‹ Les mitaines de l'ami Poulet comedie en deux actesChapitre 8 sur 51 · CLAUDE, LÉON · texte numérisé non relu

CLAUDE, LÉON

CLAUDE, prenant une chaise.

Ah çà, et toi, monsieur l’ingénieur civil, où en es-tu de tes travaux, de tes espérances ?

LÉON

Ça va, ça va très-bien, et je bénis chaque jour l’idée que j^i eue de quitter Fécamp. Je n’aurais jamais trouvé à y utiliser mes connaissances; j’étais là comme dans un tombeau.

CLAUDE

Enterré vif, à la fleur de l’àge !

LÉON

Ajoute à cela ma tante Gorju, avec ses manies de veuve inconsolable.

CLAUDE

Je l’ajoute en frémissant.

LÉON

Depuis mon mariage, elle ne bougeait plus de chez nous; elle conseillait ma femme, gourmandait ma sœur et trouvait à red'u^ à nos moindres actions. Il fallait sortir, rentrer, dor-,

iO

LES MITAINES DE L’aMI POüLET.

mir à ses heures, manger froid et boire diaud pour lui être agréable, et, chaque jour, écouter le récit, toujours rlouveau iJüur elle desesonze voyages à Teiiv-Neuve, avec mon oncle. Je Jean-Bart de la pêche à lu morue. II y avait de quoi en devenir stupide.

CUUDE.

A ta place, j’aurais signifié à ma respectable tante que je désirais être maître chez mou

LÉON

J’en mourais d’envie; mais quand on a une soeur à doter, quand il y a en perspective une succession de huit à dix mille livres de rentes...

CLAUDE

Le chapitre des espérances.

LÉON

On est bien forcé d’avoir des ménagements.

CLAUDE

Ça ne devait pas te coûter beaucoup.

LÉON

Au contmre, et la preuve, c’est que j’ai saisi le premier prétexte pour me sauver et recouvrer mon indépendanOe.

CLAUDE

Oh! ohl pas tant que ça; car, au premier désir exprimé par la tante, tu as renvoyé ta sœur auprès d’elle pour lui tenir compagnie.

LÉON

Et pour éviter qu’elle ne vint nous relancer jusqu’ici.

CLAUDE

Tu n’as guère ménagé ta sœur dans cette circonstance ; la pauvre enfant avait le cœur gros en partant.

LÉON

Enün, à part ça, je ne subis l’inüuence de personne, je suis mon maître!

En es-tu bien sûr?

LÉON

Ah ! dame! il est certain que lorsqu’on a, comme nous, sa position à faire, on est toujours l’esclave de certaines circonstances.

CLAUDE

Et de certaines gens. Je l’ai déjà vu à l’œuvre.

LÉON. . ‘

Ayant besoin de tout le monde, je lâcha de rester bien avec tout le monde.

CLAUDE

C’est un système comme un autre. . . ‘ .

LÉON

Je me heurte bien quelquefois à des ridicules, à des travert insupporlabh's; ji; vois et j’entends, par-ci, par-là, des chCses

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