FRANCE
On trouverait à peine en France, nous assure-t-on, « vingt pasteurs confessant les dogmes de la Trinité et de la Rédemption. » Lo petit nombre de ministres qui s’attribuent encore la mission de défendre la religion chrétienne, le font dans un langage plein d’arrogance et de malice, et leurs écrits sont, s'il est possible, plus odieux que ceux de ses adversaires avoués ?, « Le christianisme, d'après un voyageur anglais protestant, doit paraître, à la grande majorité des protestants français, vide de toute doctrine positive et définie. En entrant dans un temple français, on éprouve la mème sensation que Si l'on entrait dans une synagogue juive. Les exercices du culte y paraissent comme un effort sans succès, moins fait pour servir une religion que pour conserver la mémoire d’une religion abolie *. »
En présence de cet abandon presque général de toute vérité par ses coreligionnaires, un home, dont nous avons souvent invoqué l'autorité, a le courage d'écrire, au début de son dernier et peut-être de son plus remarquable ouvrage, ces paroles qui, nous en avons l'espoir, auront du prix aux veux de Celui qui jugera l’auteur : «J'ai passé trente-quatre ans de ma vie à lutter dans une bruyante arène pour l'établissement de la liberté politique et le maintien de l'ordre
‘* Düllinger, p. 214.
# Pour les protestants, s'entendre ou arrêter les progrès de l'incrédalité devient plus que jamais impossible, Nous en avons eu tout récemment la preuve à Paris à l’occasion de M. Athanase Coquerel, défendu avec logique par le journal le Temps. — Bayle avait raison de dire : «de suis le meilleur des protestants, je proteste contre tout!»
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selon la loi. J'ai appris dans les travaux etles épreuves de cette lutte ce que valent la foi et la liberté chrétienne. Dieu permet que, dans le repos de ma retraite, je consacre à leur cause ce qu’il me conserve encore de jours et de force. C'est la plus salutaire faveur et le plus grand honneur que sa boñté me puisse accorder‘. » Quand un Coquerel tend la main à M. Renan, un Guizot retire la sienne.