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qu’elle s’est plusieurs fois soumise an Pape, comme centre d’unité et de patriarcat suprême. »
En 1843, Narsès, patriarche des Arméniens schismatiques, quand il rencontra à Saint-Pétershourg le savant Haxthausen, lui donna cette assurance formelle : « Dans l’ensemble, nous sommes en harmonie avec Rome ; le patriarche arménien envoie habituellement au Pape avis de son élévation au patriarcat.… ]l n° y a pas de différence essentielle dans la doctrine entre l Église arménienne et l'Église latine ; en réalité, on est souvent arrivé à une entente parfaite. Les jalousies et les disputes ont été bien plus fréquentes avec l'Église grecque. » Nous ne pouvions omettre un aveu aussi imposant, quoiqu'il révèle plutôt les convictions et les désirs de Narsès que de collègues, corrompus et ignorants, sur lesquels il exerce une autorité nominale, et dont notre auteur déclare avec regret que « l'avarice, l'envie, l’hypocrisie et même une immoralité grossière, sont des vices ordinaires parmi eux. »
A Etchmiadzin, quartier général du schisme, le capitaine Wilbraham observa dans la cathédrale « le manque d'attention et même de décence; il n’y avait rien qui indiquât la sincérité, peutêtre aveugle, que j'ai si souvent remarquée dans les chapelles catholiques romaines. Le catholicos, ou patriarche, préside nominalement le Synode. Le gouvernement russe a désigné un modérateur, sans l’ approbation duquel rien ne peut se faire, ce qui rend l’empereur virtuellement chef de l'Église arménienne dans le monde! : » mesure dont Narsès se plaignait à amèrement, en ces termes, au baron Haxthausen : « Combien est peu digne la ‘position du patriarche! La moindre lettre doit passer par les mains du gouverneur général du Caucase, elle est ouverte dans ses bureaux où chacun de ses commis peut la lire! » Narsès, homme supérieur à la plupart de ceux de sa race et de sa position, aurait pu se dire que c’est là le sort habituel de ceux qui consentent à présider des églises « nationales?, »
M. Walpole déclare, d'après sa propre expérience, que; « les
! Travels in the Trans-Caucasian Provinces of Russia, ch. 1x, p.95, 98.
* Le docteur Dôllinger fait observer, dans son dernier ouvrage, que toutes les reliaions païennes étaient nationales, ct que, tandis que c’est la gloire de l’Église chrétienne d’avoir uni toutes les tribus de la terre en une seule famille, les sectes ont toujours eu pour tendance de faire revivre l'élément païen de la nationalité. IL en fut ainsi des donatistes, qui re past rent promplement l'idée d’une communion universelle. « Tout
courant du siècle de la Réforme était dans cette fatale direction, » et & nous trou- “ons partout victorieux le principe | (païen) d'Eglises nationales distinctes. » (The Church and the Churches, p. 51). } En ceci, comme en bien d’autres points, le protestantisme élit vn retour vers le paganisme..
mensonges des moines arm’niens étaient effrayants, quand ils af. firmaient que telle était la croyance de telle Église. »
D’après le docteur Moritz Wagner, « une ignorance grossière, la stupidité, l'avarice et l'immoralité sont les traits caractéristiques de ce clergé. Ils prennent aisément un air extérieur de vertu et de renoncement à eux-mêmes, mais, en secret, ils s’abandonnent librement au vice. L'envie et la jalousie règnent au suprême degré parmi eux. Ils ne semblent pas avoir l'ombre de charité fraternelle, d'amour du prochain, de bonté et de courtoisie dans le sens chrétien de ces mots', » La communauté tout entière, comprenant le patriarche, « ses évêques et ses moines, » est représentée par le docteur Bodenstedt qui a vécu avec eux, comme « une société morte à tout noble sentiment, et minée par des excès contre nature?. » Voilà les hommes qui perpétuent le schisme.
Le docteur Friedrich Parrot remarque aussi « la corruption dans laquelle leurs prêtres sont plongés, » et explique ainsi leur profonde et universelle ignorance : « Tout laïque, pourvu seulement qu'il soit choisi par les fidèles, el qu'il ait passé quatorze jours dans une église, en observant les ordonnances et les jeûnes prescrits par le rituel, peut recevoir l'ordination d’un évêque, sans préparation ou sans éducation subséquente. » Il pense avec le colonel Drouville que « leurs prêtres et leurs évêques sont tous aussi igno-
rants qu’il est possible de l'être ; » et signale le phénomène ordi-
naire dans tous les corps hérétiques : 5 leur division en sectes. « Il y a un catholicos indépendant à Sis en Cilicie, et un autre, qui s’est maintenu dans cette dignité depuis sept cents ans, dans Pile d’Akhthamar, sur le lac de Van5. »
De plus, le docteur Wilson observe que « les Arméniens sont entachés de monothélisme aussi bien que de monophysisme, » assertion qui n’est pas exacte pour toute la nation, en particulier dans l’Asie occidentale.
Telles sont, d’après des témoignages protestants, les malheuveuses communions qui portent le châtiment de l’hérésie et du schisme, et que l Église, avec le zèle patient d'une mère, a résolu de rendre à la vérité, à la charité et à l'obéissance. Voyons jusqu'à quel point elle a réussi dans cette entreprise.
Nous savons déjà par le docteur Wolff que lorsqu'il les visita, soixante mille d’entre eux avaient été réconciliés. Le capitaine Wilbraham admet « qu’ils sont revenus dans une proportion consi-
* Travels in Persia, ete., vol. LI, p. 51 1856°.
® Life in the Caucasas and the East, vol, 1, p. 221. 3 Journey to Ararat, ch. iv. p. 25 ch. v, p. 105. 1149
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dérable à l’Église catholique, dont cette nation s’était séparée pour la première fois, lorsqu'en 491, elle rejeta l'autorité du concile de Chalcédoine'. » Le docteur Parrot, consciller d'État impérial russe, admet « qu'une bonne partie du clergé et des laïques s+ sont unis à l'Église catholique romaine*. » « Le papisme prend racine et s'étend, » dit le révérend Justin Perkins, ce qu'il appelle : « changement des Arméniens de mal en pire. Il reste maintenant très-peu de Nestoriens, ajoute-t-il, sur le versant occidental des montagnes kurdes, qui n'aient pas cédé aux intrigues et aux usurpations de la domination papale. » Ce ministre est apparemment d'avis que les opérations des Américains, par exemple, ne comportent ni intrigues ni usurpation.
Les conversions opérées par les missionnaires catholiques ne se sont pas bornées à l'Arménie proprement dite. « A Constantinople, un grand, nombre d’Arméniens les plus haut placés et les plus riches donnent leur adhésion à la croyance catholique romaine, » nous dit M. Curzon.
Le mouvement de régénération catholique, commencé dans l'Asie occidentale, pénétra enfin au cœur mème du schisme. Vers la fin de 1859, circulait en Europe le bruit de conversions extraordinaires dans les régions qui avoisinent Etchmiadzin. Un Arménien qui arriva en Angleterre au mois de septembre de cette année, apporta la nouvelle de la conversion presque simultanée de dix mille Arméniens dans les environs d'Erzeroum. On s’adressa aux autorités compétentes pour avoir des indications authentiques sur un événement si remarquable; et par l'entremise d’un vénérable prélat, on reçut du primat arménien catholique une lettre datée de Constantinople, 26 octobre 4859 ; elle contenait le document suivant :
« Je vous communique volontiers les détails des conversions qui ont lieu presque chaque semaine, dans ces derniers temps, et surtout pendant les deux dernières années, de l’Église arménienne schismatique au centre de l'unité; un si grand mouvement religieux s’est manifesté dans différentes parties de l’Asie, qu'on pourrait plus justement l'appeler une révolution religieuse : — che potrei meglio intitolare una rivoluzione religiosa. À Karput et à Arabghir, villes voisines d'Erzeroum, plus de cinq cents familles, avec quelques-uns de leurs prêtres, ont été converties au catholi-
cisme, À Tadem, à Sartorici et à Garmir, régions contigués à 4 Journey to Ararat, ch. xxx, p. 992.
* lbid., p. MO.
5 Residence in Persia, p. 4.
Karput, cent familles ; dans la Malatia et RES ri ol ll ‘ ts cent cinquante familles avec leur prêtre. nee ice ai reçu des lettres de Palo, aussi dans le ter ss ee 7 contenant plus de deux cents en er boues familles ont ce vs ce a See ar dr tar us dors É at t ‘clergé, sont devenues ques ne Rues dé d’autres familles des districts voisins. A nn dAdtnaé et à Bandyrma, dans Re à . Q 0 a r Jr Bithynie, ne ne — MF RRr nes :
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facilité où le patriarche les envoie. Aussi le bien produit par ces bons prêtres est-il considérable. »
Le premier mouvement de conversion en Cilicie se manifesta à Adana. Dans le cours de l’année 1849, cinquante familles à la fois embrassaient le catholicisme.
En 1857, plus de mille familles se convertirent à Marache. La moisson fut si abondante que le patriarche crut devoir ériger un nouvel évêché en faveur de cette population de néophytes. En 1859, on vit, dans quatre villages des environs, trois cents familles revevir ensemble à l'unité. Trente-cinq autres d’Aintab et huit de Hilisse se convertirent encore entre 1858 et 1860. Dans les trois bourgs situés entre Antioche et Laodicée, soixante familles étaient dejà revenues à la foi catholique en 1854.
À Malathia, l’année 1859 vit la conversion de cent familles, et on annonce que malgré les vexations des schismatiques, des retours nombreux se préparent dans les environs de cette ville. Albistane compte cinquante familles devenues catholiques.
A Amise, en Cappadoce, les conversions ontcommencé en 1860. Neuf familles se sont jointes à l'unité; précédemment vingt-cinq se convertirent à Birgik.
En Mésopotamie, vingt familles quittèrent leur village de Dara pour venir s'établir à Mardin, où réside un évêque arménien catholique. Enfin, vingt autres éparses se sont converties depuis dix ans dans le rayon du patriarcat. Le mouvement ne paraît pas devoir s'arrêter. Les nouvelles les plus récentes apprennent qu’à Amise le nombre des familles catholiques monte à quatre cents, que quatre-vingt-dix se sont converties à Marsovan; que dix de la ville de Sis ont embrassé le catholicisme aux environs d’Adana, et que de nouvelles conversions se font encore à Marache.
Or, il est à remarquer qu'à l'exception de Hilisse et de Aïntab, avant 1850, on ne voyait pas une seule famille catholique dans les endroits que nous venons de citer, et que les efforts des prêtres élevés à Bezommar ont amené ces beaux résultats en dix années, malgré les persécutions et le manque de ressources qui les plongeaient dans les angoisses de tout genre.
I n’est pas inutile de faire observer que ce mouvement de retour en Orient s’est manifesté chez une des nations réputées les plus intelligentes. Sans secours étranger, sans appui humain d'au eune sorte, elle a ouvert les yeux, elle a entrevu la vérité et s’est sentie attirée vers elle. Tous les voyageurs rendent hommage à la piété ardente des Arméniens, à la douceur de leurs mœurs, à leur politesse et à leur prodigieuse aptitude pour les langues étrangères,
qualités les plus précieuses du missionnaire. Aussi, eu avons-nous l'espoir, les Arméniens ne seront pas étrangers à la régénération de l'Orient.
L'exubérance de la littérature protestante va nous prouver que es membres égarés, une fois rentrés au bercail, commencent à retrouver la liberté, les vertus, et les lumières qu'ils ne connaissaient plus.
« Les catholiques romains, disait, il y a quelques années, un ministre anglican qui avait couru les terres et les mers, ont fait et conservent encore des prosélytes à la suprématie papale, dans toutesles communions et nations chrétiennes, l’Abyssinie exceptée. » Si M. Jowett avait écrit un peu plus tard, il aurait été obligé d'omettre l'exception. D'autres écrivains, imbus des préjugés de M. Jowett, vont nous dire quelle influence ces conversions ont eue sur la vie et les mœurs de ceux qui en étaient les heureux sujets.
Commençons par les Grecs. Des hommes qui peuvent à peine parler avec calme de l’Église catholique nous out appris, sur les convertis de cette nation; des vérités telles que celles-ci : « Ils sont parmi les plus libéraux et les plus intelligents des chrétiens indigènes de l’Orient. » « Ils montrent depuis leur conversion une certaine élévation dans leurs idées. » « Leurs rapports avec l'Église catholique romaine tendent à les faire monter dans l'échelle de la civilisation. »
Des témoins égalemert hostiles parlent de la même manière des convertis arméniens. « Comme les chrétiens dans les autres parties ue la Turquie, disent messieurs Smith et Dwight, zélés partisans des missions protestantes, ceux qui ont embrassé la foi de Rome sont plus riches et plus intelligents que leurs compatriotes. La plupart des chrétiens indigènes employés par les protestants dans le Levant appartiennent à l'Église romaniste, » fait qu’ils considèrent comme déshonorant pour les employés officiels, les marchands et autres, qui les ont à leur service à cause de leur probité supérieure: c’est encourager « la puissance anti-chrètienne du Pape". »
D’après le capitaine Wilbraham, « les Arméniens catholiques sont généralement supérieurs en éducation et en intelligence à leurs compatriotes, ce qu’il attribue, en une certaine mesure, à la diffusion des lumières produites par les travaux du couvent arménien catholique de Venise*. » En d’autres termes, leur conver-
4 Missionary Researches in Armenia, lettre À, p. 20. 3 Journey to Ararat, ch. xxx1 1 302.
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« La branche catholique romaine de l'Église arménienne, assure M. Curzon, a fait beaucoup plus pour la littérature et la civilisation de leurs compatriotes que le reste de la nation tout entière. Les convertis ont l’esprit plus large, ils sont moins orientaux dans leurs idées, etc.*. » M. Curzon remarque aussi que « les moines arméniens à Venise ont imprimé la Bible en arménien dès 1805 ; et grâce à leur énergie, la petite étincelle qui seule brillait au milieu des ténèbres de l’ignorance arménienne dans l'Orient, a graduellement accru sa lumière. » « Les méchitaristes ont imprimé en arménien des traductions d'ouvrages écrits dans toutes les langues de l’Europe, et dans toutes les parties de la littérature, » nous apprend Haxthausen.
« C’est un fait remarquable, on ne doit pas le cacher, que les chrétiens nés dans l'empire turc et habitant les provinces où les missionnaires catholiques romains n’ont pas pénétré, sont ignorants, grossiers, et rudes comme des buffles! Les missionnaires catholiques ont porté partout avec eux la lumière de la civilisation?. » Ce témoignage est du docteur Joseph Wolff dans sa deruière publication.
Quant aux Syriens, le docteur Southgate signale ce fait si lécond en conséquences : « Ceux qui adhèrent à l Église de Rome ont tous été convertis individuellement, et s’attachent à leur nouvelle foi avec zèle et intelligence’. »
Quant aux Chaldéens, nous verrons qu’ils sont devenus une nation catholique ; pour les Maronites qui doivent toute leur « supériorité » reconnue à l'influence de leur religion, nous n'avons pas besoin de rien ajouter aux écrivains anglais et américains.
Pour les Jacvbites convertis, M. Badger avoue, malgré son aversion chagrine et sa jalousie anglaise contre l'Église catholique, que «s'il faut dire la vérité, ils sont décidément supéri ieurs, en beaucoup de points, à leurs frères schismatiques *. »
Enfin, le triomphe définitif de la foi sur toutes les communions de l'Orient depuis longtemps séparées, paraît si certain à un philosophe allemand qui avait suivi, avec une impartialité froide mais intelligente, ses irrésistibles progrès, qu'il n'hésite pas à annoncer l'inévitable issue en ces termes : « 1! n’y a pas de doute que la
1 Armenia and Erseroum, ch. xv, p, 230.
* Travels and Adventures of Dr. Wolff, ch. xv, p. 274. * Narrative, ete. vol, M, ch, xx, p. 284,
8 Vol. 1, p.63
sean 0e med RE
théologie de l'Occident finira par pénétrer l'Église orientale, avec toutes ses divisions, grecque, arménienne, nestorienne et copte!. »
Quelle explication les protestants donnent-ils aux succès des missions catholiques et à l'insuccès des leurs? En Chine, nous assurent-ils, les Chinois, « en devenant papistes, » et, en conséquence martyrs, «ne sacrifient rien®. » Dans l'Inde, « le papisme est mieux adapté » à l'Hindou illogique. A Ceylan et dans d’autres pays, « son succès vient du cérémonial. » Pour la Syrie, l'explication est encore plus inattendue; l’hypothèse qui réunit le plus d’impossibilité est justement choisie pour cette occasion. Qui aurait pu deviner que, daus les pays musulmans, « où le chrétien n’existe que par tolérance, » c’est par « la cruauté et la violence » que procèdent quelques Lazaristes, Franciscains, el quelques Sœurs de charité! « La tyrannie romaine, dit le révérend M. Fremantle pour l’instruction spéciale de l’Église anglicane, à été insultante et persécutrice, aidant les mahométans à opprimer les Églises tombées. » Ce rapport, qui serait reçu avec de grands éclats de rire par un auditoire druse ou mahométan, est répété par d’autres écrivains anglais, avec diverses modifications, comme l'histoire véritable des victoires catholiques en Syrie !
Cependant, dès 1845, nous trouvons une autorité grave faisant cette déclaration : « Il est, à ma connaissance, un fait positif : à ce moment toutes les classes, toutes les sectes, toutes les communions demandent à grands cris la protection de l’Europe. » Quatorze ans plus tard, M. Winglield rapporte encore que « l'assassinat des chrétiens, même de ceux de la classe la plus riche, n’est pas malheureusement chose très-rare *. » M. Warrington Smyth relate, à peu près à la même époque, qu’il a vu détruire une église neuve en Bulgarie, « une heure anéantit les espérances de plusieurs années 5. » « Jamais, dit un ministre protestant en 1862, les chrétiens dans toute la T urquie n'ont été exposés à de plus cruelles atrocités qu ‘au temps présent, maintenant que la puissance musulmane n’a de vie que par la défiance mutuelle des grandes puissances de l’Europe‘. »
« Les différentes sectes chrétiennes qui occupent les plaines de la Syrie, assure le colonel Churchill, vivent dans une crainte per-
{ Trans Caucasia, par le baron Haxthausen, ch. in, p. 67. 3 The Land of Sinim, ch. iv, p. "32.
3 Memoir in Syria, par Charles Fiott Barker, ancien secrétuire de M. le consul général Barker, p. 50.
* À Tour in Dalmatia, ete., par WF. Wingfield, M. A, ch. vi, p. 158. 5 À Year wühthe Turks, ch.ix, p. 259.
8 Servia and the Servians, par le Rév. W, Denton, M. A., ch. 1, p. 1
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pétuelle de quelque explosion du fanatisme mahomnétan'. » L'ef. frayante tragédie de 1860 a prouvé combien cette crainte était fondée. Les Maronites auxquels leur nombre et leur valeur, aussi bien que leur position géographique, paraissaient donner une sécurité exceptionnelle, sont tombés, trahis ct pris au piége, dans cette cruelle conspiration de Druses, de Turcs et de Métualis ; et ils ont été si exposés en tout temps, malgré le protectorat nominal de la France dont les généreux desseins sont traversés par une nation jalouse et protestante, que, d’après l'expression d'un de leurs évêques à M. David, « Dieu seul est bon pour la Syrie. » « À Antioche même, métropole nominale des Grecs catholiques, observe M. Paton, les musulmans sont si fanatiques, qu’ils ne permettent pas aux chrétiens d'avoir une église dans la ville?. » Et c'est dans un pareil état de société, où les catholiques, comme les sectaires, n'existent « que par tolérance » et en danger perpétuel de destruction, que des missionnaires et des religieuses sans secours, qui attirent par leurs vertus des milliers de personnes de tous les rangs et de toutes les sectes, sont accusés d'employer « les rigueurs de la tyrannie » et « de persécuter les églises tombées! » Voilà l'explication protestante de leurs succès, et, comme toujours, un ministre anglican la suggère!
MISSIONS PROTESTANTES
Avant de quitter l'Arménie, quelques traits ne sont pas inutiles pour faire mieux ressortir le contraste offert par les missions protestantes dans ces contrées.
Leur principal historien est le révérend Justin Perkins, il va nous raconter ses propres œuvres.
M. Perkins cite ce passage des « instructions » données aux missionnaires américains par la Société qui les employait : « Vous n'êtes pas envoyés vers ces Églises pour faire du prosélytisme Que l’Arménien demeure Arménien, s’il le veut, le Grec, Grec, el les Nestoriens, Nestoriens. » « L'objet des missions américaines en Syrie et dans les autres parties de l'Orient, nous dit le docteur Robinson, n'est pas d'attirer des membres des Églises orientales au protestantisme, » Ce fut là peut-être le premier programme qui limita d'abord les agents américains. [ls offrirent l'éducation
! Mount Lebanon, vol. HE, ch. xxvu, p. 387 * Modern Syrians, ch. xx, p. 220.