‹ Les missions chrétiennes [microforme]Chapitre 42 sur 226 · AU · texte numérisé non relu

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depuis des siècles à l'empire, sont encore remplies de païens. » Tel est le fait que nous allons démontrer.

En Russie, un homme peut être mahométan, adorateur du grand lama, lüthérien, paien, tout, excepté catholique, sans donner ombrage aux autorités civiles ou religieuses. « L'Église grecque a montré de la tolérance, parce qu'elle est indifférente à la conversion des partisans d'autres croyances; » et elle réserve le knout et Pexil pour « ceux de ses membres qui semblent disposés à quitter le troupeau. Deux tiers des ministres du cabinet, la plupart des généraux de l'armée russe, et des courtisans immédiats de l'empereur, professent le luthéranisme’. » Mais ils sont tous dévoués à la politique de la Russie, motif pour lequel leur croyance est indifférente.

Depuis Pierre le Grand, la tolérance religieuse, observe Krasinski, serait un principe de politique russe. L'empereur Nicolas l’a rejeté pour arriver, par la violence, à l'unité que ses prédécesseurs n’avaient pu établir, « On vit pendant son‘règne des centaines d'hommes vénérables, aimés et respectés depuis longtemps dans leurs paroisses, la tête à demi rasée, couverts de vêtements grossiers de diverses couleurs, enchaînés deux à deux, poursuivant leur route vers la Sibérie, chaque jour mourant sur le chemin?, » C’étaient des prêtres catholiques, remarque le protestant Krasinski, dont un ukase impérial avait réuni le troupeau à l'Église gr ecque, et qui étaient arrachés à leurs ouailles, de peur qu'elles ne suivissent leur exemple en refusant de renier leur fois. « Le prosélytisrne en Russie, assure un écrivain anglais, n’est pas permis pour détacher du mahométisme on du lamaïisme, à moins que ce ne soit en faveur de l'Église gréco-russe *. »

Si dans ces derniers s temps les Russes ont eu ce qu'ils appellent des missionnaires, 1ls sont appréciés de leurs compatriotes dans les mêmes termes que les écrivains allemands, français ou anglais. Haxthausen, ce défenseur des Russes, avoue qu’ils n’ont pas les qualités requises « pour les fonctions de missionnaire; » il reconnaît que la « stérilité » dont nous allons fournir des preuves «doit être attribuée à leur séparation de Rome, »

! Revelations of Russia, ch. .

® Ibid., p. 308.

3 Panslavism and Germanism, p. 90.

4 The Crimea, its ancient and modern History, par le Rév. Thomas Milner, M. A., FRA.S., eh, vin, p. 281,

Etudes sur la Russie, tome E, ch. uv, p. 4H.

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