SEIGNEUR DE MARCKE, ETC., SECRETAIRE ET AMBASSADEUR
Que ledict Pierre Anchemant fut secrétaire du roy des romains Maximilien et Philippe, archiduc d'Austriche, son filz, appert par sa commission dont la teneur sensuict.
Maximilian par la grâce de Dieu roy des Rommainz,
tousiourz auguste, et Philippe par la mesme grâce arcfiiducz Daustrice, ducz de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant, de Lembourg, de Lucembourg et de Ghelres ; comtes de Flandres, de Thirol, Dartois, de Bourgoigne; palatins de Haynnau, de Hollande, de Zeelande, de Namur et de Zutphen; marquiz du saint empire; seigneurs de Frise, de Salins et de Malines. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Scavoir faisons, que nous aiant bonne
cognoissance et expérience des habileté, sens, souflfisance, loyaulté et bonne diligence de nostre bien amé Pierre Anchemant, lequel longuement et jusques a ores nous a servy soubz nostre amé et féal conseillier maistre Nicolas de Ruter, prevost de Louvain, nagaires notre premier
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secrétaire et audiencier (i), et en regard et considération aux bon devoir, soing et diligence que icelluy Pierre Anchemant a prins pour nostre dict service, icelluy Pierre, avons, par lavis de tous ceulx de nostre conseil, estanz
(1) L'auteur du manuscrit consigne en marge : « Ce Prévost de Louvain w estoit Nicolas Ruter, qui avoit esté secrétaire et audiencier de l'archiduc » et puis evesques d'Arras. »
A la fin du manuscrit, f» 132, on trouve la note biographique ci-après, extraite de VHistoire ecclesiastycque du Pays-Bas, par Guillaume Gazet. En parlant des évêques d'Arras cet auteur dit :
« Nicolas de Ruystre, natyf de Luxembourg, succéda (scavoir en l'evesché » d'Arras) à Pierre de Ranchicourt environ l'an 1501. Il avait esté conseillier » au ducq Charles et a sa fille Marie, et depuis a Philippe, roy de Castille, » desquelz yl avoit esté envoyé en qualité d'ambassadeur vers plusieurs » princes. Il estoit aussy Prévost de S'-Pierre à Louvain, chanoine et archi- » diacre de Bruxelles en l'église de Cambray. Finalement yl fut advancé à » l'evesché d'Arras, non pas à guise d'un courtisan incapable d'une telle
» charge, mais comme personage fort qualifié et doué de touttes les per-
» fections et vertus qui sont requises a un tel estât, de quoy yl donna
» preuve suffisante, tant par sa vie honeste et vertueuse que par plusieurs » belles et mémorables fondations quil a faict libéralement à la gloire de » Dieu et l'augmentation de son service. »
Après cet éloge, l'auteur énumère les libéralités que Nicolas de Ruystre a faites à la cathédrale d'Arras, puis il ajoute : « Qu'il fonda aussy la w procession qui se faict durant l'octave du St-Sacrement en la nef de » l'église aprez les vespres et l'office solemnel du iour de S'-Nicolas et en » donna une image d'argent pesant 35 marcs, avecq plus aultres ioyaulx » comme une mitre et le baslon pastoral, son calice, un bassin avecq des
» pots et aultres vaissaux d'argent doré, des chappes de drap d'or et
» aultres ornemens. Qu'il a aussy faict bastir un très beau collège en » l'université de Louvain, qui s'appelle ^e collège d'Arras, ou yl at fondé
» quinze bourses pour quatorze estudians et un Président, desquelles les » trois sont pour les enfans choraux de l'église d'Arras, afin que ylz soient » instruicts en bonnes mœurs et lettres. Il a aussy esté bienfaicteur des » chartreux a Louvain, ou yl at faict ériger quelques chambrettes de » religieux avecq plusieurs verrières au cloistre ou sont ses armoiries. — » Yl trespassa le 5 novembre de l'an 1509, estant pour lors à Malines. » Son corps fut transporté en l'église de S»-Pierre à Louvain, selon qu'il » avoit ordonné. Yl avoit pour devise : œquo animo, et pour armoiries il
» portait : d'azur à trois feuilles d'or. »
lez nous, aujourdhuj retenu et ordonné, retenons et ordonnons par ces présentes nostre secrétaire en ordonnance, signant sur le fait de noz demeine et finances, au lieu de nostre amé et féal aussi secrétaire ordinaire, maistre Jacques de Gondebault (l), lequel, en le pourveant de lestât de nostre secrète ordinaire, tousiours servant que souloit avoir nostre amé et féal secrétaire audiencier maistre Gérard Numan, en avons de son gre et consentement deschargé et déporté, deschargons et déportons par ces présentes, par lesquelles avons audit Pierre Anchemant donné et donnons plain povoir, auctorité et mandement especial dexcercer et desservir doresenavant ledit estât, signer et expédier toutes lettres patentes et closes qui par nous, nostre chancellier, le chief de nostre conseil en son absence OU autre aiant povoir à ce, lui seront ordonnées et commandées et de ausurplus faire bien deuement et loyaument touttes les choses que bon et loyal secrétaire en ordonnance signant sur le fait de noz demeine et finances peult et doibt faire et qui audit estât compétent et appartiennent, aux gaiges, honneurs, prérogatives, franchises, libertéz, droiz, prouffiz et emolumens acoutumez et qui y appartiennent et telz et semblables que les avoit et prenoit ledit maistre
(1) Le baron de Reiffenberg, dans son Histoire de la Toison d'or p 2^i rapporte que le 26 octobre 1496 : « On lut une lettre du roi, ad'ressée" à I archiduc son iiis, par laquelle il lui faisait connaître qu'il désirait que le
jour de St-André prochain, l'on tint à Malines une fête et un chapitre de Ordre, et que si, suivant les statuts, Laurent du Blioul ne pouvait avoir la place de greffier, il souhaitait qu'elle fût conférée à Jacques de Gondevault, conseiller et maître des requêtes ordinaire de son hôtel. >, C'est par erreur que le même écrivain ajoute en note : « que peut-être il faut lire de Gondcval, au lieu de de Gondevault. » Il confond Nicolas de Gondeval, maître dhotei de l'archiduc Philippe, trésorier de l'Ordre de la Toison d'or avec Jacques de Gondevault, secrétaire du même prince.
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Jaques de Gondebault. Sur quoj il sera tenu de faire le serment en tel cas pertinent, ez mains de nostre très chier et féal chevalier, chancellier, le seign^ de Champuans et de
Soore (1), ou en son absence de Révérend père en Dieu, nostre très chier et féal chief de nostre grant conseil en labsence de nostre dit chancellier levesque de Cambray (2), que commettons a ce. Sy donnons en mandement à nostre dict chancellier et aux autres gens de nostre dict grant conseil et a tous autres qu'il appartiendra que ledict serment fait par ledict Pierre Anchemant, ils le facent, seuffrent et laissent dudict estât de nostre secrétaire en ordonnance, signant en
finance, ensemble des gaiges, honneurs, prérogatives, franchises, libertez, droiz, prouffiz et emolumens des susdicts plainement et paisiblement jojr et user; cessans tous contredicts et erapescheraens. Mandons enoultre aux maistres de nostre hostel, maistre et contrerolleur de nostre chambre aux deniers, que ceste nostre présente retenue, ils enregistrent ou facent enregistrer es papiers et registres de nostre hostel a ce ordonnez. Et dudict jourdhuy enavant toutes les
fois que ledict Pierre Anchemant sera pardevers nous et nous
(1) Jean Carondelet, seigneur de Champuans, avait obtenu celte dignité en 1478. Le manuscrit porte en marge : « Le s' de Champuans fust Président de Bourgoigne, puis chancelier et s- de Sorre sur Sambre, et se nomoit Jean Carondelet. » Dans sa vieillesse il fut dépouillé de ses fonctions, par le crédit de ses ennemis, qui, en 1496, déterminèrent l'archiduc Philippe à lui retirer les sceaux, pour les confier à Thomas de Plame, seigneur de Magny. De Reiffeuberg, Hist. de la Toison d'or, p. 168.
(5) « Il s'appelait Henri de Berghes, » est-il dit en note. Cet évêque de
Cambrai était conseiller de l'archiduc Philippe, qu'il marie solennellement à Lierre, le 18 octobre 1496, à Jeanne d'Arragon, fille de Ferdinand, roi d'Ari^gon, et d'Isabelle, reine de Castille. 11 fut élu chancelier de l'Ordre de la Toison d'or, dans le chapitre tenu à Malines en 1491. Il est mort en 1502 et sa dépouille mortelle repose dans la cathédrale de Cambrai. Il était fils de Jean, chevalier de l'Ordre de la Toison d'or, et de Marie de Rouvroy.
servira audict estât et office de secrétaire lui comptent par les escrocs de la despence de nostre dict hostel et facent payer, baillier et délivrer gaiges, telz et ainsi que les avoit
et prenoit de nous ledict maistre Jaques Gondebault. Selon lordonnance de nostre dict hostel et par rapportant pour une et la première fois. Vidimus de cestes faict soubz seel autentjcque ou copie collationnée et signée par lun de noz secrétaires, avec ledits escrocs pour tant de fois que mestier sera. Nous voulons tout ce que desdits gaiges lui aura ainsi esté payé, baillé et délivré, estre alloué es comptes et rabatu de la recepte du maistre de nostre chambre aux deniers qui payé
laura, par noz améz et féaulx les gens de noz comptes quil appartiendra nonobstant quelsconcques ordonnances, mandemens ou deffences à ce contraires. En tesmoing de ce, nous avons faict mettre a ces présentes nostre signet de secret armojé de noz armes en labsence de nos seaulx. Donné en nostre ville de Malines, le XIIIP jour de novembre, lan de grâce mil quatre cens quatrevings et huit. Et du règne de nous roy, la troisième. Estoit signé : par le roj, Robets. Au dos estoit escript : aujourdhuy VP de febvrier, lan mil IIIP quatrevingt et hujt, Pierre Anchemant at faict le serment de secrétaire en ordonnance signant sur le fait des demaine et finances du roy des Romains, nostre seign"" et de monsg'^ son fils archiduce daustriche, ducz de Bourgoingne, etc., dont au blanc de cestes est fait mention, es mains de monsg^ de Champuans et de Soore, chevalier, chancellier du roy et
de mon dict seig'" son filz. Fait à Malines les jour et an des-
susdicts (1), moy présent Le Fevre.
(1) Ce document, que nous avons collationné sur l'original, renferme une erreur de date. En efiet, la patente porte qu'elle a été donnée le 1 i novembre 1488, tandis que la prestation du serment aurait eu lieu le a février de la même année.