COMMENT PROFITER DE L’OCCASION PRÉSENTE
Dès lors, que faire, ô Dieu? Que faire pour ne pas manquer l’occasion?
Obligé d’être bref, je réponds par deux mois : recueillement, consécration. Pour profiter des occasions il faut les discerner. On les discerne dans le recueillement. Il faut ensuite les saisir. On les saisit par la consécration.
C’est ainsi que Jésus a élé à la hauteur de sa tâche et qu’il a, dans la période active de sa vie, saisi toutes les occasions qui lui ont été offertes de faire le bien et l’occasion suprême de sauver le monde. Il vivait concentré en lui-même et dans la communion constante avec son Père; et sous cette lumière intérieure il voyait clairement, jour après jour, heure après heure, les occasions d’agir se présenter à lui.
Il nous faut cette concentration, ce recueillement. Nous sommes trop dominés par les bruits du monde, trop mêlés au tourbillon des affaires publiques et mondaines ; il nous faut échapper à ce bruit, sortir de ce tourbillon; il nous faut écouter la voix de Dieu parlant dans les événements; il faut, dans le silence enfin reconquis, arriver à entendre le pendule qui bat les secondes
L^IEURE IIE DIEU.
dans la journée de l'humanité ; il nous faut, sous la clarté d’En-haut, suivre l’aiguille qui marque les heures et les minutes sur le cadran des dispositions providentielles. Nos Eglises ont besoin d’hommes qui leur rappellent l'heure qu'il est au royaume des deux. Soyons ces hommes-là.
Il nous en coûtera peut-être un peu de peine ; il nous faudra donner un peu moins d’attention aux choses passagères et sans valeur véritable. Mais, en revanche, cet effort nous vaudra d’être dans le vrai, dans l’ordre : nous serons les hommes du moment présent, parce que nous serons les hommes de l’éternité. Et plus nous serons ces hommes-là, plus nous verrons se dresser devant nos yeux et devant notre conscience les deux grandes tâches que Dieu impose a l’Eglise : au dedans, le soulagement de la misère humaine et le maintien, dans notre société, du sel de l’Evangile qui l’empêchera de se corrompre; et au dehors, les missions.
Mais, discerner l’occasion n’est pas tout : il faut encore en user. Une seule chose nous en rendra capables : c’est la consécration de nous-mêmes à Dieu.
Et c’est ici qu’il importe de regarder le devoir en face. Je suppose que vous avez reconnu jusqu’ici la justesse de mon exposé. Vous admettez que l’occasion existe, qu’elle est unique et qu’il faut en profiter. Eh bien, croyez-moi, ne vous bercez