 20 ans. Ce prélat a eu la consolation de consacrer une cathédrale digne de la catholicité. Les catholiques sont au nombre de 15,000, répartis en quatre paroisses : Saint-Polycarpe, Sainte-Marie, Saint-Pierre de Bournabat et Saint-Jean-Baptiste à Boudja.

Les œuvres françaises sont dirigées par les lazaristes. Elles se composent :

1° De la mission du Sacré-lœur, avec une très-jolie chapelle ;

2° Du Collége de la Propagande, fréquenté par 300 élèves. Ces deux établissements renferment 15 missionuaires et une dizaine de professeurs laïques ;

3 Des écoles dirigées par 8 frères de la Doctrine chrétienne, qui donnent l'instruction à plus de 300 enfants ;

4o De l'établissement des sœurs du Bon-Pasteur,contenant un refuge, un pensionnat et une école ;

5° De l’hospice, du dispensaire, de l’orphelinat et des écoles de filles dirigées par les filles de la Charité de Saint-Vincent de Paule; leurs écoles ont 500 élèves au moins ;

6° D’une institution mixte laïque contenant une centaine d'élèves. |

Outre ces établissements français, Smyrre possède une école dirigée par la Conférence de Saint-Vir :ent de Pauie, elle a également une centaine d'élèves, et 5 écoles laïques de filles.

Les religieux capucins italiens desservent la paroisse de Saint-Polycarpe, et les récollets de même nationalité celle de Sainte-Marie à Bournabat : ceux-ci ont une école annexée à la cure.

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Les franciscains mineurs y ont également un couvent, etles religieux arméniens méchitaristes dirigent une école considérab!: :: ar leurs nationaux. En résumé, les œuvres catholiques de Smyrne se développent chaque année davantage ; elles sont aussi prospères qu’on peut raisonnablement le désirer.

Les missions de Trébisonde, de Samsoum et de Sinope, desservies par les religieux Capucins, dépendent de l’archevêque de Smyrne. L- première de ces villes est une préfecture apostolique et le siége d’un évêché arménien érigé par Pie IX en 1850. Le mouvement de retour vers l'unité catholique imprimé à la nation arménienne y a produit des résultats sérieux et assez considérables pour nécessiter la création de cet évêché.

$ IT. Roumélie, Patriarchat de Constantinpole,

Constantinople est la Capitale de la Turquie. Elle est située dans une admirable position, sur les bords européens du Bosphore. Le Bosphore est un détroit sinueux qui sépare l'Asie de l’Europe, dont les eaux rapides descendent de la mer Noire dans la Marmara. En face du promontoire sur lequel est assise Scutari, la Constanti. nople asiatique, et qui sépare la Marmara du Bosphore, s'ouvre la magnifique baie de la Corne d’or, qui se prolonge pendant 5 lieues dans les terres jusqu'aux eaux douces d'Europe, où elle recoit les eaux du Barbyzès et du Cydaris. C’est le port de Constantinople : ses rives sont comme celles du Bosphore, et les vaisseaux de haut bord peuvent y rester amarrés Comme dans un bassin. Au nord de la Corne d’or s’étend un plateau qui se prolonge jusqu’à la mer Noire. Sur son versant méridional s'élèvent 2n amphithéâtre les quartiers latins : Galaia, qui altonge ses rues étroites et fangeuses au pied de la colline le long de la Corne d'or, et Pera, qui se développe jusqu’au

238 LES ; ISSIONS CATUOLIQUES FRANÇAISES.

sommet de la côte. Le premier est le quartier commer- À Col cant, le second est celui de la banque, des grandes affaires de i et des palais. C'est là que résident les Européens, les am- nis bassadeurs et sont installés les établissements des diffé- de ( renles Communautés européennes. | Dès Au sud de la Corne or, dans la plaine qui borde la pire mer de Marmara, se déroule Stamboul, ville turque aux M minarets élancés. Parmi tous ces dômes qui la dominent Chr dit se dresse la coupole d'azur de la mosquée célèbre de tous Sainte-Sophie, Au sud de Stamboul se trouve le quartier pon arménien, Psammathia : à l’ouest celui de Saint-Dimitri perr et le Phanar, métropole de la population grecque de le s l'empire turc. derr 1l Stamboul forme un triangle dont la pointe, celle du | triar sérail, avance dans la Marmara. C’est en la doublant que Stan l'on est frappé de ce panorama féerique, unique au . Macs monde, digne des mille et une nuits. Constantinople se gnèr compose réellement de trois villes aux caractères bien To tranchés. Stamboul, les quartiers latins, puis Scucari, le sel la ville asiatique, en face, sur les rives d’Anatolie. grèce La ville turque et la ville européenne sont réunies par | byzar un pont de bateau jeté sur la Corne d’or. de pl Fondée à une époque très-reculée, elle s’appela d'abord D Contr Byzance, du nom de Byzas, son fondateur. Elle reçut son tenu nom actuel de l’empereur Constantin, lorsqu'il trans- blère: porta le siége de l'empire romain dans ses murs. Après schisr avoir fait partie du royaume du Bosphore et subi les vi- allié cissitudes des guerres des Macédoniens, des Perses, du | Vorer. Pont, de la Cappadoce et de la Bythinie, elle resta long- Con temps sans importance; mais sa position intermédiaire ‘ Suite | 4 entre l'Europe et l’Asie, la mer Noire et la Méditerranée, de M: hs dut nécessairement attirer l'attention des Romains qui L efforts | s’en emparèrent en même temps que de la Thrace, au 1453, i* siècie. Pillée ei räsce par Septime-Sévère, elle fut rele- . ont ac | vée par Caracalla, mais ne reprit d'importance que sous des su ( f

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Constantin. En devenant Capitale de l'empire en 330, elle devint en même tem; Ta deuxième ville du Christianisme. Immédiatement, les Sa.utuaires palens de Samos. de Cnide et autres temples des faux dieux furent fermés, Dès lors l’Italie cessa d’être la première province de l’einpire.

Mais les Césars, en laissant Rome aux pontifes du Christ, n'avaient pas oublié un titre cher à l'orgueil de tous monarques. Les empereurs païens étaient souverains pontifes d . vaganisme, Ce souvenir leur fut unetentation permanen Il leur fit fa. oriser toutes les errours et le schisme, dort ils redevinrent les pontifes dissimulés, derrière leurs créatures investies de l’épiscopat et du patriarchat, C’est pourquoi Constantinople fut le foyer cônstant des hérésies qui désolèrent l'Église. Les ariens, les .Macédoniens, les nestoriens et les eutychiens, ete., ÿ régnèrent en souverains maîtres.

Toutes ces erreurs, et d’autres encore, couronnées par le schisme de Photius, se P'opagèrent dans tout l'Orient, grèce à la connivence et à la protection des empereurs byzantins. Pour cette raison, Constantinople fut le siége de plusieurs conciles généraux. Le 11° en 381, le v° en 553

Contre les trois chapitres, le vr en 680, et le vin‘ en 869, tenu pour l'extinction du schisme de Photius, s’assemblèrent dans ses murs. Dès lors elle fut la capitale du schisme grec. En haine de l'Église romaine, ses princes Salliérent avec les mahométans qui devaient les dévorer.

Constantinople fut assiégée 28 fois et prise 7 fois. A la suite du septième siége des Tures, elle tomba au pouvoir de Mahomet IL, le septième prince Osmanli, malgré Les efforts de son dernier empereur, Constantin Dragosès, en 1453, 495 ans après sa fondation. Depuis lors, ies Grecs Ont accepté sars difficulté leurs patriarches de la main des sultans, De 4453 à 1703, le patriarchat schismatique

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