‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 96 sur 105 · Les îles Loyalty forment un groupe de plusieurs îles · texte numérisé non relu

Les îles Loyalty forment un groupe de plusieurs îles

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dont trois principales qui sont : Uvea au nord, Lifou au centre et Maré au sud.

45 Uvea. Sa population s'élève à 1,000 habitants, tous catholiques, répartis en quatre villages principaux : Uvea, avec une église à trois nefs en torchis; Fadiaoué, résidence du missionnaire et une église semblable ; Agnaou au milieu d’une forêt, et Oulou qui ont chacun une chapelle, Entre la Calédonie et Uvea, à 12 lieues de cette dernière, est l’ilot d’£o, banc de sable et de coraux recouvert d'une légère couche d’humus. Une centaine de Kanacs, tous catholiques, habitent cet écueil couronné de cocotiers. Le missionnaire d’Uvea vient y passer de temps en temps quelques jours.

16° Lifou, la plus grande des trois, située à sixlieues au sud d'Uvea. Cette île a 4,000 habitants dont plus de 1,500 catholiques, le reste est païen ou protestant. Les méthodistes y ont précédé les catholiques. Résidence de deux missionnaires. Ceux-ci y ont introduit avec succès la culture du coton et par ce moyen procurent de aisance à

Jeurs néophytes.

17° Maré. Cette île est de même nature que les précedentes. Elle n'avait aucun ruisseau, aucune source : sa seule eau potable était l’eau du ciel conservée dans les câvités de la terre. Les missionnaires ont creusé un puits dans les coraux de l'île et sont parvenus à atteindre la nappe eau tiltrée par les couches macréporiques. Ils’ y ont a..uyté une pompe et l’eau distribuée dans toute l'île a porté la fertilité dans ses districts naguère stériles. A ce bienfait, ils ont ajouté des cultures de plantes si és ainsi que celle du coton.

Maré a près de 3,500 hab'‘ants dont 4,400 protentinie, 1,300 païens et 800 catholiques. Deux missionnaires y résident.

IT. Lesiles d’Annatom et de Tikopia dans les vuvelles- Hébrides avaient été occupées en 1848, mais les fièvres

forcèrent les missionnaires à les évacuer trois ans après.

Une autre tentative fut faite en 1854sur Tikopia, située non loin de Vanikoro, théâtre du naufrage du capitaine de Lapeyrouse. Deux missionnaires et un frère Gébarqués en cette année disparurent. On ne put jamais avoir de leurs nouvélles. Il est à peu près certain qu'ils ont été dévorés par les sauvages.

La principale des Nouvelles-Hébrides est Tanna ; elle renferme un volcan en activité.

Cet archipel est sur la limite de la Mélanésie et du la Polynésie. C’est pourquoi on y ‘voit des tribus blanches et des tribus noires. E.:es sont mêlées d’un certain nombre de mulâtres issus de deux races. On y retrouve les sorciers maîtres du beau temps et de la pluie comme chez les populations noires de l’Afrique. Cet archipel a été EE par l’Espagnol Quiros en 4606.

Le personnel du vicariat apostolique de la Nouvelle- Calédonie se compose d’un évêque récemment parti, Mgr Wite, de 24 missionnaires, de.8 frères, 12 sœurs de Saint-Joseph et 35 catéchistes.

Ta population européenne dépasse 8,000 âmes, bientôr <lle atteindra le chiffre de 25,000. .Les indigènes catholiques sont au nombre de:8,000 environ ; plusieurs milliers d’autres se disposent à recevoir le ‘baptême. 406 enfants sont élevés dans les établissements de :la mission. Elle a 16 églises en pierres, en briques ou en torchis, 47 chapelles en paille et 13 ,presbytères convenables, les autres ne sont que des huttes calédoniennes,

La société de Marie a en ce moment en Océanie quatre évêques, plus de 100 missionnaires et une cinquantaine de frères. Six de ses missionnaires ont reçu la couronne du martyre et cinq ont disparu, massacrés ou dévorès par les-sauvages.

Cette société était également chargée des populeux vi-

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Cariats apostoliques de la Hélanésie et de la Micronésie. Elle y envoya, en 1845, Mgr Epalle évêque de Sion qui s'établit dans l’île Isabelle avec 43 missionnaires et frères de la congrégation. Débarqué au commencement de décembre, il fut tué le 46 de ce mois par les sauvages : un de ses compagnons fut blessé. Leur position n’étant pins tenable, les missionnaires se réfugièrent sur l’île Saint- Christoval (Saint-Christophe). Ils n’y furent pas mieux traités, l’un d’eux reçut un coup de lance. A ces attaques se joignit la fièvre. Le 15 mars 4847, un prêtre récemment arrivé succombait sous ses étreintes ; le 20 avril suivant, trois autres étaient massacrés et dévorés. Les survivants restèient cinq mois encore à Saint-Christophe avec la perspective continuelle d’être mangés chaque jour. ÆEnfin, au mois de se"tembre apparut le navire qui les ar-

racha au triste sort qui leur était réservé. Mgr Collomb,

évêque d’Antiphelles, coadjuteur et successeur de Mgr Épalle, vint se fixer dans l’île de Woodlark où les fièvr consumèrent ses compagnons. Lui-même succomba en 1848 à cette terrible maladie avec le père Villten dans l'île de Rook où il était allé fonder un deuxième établissement.

Les maristes auraient continué la mission de Woodlark, où ils espéraient quelques succès. Mais en 1852, le Saint-Siége confia ces vicariats apostoliques à la nouvelle société des missions étrangères de Milan. Les fièvres forcèrent ces missionnaires à }: quitter en 4858. Ils se réfugièrent à Sydney dans ‘'état le plus déplorable.

Espérons que les corps des martyrs et des missionnaires déposés dans cet archipel ingrat en ouvriront les cœurs € y feront gurmer, fleurir et fructifier le Sauveur.

C'est à Sydney, en Australie, que se trouve la procure des raissions océaniennes confiées à la société de Marie.

La prise de possession récente de la Nouvelle-Guinée

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par les Anglais va donner un nouvel essor à ces missions

fécondées par le sang des martyrs.

Tel est le tableau des missions de la France catholique. Il est consolant de penser qu'elle entretient en ce moment au moins 2,000 missionnaues dans toutes ces contrées, sans compter les frères et les sœurs qui les secondent. Ne désespérons donc pas de l'avenir : une nation qui prend une si grande et si belle part dans l’œuvre de la civilisation ne doit pas périr. Tant de piété, d’abnégation, de charité et d'esprit de sacrifice ne peuvent être inutiles pour elle. La France qui envoie un si grand nombre d'apôtres, piouniers de la foi en même temps

que de la science, d’instituteurs de toutes classes de la

société, de consolateurs et de médecins pour panser toutes les plaies intellectuelles, morales et physiques ; la France est encore appelée à de grandes choses. Dieu purifie son instrument afin de le rendre plus apte à exécuter ses desseins de miséricorde en ce monde. Nous pouvons encore dire : Les œuvres de la Miséricorde divine, en ce monde, sont accomplis par les Francs, Gesta Dei per Francos.

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