CHINE
ARTICLE I
Notions générales.
‘ La Chine est un vaste empire de la haute Asie, connu autrefois sous le nom de Cataï. Les Chinois ignorent le nom de (hine ; ils appellent leur pays Tchong-hoa-Khoué (empire fleuri du Milieu ou Céleste-Empire). Le mot Chine vient de Sina, nom de tribus indiennes ou mongoles : ces noms sont ceux de la Chine proprement dite. Elle comprend 18 provinces. Le Tche-ly, le Chan-si, le Chen-si, le Kan-sou, le Sse-tchuen, le Yun-nan, le Kouang-si, le Kouang-tong, le Fokien, le Tche-kiang, le Ngan-Hoei, le Kiang-nan, le Chan-tong, le Ho-nan, le Hou-pe, le Kiangsi, le Hou-nan et le Koueï-tcheou. La Mandchourie, la Mongolie, le Thian-chan-pe-lou (Dzoungarie), la Boukharie, le Thibet, la Corée, les îles Madjicosima et Lieoutcheou, dont les principales sont Typinsan, Patchousan, Rochoukoko et Kounu, composent les États tributaires. La Chine s’étend entre 69° et 141° de longitude est et 18° et 31° de latitude sud. Elle est bornée au nord par l'Asie russe; à l'ouest par le Turkestan; à l'est par les mers d’Okhotsk, du Japon et de la Chine; au sud par cette dernière, l’Annam, le Siam, la Birmanie, le Népaul et les possessions anglaises. Elle mesure 35,000 kilomi-
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lation, diversement évaluée et considérablement diminuée par la guerre civile, se monte à près de 400,000,000 d’habitants. Sa superficie dépasse 1,200,000 kilomètres carrés,
L'empereur actuel, Ki-tsiang dans le dialecte de Pékin, Chi-tsians dans celui de Canton, surnommé Ki-cseong (prospérité), portait le nom de Tsaï-simg avant de monter sur le trône. Né le 5 avril 1855, il est fils unique de Hienfung, mort à Jee-Ho, en Mandchourie, le 22 août 1861. Ki-tsiang est le huitième empereur de la dynastie mandchoue des Tsing, qui détrôna la famille chinoise des Ming en 1644, et le 245° souverain de la Chine depuis 4715 ans. Le prince Kong, son oncle, à t:nu la régence pendant sa minorité ; le jeune prince s’est marié en 1872, année de sa Majorité.
Le gouvernement chinois est absolu ; Un Conseil d’État composé de 4 dignitaires et un Sénat formé avec 10 hauts dignitaires expédie les affaires.
La Chine compte, paraît-il, 14,607 montagnes. Parmi les principales, nous citerons les chaînes Meiling ; des Fe-ling, qui forme les Yun-ling du Chen-si et va se perdre au nord chez les Tartares ordos ; des Yan au nordouest de Pékin ; elle se prolonge jusqu’au Leao-tong sous lenom de montagnes Blanches.
Le Houang-ho (fleuve Jaune), ainsi nommé de la couleur de ses eaux, dont un des tributaires, le Yalon-kiang, à 1,000 kilomètres de longueur, et le Yang-tse kiang (fleuve Bleu) en sont les principaux fleuves. En 1350, le dernier empereur mongol avait fait creuser un lit artificiel au Houang-ho, vers la mer de Chine ; mais, en 1850, il a redressé son cours vers le nord-est, à partir de Kaïfong-fou, capitale du Ho-nan, jusqu’au golfe de Pe-tchell, par 38° de latitude nord, après avoir fait des ravages Considérables. Le deuxième vient du désert de Cobi, au nord du Thibet; il traverse également tout l'empire pour
venir se' jeter dans la mer de Chine à Schang-haï. Ces deux fleuves mesurent chacun de 2400 à 2800 kilomètres de cours.
La Chine renferme des mines et des carrières nombreuses où se trouvent tous les minéraux et toutes les pierres connues; elle a des gisements immenses de houille d'une richesse incomparable. Ses règnes végétal et animal sont très-variés. Son climat diffère selon les provinces et les altitudes diverses qui s’étendent depuis la température de la zône torride jusqu’à plus de 40 degrés
au-dessous de zéro. Ainsi, par le 40° de latitude nord, ‘ dans les environs de Pékin, les bords du golfe de Pet-
cheli, le Pei-ho, le grand canal et toutes les rivières gèlent en hiver; la navigation y est par conséquent interrompue. |
La Chine est sillonnée de routes mal entretenues, de rivières, de canaux, de lacs navigables infestés de pirates. Le principal de ces canaux est le grand canal impérial, Yun-ho ‘ou Yun-leang-ho (canal pour Je transport des marchandises). Il forme une voie navigable intérieure de 600 lieues, entre la ville de Tion-tsing, assise sur la rive droite du Pei-ho, près Pekin, et Ning-Po. Un deuxième réseau conduit à Canton. Il sort du lac Po-yang, suit le Kan-kiang jusqu'à Nan-ngan-fou. De l’autre côté des Meiling, et à 48 kilomètres de cette ville, on s’embarque à Nan-kian-fou et on arrive à Canton.
Une troisième voie fluviale conduit directement et sans interruption à cette ville. Elle part du Yang-tse-kiang et
suit les canaux aïnsi que les rivières du Hou-Kouang et du
Kouang-si. :
Le grand canal a été construit par Koublaï ou Chiisou, petit-fils de Gengis-Khan, afin d’assurer l’approvisionnement de son armée établie dans le nord.
Le second ouvrage remarquable de la Chine est la célèbre grande muraille, Elle commence au nord-ouest de
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Les Chinois l’appellent Wanli-tchang-tching (le grand mur de 10,000 lis).
Disons un mot des prisons de
ce pays et nous pourrons nous faire une idée
des tortures Gu’y endurent nos mis-
sionnaires. « Une prison chinoise, dit un des compagnons « de lord. Filgin, sa “empose de pelites cours sans mur « extérieur, Autour sont des tanières comme celles dans «lesquelles on enferme les bêtes fauves ; un treillage « doublé de tiges de bambous, laissant à peine pénétrer « la lumière, les ferme. Les prisonniers ordinaires ha: «bitent la cour pendant la journée ; ils sont attachés “ensemble par les pieds et les poignets au moyen de «chaînes. Dans les tanières sont entassés nuit et jour « des hommes et des enfants enchaînés, couverts de plaies « faites par les Coups de bambous, rongés par la vermine «et les rats, n’ayant plus forme humaine, repoussants de « malpropreté et mourant souvent de faim dans une at- ‘mosphère pestilentielle, »
Voilà le lieu où tant de missionnaires, de confesseurs de là foi sont jetés pendant des semaines, des mois et des années !
Le gouvernement de la Chine est divisé en provinces gouvernées par un grand mandarin ou vice-roi, en préfectures et en sous-préfectures administrées par des mandarins inférieurs. Les villes de premier ordre et les préfeciures portent le nom de fou; celles du deuxième ordre, sous-préfectures, sont des icheou ; les cantons ou chefslieux sont des ñien. RO
Le nom de mandarin à 416 donné aux fonctionnaires Chinois par les Portugais; il vient de Mandar, en latin
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