‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 26 sur 226 · MISSIONS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

MISSIONS CATHOLIQUES

Il ya près de vingt ans, le docteur Joseph Wolff anaonçait à l'Europe « qu'environ soixante mille Arméniens étaient entrés dans l'unité romaine?. » Depuis cette date, le mouvement de retour de la nation arménienne a régulièrement progressé ; on peut dire, sans exagérer, qu'il s'écoule à peine un temps considérable sans de nouvelles conversions.

Ce fait remarquable se reproduit malgré le « puissant lien national qui, d’après Haxthausen, assimile les Arméniens aux Juifs, « dont l'esprit de nationalité ne peut être détruit par aucun pouvoir humain, et qui en fait une seule tribu, une seule famille, de la Chine au Maroc ; instinct qui ne peut être déraciné; sentiment souvent fatal au christianisme”. »

Letters from the East, vol. U, p. 115.

Narrative of a Mission to Bokhara, eur, p. 114 Haxthausen, ch. vu, p. 224.

Pendant les deux derniers siècles, ce mouvement de retour a reçu une impulsion constante des missionnaires européens. En 1741, le Père Ricard réconcilia un évèque, vingt-deux prêtres et huit cent soixante-quinze laïques'. Trois ans après, en 1714, le Père Monier reçut l’abjuration de plus de sept cents Arméniens. Avec le Père Ricard, il pénétra dans le Kurdistan. Ils furent tous deux enchaînés et emprisonnés par le pacha de Kars, à l’instigation des Agméniens schismatiques, dont la vengeance les suivit sur ce nouveau théâtre. La lutte a toujours été soutenue depuis par de vaillants champions contre les hérétiques, qui appelaient à leur aide le secours des musulmans.

« Dernièrement, le patriarche schismatique acheta du vizir, au prix de deux cents bourses, le droit d'empêcher un membre de son Église de devenir catholique?. » Leur usage de chercher auprès des musulmans des auxiliaires dans toutes leurs difficultés, est si constant, que, d’après la remarque de M. Walpole en 1851, l'évéque de Van « gagna le pacha, » pour l'aider à chasser les missionnaires américains du voisinage d’Etchmiadzin.

Les voyageurs protestants sont d'accord pour affirmer deux faits : l'infériorité de l'Arménien schismatique et la valeur des convertis. D'après le révérend M. Dwight, ce peuple « serait audessous des Grecs et des Latins, en fait de qualités morales; » il avoue] cependant que les Arméniens témoignent en faveur de l'Église, puisqu'ils professent toutes les doctines controversées par les protestants”. Ce fait est confirmé par un écrivain prussien, qui a vécu dans l'intimité avec les chefs de cette Église, et qui a étéJamené à faire ces importantes révélations : « L'Église arménienne rend témoignage à l'antiquité de l'Église catholique. Elle

rofessait tous les dogmes attaqués à l’époque de la réformation : le culte des Saints, les sept sacrements, la Transsubstantation, le sacrifice de la Messe et le Purgatoire. Les dogmes que les Arméniens professent en commun avec l Église catholique doivent être

d’une haute antiquité, car déjà au concile de Chalcédoine, en 451, l'Église arménienne avait une organisation qui lui était propre, et se défendait elle-même, avec le plus grand soin, contre toute influence étrangère. » Selon cet auteur et les témoignages cités par lui, « l'Église arménienne reconnaît que son fondateur, saint Grégoire l'Iluminateur, reçut de Rome le patriarcat arménien, et

! Nouveaux Mémoires du Levant, tome TE, p. 290. Arménie, par Eug. Boré, p. 158.

Christianity in Turkey, p. T.

Haxthausen, ch. 1x, p. 315.

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