‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 88 sur 105 · PRE · texte numérisé non relu

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ment acquise des pères du Saint-Esprit engagea le gouvernement français à en charger cette société. Elle prit l'engagement d'y entretenir un préfet apostolique et 20 missionnaires. Les deux premiers qui partirent furent MM. Bertout et de Glicourt. À la demande de Louis XVI, 4 ex-jésuites portugais parlant la langue indicnne furent envoyés à Cayenne par la Propagande pour reprendre les missions des sauvages. Les Pères du Saint-Esprit continuèrent avec succès les œuvres des jésuites. Le dévouement et l'esprit apostolique qu'ils déployèrent leur attira les plus grands éloges de la part des gouverneurs. Mais cette société ayant été supprimée en 1792, les missions de ia Guyane furent par conséquent détruites. Get état de choses dura jusqu’à l’époque de son rétablissement. En 1816, ik ne restait plus à Ja Guyane qu'un seul prêtre pour 44 paroisses. Une seule église avait été épargnée, encore tombait-elle en ruines. Aussi les nouveaux missionnaires du Saint-Esprit, revenus dans la mission, eurent-ils un travail immense à, faire, pour réparer les ruines morales et matérielles accumulées depuis la révolution. Malgré des difficultés de toute nature, ils ont réussi. Après eux sont revenus les jésuites en qualité d’aumôniers des pénitenciers français. Aujourd’hui les établissements de la mission sont au nombre de trois :

4° Une paroisse à Cayenne; 2% un collége dans Ja même ville; 3° Mana, paroisse, hôpital des lépreux de l’'Accaronany; 4° Quatorze paroisses desservies par les prêtres sortis du séminaire du Saint-Esprit.

Les pères jésuites sont chargés des pénitenciers, mais ces établissements vont être réduits à cinq.

Des écoles primaires de garçons et de filles sont établies dans chaque paroisse ; elles sont dirigées par les frères français de Lamenais et les sœurs de Saint-Joseph de Cluny et de Saint-Paul de Chartres. Celles-ci sont chargées, en outre, des hôpitaux de la colonie et

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Les établissements de la Mana ont été créés par madame Javouhey, fondatrice et supérieure générale de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, Cette vénérable sœur proposa au gouvernement de continuer la colonisation de cette partie de la Guyane et de fonder sur les bords de cette rivière des orphelinats pour les enfants trouvés, Son xlan ayant été approuvé, elle vint s'yinstaller en août 1828 avec 36 sœurs et 39 cuitivateurs. L'élève des bestiaux, l'exploitation des forêts. furent les principales occupations des nouveaux colons. Quant à la cuiture, on se borna à cultiver les plantes nécessaires à la vie. Mais en 1831 expira l'engagement des Français; ils quittèrent l'établissement. Malgré ces contre-temps, la sœur Javouhey put tenir ses engagements. En 1835, elle demanda que les nègres libérés lui fussent confiés. Alors 550 noirs vinrent s'installer à la Mana. L'établissement des sœurs est devenu un village très-prospère.

Chaque année le préfet apostolique envoie quelques missionnaires de la congrégation visiter les tribus de l’'intérieur, dont plusieurs sont chrétiennes. À l'époque d'usage, ces indiens apportent leurs enfants au lieu convenu, le missionnaire les baptise-et ils se retirent dans leurs solitudes,. Il serait à désirer que les missionnaires puissent former dans les hautes terres un établissement central agricole et industriel semblable à ceux de Saint- Joseph de N’gazobil en Sénégambie et de Bagamoyo au Zanguebar. C'est le seul et unique moyen de changer insensiblement les sauvages en population civilisée et de substituer des villages agricoles aux tribus vagabondes et pillardes.

En outre, les pères du Saint-Esprit et de l’Immaculé- Cœur de Marie vont ég:'1ment évangéliser tous les ans les nègres marrons échappés de la Guyane hollandaise, Ces nègres forment deux groupes distincts : les bonis et

les boschis, habitants des bois; ils vivent sur les bords du Maroni. à

Les indiens dé la Guyane sont intelligents et adroits ; l’indolence causée par le climat et le souvenir des mauvais traitements qu’on leur a fait endurer, sont 1s principaux obstacles à leur civilisation.

Les Galibis, les Oyampis, les Aravaques appartiennent à la même famille : leur type est assez beau. Ils habitent les rives du Bérbècé et du Surinam. Ils ont pour ennemis achatnés les Cabres, anthropophages dés plaines de l'Orénoque. F3:

Les Waraons vivent dans des carbets suspendus aux arbres des forêts inondées de l'embouchure de ce fleuve.

La langue des Galibis, parlée dans la plupart des tribus guyandises, est une branche de la grande langue générale des Guaranis ou T'upis du Brésil. Ces peuples appartiennent à la même famille. |

Les Galibis ne sont autres que les Caraïbes des Antilles. Cette tribu est nomade : elle parcourt incessamment les rives de tous les cours d’eau qui coulent depuis l’Orénoque jusqu’à l'Amazone, et depuis les plages de l'Océan jusqu’au rio Branco (rivière blanche), affluent du rio Negro (rivière noire), tributaire de l’Amazone. Ils semblent former une tribu sainte, mère des nations brésiliennes. On rencontre au milieu des tribus de l’'Amazone des Caraïbes solitaires (pagés), ils ÿ remplissent les fonctions de prêtres, sorciers et médecins : c’est un privilége qui n'appartient qu à eux seuls. 11 leur assure le respect et la vénération des autres sauvages.

ARTICLE II

Brésil.

Colonie portugaise découverte en 4500 par Pédralvez Cabral, devenu empire brésilien en 1808, le Brésil a été évangélisé par les franciscains, les carmes, les pères de

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la Merci, les philippins, les jésuites et les capucins. Pen. dant qué le père Vieira ouvrait l'Amazone aux Portugais, tenus en échec pendant 20 ans par les Neengahybus ; les pères Bento, Amédei et Couto leur donnaient l’île dé Marahao occupée par les Hollandais. Pour récompensé de ces services, les jésuites demandèrent au voi l'abolition de l'esclavage des indiens, exportés par les marchands d'esclaves jusque dans les colonies portugaises d'Afrique et de l’Inde. En un mot, depuis les bords de l'Orénoqué jusqu'aux rives du Paraguay ; én Bolivie, au Pérou, dans la Nouvelle-Greñade, au Venezuela, ainsi qu’au Chili ; dans toute l'Amérique du Sud, la Compagnie dé Jésus vivilisa la plupart des indiens. Ses missionnaires furent leurs protecteurs et leurs défenseurs conire la rapacité des aventuriers ainsi que des marchands d’esclaves. [s fondèrent des réductions ou aldées ; elles devinrent successivement des villages et des bourgs qui se sont transformés en villes (villas) et en cités {cidades) ou grandes villes. Il faut remarquer un fait que l'on oublie trop souvent, c'est que

les populations des anciennes colonies espagnoles et por-

tugaises ont pour base les tribus sauvages, christianisées, civilisées et unies à l'élément étranger. Or cet élément y est entré pour une faible partie. Par conséquent, les Brésiliens, les Péruviens, les Boliviens, et tous les autres peuples formés avec les débris de ces anciennes colonies, ne sont en majorité que des indiens transformés et civilisés par le christianisme. Beaucoup de tribus, autrefois puissantes, ont disparu : c’est là qu'il faut en chercher les descendants qui ont été fusionnés avec les conquérants. C’est pourquoi, s’il existe encore des tribus sauvages, il faut en voir la cause dans la suppression des missionnaires et l'injuste défiance des gouvernements à leur égard. Que ie gouvernement brésilien appelle ies missionnaires sur son territoire, qu’il leur laisse toute liberté d'action, en peu d’années il n’y aura plus de sauvages dans ses riches

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provinces ; le Brésil comptera des déserts de moins ; et des cultures, des établissements industriels, des institutions ‘pour l’enseignement à tous les degrés de plus. Ce qui a été fait avec succès, à une époque où les moyens d'action étaient très-restreints, ne peut-il pas être exécuté à la nôtre où ils sont si multipliés !

En 1634, les capucins français viennent s'établir à Pernambuco : ils fournissent aux Portugais les moyens de reprendre cette ville aux Hollandais : pour les récompenser de ce service, le roi de Portugal leur donne une maison dans cette ville et une autre à Rio-de-Janeiro. De ces deux centres ils coopérèrent aussi à la christianisation des sauvages. Aujourd’hui, ces religieux possèdent encore les mêmes établissements ; ils sont chargés des missions indiennesi du Brésil. La plupart de leurs missionnaires sont italiens ; il y a parmi eux quelques pères français.

Sur l’île, dans la province de Sainte-Catherine et à Pernambuco, les jésuites espagnols ont fondé plusieurs établissements : ils y ont des colléges florissants, ainsi que des missions pour les colonies allemandes et les indiens de ces deux provinces.

Comme nous l'avons dit plus haut, la France n’a pas de missions proprement dites au Brésil. Elle n'a que quelques maisons confiées aux lazaristes qui desservent les établissements des filles de la Charité, tels que pensionuats, orphelinats et hôpitaux : 4° Rio-de-Janeiro, hôpital de la sainte maison de la Miséricorde (Santa-Casa

da Misericordia) ; 2° Bahia, grand et petit séminaire;

3° Pernambuco, séminaire ; 4° Marianna, dans la province des Mines générales (Minas geraes), maison de sœurs, pelit et grand séminaire de Caraça ; 5° Campobello (belle prairie), dans la province de Minas sur les bords du rio Verdete (rivière Verte), affluent du rio

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