SCÈNE II
CLÉMENCE, LÉON, puis FRANÇOISE.
LÉON, en dehors.
C’est boni... c’est boni... Ça peut arriver à tout le monde.
CLÉMENCE
Tiens ! le voilà qui rentre.
LÉON, en dehors.
Encore une fois, cher ami, c’est un petit malbouri (Enirant.) Quelle brute! quel crétin! quel idiot 1
CLÉMENCE
Ah! mon Dieul... (Ju’est-cc qui t’arrive?
LÉON
C’est le concierge qui balayait l’escalier, et qui m’acouvert de poussière. Butorl... sauvage !... kabyle!... Tu es bien heureux d’étre portier... sans quoi!...
LES MITAINES DE i/aMI POULET.
CLKMENr.K.
Laisse donc!... Tu l’appelais ton ami!... un peu plus tu l’aurais remercié.
LÉON
Veux-lu que je me fAclie, que je me mette mal avec lui, pour qu’il g.irde nies lelires quinze jours, renvoie les gens que j’attends, et nous laisse à la porte quand il pleut ? Oii ne connaît pas l’àme des portiers!
Une bonne leçon lui aurait appris à être plus atleâtif.
LEON
Voilà mes visites faites, mes alfaires manquées!... Animal! (Appelant.) Françoise !... Fais-lui brosser mon paletot, je te prie, (il 6tc ton paletot et te met sur une cbaiic, pui* il entre à gauche.)
FRANÇOISE, ouvrant ta porte du fond.
Qu’est-ce qu’il y a?
CLÉMENCE
Tâchez donc de parler plus poliment, Françoise; vous avez un ton qui ne me convient pas.
FRANÇOISE.'
J'ai le ton de tout le monde.
CLÉMENCE
Prenez le paletot de monsieur et brossez-Ie.
FRANÇOISE, entre ses dents.
Encore de l’ouvrage! Je n’en finirai pas de déjeuner aujourd’hui... Où est la brosse? Je l’avais laissée sur la cheminée.
CLÉMENCE
Eh bien, elle doit y être; regardez... (Françoise cherche sur la cheminée, remue avec humeur les objets qui s'y trouvent, et fait tomber une lasse qui se brise.) Mon Uieu, que cette tille est maladroite !
FRANÇOISE
Mais, madame...
Taisez-vous ! ... C’est tous les jours la même chose !
LÉON, dans le cabinet.
Qu'estrce donc?... Qu’y a-tril?...
FRANÇOISE
Voilà bien du bruit pour une méchante ta.sse de pacotille.
CLÉMENCE
Si VOUS faisiez ce qu’on vous dit sans humeur, sans colère, cela n’arriverait pas.
LÉON, rentrant et passant les manches d’une veste de chambre.
Allons, allons, petite femme, caline-toi... Une tasse cassée, le dégât n’est pas grand; Françoise a raison.
CLÉMENCE
Tu lui donnes raison?