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Les missions diplomatiques de Pierre Anchemant, 1492-1506 [microform]

Lorsque le savant conservateur des archives du département du Nord, feu M. Le Glay, publiait, en 1845, dans la collection des documents inédits sur l'histoire de France, les Néffocmtions diplomatiques

entre h France et V Autriche durant les trente pre^

mières années du IVP siècle ('), il disait dans la préface de ce remarquable ouvrage : « Les agents

diplomatiques de Louis XII, de François P'' et de Charles-Quint ne prévoyaient pas que leurs lettres les plus intimes et les plus confidentielles seraient un jour livrées au public; s'ils l'eussent prévu, leur correspondance aurait un caractère moins spontané, moins familier; leurs lettres seraient des épîtres et leurs

entretiens des conférences; ce serait de l'histoire

(i) Paris, imprimerie royale, 1845, 2 vol. in-4».

toute faite, et pour ainsi dire toute rédigée; mais

serait-ce bien la vérité historic[ue? Les faits généraux sont assez connus : on sait les noms et les actes des personnages célèbres, rois, ministres, grands capitaines ; ce qui reste à apprendre, ce sont les faits particuliers, les incidents et accidents qui se groupent autour de ces faits essentiels et de ces liommes illustres pour en augmenter ou en diminuer la valeur,

pour déterminer les causes qui ont produit les uns et

fait agir les autres. »

Ces paroles s'appliquent également aux Missions diplomatiques de Pierre Anchemant. La correspondance de ce diplomate avec Philippe-le-Beau, ses entretiens avec Louis XII et Anne de Bretagne et ses relations

avec les hommes d'état les plus considérables de son temps présentent trop d'intérêt pour les laisser dans

l'oubli ; ils sont de nature à jeter un rayon de lumière,, sinon sur des faits historiques parfaitement connus, du moins sur certains personnages qui y ont pris part, et nous aimons à penser que ces pièces, si modestes qu'elles soient, apporteront cependant un nouveau contingent à la collection que l'histoire possède déjà.

Lorsque Pierre Anchemant écrivait confidentiellement à son souverain, il ne se doutait guère que, quelques siècles après sa mort, sa correspondance

intime serait livrée à la publicité au moyen d'un art que le génie de Guttenberg venait d'enfanter et dont il ne prévoyait certes pas alors toute la puissance.

Nous avons trouvé la relation des missions diplomatiques d'Anchemant dans nos archives de famille. Les pièces originales étaient réunies, classées et

étiquetées par Nicolas Anchemant, fils du secrétaire de Philippe-le-Beau (0.

Les éléments du manuscrit, que nous livrons à l'appréciation du lecteur, sont tirés de ces pièces,

probablement par Ferdinand Anchemant, seigneur

de Broodhende (^), qui vivait au commencement du XVIP siècle.

Les Missions diploTuatiques de Pierre Anchemant auraient paru plus tôt, si des circonstances indépendantes de notre volonté et auxquelles la politique n'est pas étrangère nous avaient permis de mettre la main

à l'œuvre (5).

Nous avons accompagné le texte du manuscrit de

notes biographiques et de commentaires qui le rendent plus clair et permettent de mieux apprécier les caractères des personnages et les circonstances au milieu desquelles certains faits historiques se sont produits. L'Introduction donne un aperçu de l'ensemble du

travail et en lie les diverses parties entre elles.

Dans les Appendices nous avons réuni toutes les

(1) Voir p. 109.

(2) Voir TAppendice N<> VI, p. 182.

(3) Le Messager des Sciences historiques et des Arts avait annoncé la jûise sous presse de cet ouvrage en 1868.

pièces manuscrites ou imprimées qui se rapportent aux événements politiques auxquels Anchemant a été mêlé

ou qui le concernent personnellement.

Enfin, nous avons tâché de présenter les documents diplomatiques que nous possédons, sous la forme la moins aride, en les encadrant de manière à en faciliter la lecture. Avons-nous réussi? C'est au lecteur qu'il appartient de répondre.

En terminant cette Préface, nous nous faisons un devoir de témoigner à M. l'abbé Dehaisne, archiviste du département du Nord," à M. Quantain, archiviste du département de l'Yonne, et à M. Pinchart,

chef de section aux archives générales du royaume de Belgique, notre gratitude pour l'empressement qu'ils ont mis à nous fournir les renseignements puisés dans les riches dépôts confiés à leur garde.

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