LE MONDE ENTIER CONNU
plis : l’exploration a révélé le secret des parties naguère les plus mystérieuses de la terre. Les récits des voyageurs; les journaux illustrés; la photographie et ses mille reproductions : la photogravure, les projections lumineuses qui mettent sous nos yeux la réalité même des pays naguère inconnus, et non plus, comme les anciennes gravures, une Afrique et une Asie faites à notre image; la presse quotidienne, qui, autrefois, ne nous parlait qu’exceptionnellement des pays lointains et qui, aujourd’hui, sous la rubrique des affaires coloniales, nous en entretient chaque jour et longuement; la multiplication extraordinaire des sociétés de géographie : tous ces faits, d’autres encore, mettent le monde païen à la portée de notre intelligence et comme sous nos yeux.
Mais ce n’est pas tout. Rapproché de nous par la connaissance, le monde païen l’est aussi de nous par la facilité de l'accès. Sans revenir aux temps des Christophe Colomb et des Yasco de Gama, où il s’agissait d’ouvrir les voies encore fermées, ne remontons que de cinquante années en arrière. Au temps de la navigation à voiles, il fallait souvent trois mois, jusqu’à cent jours pour aller au Cap. Le Dr Lautré, que nous venons de perdre, avait quitté Paris en décembre 1844 et n’était arrivé au Lessouto qu’en août 1845. Aujourd’hui il y a des paquebots qui font la traversée en quinze jours, et un chemin de fer partant du Cap met, en trente-six heures, nos mission-