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MISSIONS DE LA SOCIÉTÉ DES SACRÉS-CŒURS OU PICPUSSIENS

La congrégation des Sacrés - Cœurs de Jésus et de Marie est chargée de trois vicariats apostoliques de l'Océanie occidentale. Ceux des îles Sandwich ou Hawaï.

des îles Marquises, de Mangareva (îles Gambier) et des iles Taïti et Tuamotou.

ARTICLE 1

Vicariat apostolique de l'archipel Sandwich.

Aperçu, en 1542, par le navigateur espagnol Gaétan, qui lui donna le nom d’fles des Rois, l'archipel d’'Hawaï a été reconnu pa, le Capitaine Cook qui fut tué par les insulaires en 1777, Cet intrépide explorateur l’appela Sandwich en l'honneur du premier lord de l’amirauté anglaise. Cet archipel se compose de onze îles, dont cinq grandes, trois petites et trois rochers déserts. Le sol de leurs régions basses est formé d'un tuf volcanique qui recouvre des calcaires madréporiques assez poreux pour filtrer l’eau de la mer. Si l’on creuse à queiques mètres de profondeur, on trouve la nappe d’eau qui monte ou descend selon le mouvement de la marée, Leur population appartient à la famille malayo-polynésienne, les hommes et les femmes y sont grands et portés à un embonpoint précoce ; mais iis sont bien moins beaux que IS Tahitiens. Elle tend à disparaître ; en effet, lors du

passage de Cook, en 1777, elle s'élevait à 300,000 âmes,

sous la régente Kahu-manu, vers 1820, elle était tombée

à 150,000 ; en 1836, elle n’était plus que de 108,000 et en

1834, il ne restait que 70,000 indigènes. Cette diminution

sans exemple est attribuée aux maladies et aux vices introduits dans l'Océanie pas les Européens. Encore quelques années et il n’y aura plus aux Sandwich que des colons étrangers. Les Hawaïens n’atteignent pas un grand âge, à soixante ans ils sont dans la décrépitude. Cependant leur climat est sain et salubre, il n’y pleut que pendant quatre mois. put

Avant l’arrivée des Européens, les Hawaïens avaient une certaine industrie, ils construisaient des grandes pirogues doubles qui atteignent jusqu’à 30 mètres de longueur et ils n'employaient pour ce travail que des instruments en pierre dure.

Ce peuple enjoué se livre facilement aux danses et aux chants. Sa langue douce et harmonieuse est plus articulée que celle de Tahiti et moins gutturale que le dialecte de la Nouvelle-Zélande.

D'après leurs usages, les parents avaient droit de vie et dé mort sur leurs ‘enfants. Lorsqu'ils voulaient s’en débarrasser, ils lés jetaient aux requins qu'ils honoraient comme des dieux. su ‘Il y a cinquante ans, cet archipel était encore gouverné par une série de petits rois, chefs de districts appelés ariis. C'est le roi Kama-mea I qui en unifia toutes les iles sous son sceptre. Pour affermir son pouvoir, il se mit sous la protection du gouvernement anglais. Alors, les îles d'Hawaï devinrent le point de relâche de tous les baleiniers anglais et américains. En 1794, les Russes tentèrent dé s'emparer de l’une d'elles ; mais l'amiral Kotzbue fut obligé de désavouer les aventuriers qui avaient fait ce

coup de main. Aama-mea régna de 4787 à 1820. Sous son règne les ministres protestants vinrent s’établir aux

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Sandwich. Il mourut en 1818 et laissa le trône À son fils Riho, Riho qui prit le nom de Kwmasmea II. En cette annéela frégate française l'Uranie commandée par Fréycinet arriva devant Æonolulu. Alors le roi avait pour secrétaire un jeune français de la Gascogne, nommé Rives, qui avait été mousse. Ilen profita pour demander au commandant français d’apaiser ses sujets mécontents à il réussit, Or, l’Uranie avait pour aumôriier M. de Quelen, neveu de l’archevèque de Paris, Ce prêtre fut l'instrument dé la Providence pour jeter les premières Semences du catholirisme dans l'archipel; il baptisa le premier ministre Karaï-Mokou ot le gouverneur B6ki. L’impulsion vers la civilisation était donnée : Xama:mea abolit l'idolâtrie avec les saérifices humains, et le tabou: Cétte mesure ayant provoqué quelques soulèverments, le roi se décida à aller lui:même implorer l'appui du roi d'Angleterre. Il vint mourir à Londres, et Rives, son sécrétaire, rentra en France. Il eut pour successeur en 4824 son frère cadet, âgé de dix ans, et Karaï-Mokou fut nommé régent, Pendant ces derniers événements, Rives cherchait à envoyer des missionnaires catholiques aux Hawaïens, Il se mit en rapport avéc M. Condrin, supérieur de la société des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, dits picpussiens, et le Saint-Siége érigea cette partie de l'Océanie en préfecture apostolique. Les picpussiens en furent chargés. M. Bachelot, préfet apostolique, $e rendit aux Sandwich en 1825 avec deux missionnaires et trois frères. Ils S'y trouvèrent en face d’une persécution acharnée : leuts néophytes furent en butte à toutes les vexations ; et, en 1834, les missionnaires enlevés étaient jetés sur les côtes alors désertes de la Californie, avec 2 bouteilles d’eau pour toute provision. M. Bachelot mourut de misère. Cependant la Providence veillait, Elle envoya la frégate française l'Âréemise, commandant Laplace, qui exigea leur rappel. Les survivants revinrent donc dans

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leur mission, mais pour être exilés de nouveau. Un traité conclu entre le royaume d'Hawaï et la France leur permit d'y rentrer en 4840. Enfin Mgr Rouchouze, évêque de Nilopolis, vicaire apostolique, débarqua à Honolulu avec 3 prêtres. Les méthodistes recommencèrent leurs persécutions. Leurs calomnies répétées sans cesse produisirent leur effet ; les catholiques furent frappés d’ostracisme, Le peple, ameuté contre eux, incendia les églises et les écoles ; leurs enfants furent traînés de force aux écoles méthodistes.

Pendant ce temps, les missionnaires étaient dans la plus grande des misères. Pour comble d'épreuves, le navire l'Arche d'alliance, capitaine Marceau, qui portait aux Sandwich 33 prêtres, frères et sœurs ‘de l’Adoration perpétuelle du Très-Saint Sacrement soimbra en doublant le cap Horn. Humainement c'était la ruine de la mission.

Malgré ces malheurs, elle fit de nouveaux progrès. En 1843, 2398 naturels recevaient le baptème, une église était construite à Honolulu sous le vocable de ANotre- Dame de la Paix. Quelque temps après, les missionnaires ouvraient un collége et construisaient chaque année de nouvelles églises et chapelles sur les différentes îles de l'archipel.

Mgr Rouchouze étant mort en 1846, Mgr Maigrei, évèque d’Amata, lui succéda. C'était l’un des trois premiers apôtres des Sandwich. De 1840 à 1856, 27,000 Hawaïens embrassèrent le catholicisme. C'était sous le règne de Kama-mea IV.

Aujourd’hui, le vicariat apostolique de l'Océanie occidentale s'étend entre l'Amérique et le 469 de lon ;itude occidentale jusqu'à l'équateur qui lui sert de limite au sud, Il se compose des îles habitées de Taraï-Niblau, Oahu, Mawi, Hawaï, Molokaï, Lanaï, Kahulani.

4° Oahu. Gette île est l’avani-dernière au nord-ouest. Ga beauté et sa fertilité lui ont fait donner le nom de

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Jardin de l’archipel. Sur sa côte occidentale se trouve

Honolulu, capitale du royaume, ville de 8,000 âmes. Résidence de l’évêque, une belle église, un collége et des écoles; celles des filles sont dirigées par les sœurs de l’Adoration perpétuelle. Sur la côte opposée sont les résidences de Mokapu et de Kalilu; 2 Taraï : à 106 kilomètres dans l’ouest-nord-ouest de la précédente, elle est moins fertile, mais son aspect est charmant. Elle a 48 kilomètres ‘de diamètre. Résidence, église, écoles à Molooa et à Kailua ; 3 Mauwi, entre Molohaï et Hawaï, partie méridionale, Résidence : les églises et les écoles sont à Lakaina, sur la côte occidentale, et à Waliku, sur la côte opposée ; 4° Hawaï, la plus grande et la plus méridionale des îles de l'archipel. Elle a 136 kilomètres de longueur sur 408 de largeur et en mesure 385 de circonférence. Elle renferme deux volcans en pleine activité: le Kireau-ea, ancien dieu, nommé Pelé, sur le flanc de la montagne Mouna-roa ; le petit Kireau-ea dont les crevasses vomissent des flammes, et le: Pouna-hoa, au sud.

Ges volcans soumettent Hawaï à des modifications continuelles. D’un côté, des coulées immenses de laves ont formé, en 1800, le promontoire septentrional qui s’avance à 4 kilomètres dans la mer; de l’autre, ils ont détaché des fractions de montagnes disparues dans les flots.

C'est à Hawaï, sur la plage de Waï-akea, que le capitaine Cook a été tué en 1777.

Résidences : églises et écoles, Kailua à l’ouest ; Waialua à l'est ; Kobala au nord.

Le vicariat des Sandwich est administré par un évêque, 25 missionnaires, 15 frères et 23 religieuses pour les écoles. Il renferme 20 églises, 70 chapelles, 4 collége et 10 écoles. Les catholiques y sont plus de 30,000 ; il se fait en moyenne 800 conversions par an,

tri

ARTICLE II ot

Vicariat apostolique des îles de la Société ou Taïti, de l'archipel nit

Pomotou ou Tuamotou, et des îles Gambier et de Pâques. —

Gouvernement du protectorat français. be:

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8 I. Îles de la Sorièté. les

pas

Le groupe de T'aïti (O’tahiti) appelé encore îles de la cit

Société, est situé entre les 15° et 20° de latitude sud ; ph;

les 480° et 437 de longitude ouest. Il se compose de 41 che

îles placées dans la direction du nord-ouest au sud-est ; dia

ce sont: Maïtia, Tabou-imanou, Wahine, Baïatea, Tehaa, LÉ

Bora-Bora, Toubaï, Maupiti et l'île basse de Tetoua-roa. 179

Taïti est la plus grande des groupes et ressemble à A ce

un grand 8 couché vers le sud-est et se divise en deux rAv:

parties séparées par un isthme de 2,200 mètres de lon- mal

gueur dont l'élévation maximum au-dessus de la mer l’au

n’en dépassé pas 44. C'est là que se trouve le fort Tara- enjc

vao. La partie la plus petite forme la presqu’ile de Taïa- sédi

rabu, au centre de laqaelle s'élève le Niu, piton de 1324 néa

mètres d'altitude, Au milieu de la plus grande se dresse L

l'Oari, de 2064 mètres ; l'aiguille d'Oronena, de 2237, et | pop:

le Miao (diadème), qui en atteint 1239. ropé

Autour des massifs volcaniques s'étend sur le littoral mais

une zone cultivable et très-fertile de 450 à 300 mètres de aban

largeur. Elle contient 25,000 hectares de bonnes terres qui

qui recouvre la formation madréporique. La superficie Le

| totale de Taïti est de 404,215 hectares. Dans l’intérieur, et at

le sol s'élève successivement en terrasses où cirques su- mys!

perposés, coupés par des vallées. A 500 mètres d'altitude, appe

j il y règne alternativement un brouillard ou des pluies profe

à! continuelles. À une dizaine de lieues de’ Papeete s'étend Dé

Î le lac Vaihiria. : qui |

{ Les Anglais ont formé des cultures de café dans le dis- qué } Î

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îles de la tude sud ; ose de 41 u sud-est ; a, Tehaa, etoua-roa.

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trict d’Atimao situé au sud-ouest do la grande te : ollés ont parfaitement réussi. Pour les cultiver, ils ont fait venir 2,000 Chinois.

Les goyaviers, introduits par les Européens, nuisent beaucoup à la culture. Ces arbres ont envahi presque toutes les terres et les recouvrent d’épais fourrés soûs lesquels il né poussé plus rien, C'est pourquoi Täïti n’a pas de prairies naturelles, Parmi $es végétaux il faut citer lé bois de rosé et le famanous (kanophyllum inophyllum), arbre aux fleurs parfumées, dont le tronc, recherché pour l’ébénisterie, mesure jusqu’à 2 mètrés de diamètre sur 40 À 13 dé ‘hauteur.

La population de Taïti disparaît insensiblement. En 1797, elle s'élevait à 16,000 âmes, nombré bien inférieur à celui qu'avait trouvé le capitaine Cook vingt ans ar:paravant. Les guerres intesiines fréquentes d’une part, les maladies et l’ivrognerie introduites par les Européens de l’autre, la moissonnent à la fleur de l'âge. Cette belle rate enjouée, aimable, aux formes athlétiques et aux manières séduisantes vantées par les navigateuts, tend donc'à s'anéantir dans les vices les plus honteux. (

Le catholicisme seul peut les sauver. Aujourd’hui cette population n’atteint pas 8,000 Ames. Les métis issus d'Européens et de Taïtiennes forment une très-belle variété Ÿ mais il est à remarquer que la pluparr dés jeunes mères abandonnent leurs énfants à d’autres femmes plus âgées qui régréttent, mais trop lard, d’en avoir fait autant.

Lorsque cès populations étaient adonnées à lidolâtrie et au Cannibalisme, il y avait parmi elles une secte au mystères infâmes adonnée À tous les vices. Ces misérables appelés araiois mettaient à mort tous leurs enfants : ils professaient le communisme le pl. al olu.

Découverte en 1606 par le navigateur espagnol Quiros, qui l’appela Sugütaria (Sagittaire), Taïti ne fut visitée que plus tard en 1767 par l'Anglais Waulis. Il s’en fit fairé

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la cession. Un an après, le Français Bougainville y abordait. Il en obtenait également l'hommage de la principale reine et rovenait en Frence émerveillé des charmes de la population de Taïti. 11 voulait la faire appèler Nouvelle-Cythère. De 1669 à :677 Cook venait trois fois à Taïti. En 4790 Vancouver s'y arrêtant vour la deuxième fois trouvait déjà la race taïtienne dégéuérée, C’est à cette époque que commen”e l'unification du pouvoir. Le principal chef Otun soumit insensiblement les autres petits rois de l'archipel. 11 changea son nom en celui de Pomaré Le (nuit de la toux), parce qu'il avait pris un rhume violent en guerroyant dans les montagnes. C’est le grandpère de la reine actuelle. Sous Pomaré II, en 1797, arrivèrent les missionnaires protestants. Ce prince abolit l'idolâtrie, les sacrifices humains et le tabou en 1820 ; et, avec l’aide des Anglais, il put réprimer les soulèvements occasionnés par ces mesures civilisatrices. Mais malheureusement, son peuple décimé par les guerres civiles s’adonna de plus en plus à l’ivrognerie. Leur vie 5e passait dans des orgies effroyables à la suite desquelles les

hommes s’entr'égorgeaient. Taïti n'était plus qu'un vaste cabaret. Les Kanacs (naturels de l’Archipel), boivent pour le plaisir de s’abrutir. A ce prince succéda Pomaré III en 4824. Il mourut en 1898, et sa sœur Aimata devint reine à l'âge de 44 ans. Elle prit le nom de Pomaré Vahina IV (femme Pomaré), et forma une espèce de chambre élective en 1826. Pour faire équilibre aux Anglais qui cherchaient à s'emparer de ses États, elle se mit sous la protection de la Frauce. L’amiral Dupetit- Thouars en prit en possession en 1842. Depuis ce temps le protectorat français s'est étendu sur l'archipel Tuamotou, sur les

tles Gambier, les Marquises et Tonga-tabou.

La première tentative de mission catholiqne fut faite à fjaïti en 4774 par l'Espagnol Bonachea. J1 ÿ laissa deux missionnaires qui furent obligés de se rembarquer pour

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Lima l’année suivante. Leur dévouement et leur abnég'tion laissèrent des regrets et. des souvenirs honorables.

Jusqu'en 1841, aucun missionnaire catholique ne se fixa dans l’île, En cette année M. Doumer et en 1845 M. Jaussen y établirent leur résidence, Malgré l’opposition des agents anglais, les missionnaires réussirent à se faire ua noyau sérieux de catholiques. En 1848, M. Jaussen état nommé évêque d’Axières. vicaire apostolique de cette partie de l'Océanie, et M. Doumer, évêque de Juliopolis, devenait son coadjuteur. La mission se développa et bientôt une paroisse catholique fut érigée à T'aïti.

Établissements actuels :

1° Papeete: capitale, petite ville de 2,000 âmes qui fait le commerce de nacre, d'huile et d'oranges. Résidence épiscopale, paroisse, écoles dirigées par les frères de l'institut de Lamenais: écoles de filles, pensionnat et hôpital tenus par les sœurs de Saint-Joseph ; 2 4 faañite ; 3 Tautua ; 4 Mataiez; 5° Aumaono ;. 6° Popara ;

T° Paea; 8 Punaama; % Ative: chefs-lieux de disi-icts qui ont des résidences et des écoles ; 49° Mooera ou Timeo, Île en forme de cœur au nord-ouest de Taïti et à peu près dans les mêmes conditions. Elle mesure 13,237 hectares de superficie, et est. divisée. en 40 districts. Sa population se monte à 4270 habitants. Le café y a été introduit avec succès.

Le personnel de la mission de .Taïti se compose de 2 évêques, 12 missionnaires, 8 frères instituteurs de Lamenais et 12 sœurs de Saint-Joseph,

$ Il, Archipel Tuamotou.

Get archipel situé à l'est de Taïti se compose de

15 petites les boisées, peu élevées au-dessus de l’Océan. Ce sont des récifs de coraux, souvent en forme de

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cotronne, environnant un laë intérieur. Quélques-unes d'entre elles ont dés passes qui pertettent aux embaréations ainsi qu'aux petits navires de pénétrer dans leurs bassins. | rh Cet archipel s'étend sûr une longneut de 500 lieues de l'est-sud-ést à l'ouest-nord-ouest ; ilen a 300 en longitude sur 200 en latitude. Il est recouvert de fourrés de pandanus et d'uné espèce de buis appelé miki-miki par les indigènes. Dépuis quelques années, d'après les conséils des missionnaires, ceux-ci ont planté une grande quantité de cocotiéts. La noïx leur sert de nourriture, et ils en extraient de l'huile. Ces insulaires son venus dé Taïti et des îles Marquises. Sous le règne de: Pomaré I, un certein nombre de Taïtiens insurgés y ont été déportés. On évalué leur nombre à 8,000.

L’Espaghol Benachoa, Cook, Bougainville et d’autres navigateurs découvrirent et explorèrent successivement les îles Tuamotou. Mais, c'est surtout depuis 1842, époque de l'établissement du protectorat français, qu’elles ont été explorées, classées et organisées. Lors de l’arrivée des premiers missionnaires, ces insulaires étaient anthropopiages. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont catholiques. Avec la religion, la civilisation et l’industrie ont pénétré chez eux. Ils plongent jusqu’à des profondeurs de 20 et 30 mètres dans lès lacs do leurs Îles ainsi que dans l'Océan, pour arracher les huîtres perlières au sable des courants où elles 8e plaisent. Un plongeur en rapporte de quinze à vingt-six par jour. En 1861, ils ont vendu pour 400,000 franes de nacré, Is font aussi de l'huile de coco qui leur rapporte 50 francs par hectolitre. Toutes ces denrées leur sont achetées par les négociants de Taïti. Ceux-ci ont soin d’endetter continuellement ces pauvres insulaires, condamnés ainsi à perpétuité auxtravaux forcés de l’usure.

Le nom primitif de cet archipel était Pomotou, on lui

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a substitué celui de Tuamotou :en 1851, Les délégués de

ces Îles réclamèrent ce changement &: grès du gouyernement de Taiti, en alléguant que le vrai nom de l'archipel ost Z'uamotou, qui signifie {les lointaines, tandis que l’autre veut dire {Les soumises.

C'est en 14836, que les premiers missionnaires de la s0ciété de Picpus abordèrent sur ces Îles peuplées alors d'anthrepophages, Après bien des difficultés ils sont parvenus à en Convertir au catholicisme une grande partie, malgré les mormons accourus pour les rendre à la barbärie,

Deux prêtres sont chargés de cette mission intéressante. Leurs 6ccupatiôns ne laissent Pas d’être pénibles et dangereuses : il leur faut parcourir sur des pirogues les labyrinthes de cet archipel pour aller remplir les fonctions sacerdotales auprès äe leurs ouailles. Mais au milieu dé ces dangers ils ont de grandes consolations. Quelquefois les populations catholiques traversent à la nage des détroits de plusieurs lieues de largeur pour ve-

nir entendre la messe.

Les îles catholiques sont: Anaa, Rairoa, Fakarava, Faarana, Angatou, Hao ou Reao, Vahiiahi, Tatume, Rairoïa, Auura, Apateï et Natupe. Cette dernière est entretenue par la généreuse et in telligente piété de la duchesse de Clermont-Tonnerre. Souhaitons-lui beaucoup d’imitatrices, et bien des populs’’ons abruties seront régénérées etsauvées par le cathohcisme. Ces îles possèdent plusieurs Chapelles. Les principales sont des centres de paroisse et ont des écoles, (à 1° Anaa (la chaîne), à l'ouest, qui contient 4,300 habilants, ous catholiques ; deux missionnaires y résident. Elle a deux écoles et deux petites églises construites l’une en 1858, l'autre en 4862: 90 Fakarava, au nord de la précédente. Sa population s’élève à 375 êmes.

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