Id. de Guy de Rochefort, chancelier de France
OtcU ^>r/| itl^^i^
nchcM4avt^ ^^
JAQUOT ANGHE3MANT.
Que ledict Jacot fut capitaine et chastelein de Lisie soubs Montréal (Bourgogne) (i), appert par une lettre du prince d'Oranges Lojs de Chalon, dont la teneur en partie sensuit.
LoYs DE Chalon, prince Dorenges, conte de Genève et seigneur Darlaj, confessons avoir eu et receu de Jaquot
Anchement, ciiastellain de Lile, la somme de cinq cens
frans par la main de Jehan Bardoillié, qui restoient de
mille frans que nous Ij adviens baillé en garde et dont nous avons ja receu de lui cinq cens frans dont il a sa descharge de nous. Et par ainsi nous sommes contens dudict Jacquot desdicts mille frans qui nous gardoit et len quictons entièrement et tous aussi a qui quittance en appartient.
Donné à Troyes , le XX« jour davril après pasques lan mil IIIP vint.
Et estoit signé LoYs DE Chalon, avccq les armes dudict
prince en cire rouge (2).
Item par copie d'un instrument de donation faicte par
(1) La chatellenie de Lille-sous-Moiitrëal entra dans la maison de Châlons au Xllle siècle par le mariage d'Hugues, corale de Châlons, avec Béatrix de Champagne fille de Thibaut, roi de Navarre, et de Marguerite de Bourbon. L historien André du Cliesne dit que « les conventions du mariage furent
» accordées au mois de novembre l'an mille deux cens cinquanle-huit
» suivant lesquelles elle apporta au duc pour tout partage de père et de » mère la somme de vingt mille livres avec la chastellenie de l'isle soubs » Montréal et les appartenances d'icelle, excepté le fief de Noyers. >>
(2) Les pièces originales sont annexées au manuscrit.
Jean de Chalon audict Jacot, dont aussy la teneur s'ensuict en partie.
Jean de Chalon (1), seigneur de Vieteaulx et de Lile soubs
(1) Note en marge : « Ledict Jean de Chalon, s»" de Vileaux, fut frère dudict Loys prince d'Orange, filz de Jean de Chalon, premier prince d'Orange de par sa femme Marie de Baux, fille et héritière unicque de
Raymond de Baux, prince d'Orange. »
A la fin du manuscrit, l'auteur donne le crayon généalogique ci-après de la maison de Châlons, qu'il doit avoir rédigé d'après VHistoire des roys, ducs et comtes de Bourgogne d'André du Chesne :
Loys de Chalon, s' d'Arlay, de Viteaux, d'Argucil et de Cuisel, espousa Marguerite de Vienne,
dame de S'-Laurens, et mourut au voyage d'oultremer Tau 1367, et elle vivoit encore l'an 1380, et eurent : (*)
Jean de Chalon, s' d'Arlay, Vitaux, Cuisel et par la mort de son frère Henry, s»" d'Argucil, fut de par sa femme Marie Baux, prince d'Oranges. Obiit environ l'an 1417, et eut :
Henry de Chalon, s' d'Argueil, trèspassa sans enfans, en la guerre des Turcqs, le 11 de septembre 1397.
LoYs DE Chalon, surnommé le Bon, prince Dorenges, s»" d'Arlay; yl sinti-
lula aussy comte de Genève, espousa
Jeaive de Montbeliaro, et mourut le 3* decemb. 1463. Eut ;
Guillaume de Chalon, s' d'Arlay, prince d'Orenges, espousa (1438) Catherine de Bretaigne. Eut :
Jean de Chalon, 2« prince d'Orenges, S' d'Arlay, Argueil, etc., espousa Philiberte de Luxembourg. Eut :
Jean de Chalon, s"" de Vileaux, Cuisel et de Lisle soubz Montréal, Chevanes, l'Orme, etc., espousa
Jeane de la Trimouille, dame de Brignon, fille de
Guy de la Trimouille et de Marguerite de Noyers, comtesse de Joiguy. Obiit environ l'an 1452.
Loys de Chalon, S' de Lisle soubz Montréal. Obiit sans hoirs.
Philibert de Chalon, dernier prince d'Orenges. Obiit 1530, devant Florence.
Claude de Chalon, espousa Henry de Nassau, qui fut institué héritier de la principauté d'Orange par Philibert de Châlons, son
Charles de Chalon, s' de
Viteaux, comte de Joiguy, qui eut un frère nommé Antoine, qui fut evesque d'Autun. (Charles de Châlons épousa Jeanne de Banquetlv, veuve sans enfants d'Artus de Chastillon).
Charlotte de Chalon, comtesse de Joigny et dame de Viteaux, épousa 1» Adrien de Saint- Maure, marquis de Nesle ; et 2<> François d'Alègre, seigneur de Pressy.
oncle, à la charge de porter les noms et les armes de Châlons (**).
(•) Louis de Châlons éiaît le second fils de Jean de Châlons, seigneor d'Arlay, ei de Marguerite de Mello. Il eut en partage les seigneuries d'Argucil et de Viteaux. 11 épousa Marguerije de Vienne, fille de Philippe, seigneur de
lloDimorat, et d'Uogonne d'Aniigoy, sa première femme, qui Jui apporta en dot les terres de St-Laarent, Caisel,
Beaarepaire et autres.
(*') De ee mariage est issa René de Nassao ou de Cbftions, qui devint le chef de la maisoo d'Oraoge-Nasfau et prit poar devise : Je maintiendfai.
Mont Rayai, faisons scavoir a tous, que nous, en reconpensacion des aggreables services que Jacot Anchemant nostre
chastelein dudict Lile a faict au temps passé tant a feu nostre très redoubté seigneur et père mons"" le prince Déranges et aussy a feu nostre très cher et très amé oncle messire Henry de Chalon, iadys seigneur Dargueil (i), tant au voyage doultre mer que ailleurs et aussy nous faict et fera en temps advenir, Nous en reconpensacion diceulz services, et aussy parray la somme de cent francs quil nous at baillé, avons donné et octrojé, baillé et délivré et par
ces présentes donnons, octroyons, baillons et délivrons au dict Jacquot, pour luy, ses hoirs, etc. (2).
Donné soubs nostre seel et signet manuel le 4® iour du mois dapvril, avant pasques, lan mil IIIP et dix noeuf. Signé : Jean de Chalon, et seellé de cire rouge.
Et encores que cy dessus n'est exprimé le nom de capitaine , yl est toutesfois asseuré que ledict chastelein estoit
aussj capitaine, comme jl appert par copie de certain
instrument de lan 1512, addressant audict chastelein pour lors en ces termes : « A noble seig"^ et sage Jean bastard de Chalon, escuyer, s' Dorigny, capitaine et chastelein de Lille soubs Montréal, etc. Signé : E. Pelisson, inséré cy
aprez (3). «
Et devant que le dict Jacquot fust capitaine et chastelein, comme dict est, yl fust secrétaire de Henry de Chalon, cy
dessus nommé, et avoit esté avecq luy en la terre saincte,
comme aussy yl appert par certaine donation que le dict s"- luy fict des biens d'un bastard, dont la copie s ensuict.
(1) Eu marge : « Ce messire Henry s' d'Argueil trespassa sans eufans en la
guerre des Turcqs le 41 septembre 1397. »
(2) En marge : « 11 donnoit les biens d'un bastard a luy escheuz. »
(3) Voir cette pièce ci-après, à l'article de Jean Anchemant, filz de Jean.
Nous Henry de Chalon, sire d'Arguel et de Cuysel, faisons scavoir à tous que pour les bons et aggreables services que Jacquot Anchemant, de Cuysel (1), nostre clerc» nous at faict tant au voyage d'oultremer, comme auUre part et faict un chascun iour, et aussy a la requeste de nostre très chère dame et mère, madame de Sainct Laurent (2), Nous, pour nous et nos hoirs, avons donné et octroyé, etc. Es témoin de ce nous avons faict mectre nostre propre seel à ces présentes lettres et donation audict lieu de Lille, le 26® iour du mois d octobre l'an mil IIP IIIIxx et quinze, et estoient scellé de cire rouge.
Nota. Que le nom de clerc est pris pour secrétaire comme aussy le roy de France Henry II le prend en certaine ordonnance quil at faict sur le faict des secrétaires et notaires,
insérée au code Henry, livre 19^ tit. 6, art. 13, en ces termes : « Annoblissons et faisons nobles nos clercs, notaires et secrétaires, etc. '>
(1) Une note qui figure en lèle du manuscrit, dit à propos de Cuiscaux :
« Cuy seaux, viUe de robeyssance du roy de France, située en la viscomté d'Auxonne, au bailliage de Chalon.
» A Cuysel, ville de la duché de Bourgoigne, est cognue la famille des Anchemant pour une des plus nobles, anciennes et riches de la dicte ville,
selon le tesmoigiiaige de Guillaume Paradiii, in traclalu de antiquo statu
Burgundiœ, où yl dict en la description d'icelle : BasiUeusis synodi decreto, UIic canoiiicum collcgium instilUtum est : nullum verù clarius illîc nomen habetur, quam Anchemanorum : quod ad familisc vetuslateni, divitiarumque splendorem attinet. Hi sunt Gayanae Bellijocen. familiai et génère, et necessitudine propinqui. Bellijocensis familia, est celle de Beau] eu ci porte la maison de Bcaujeu d'or au lyon de sable armé et lampassé de gueulle.
» Le s' Jean Carion, en ses chronycques aux gestes du roy François I", parlant du dict Guillaume Paradin, l'intitule : « homme de grandes lettres estant au service de monseigneur de la Vaux. »
(2) Note en marge : « Elle s'appeloit Marguerite de Vienne, dame de
S*-Laurens, Cuise!, Beaurepaire, etc., et mourut environ lan 1580, et son
mary, Loys de Chalou, obiit au voyaige d'oultremor anno 1307. » Voir le crayon généalogique page 2.
Que la mère dudict Jaquot estoit de la maison de S*-Amour, appert par certain livret des biens par luy acquys à Cuysel et audict Lille, au f° 2 v. est dict :
Item, yl at acquys (scavoir à Cuysel) la vigne d'Arcier Nostre-Dame et celle de la Maladerie, car sa tante Guylaine de S*-Amour les ly donna pour services quil ly feit et environ une pieze de terre es Crosat (i) qui souloit estre vigne.
Lesquelles vignes ont esté possédées par indivis avecq madame de S*-Laurens, dont on poeult • coniecturer que ladicte Guilaine de S^- Amour et celle de S*-Laurens ont esté parentes, car en un aultre article audict livre est dict :
*♦ Ledict Jaquot at acquys les quarts de vignes des Crosat de Darcier Nostre-Dame, d'une partie de la vigne de la Maladerie, car yl at faict services et plaisir à madame de
S*-Loren et à mess"*' ses enfans qui les ly ont donné. »»
Que ledict s^ de S*- Amour avoit espousé Sadamie Grant, appert par un aultre article audict livret ou est dict :
*' Item, at acquys de Sadamie Grant, mère de sa mère, la tierce partie de la maison, etc. »
Et estoit ceste Sadamie Grant, sœur ou niepce de messire Jehan Grant, dont est parlé en un aultre article en ces termes :
^ Item, at acquys de madame Alacx (2), femme de messire Jehan Grant, une maison, etc. «
Ledict Jaquot at faict bastir l'église ou chapelle de Saint- Georges audict Lile ou on voit encores ses armes aux pilliers d'icelles, dont le consentement est porté en un article audict livret, f*^ 1^', ou est dict :
« Et at octroyé et consenty ledict Mons^ de Viteaux que ledict Jaquot puisse fonder une chapelle a Lile et y donner
(1) Le Creuzot, dép. de Saône-el-Loire (Bourgogne).
(2) Probablement Alix,
i«JL. .^
et laisser xx iournaulx de terre, xx omees de vignes, XX soitines de prez et x florins de rente, lesquelz yl at amorty et afFranchy, etc. »
Que ledict Jaquot estoit natyf de Cuysel, appert par la
susdicte donation de Henry de Chalon et par une constitution de rente de xx livres tournois, constituée a son proufyct, dont la teneur est :
« L'an mil IIIP XXVI, le vendredj aprez la feste de l'exaltacion S*«-Croix, XXP jour de septembre. Nous Humbert Hugot et Odote de De Grainges, sa femme, demoirans a Lile soubz-Mont Rai, et mesmement je ladicte Odote, de lautorité, congié et license dudict Humbert, mon marj, a
moy par luy donné et lesquelles jay prinses a moy aggreablement quant ad ce qui s'ensuict, confessons nous et faisons scavoir à tous présents et advenir que nous, de nos pures, franches et libérales voluntez, sans force, déception ou contraincte aulcune, avons vendu, cédé et transporté et par ces présentes vendons, cédons et transportons des maintenant et a tousiours, etc., a noble homme Jaquot Anchemant, de Cuysel, présent et acceptant pour luj ses hoirs et ayants
cause de luy, vingt livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, etc.; estoit signé Johan Georgin, iuré du tabellionage dudict Lille (i). »
Sur la fin dudict livret est dict ce que s'ensuict : «» somme d'argent baillé, ix^ l florins sans les acquests quil at faict cy devant que messeigneurs ly ont donné pour les services et plaisirs que le dict Jacot leur at faict, qui vaillent mille
ecus dor et plus. Ainssj yaillent ses acquêts en la duché de
Bourgogne ii"" et v° livres et plus et ceulx de la comté cy aprez declairéz vi"" florins et plus. »
(1) La pièce originale est annexée au manuscrit.
Ledict Jacot selon que Ion peult iuger, debvoit estre né environ lannée 1355 ou 1356, car Tannée 1395 yl estoit secrétaire de Henry de Chalon, sire d'Argueil, comme dict est, et avoit esté avecq luy en la terre saincte et faict de
notables services a Madame S*-Laurens, sa mère, de sorte que lors yl estoit homme faict et en eage complet que i estime avoir esté de 40 ans et qu'en Tan 1426 yl pouvoit avoir 70 ans.
JEAN ANCHEMANT,
FILZ DE JAQUOT.
Que ledict Jean fust filz dudict Jaquot appert par un contract d'eschange faict entre messire Jehan Peronet, prestre de Lille soubz Montréal, et Jehan Anchemant dudict
Lille, filz de Jaquot Anchemant, et luy faisant fort pour
ledict Jacot son père, etc., l'an mil IIIP XXXV, le 23® iour du mois de décembre. Signé : Garnier (i).
Que ledict Jean fust conseiller du ducq de Bourgogne et bailly de Lille en Bresse, appert par la concession dudict bailliage, dont la teneur s'ensuict :
Anthoine de Chalon (2), protonotaire de nostre S* Père le Pape, et seig'' de Lille en Braisse (Bresse), scavoir faisons à
tous que nous confians a plain des sens, loyaulté, preudhomiô
(1) La pièce originale est annexée au manuscrit.
(2) En marge : « Cest Anthoine fust depuis evesque d'Autun et estoit filz
dudict Jean de Chalon, s»" de Viteaux et de Lisle soubz Montréal. »
et bonne diligence de nostre très cher et bien araé raaistre Jehan Anchemant, licentié ez loix, conseillier de mons*" le ducq de Bourgogne, iceluj avons retenu et retenons de nostre conseil pour nous servir et conseiller en noz besoignes et affaires, et aussy pour estre nostre bailly dudict Lille en Braisse tant quil nous plaira, aux gaiges et pensions chascun an de cinq francs lesquelz nous luj voulons estre payés par nostre recepveur dudict Lille ou admodiateur d'icelle terre chascun an au terme de S* Barthélémy
apostre. Auquel maistre Jehan nous avons donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes plain pouvoir, puis- 'sance, aucthorité et mandement especial de exercer ledict office de Bailly iustement et lojaulement es cas et en la
manière quil appartient et quil est accoustumé de faire. Si donnons en mandement a tous noz officiers et sergeants que audict maistre Jehan es cas touchant ledict office, ylz obejssent et entendent diligemment. Mandons aussj a
nostre dict recepveur dudict Lille ou admodiateur présent et advenir que chascun an ylz payent audict maistre Jehan lesdicts cincq francs audict terme, et parray rapportant le
double de ces présentes signé de main de notaire pour une
fois et quyctance dudict maistre Jehan, nous voulons quil^ luy soient allouez en la despense de ses comptes ou admodiacl de ladicte terre sans contredict. En tesmoing de ce
nous avons signé ces présentes et seellées de nostre seel le
XVIP iour du mois de décembre l'an mil IIIP soixante et quatre. Signé : A. de Chalon, avec ses armes en cire rouge (1).
(I) L'original est annexé au manuscrit.