‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 121 sur 226 · LA FIN DU COMBAT · texte numérisé non relu

LA FIN DU COMBAT

Prenant pour base commune l'hostilité à l'Église, ne respirant que sa destructioh, les sectes avaient perdu tout lien entre eiles avant même d’avoir compté dix années d'existence ; déjà on les voyait en proie à ces guerres intestines appelées à les ruiner ;

plus tard ces guerres devaient se renouveler à la face des gentils au déshonneur du nom chrétien. Un exposé rapide suffira pour nous convaincre. L'histoire intime du protestantisme, toujours divisé en lui-même, sera comme une révélation; elle nous prouvera son incapacité à maintenir la vie religieuse parmi ses propres disciples ; son insuccès chez les infidèles nous a montré son incapacité radicale à la communiquer.

Trois siècles se sont écoulés depuis le commencement de leur carrière, ct les sectes n’ont pas vu se réaliser, même en partie, les promesses faites à une génération insensée, Elles s'étaient vantées de rendre à l’enseignement chrétien sa pureté première ; elles parvinrent à détruire la foi des peuples, en réduisant les multitudes à une condition pour ainsi dire inférieure à celle des païens. Partout elles firent revivre contre la Trinité et l'Incarnation des blasphèmes restés ignorés pendant mille ans. « Les auciennes controverses sur la Trinité étaient tombées dans l'oubli. Erasme, accusé d’arianisme, pouvait répondre avec une appa“ rence de vérité que nulle hérésie n'était plus complétement éleinte*. » Cette hérésie reparut toutefois avec la nouvelle religion;

! THallam, fntroduction Lo the Litterature of Europe, vol. E, ch. v, p. 907.

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sous des noms et des déguisements différents, elle se répandit comme une peste partout où la réforme trouva des disciples.

Trois siècles se sont à peine écoulés, et l'Église défend dans toutes les contrées protestantes, contre les sarcasmes des sectes, ces mêmes vérités dont leurs chefs se déclarèrent avec tant d’éclat les seuls défenseurs! Impuissantes à remplir leur rôle d'enseigner l'Évangile aux infidèles, elles ne le sont pas moins à le préserver des outrages de leurs propres adhérents. « Les hommes doutent déjà des vérités les plus fondamentales, » disait Melanchthon avec une tristesse réelle ou fictive‘. Il voyait de loin quelles seraient les conséquences. Elles sont enfin réalisées,

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