‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 90 sur 105 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

NOTIONS GÉNÉRALES

L'Océanie, cinquième partie du monde, s'étend depuis le 91° degré de longitude est jusqu’au 105° de longitude ouest, entre les 35° de latitude nord et 56° de latitude sud, sûr une longueur de 47%. Elle est plus étroite à l’est qu'à l’ouest. :

On divise l'Océanie en trois régions d’archipels et de groupes :

{o À l’ouest, la Malaisie ou Notasie; 2° au centre, la Mélanésie;:3° à l’est, la Polynésie et la Micronésie, ou Polynésie.

Cet Océan produit de nombreux madrépores et coraux habités par les zoophytes. Ces animaux construisent leur demeure sur les sommets des chaînes sous-marines qui forment des digues ainsi que des lignes de récifs dangereux autour des îles. Les parties basses de celles-ci sont d’origine madréporique; elles enveloppent ordinaircment un noyau basaltique soulevé au-dessus des eaux par l’action volcanique. |

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La population se divise en deux familles bien distinétés, une famille blanche où polynésienné et une famillé noïre ou mélañésienne. À la première appattiennént lès natutels de Tahiti, des tlés Marquises, de l'archipel des Amis, de l’île de Pâques et de la Nouvelle-Zélande ét dés Sandwich.

Les habitants dés autres archipels appartiennent à la famille mélanésienne,

Les insulaires de la Polynésie sont un prolongement du rameau malayo-polynésien de la racé jaune,

Is sont arrivés en Océanie par les tles de la Sonde, lés Philippines, lés Marisnnes, ete. Is présentent, comme les autres variétés humaines, des nuances plus ou moins claires, selon le degré de latitude de leur lieu d'habitation. La communauté d'origine de ces Océaniens est du reste indiquée par leur langue. Sauf quelques mots intrcduits par là nouveauté dés productions et modifiés par la prononciation de certaines consonnes, elle est la même dans tous les archipels. Lés Polynésiens ne connaissent pas la polygamie, mais admettent le divorce. ;

La variété noire océanienne est d’originé africaine. En effet, si l’on suit la marche des peuples de l'Afrique, on retrouve des noirs dans les provinces et dans les montagnes inéridionales de l’Inde, de l'Indo-Chine, aux îles Andaman. On les voit à l'état sauvage, dans les mon tagnes dés îles de la mer de Chine, à Haï-nan, Formose, au milieu des îles de la Malaisie, aux Philippines et aux Mariannes. Ces tribts sont entourées de la population jauné ou malaise qui les a refoulées dans les montagnes en s’établissant dans les plainés.

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Ces noirs océaniens on mélanésiens arrivèrent probablement avant les Malais en Océanie. Leur peau est couleur de suie, leurs cheveux sont frisés ou crépus. Leur caractère est plus vif que celui des Polynésiens et beaucoup plus défiant. On rencontre du reste également parmi eux des mélanges nombreux des deux familles, Leur société est plus barbare : leurs mœurs sont féroces et sauvages, En général, les Mélanésiens ne forment que des peuplades sans corps de nation et aduonnées à l’anthropophagie.

L'Austruue, la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Calédonie, les Carolines, les îles des Larrons sont peuplées par cette race. Sa langue n'a aucun point de contact avec celle des autres Ucéaniens : sas idiômes diffèrent même beaucoup entre eux.

Parmi les usages océaniens, il faut citer celui du kava, espèce de liqueur faite au moyen de la mastication ; elle a beaucoup d’analogie avec le bétel et l’arak des indiens, ainsi qu'avec le caouïn des tribus de l’Amérique du Sud,

Le polythéisme ou une idolâtrie grossière sont les religions de ces insulaires. Ils admettent, il est vrai, un Dieu suprême qui a engendré des dieux inférieurs ou génies tutélaires ; ceux-ci à leur tour ont produit les différentes parties du monde. Au-dessous d'eux sont des dieux de troisième ordre parmi lesqueis se trouve le mauvais génie, l'esprit méchant qu'il faut apaiser à tout nris, En conséquence, ils leur offrent des sacrifices humains consacrés par l'anthropophagie. Ils appellent Moraï les longues cases qui leur servent de temples. Tout être, tout objet réservé, est déclaré publiquement sacré, tabou : celui qui viole :2 tabou encourt la peine de mort. Des prêtres de plusieurs ordres offrent des sacrifices, rendent des oracles et font métier de sorcellerie. Les Portugais occupèrent les premiers la partie malaise

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de l'Océanie. De 15114 à 4545 ils s'établirent à Java, à Timor, Sabrao, etc, Avec eux les dominicains y préchèrent l'évangile. Timor devint bientôt un éväché de 100,000 catholiques. De là ils se répandirent dans toutes les Moluques, les Célèbes ot autres îles voisines, En même temps arrivaient les Espagnols ; en 1558 ils prenaient possession de Zébu, la principale des îles Philippines, et bientôt cet archipel contenait un arehevôché, celui de Manille, et trois évêchés suffragants. Le nombre des catholiques s'éleva bientôt à 3 millions, Les dominicains, les franciscains et les jésuites espagnols y convertirent une grande partie des indigènes. Les Portugais, hiéntôt relancés dans leurs établissements de Java par les Hollandais, se concentrèrent sur les autres Îles , telles que Flores et Timor, etc., dont la population tout entière se convertit à la voix des dominicains. Les documents qui intéressent cette mission ont été brûlés dans un incendie en 1818.

En 1668, le jésuite Sanvwitores débarquait aux Ma riannes, avec quelques-uns de ses confrères. Plusieurs de ces missionnaires furent tués par ” indigènés; les autres regagnèrent Manille. Ils ne tardèrent pas à revenir dans ces îles érigées én vicarist apostolique de Guajam. Aujourd'hui, il s’y trouve au moins 30,000 catholiques et 500,000 sauvages, Des Mariannes, les jésuites tentèrent d’évangéliser l'archipel des Carolines. En 1710, le père Duberron se faisait débarquer avec deux autres missionnaires sur la côte des îles Pelew. Des circonswnces fortuites ayant forcé le navire à gagner le large, ils furent massacrés et mangés. Une tempête engloutit un navire avec le père Serrano envoyés à leur recherche, Quelques années plus tard, de 4722 à 1732, le père Canto «a et plusieurs de ses compères arrivèrent aux Carolines, ils eurent le même sort que Duberron.

Les Hollandais, installés à Java, proscrivirent le catholicisme comme à Ceylan. lis ne devinrent plus tolérants

qu’en 1808, sous le règne du roi Louis. En conséquence, ils permirent à quelques missionnaires d'y vivre misérablement. A cette époque, Batavia, contenant 2,000 catholiques, fut érigée en préfecture apostolique par le pape Grégoire XVI. En 1850, elle avait 5,670 fidèles. En 18614, Pie IX l’érigeait en vicariat apostolique. Au 4° janvier 1867, les catholiques y étaient au nombre de 23,553, Ce ne fut, toutefois, qu'après 1820, que le catholicisme fut introduit dans la Polynésie aux îles Sandwich. Des circonstances particulières y appelèrent les missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie dits picpussiens. En 1826, le Saint-Siége érigeait cette partie de l'Océanie en préfecture apostolique. Deux ans après, en 1828, à la demande de M. de Solages, vréfet apostolique de Bourbon, il la divisait en deux préfectures, l’une de l'Océanie septentrionale qui est la précédente, l’autre, de l'Océanie méridionale. Elle resta d’abord sous la juridiction dé M. de Solages. La révolution de 1830 empêcha de donner suite à ce projet. Alors le Saint-Siége créa le vicariat apostolique oriental qui resta confié aux picpussiens. Le 160e méridien Est de Paris jusqu’au tropique du capricorne lui fut donné pour limite ; les autres îles demeurèrent sous la juridiction de M. de Solages jusqu’en 4833 En cette année, le vicariat oriental était partagé en deux préfectures, celle du nord et celle du midi. En 1836, l'Océanie occidentale était distraite de ces deux vicariats et confiée aux missionnaires Maristes dont la maisonmère est établie à Lyon. Ce vicariat contenait la Nouvelle- Zélande, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides, la Nouvelle-Guinée, les archipels de Tonga, de Samoa, de Viti, de Salomon et des Carolines. En 1842, les besoins de la mission nécessitaient une nouvelle division, alors le Saint-Siége créait le vicariat de l'Océanie centrale formé avec uné partie du précédent. Il lui assignait pour limites au nord l’équateur, au sud le tropique du capricorne, à

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l'est et à l’ouest le 160° méridien oriental de Paris. Deux années après, en 1844, était érigé le vicariat de la Mélanésie et de la Micronésie, restés unis jusqu’à nos jours, Le premier s'étend du 425° au 160e de longitude est et de l'équateur au 42 latitude nord, Ii comprend la Nouvyelle-

Guinée, la Nouvelle-Bretagne , le Nouvel-Hanovyre, la

Nouvelle-Irlande, l’Amirauté, Timor-Lant, Arrou, Waigiou, la Lousiade et les Salomon. Le deuxième a pour limites au nord le 13° de latitude; au sud l'équateur ; à l’est le 180: de longitude et à l’ouest le 125: de longitude

orientale, Ses principales îles sont : les Carolines, les

Marshall et les Gilbert. Ces deux vicariats, d’abord desservis par les maristes, ont été confiés, en 1852, par la Propagande, aux missionnaires italiens des missions étrangères de Milan.

Une nouvelle subdivision du vicariat central fut faite en 1847 en faveur de la Nouvelle-Calédonie, qui prit le nom de vicariat de la Nouvelle - Calédonie; les Nouvelles- Hébrides et les îles Loyalty lui furent adjointes. Les maristes continuèrent d’en être chargés. A l'avénement de Pie IX, il y avait en Océanie quatre vicariats apostoliques ; en 1861, il y en avait huit, Batavia, la Mélanésie, les Marquises, l’Octanie centrale, l'archipel des Navigateurs, Sandwich, Taïti et l'Australie,

En 1846, les bénédictins espagnols allèrent s'établir dans les déserts de l'Australie, !!s y ont construit deux monastères, l’un, VNouvelle-Murcie, près de Perth, et l’autre, Nouveau-Subiaco, en 1869, près du port Victoria. Ces établissements sont devenus des paroisses d’indigènes, Elles ont leurs écoles et toutes leurs œuvres catholiques. Ces sauvages, réputés pour ôtre au plus bas degré dé l'échelle humaine et les cousins-germains des singes, ont appris à lire, à écrire, à vivre liver la terre, etc. Les bénédicuns ont changé ces déserts en campagnes riantes ; ils y ont introduit la vigne,

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l'olivier, le figuier, le pècher et autres arbres à fruit. Il y a dix ans, plus de 80,000 pieds de vigne y étaient en rapport,

Aujourd’hui, l’Australie, peuplée chaque jour davantage par l’émigration irlandaise, possède six siéges épis-

copaux.

Les jésuites y ont formé de nombreux établissements. d Les augustins français de l’Assomption sont établis dans la ville de Perth.

En cé moment, l'Océanie compte donc en dehors des Le possessions portugaises, espagnoles et hollandaises, quinze Mari évéchés et vicariats apostoliques, dont 6 évêchés titulaires POck en Australie, 3 en Nouvelle-Zélande, et ure préfecture des apostolique. Sa population ‘est évaluée à 20 millions îles !

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