‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 73 sur 105 · ARE RE · texte numérisé non relu

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Les dominicains y avaient fondé deux couvents. La mission des Esquimaux dura probablement jusqu’à la Réforme et resta sous la juridiction des évêques irlandais ou scandinaves, Les chroniques d'Islande relatent l’histoire de seize de ces prélats. La mission se composait de deux districts ; l'un sur la côte orientale composé de 100 villages distribués en quatre paroisses, l’autre sur la côte occidentale avec 190 viliages répartis en 12 paroisses, il possédait en outre deux couvents de dominicains et l’évèché. Le premier aurait été détruit au xv° siècle par une invasion d'Esquimaux Skrælingues ; le second aurait été bouleversé en 1540 par une révolution volcanique et un amoncellement gigantesque de glaces qui auraient changé totalement la surface du Groëland.

Le voisinage de l'Amérique devait nécessairement attirer l'attention des colons de ce pays. Des expéditions y furent tentées et l’évêque Eric y alla prêcher l'évangiie. Il fonda une église, en 1120, sur les côtes de Gaspésie dans le bas Canada. Cette nouvelle terre fut appelée Winland (terre de la vigne), à cause des vignes sauvages qui y croissaient naturellement. Quelques auteurs prétendent que c'était l’île de T:rre-Neuve. Quoi qu'il en soit, les tribus gaspésiennes reçurent la foi à cette époque, et lorsque cette mission fut abandonnée en même temps que celle du Groënland, les Esquimaux conservèrent avec leurs superstitions des croix et des objets de piété qu'ils entouraient d’une grande vénération. Le navigateur italien Zeno trouva €hez eux au x1v° siècle des livres latins, quelques cérémonials ct missels, ayant appartenu, sans doute,à un évêque du xrr° siècle. Sur la côte occidentae du Groënland il visita un couvent de dominicains en majorité irlandais, et une église dédiée à Saint-Thornas ; elle était bâtie près d’un volcan. Plus tard, au xvr‘ siècle, ie missionnaire protestant Ægède retrouva les vestiges de cette colonie.

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Après la fondation des établissements français du Canada, les évêques de Québec n’oublièrent pas que les Esquimaux faisaient partie de leur troupeau, de temps en temps, ils y envoyaient des missionnaires sulpiciens et des prêtres canadiens pour visiter les malheureux Acadiens exilés sur la côte du Labrador. Mais il fallait donner de la stabilité à ces missions et pourvoir à l’évangélisation des Naskapis, seule tribu qui n’avait pas encore vu de missionnaires : alors l’administrateur du diocèse de Québec en chargea les Oblats de Saguenay. En 1838 le père Arnault fut envoyé à la recherche de ces sauvages. Il s'avança jusqu’à la station de Petatskoupaw, à deux mois de marche de l’Océan, s'arrêta à la baie des Sept-Iles près l'embouchure de la Moïsie, et revint sur ses pas sans avoir pu les rencontrer. Cependant en 1862, les Oblats fondaient la résidence de Notre-Dame de Betsiamits, sr les bords de la rivière de ce nom, à 60 lieues au nord de Québec, par 69° de longitude ouest, et 5lo de latitude nord. C'est une base d'opération pour l’évangélisation des Esquimaux. En 1866, le père Babel faisait une nouvelle tentative ; il atteignait le poste de Winnaucoupaw situé entre la baie des Esquimaux et Petatscoupauw ; les Esquimaux étaient encore partis pour la baie d’Aungava. Dans ce voyage, il parcourut 1932 kilomètres, traversa 15 lacs et descendit 11 rivières. Il fut plus heureux en 1867 et en 1868 ; il put atteindre ces sauvages et donner le baptême à un certain nombre d’entre eux.

La mission des Esquimaux est donc fondée, et beaucoup de Vaskapis, de la baie d’Aungava, point le plus septentrional du Labrador, ont embrassé la foi ; dans peu d'années il est à croire que tous ces sauvages suront catholiques.

Cette mission fut attachée de 1856 à 1859 au vicariat apostolique de Terre-Neuve ; en 1859 elle fit partie de ja préfecture du pôle arctique et depuis 1872 elle est re-

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