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matiques d'Arménie (Érivan), d'Alep, d'Alexandrie et de Damas, furent réconciliés à l'Église. | .
En 1709, Michel Paléologue devient le disciple du Père Braconnier. Le Père Bernard Couder vient augmenter cette phalange de héros chrétiens. Plus de neuf cents familles dans la ville d’Alep furent formées par lui à une vie pieuse. Six fois il sollicita et obtint la permission de se dévouer aux pestiférés. Son obéissance était si parfaite, que lorsqu'il reçut de son supérieur l'ordre de quitter une ville où il s'était attiré une Yénération qui pouvait avoir des dangers pour son humilité, « il commença à l'instant même ses préparatils de départ. » | or
En 1749, lorsque la peste ravagea Alcp depuis mars jusqu'en septembre, « je fus souvent obligé, dit le célèbre Père Nacchi, Maronite, de me baisser entre deux victimes de la peste, pour les confesser à leur tour, tenant mes oreilles collées pour ainsi dire à leurs lèvres, afin de saisir les derniers sons de leur voix. » Après la mort de ces malheureux, ces apôtres, élevés avec délicatesse, quelquefois savants distingués de leur époque, souvent issus d'illustres maisons, lavaient le corps des pestiférés et leurs vêtements « qui exhalaient une odeur infecte; » et après les avoir portés au cimetière, revenaient à la hâte recommencer pour d'autres les mêmes soins charitables.
Ces actions, que les catholiques regardent comme naturelles dans leurs prêtres, mériteraient à peine d’être mentionnées, si elles ne se prètaient à établir un contraste. Il n’est probablement pas un seul des mille prêtres d'Angleterre qui refuserait de les imiter demain; il y en a peu parmi eux qui n'aient pas déjà exposé leur vie avec le même calme. Récemment un évèque anglais et cinquante prêtres sont morts en dix mois, au service des victimes du typhus. « Le bon pasteur donne sa vie pour son troupeau. » Complétons notre récit.
« Le Père Emmanuel mourut dans mes bras, dit le savant Nacchi, après s'être dévoué sans relche, pendant quatre mois, aux victimes de la peste. J’assistai le Père Arnoudie et le Frère Jean Marthe, tous deux enlevés par la mème maladie. » Le Père Clisson, trente ans apôtre en Syrie, mourut de la même mort; il fut remplacé par le Père Nau, dont les compagnons avaient coutume de dire : « I a reçu du ciel toutes les qualités nécessaires à la vie apostolique. » Puis vinrent les nobles frères de la Thuillerie, Joseph et Jacques, dont l’ainé mourut sur le sein du plus jeune. Le suivant fut le Père René Pillon, dont le seul bonheur était de visiter et de consoler les malades, et qui demandait chaque jour « de pouvoir
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mourir au service des mourants. » Après lui vint le Père Blein, dont l'humilité toucha tellement le cœur des Grecs, qu’ils allèrent en foule le voir après sa mort ; et quoiqu'il mourut de la peste, ils emportèrent des morceaux de ses vêtements comme reliques.
Beyrouth vit le dernier combat du Père Jean Amieu « qui prédit sa mort à un malade gisant à ses côtés, mais en assurant celui-ci qu'il en reviendrait. » Ce sont là quelques noms pris dans une multitude connué de Dieu, et inscrits au livre de vie. Ils se ressembiaient si parfaitement qu’ils étaient bien les frères d’une même famille. L'esprit d'hérésie le plus malveillant ne pouvait leur résister. « Vous, vous ne cherchez que notre conversion, était le mot parmi les sectaires ; les autres demandent notre argent. » Et ils mettaient souvent en parallèle leur manière de vivre avec celle des protestants, qui commençaient à demeurer parmi eux. « Les Anglais et les Allemands d'Alep, remarque un des missionnaires, n'observent ni jeûne ni abstinence, au grand scandale de tous. Les habitants disent qu’ils ne peuvent être chrétiens, et même les Turcs les regardent comme n’ayant pas de religion. »
Voici les résultats d'un contraste auquel les païens mêmes, dans le monde entier, ne:sont pas insensibles. À Damas, où se trouvaient seulement trois familles catholiques à l’arrivée des Jésuites, il y avait, en 1750, près de neuf mille convertis. À Smyrne et à Alep, presque toute la population schismatique revint à l'unité; et la bonne œuvre se continue jusqu’à présent, comme nous l’assurent des voyageurs protestants, par des hommes chez lesquels ils reconnaissent les vertus apostoliques de leurs prédécesseurs. Dans toute la Syrie, comme nous l’apprendront les memes témoins, les héritiers des martyrs travaillent de nos jours avec tant de fruit, que des bords de l'Oronte à ceux du Tigre et de l’Euphrate, les égarés reviennent au bercail; et la Chaldée, comme aussi nous le diront des hommes qui essayèrent d’entraver cette œuvre, est devenue une nation catholique.
Quand la Compagnie de Jésus fut supprimée, l'ennemi triompha un moment en Turquie et dans le Levant. Mais les prêtres de saint Lazare furent choisis par la Providence pour les remplacer ; nous allons dire un mot de leurs travaux apostoliques.
En 1840, il y avait déjà dans la Grèce proprement dite quatre
évèques, cent prêtres et vingt-trois mille catholiques. À la même
date, il y avait dans les trois principautés de Moldavie, de Valachie et de Servie trois évêques et soixante et onze mille catholiques.
! Lettres édifiantes, p. 200. Cf. Missions du Levant, lome IV, p. 59.
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