KURDISTAN
Le Kurdis' n faisait partie de l’ancienne Assyrie et du pays des Carduques. D’abord composé de six provinces indépendantes, il fut conquis en grande partie par les Turcs au commencement de ce siècle. I] se divise en deux parties : 1° le Kurdistan ture, qui appaïtient aux pacha-’ liks de Chehezrehour, de Bagdad, de Van, de Mossoul. 2° le Kurdistan persan.
Le premier s’étend au-delà du Tigre, entre les 35e et 39 de latitude nord ; 38 et 43° 30’ de longitude est, et mesure 380 kilomètres de long sur 400 de large,
Les principales villes sont Bidiis, Amadia ou Amedeah et Sulemanieh. Sa population est évaluée à 1,233,900 habitants. Le Kurdistan contient toute l'Arménie actuelle où de Turquie d’Asie, I! est borné aw nord par le lac de Van, à l’est par la Perse, à l’ouest et au sud par la Mésopotamie.
Il est peuplé par ün lange d’Arméniens, de Kurdes, de jacobites et de nestoriéens chaldéens. Les deux premiers peuples sont les plus nombreux. Il est très-difficile de classer ces populations, la plupart apportées par les émigrations et les guerres dont ces pays ont été de toute antiquité le théâtre, Les Kurdes paraissent être fa branche araméenne et persique des Sémites. Ces peuples, qui s’étendent au sud du Caucase, doivent être rattachés à la branche araméenne à cause de leur type, bien que leur
langue, qui dérive du sanscrit, les räpproche durramiéau
européen. Après avoir atteint un certain degré de civilisation, ils ont rétrogradé et sont tombés dans l’émiettement actuel, après avoir été soumis par les Scythes, les Mongols et les Européens. De taille moyenne, ils ont les cheveux et les yeux noirs et une langue qui a des rapports avec celles de l’Europe; ils semblent être des Araméens, autrefois conquis par des peuples au type blond, et parmi lesquels l’élément noir a été maintenu par le mélange des Mongols et des Scythes. Ce rameau esi composé de la famille persane, qui s'étend dans la Chaldarménie, le Kurdistan et l’Hindoustan. Elle se divise en Tadjiko, Kurdes, vrais Persans, Afgans, qui prétendent descendre des Hébreux, Arméniens, Ossettes, anciens Mèdes, Georgiens et Kurdes.
Les Kurdes se divisent en sédentaires, habitant les villages, et en nomades, qui vivent en été sur les hauts plaieaux et descendent en hiver dans les plaines de Zab et sur les bords orientaux du Tigre. Fanatiques, ils n’ont d'autre loi que la peine du talion et se livrent au brigandage le plus cynique. Plus d’un missionnaire a été dépouillé jus. ’à la chemise au milieu des montagnes neigeuses par ces brigands et en a reçu de nombreux mauvais traitements! Leurs tribus sont gouvernées par des aghas.
Les nestoriens ou Chaldéens Achirat forment deux groupes distincts.
Les Achirats, indépendants et nomades, composent cinq tribus : ies Tiaris, Tkournus, Gélons, Bazes et Dizes; ils vaguent sur la rive gauche du Zab, affluent du Tigre. [ls ont pour chef temporel et spirituel le patriarche de Ko dchamès, Schimoun, Simon. Il gouverne les tribus au moyen des chefs ou rois inférieurs. Les Chaldéens 2ffectent une fausse bonhomie qui masque une fourberie insigne. En général, ils sont redoutés.
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localités dans lesquelles ils habitent. Plus différents en matière de religion, ils sont accessibles à l’action des missionnaires. Aussi s’opère-t-il chaque année parmi eux un certain nombre de retours à l'unité. Leur liturgie est traduite en chaldéen littéral ; ils ont en outre aboli la confession. Il ne leur reste plus de pratique religieuse que le jeûne. La principale condition pour devenir leur patriarche est de ne jamais avoir mangé de viande. C’est pourquoi les femmes qui prédestinent leurs enfants à cette dignité, s’abstiennent de viande avant de les mettre au monde,
La principale ville du Kurdistan est Amedeah ou Amadia, située à 100 kilomètres au nord-ouest de Mossoul; elle contient 4,000 âmes. Les pères Jominicains de Mossoul y ont fondé une mission en 1760. U’est là que le père Soldini a composé la grammaire kurde, imprimée par la propagande. Après des avanies quotidiennes et par suite du manque de sujets, cet ordre religieux abandonna la mission en 1787. Mais ils la reprirent en 1800. Ils y ont
préparé le retour d’un grand nombres de nestoriens du Kurdistan persan.
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il | | évè LE ASIE MINEURE. — MISSION DE PERSE : KURDISTAN PERSAN. des IFh LAZARISTES. ton NE Mal LL A miss 4l Le Kurdistan persan est l’ancienne Médie ; c’est un se fa LEA pays montagneux qui s'étend sur une longueur de 380 ki- | d'en i: lomètres et une largeur de 225, entre 32° 30/ et 36° 15’ de Le 1 latitude nord, 43° 50/ et 46° 30’ de longitude ouest. Son fet à ‘1: chef-lieu est la ville de Kirmanchab. On évalue sa popu- mala l, lation à 450,000 âmes. Au sud-est se déroule le désert B Les : il d’Irak-adjemi. de 25
Une grande quantité de nestoriens dispersés par les mahométans se sont réfugiés dans les hautes montagnes de cette contrée, où ils ont vécu longtemps indépendants et. abandonnés. Un certain nombre de catholiques vinrent également y chercher la sécurité, au commencement de ce siècle, lorsque les Turcs s’emparèrent de la majeure partie du Kurdistan. Alors l'archevêque de Mossoul leur envoyait de temps en temps quelque missionnaire dominicain ou de la propagande. Leur nombre s'étant suffsamment accru, le Saint-Siége confia cette mission à la
, congrégation des lazaristes. Ces missionnaires vinrent s'établir en 1840 à Chosrova, non-loin de Salmas et de Tauris, dans la province d’Azerbaïdjan, et quelque temps après à Ourmiah, sur le lac de ce nom.
Leur premier soin fut de fonder un séminaire où ils pourraient former des prêtres arméniens et chaldéens; cet établissement renferme une vingtaine de jeunes gens;
on y enseigne Île latin, le français, le chaldéen, la philoso-
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