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APPEL DE DIEU A LA FRANGE PROTESTANTE

pas de l’espoir qu’on pourra l’utiliser, cette occasion, sans sacrifices. La guerre coûte cher; on ne la fait qu’avec des hommes et de l’argent. Il nous faut, pour soutenir l’effort commencé dans nos colonies, des hommes et de l’argent, plus d’hommes et plus d’argent que nous n’en avons eu jusqu’à présent à notre disposition.

Et je le dis nettement, ce plus, c’est surtout à la France protestante à le fournir, car c’est la branche spécialement française de l’œuvre qui nous impose les charges additionnelles les plus fortes. Donc, pas d’illusions. Il faut que nos Eglises augmentent leurs sacrifices, si nos œuvres nouvelles, nos œuvres coloniales doivent se développer. Il ne serait pas juste, il ne serait pas chrétien que ces œuvres se fissent sans coûter un effort correspondant; et j’ajoute : cet effort se fera , ou ces œuvres ne prospéreront pas.

Mais cet effort, comment l’obtenir? Par des appels? Des appels, nous en faisons, — quelques-uns nous reprochent d’en trop faire. Mais nous le savons mieux que personne : les appels n’ont qu’un effet limité. Il faut autre chose, aujourd’hui, que des appels propres à obtenir d’une émotion passagère un léger supplément de ressources.

Ce qu’il faut, je l’ai dit et je le répète : c’est une consécration plus sérieuse, plus complète de nos Eglises à leur tâche ; c’est, pour chacun de nous, une vue claire de ce qu’implique notre service de chrétien. Car l’obstacle aux pro-

l’obstacle.

grès de l’œuvre de Dieu, ce n’est pas le manque de ressources. Les ressources existent ; mais le partage du cœur et la mondanité les détiennent et forcent à les refuser au Seigneur, qui en a besoin.

Le remède au mal, c’est donc le retour à Dieu, c’est la vie placée sous cette devise : Je ne suis plus à moi-même . Tout ce qui est à moi : ma fortune, mes enfants, ma maison, mon influence; tout ce qui est en moi, Je corps, lâme, l’esprit, tout est à Dieu; qu’il en fasse ce qu’il lui plaira. Yoilà la vie consacrée. Quand elle sera plus

générale dans nos Eglises, les ressources et les hommes ne manqueront plus.

La preuve en est que, partout où l’Esprit de Dieu fait sentir son action, les chrétiens éprouvent le besoin de se donner sans réserve au service de Dieu, et les missions ont leur bonne part de ces recrues volontaires de l’armée de Jésus- Christ.

Depuis quelques années, les Eglises d’Angleterre et d’Amérique voient se produire un fait réjouissant : des jeunes gens, des jeunes filles partent pour les missions à leurs propres frais , tout en se mettant au service des Sociétés existantes. Yoilà pour les hommes.

Et, puisqu’après les hommes la guerre réclame de nous de l’argent, permettez-moi de vous citer un autre fait que j’emprunte également aux habitudes des chrétiens du dehors.

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