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par les catholiques irlandais et anglais, il fonda plusieurs stations dans les deux îles, et particulièrement à Akoroa. L'occupation anglaise en 1839 favorisa les missions catholiques, elle enleva aux missi nnaires protestants l’autorité politique dont ils s'étaient emparés. Dès lors, les missionnaires français convertirent un grand nombre de naturels : il y eut bientôt 30,000 catholiques. Mais les guerres des indigènes avec les Anglais compromirent ce bien commencé; elles nécessitèrent l’abandon de plusieurs missions, Cependant, en 1845, lorsque les Maoris brûlèrent Kororarelka, la maison de Mgr Pompallicer échappa seule à l'incendie avec les édifices voisins. Grâce au respect qu'il avait su inspirer aux chefs maoris, le vénérable évêque pût rester au milieu de cette ville devenue la proie des sauvages, pendant que tous les Européens s'étaient réfugiés sur les navires mouillés en rade. Jusqu'en 1847, la société de Marie envoya 60 missionnaires c: Nouvelle-Zélande. En 1860 il y avait dans cette mission 84 stations avec des églises et des écoles. Les progrès du catholicisme y devinrent si grands que Pie IX érigea la ville d’Auckland en siége épiscopa. Mgr Pompullier resta l'administrateur de ce nouveau diocèse. Il y ouvrit un collége et établit une imprimerie. En 1846 Mgr Viard évèque d’Ortosie, devint son coadjuteur. Deux ans après, en 1848, le Saint-Siége érigeait l'évêché de Wellington, et le confiait à ce prélat. Cette mesure favorisa le développement de l’Église, et en 1858, par suite d’un arrangement avec la Propagandr, les maristes quittèrent leurs premiers établissements du diocèse d’Auckland, pour ei: créer d’artres dans celui de Wellington. Ils furent ren »lacés par les missionnaires anglais.
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4° Wellington, deuxième ville de la colonie. Résidence épiscopale, cathédrale, deux paroisses, un collége, deux écoles, un pensionnat de filles et la Providence Saint- Joseph, établissement pour les jeunes filles de HMaories. Ces deux ‘nstitutions sont dirigées par les sœurs de Saint- Joseph ; 2° la Hutt, localité agréable à 42 kilomètres de Wellington, sur la pointe nort du port Nicolson, résidence et écoles ; 3° Saint-Joseph, à 20 kilomètres de la Hutt, dans l’intérieur; résidence et écoles; 4 Anuriri, au sud de la baie de ce nom, dans la province de Hauke’ls bay ; église, écoles pour les enfants des deux sexes, quatre chapelles dans l'intérieur dépendent de cette paroisse ; 5° Napier, à l'extrémité méridionale de la même baie ; 6° Clive, à quelque distance du sud de Napier, réduction de naturels catholiques ; 7° Wanganui, sur la côte occidentale, ville importante avec écoles pour les enfants des deux sexes; 8° Waitotara, réduction de Maoris catholiques au nombre d'un millier ; chapelle, écoles ; 9° Taranaki ou New-Plymou:h, chef-lieu de la province de ce nom, fondé il y a 35 ans.
Le climat de cette province est doux, salubre et tempéré ; les arbres y conservent toujours des feuilles. La ville est située au corfluent de deux petits cours d’eau dans un endroit très-pittoresque ; résidence, église et écoles. Dans l’intérieur et sur toute la côte existent des tribus très-rapprochées les unes des autres. Elles contiennent un nombre considérable de catholiques et quelques chapelles où les missionnaires vont stationner
le plus fréquemment possible. Dans l’île du centre.
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10° Nelson, chef-lieu de la province de ce nom au nordouest. Résidence, collége, écoles ; 44° Waïrau, à 16 kilomètres! à l’est de Nelson ; 12° la résidence principale est à Reuwick, de l’autre côté de Waïrau, dans la province de Malborough ; 43° Waïma ; 14° Moïucka ; 15° Wakefield ; 16° Picio” dans la baie de la Reine-Charlotte ; :7° Collingwooa, dans la baie du Massacre ; 48° Christ-Church, sur la côte méridionale de la province de Cantorbury ; résidence et écoles ; 19° Akaroa, ancien établissement français ; 20° Dunedin, nouvel évêché. Collége, écoles, mission.
La mission française de la Nouvelle-Zélande se compose
d’un évêque, de 40 missionnaires, de 20 frères et de quelques sœurs de Saint-Joseph.
Ù ARTICLE II
Océanie centrale. Tonga-Tabou, Samoa, archipel des Naviga teurs et préfecture des îles Viti-Lebou ou Fidji,
$ I. Vicariat de Tonga-Tabou.
L'archipel de Tonga se divise en trois groupes d'îles : ceux de Tonga, d'Hapaï et d'Hafalou-Hou. Il a été découvert en grande partie par Tasman. Cook, d'Entrecasteaux, Dumont-d’Urville l’ont visité. Bien des navires y ont été enlevés et leurs équipages massacrés à cause de l'imprudente confiance des capitaines.
Cet archipel composé d’une centaines d'îles, s'étend entre 18° et 20° de latitude sud. Ce sont les îles polynésiennes les plus rapprochées de la Mélanésie. Sa population longtemps anthropophage est une des plus belles de la Polynésie; son climat est doux et salubre ; ses terres sont d'une grande et admirable fertilité, mais sujettes aux tremblements de terre. En 1836, deux missionnaires se firent jeter sur les côtes de deux de ses îles ; M. Batail-
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2° Futuna (Horne), est une petite île de 42 kilomètres de circonférence, à 40 lieues sud-ouest de Wallis, par 15° de latitude sud et 177° de longitude ouest à peu près. Le père Chanel seul au milieu des sauvages n’eut pas les mêmes consolations que son collègue de Wallis. Il en convertit quelques-uns, mais les païens prenant ombrage de la nouvelle religion, complotèrent sa mort : il fut tué pour la foi.
D'autres missionnaires vinrent le remplacer. Leur ahr “gation et la grâce de Dieu touchèrent les cœurs ; l’île entière peuplée de 4000 habitants se convertit.
Futuna possède une belle église en pierre, un petit coilége, des écoles et deux paroisses. Mgr Pompalier, vicaire apostolique de l'Océanie occidentale avait compris l'importance de ces deux îles. Leur position centrale au milieu des archipels de Tonga, de Viti, de Samoa, etc., devait en faire la base des missions de cette zone océanienne. Lorsque l’Église y fut établie irrévocablement, les missionnaires assurés d’un refuge peu éloigné, attaquèrent les autres archipels.
3° Tonga-Tabou. Ce groupe est composé de dix îles principales. La plus importante est Tonga. Elle est peu élevée et ornée d’une belle végétation ; elle mesure 29 kilomètres de longueur de l’est à l’ouest, sur 20 de largeur.
C'est en 41841 que Mgr Pompallier vint fonder la mission Catholique de Tonga. Les missionnaires maristes y trouvèrent les Wesleyens établis depuis 1820 et à peu près maîtres de la position. Ceux-ci en profitèrent pour susciter toutes les difficultés, les vexations et ies persécutions possibles aux nouveaux venus. Malgré leurs efforts, le catholicisme fit de tels progrès, qu'en 1843 ie Saint- Siége érigeait le vicariat apostolique de l'Océanie centrale et choisissait pour vicaire apostolique son plus ancien missionnaire, Mgr Bataillon, évèque d’Enoas. Mais pour l’aider dans l’administration de ce vaste diocèse comprenant 1800 lieues de côtes, il lui donnait pour coadjuteur Mgr Douarre, évèque d’Amata. Les Wesleyens voyant leur empire menacé par les progrès äu catholicisme, tentèrent de s’en débarrasser par un coup de main. En 18592, à leur instigation, le roi Georges attaqua le village catholique de lea et le mit au pillage. Leurs espérances furent déques : deux ans après, en 1855, 377 adultes entraient dans le gyron de l'Église. Depuis ce temps, la foi n’a fait que progresser de plus en plus. À Tonga conme dans les autres colonies anglaises de l’Océanie, beaucoup de pro-
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LES MISSIONS CATHOLIQUES FRANÇAISES, d23
testants émigrés reviennent à la vraie foi. Tonga possède quatre résidences ou chefs-lieux de districts catholiques : Mahofanga où réside le vicaire apostolique ; Pea, Mua et Kihilo ; elle a six missionnaires et trois frères, des écoles pour les garçons ainsi que pour les filles. Elles sont dirigées par les frères de Marie et des sœurs de la congrégation de Notre-Dame des Missions. Un collége et une bibliothèque ont été fondés à Wahofanga. Tonga contient 7,000 habitants dont plus du tiers sont catholiques.
4° Vavao. Elle a été découverte en 1781 par l’Espagnol ilaurelle. Vavao a 33 kilomètres du nord-nord-ouest au sud-sud-ouest, sur 16 de largeur. Elle s'étend sous les 18° 41” de latitude sud et 173° 20/ de longitude ouest, Elle a été conquise au commencement de ce siècle par Finau 1°, chef des îles Hapaï, Il s’empara d'une partie de l'archipel et s’affranchit du joug des Toui-Tongas. Ceux-ci étaient des chefs de Tonga-Tabou qui réunissaient encure au siècle dernier le pouvoir temporel au pouvoir spirituel. En 1837, Mgr Pompallier voulut y établir deux missionnaires, mais le roi influencé par les Wesieyens, refusa de les recevoir. Ce n’est qu'en 1859, qu'il put y en installer un. On lui céda la colline aride de l'uga-misi en espérant bien l'empêcher de réussir. Or, aujourd’hui la colline de l'uga-misi est changée en une magnifique propriété qui excite l’admiration de tous. Une église convenable et une résidence y ont été construites. Vavao a des écoles fréquentées par 50 élèves qui apprennent la lecture, l'écriture, la géographie, le calcul ct le catéchisme. Cette île contient 200 catholiques et 6,000 habitants Les autres îles de l'archipel renferment des catholiques ; ils sont visités de temps en temps par un missionnaire,
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2 II. Archipel de Samoa ou des Navigateurs.
Get archipel occupe une étendue de 100 lieues, au nordest de Tonga, de l’est à l’ouest; par 14° de latitude, entre 4710 et 175° de longitude ouest. C’est le commandant français Bougainville qui le découvrit en 1768. Il fut frappé de l’habileté des naturels à manœuvrer leurs pirogues mieux construites que celles des autres insulair de l'Océanie. C’est pourquoi il lui donna le nom d’archipel des Navigateurs. Vingt ans après, en 1787, de Lapeyrouse vint mouiller devant Upolu : il y perdit son second, le capitaine Delangle, et neuf hommes dans un guetapens tendu par les sauvages. Ces insulaires appartiennent à la race polynésienne. Cependant on reconnaît parmi eux le voisinage des Mélanésiens par le mélange des deux types. Leur langue est un dialecte particulier du polynésien. Ce sont de beaux hommes, grands, sveltes, aux muscles bien accentués. Ils étaient anthropophages : quelques-uns, restés attachés à leur idolâtrie, le sont encore dans l'occasion.
En 1845, les pères maristes débarquèrent à Upolu ou Samoa. Ils y trouvèrent les Wesleyens et le célèbre Prichard de Taïti, en qualité de consul anglais, Ceux-ci tentèrent d’exciter le peuple contre eux. Ce fut en vain, plusieurs tribus demandèrent des missionnaires. Pritchard vendit sa maison et ses établissements d’Apia à Mgr Bataillon et disparut. Les missionnaires ont plusieurs établissements dans cet archipel,
4° Apia, sur la côte septentrionale de l’île d’Upolu. Les missionnaires y ont introduit l'olivier, le jujubier, le grenadier, le bananier, le raisin de muscat, les melons et
le maïs, culture qui apporte une grande amélioration
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chantent les offices et exécutent des morceaux de musique
en trois parties. Chaque dimanche soir les enfants récitent, à l’église, l’évangile du jour, une page et demie de catéchisme et chantent des cantiques.
Depuis quelques années, pour acheter des canons et des fusils, les Samoans ont vendu leurs propriétés à des Anglais et à des Allemands. Il ne leur en serait pas resté un mètre carré sans la prévoyance de Mgr Ælloy. Ce prélat a acheté un grand terrain voisin de la mission d’Apia, il y à créé une réduction avec des ménages catholiques qui apprennent à cultiver les plantes introduites par les missionnaires, C'est à Apia que réside Mgr £{loy, évèque de Tipasa, coadjuteur de Mgr Bataillon ; 2° Falefa, plus à l’est sur la même côte ; résidence et écoles; 30 Lalo/oga, sur la côte sud-ouest ; résidence et écoles ; 40 île Hanono ou île plate, gisant entre Upolu et Savaï. L'ile d'Upolu a 87 kilomètres de longueur sur 17 de largeur ; 3 Lealatele, dans l’île de Savaï ou Pola. Cette île est la plus occidentale et la plus grande de l'archipel. Elle mesure 166 kilomètres de circonférence. C’est à Lealatele que sont descendus les premiers missionnaires. Après les difücultés prévues, ils ont réussi à convertir un certain nombre de naturels. Leurs catholiques ont construitune belle église en pierre et malgré les roches volcaniques de la côte, ils ont arraché, à de grandes profondeurs dans la mer, les blocs de coraux nécessaires pour fabriquer de la chaus, Cette église a une toiture en fer galvanisé, achetée au moyen des économies faites par les paroissiens sur leur commerce d'huile de coco. Zealatele est sur la côte nord-est de l’île, elle possède des écoles et une résidence ; 6° Safotulafai, sur la côte orientale de la même île. Elle a upe belle église
semblable à la précédente, consacrée à Saint-Louis. Ses vitraux ont été donnés par des négociants protestants. Résidence et écoles ; 7° Safotu, au nord de Savaï, résidence et écoles ; 8 Tutuila, dans l’île de ce nom, aujourd'hui sous le protectorat de: États-Unis, au sud-ouest d’Upolu ; résidence, écoles et près de 400 catholiques. La mission de l'archipel des Navigateurs est desservi par 1 évêque, 14 missionnaires, 8 frères maristes, 3 frères de Sainte-Marie et 3 sœurs de Notre-Dame des missions. Elle a 4,000 catholiques au moins sur 33,000 âmes.
$ IT. Préfecture apostolique de l'archipel Viti ou Fidji.
Les îles Fidji, en dialecte tongien Viti, sont comprises dans un espace de 400 lieues du nord au sud, sur 90 de l'est à l’ouest, entre 160 et 20° de latitude sud, 474 et 179° de longitude est. Elles se composent de deux grandes iles, de deux autres moins grandes et d’une quantité considérable d'îlots et d'écueils. Elles ont été découvertes par Tasman.
Leurs habitants appartiennent à la race mélanésienne ; ils en sont une des plus belles variétés. Grands, élancés, musCuleux, ils n’ont point la tendance à l’obésité des Polynésiens. Leur dialecte présente des mots commençant par des m et des n, comme les langues des noirs de l'Afrique. Ils pratiquent la circoncision sur les enfants de quinze ans ; et se livrent au cannibalisme plutôt par goût que par religion, comme les Nouveaux-Zélandais, Leur teint fuligineux contribue à augmenter l’apparence de férocité qui forme le fond de leur caractère.
'est parmi ces sauvages, célèbres par de nombreux massacres d’équipages européens, que les missionnaires français vinrent habiter. Ils s’établirent d’abord dans l’île de Rotuma.
1° Rotuma est une île de 32 kilomètres de tour, par
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très-peuplée ; résidence et écoles ; 5° Valea, dans l'île
d'Ono, située au nord-est de Kandabon. Elle est également haute et peuplée : résidence et écoles; 6° Namuka, petite île élevée, de 7 kilomètres de longueur sur 2 de largeur, autrefois fort peuplée mais dévastée par les guerres. Elle est par 18° 53 de latitude sud et 178 38 de longitude est. C'est une des premières résidences de la mission ; 7° Solevu, au sud-ouest de l'île de Vanua-Levu.
Elle a près de 100 kilomètres de circonférence et était
autrefois couverte de forêts de sandal ; 8° Wairiki, sur la côte orientale de l'île de Vuna ou Taviani; résidence et écoles.
La préfecture apostolique de l'archipel Viti ne tardera pas probablement à être érigée en vicariat apostolique. Jusqu'ici, elle est restée sous la juridiction de Mgr Bataillon, vicaire apostolique de l'Océanie centrale. Elle est administrée par un préfet apostolique assisté de 10 missionnaires et de 8 frères maristes.
$ IV. Vicariat apostolique de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides.
I. La Nouvelle-Calédonie a été découverte par Cook en 1774. Reconnue par de Lapeyrouse en 1788, par d’'Entrecasteaux en 1791 et. visitée par Dumont d’Urville en 1827, elle est située par 21° de latitude sud et 163° de longitude est et mesure 370 kilomètres de longueur sur 50 de largeur moyenne. Elle comprend lesiles voisines etle groupe des Loyalty (de la Loyauté). Quelques rares vallons, déterminés par des petites rivières découpent ses hautes falaises. Au nord de cette côte, s'ouvre la vallée du Diahot où l’on a trouvé des terrains aurifères.
Au sud, se trouve la baie déserte et encaissée du Prony en face l’île des Pins. Au centre de cette zone aride, aux blocs de fer, se trouve la région des kaoris ou pins colonnaires (araucaria intermedia), beaux arbres dont les troncs cylindriques mesurent souvent 35 à 40 mètres de hauteur sur 4 mètre 30 de diamètre. Ils avoisinent des cirques dentelés de pitons aigus au fond desquels s’étendent plusieurs petits lacs. On y voit des sources d’eau thermale magnésienne, dont la température est de 33° centigrades. Cette partie de l’île est très-convulsionnée ; la couleur rouge de ses terres indique la présence du fer.
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une ceinture de plaines vastes et fertiles aux collines accessibles et découpée par des baies profondes. Tout autour de l’île s'étend un rempart sous-marin de coraux dont les parties supérieures émergent au-dessus des eaux. Au nord, ils. forment l’archipel Ménéma. On les retrouve dans toutes ses parties basses, où leurs têtes aiguës s'élèvent au-dessus des marécages de l'intérieur. Le climat de la Nouvelle-Calédonie est très-salubre, les travailleurs peuvent y affronter sans crainte les travaux de culture ou de terrassement. Les brises de mer viennent y rafraîchir la température et quelquefois des ouragans terribles se déchaïînent sur ses rivages. La saison des pluies dure de décembre en avril.
Le café importé en Nouvelle-Calédonie est cultivé avec succès ; il en est de même (le la Canne à sucre, qui y croît naturellement,
On estime à 500,000 hectares ses terres arables. Ses mines d'or commencent à être exploitées ; une machine à broyer le quartz fonctionne, et, dans ses premiers dix jours de travail elle a produit 1,000 onces d’or à 90 francs
K Jon ce .
Les naturels de la Nouvelle-Calédonie sont des Mélanésiens. Il y en a près de 50,000. Ils sont divisés en une grande quantité de tribus misérables, souvent décimées par leurs guerres intestines. La présence des Français contribue à empêcher ces conflits sanglants ; mais celles de l’intérieur sont encore anthropophages. Le contact de l'Européen a inoculé à ce peuple des maladies qui tendent à le faire disparaître. En effet, chaque année le nombre des décès surpasse de beaucoup celui des naissances. Le catholicisme en favorisant les unions indissolubles est le seul remède à cette décroissance.
Les Nouveaux-Calédoniens sont grands et bien taillés, mais leurs jambes sont grêles. Chezies fiaris, tribu du Diahot, les femmes mangent quelquefois de la terre qui
contient de la magnésie. Lorsqu'un chef est trop vieux, ils le forcent à abdiquer et l’assomment ensuite pour qu'il ne puisse plus ressaisir le pouvoir. :
C'est en 1843 que Mgr Douarre, coadjuteur du vicaire apostolique de l'Océanie centrale, débarqua à Balade avec deux missionnaires et un frère. Ils restèrent abandonnés au milieu des anthropophages qui les nourrirent pendant dix-huit mois. En 1846, le transport de gucrre français la Seine vint échouer sur les coraux de Balade. Grâce à l'influence des missionnaires, l'équipage ne fut point mangé. L'année suivante, en 1847, la Nouvelle-Calédon'e fut érigée en vicariat apostolique avec les îles adjacentes et les Nouvelles-Hébrides. Cependant quelques naturels avaient reçu le baptême, la mission prospérait, lorsque le chef Bouarate, poussé par les Anglais, attaqua Balade, détruisit' les plantations et pilla l'établissement des missionnaires. Un frère mariste fut tué, les pères se réfugièrent à Pouebo où la corvette /a Brillante arriva à temps pour les sauver, Alors, en 1848, Mgr d’Amata alla fonder une :nission dans l’île d’A nnalom, l'une des plus méridionales des Nouvelles-Hébrides. Après l'affaire de Balade, les missionnaires se rendirent à l'établissement de Yaté ; les attaques des sauvages les forcèrent encore à fuir dans l’île des Pins. Ils firent une nouvelle tentative, en 1849, pour se fixer À Yenguène : la persécution les y suivit. L’équipage d’un navire ayant été mangé, ils n'eurent que le temps de se rembarquer avec leurs néophytes qui voulurent bien les suivre à l'ile des Pins et à Futuna. |
En 1850, une frégate française vint faire des relevés hydrographiques sur cette côte. Sept hommes et deux officiers trop confiants ayant débarqué sur un îlot qu'ils croyaient inhabité, furent tués et mangés. Trois matelots purent s échapper malgré leurs blessures. La frégate tira une vengeance éclatante de ces crimes et repartit,
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Mgr Douarre famena ses néophytes à Balade en 1851.
Ils y étaient attendus par les autres catholiques qui avaient persévéré dans la foi. Quelque temps après une épidémie mortelle vint ravager les tribus et Mgr Douarre miné par les fièvres d'Annatom rendit son âme à Dieu le 27 avril 1853. Sa mort semble avoir été le sacrifice d’expiation exigé par Dieu pour le salut de ces peuples. Elle ouvre une ère de conversions nombreuses. En cette même année, le 27 septembre, la France prit possession dela Vouvelle-Calédonie, et un premier établissement fut fondé à Balade, près la vallée de Diahot.
La position de Balade reconnue incommode pour les navires, M. T ardy de Montravet fransporta l’établissement français, en 1854, dans la baie de Nouméa, sur la Côte sud-est de l’île. L'année suivante, en 1855, les missionnaires fondaient à 3 lieues au nord de Nouméa la réduction dela Conception avec 120 Calédoniens convertis. Au mois de septembre de l’année suivante, elle comptait 400 néophytes.
Après la mort de Mgr Douarre, la mission fut administrée par un Provicaire, le R. P. Rougeyron. Les naturels commirent encore de nombreuses déprédations. En 1887, Bouarate tendit un guet-apens aux missionnaires de Yenguène; il massacra quelques chrétiens, pilla et dévasta les villages voisins. La corvette la Bayonnaise fut envoyée pour châtier ces incorrigibles ; Bouarate fut pris et emprisonné pendant cinq ans.
À la suite de cette expédition, fut établie la réduction de Saint-Louis à une lieue au-dessus de Faita. Ruiné par la guerre, cet établissement se releva ; il est devenu le centre de la mission.
Beaucoup d’indigènes se Convertissaient : un établissement nouveau venait d’être fondé à Tuo, sous le nom de Wagap, sur la côte orientale, lorsqu.en 1862, il fut attaqué de nuit par cinq tribus. Ces sauvages incendièrent.
les bâtiments, égorgèrent les troupeaux et détruisirent les plantations.
À part quelques agressions moins importantes, les Calédoniens châtiés sévèrement comprirent qu'ils n'étaient pas les plus forts, et qu'il valait mieux avoir les Français pour amis que pour ennemis.
Bien qu’entravée pendant les dix dernières années par l'administration, la foi catholique a fait quelques progrès. Mais la Providence voulait montrer en Nouvelle-Calédonie, comme partout ailleurs, que son Église peut se développer sans le concours du pouvoir séculier et souvent malgré lui.
L'épreuve semblait terminée. En arrivant à Nouméa, le nouveau gouverneur, M. de La Richerie, a fait mettre immédiatement en liberté les jeunes filles catholiques du district de Bondé, odieusement retenues en otage à Vou. méa depuis dix-huit mois. Il a demandé en outre un aumônier pour le pénitencier de Bourail. Ces mesures de justice font espérer à la mission une ère de prospérité succédant à un régime d’aostilité systématique. Les établissements actuels sont nombreux :
4° Nouméa, chef-lieu de la colonie, fondé en 1854 sous le nom de Port-de-France, à 360 lieues de Sydney ei 800 de la Nouvelle-Zélande. Cette ville est assise sur une presqu'île qui forme avec l’île Nou une baie profonde et abritée. Une ligne de steamers fait tous les mois le service de Nouméa à Sidney ; les lettres d'Europe arrivent dans cette ville en 55 jours et le paquebot met de 5 à 8 jours pour atteindre Nouméa.
Depuis que la Calédonie est devenue un lieu de déportation pour les forçats ainsi que pour les insurgés, un pénitencier a été installé dans l’île Vou. D’autres établissements agricoles de ce genre ont été installés à Nouméa, à Kanala, à Bourail, à l’île des Pins et à Lifou dans les îes Loyality. Nouméa est ia résidence de l’évêque et de
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2 missionnaires, de 2 frères ; les écoles de filles, l'hôpital et celui du pénitencier sont dirigés par 10 sœurs de Saint-Joseph. La population de Nouméa dépasse aujourd’hui 2,000 âmes avec la garnison,
2° Nou, île qui défend la baie de Nouméa ; un missionnaire est chargé du pénitencier dont la population dépasse 1,000 âmes.
3° Ouen au sud, île située à l'entrée de la baie du Prony. Tous les habitants, au nombre de 150, sont : atholicues : et, chose remarquable, le missionnaire peut aller visiter ses paroissiens de terre ferme en laissant sa maison ouverte. Le vol est inconnu parmi ces naturels depuis leur conversion. En terre ferme, à Goro, sur l’eraplacement d’une forêt, s'élève une église, entourée de plantations utiles, introduites par les pères. Ils ont fait creuser un puits d’eau douce sur cette côte aride et sans eau. Plus de 500 catholiques sont uispersés sur une superficie de 60 kilomètres, dépendant de la mission d'Ouen. Il ya quinze ans, dans ce même endroit, M. le provicaire faillit être tué par les sauvages. »
4 L'ile des Pins. Cette île est près de 40 kilomètres au sud-est de la grande terre; son noyau est formé par un plateau boisé au centre duquel s’élève un piton conique de 266 mètres d'altitude. De ce plateau, dans toutes les directions, descendent vers la mer des petits cours d’eau. Ils fécondent les terres basses et fertiles qui entourent l’île d'une ceinture évaluée à 40 lieues. Elle doit son nom aux forêts de pins qui la couvrent de leur magnifique végétation.
L'île des Pins fut en 1848 le refuge des missionnaires obligés de fuir devant l’anthropophagie des sauvages. Pendant six ans, ils opérèrent peu de conversions , ils Construisirent eux-mêmes leurs établissements et cultivèrent avec succès tous les iégumes de l'Europe : le maïs, le blé, qui ne vient pas ordinairement dans cette zone, et
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la vigne. Ils utilisèrent une chute d'eau pour'installer une scierie mécanique au moyen de laquelle ils débitèrent les bois nécessaires à leurs constructions ; de plus, ils percèrent plüsieurs routes. Tous ces efforts devaient un jour où un autre produire des résuitats. En 1855, il n’y avait encore qu’un seul indigène catholique : l’année suivante, le chef se convertit et bientôt tous les habitants, au nombre de 700, reçurent le baptême.
Le climat tempéré de cette île et sa fertilité ont déterminé le gouvernement français à y interner les condamnés à la déportation simpi’. Deux missionnaires résident à l'île des Pins et y ont des écoles.
8° Neketi, dans une petite baie de la côte orientale, Le poste français de Kanala ou Napoléonville et le villaçe de Tio en sont les annexes. Âanala est un péaitencier agricole. Les soldats de la garnison y ont construit & °* église en pierre. Tio est le centre d’une tribu considérable convertie au catholicisme. Ses membres, au nombre de 700, se sont instruits mutuellement dans la doctrine chrétienne. Résidence de 2 missionnaires et écoles.
6° Ouagap, sur la même côte. De cette paroisse dépend le village de Tio, entièrement chrétien, à 8 kilomètres au sud. Il a été tellement réduit par la mortalité, que les missionnaires l'ont abandonné pou se concentrer à Ouagap. Les nouveaux convertis viennent former de nouveaux villages sur le versant de la montagne qui domine la station, I1 y a quelques années, les chefs du poste français s’y opposaient.
A 20 kilomètres au nord, sur un promontoire, se trouve le village de Tuo, annexe d'Ouagap, a. ses belles plantation: de bananiers, d'orangers, de citronniers, de cannes à sucre, etc. C’est une ancienne résidence de la mission. Une partie des chrétiens subissant une influence étrangère, on a brûlé les établissements. À la même distance au sud est Amoï, auire ainexe presque iouie
8, villag %, réside
. 40° Bclep objet est la missi(
Art
chrétienne. La paroisse d'Ouagap contient aujourd’hui au
moins un millier de catholiques. Elle a une église, une
école, 9 chapelles et 6 catéchistes; 2 missionnaires y résident,
1° Pouébo. C'est une belle chrétienté d’un millier de catholiques au moins. Le père Gagnièr-, mort dans cette paroisse, y a introduit la culture dn tabac ; il a appris à ses catholiques la manière de le préparer. Ainsi, les sauvait-il de l’oisiveté at leur donnait le moyen d’acheter des vêtements et des outils. Le 6 octobre 1867, une partie des chrétiens, cédant aux menaces des tribu. :: ïennes du voisinage, massacra 6 Français pour se venger de l’envahissement de leurs terres. L'année suivante, à la même époque, une tribu complétement païenne attaqua le poste de Ouebia, sur la baie de Balade. Les chrétiers sauvèrent une dame, ses deux fils et un genderme. L5 poursuivirent les agresseurs, livrèrent les principaux à la ::«tice, et aidérent les soldats à venger le sang français. Jr, les missionnaires furent rendus responsables de ces attaques. Les Calédoniens catholiques se virent l'objet de mesures irès-sévères en récompense de leur dévouement.
Pouélo est la résidence de deux missionnairr: ; sa population catholique dépasse 1,000 âmes. Ces chrétiens ont construit une grande e- belle église. Les écoles Lon tiennent 200 enfants.
8° Bondé, sur le haut de la rivière du Diahot, ave ie village de Pouaton pour annexe ; résidence.
9 Arama, dans la pointe septentrionale de ce nor : résidence,
-40° Belep-Art. C'est la principale île du groupe des îles Bclep, situé au nord de la Nouvelle: Calédonie. Le premier objet qui vient frapper les yeux en e.trant dans son port est la statue de Notre-Dame de la Salette, élevée par les missionnaires sur le rivage.
Art contient 400 habitants, tous catholiques; elle pour-
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rait en nourrir 2,000 et possède une jolie chapelle : résidence.
{4 Poot, seconde île des Belep, avec 200 catholiques pour habitants ei une chapelle. ïlle pourrait facilèment en avoir 4,000 : résidence.
19 Saint-Louis. Établissement, le plus considérable de la mission, sur la côte occidentale. Le gouvernement lui a accordé 3,000 hectares de terres. On y a établi une réduction et des cultures de touie sorte, pour aider les autres stations : une maison de retraite pour les missionnaires infirraes ou malades ; une ferme modèle ; une école d'arts et métiers pour la jeunesse et une grande église consacrée à Saint-Louis. Un prêtre et un frère dirigent les garçons, une sœur de Saint-Joseph est chargée des jennes filles. On y voit une scierie mécanique, un moulin à eau pour moudre le maïs et décortiquer le riz, une laiterie où l’on fait du beurre et. du fromage. Dans ses pâturages paissent 500 bêtes à cors 8, 6 à 800 moutons et plus e 400 chèvres. Un vaste jardin fournit tous les légumes de l’Europe. De plus, les missionnaires ont mult'nlié les plantations de canne à sucre. Ils ont fait une sucrerie qui donne les plus beaux produits de l'ile. 3 ou 400 per -nnes, indigènes el blancs, sont venus former autour de set établissement un village complétement catholique. Trois missionnaires el deux frères résident à Saint-Louis.
4130 La Conception. Sur la même côte, à 20 kilomètres de Nouméa, se trouve la première réduction fondée en
4855 par la mission. Aujourd'hui la mortalité l’a réduite à 200 personnes au plus. Résidence et écoles ;
14° Païta, village à 30 kilomètres au nord du précédent. Territoire fertile appelé à un grand avenir. Il con- ‘ent beaucoup d’Anglais et d’Allemands. Résidence et écoles.