IMPRIMERIE CI-DEVANT E. J. BRILL, LEIDE
LESMO-SOS').
HENRI OOBDIEB.
Cette triba qui habite le territoire des préfectares de Li-kiang Sî^ot^îon. JIH J^ et de 1^ ]^ Ho-king dans la proyince da Tun-nan se désigne elle-même sous le nom de Nachi.
La Géographie chinoise Fang-yu^ki-yao dit qae les Mo-siê on Mo-sos sont aassi désignés soas les noms de Mo-cha ^ j^ et de Mo-ti f$ ^ ').
Li-kiang Fou est Tancienne capitale des Moso^ qui sont appelés Djiung par les Tibétains et Nashi par eax-mêmes ^).
Taè-si tchao jj^ ^9 appelé aassi Mo-ne ^ ^ (Mosso) et Houa-ma tchao ^ |||| , qui occupait le territoire de la préfecture Tnnnanaise actuelle de Li-kiang, était Tune des six principautés qui, au YUI® siècle, s'appelaient Leou Tchao -^ ^ et formèrent ensuite Tétat de Nan-tchao appelé aussi Ta-li; le centre de la
1) La à 11 lâuioe de rAe«d^inie des Inieriptioiis et BeUe«-Lettrei da S8 tout 190S.
S) Terrien de Lacouperie, Begimnmgt 0/ Writimg arommd Tiàei, 1894*, p. 40, note, remorqoe qae le caractère ^^ doit être la ici S^ «o, et qod tU, sa pronondation ordinaire. T. de L. conaaere lei pages 40—66 de eet oafrage à l'écritore Mo-ao.
8) Der^ria, Frontière tm o-ûmui m if e, p. 16S.
4) Baber, 2Whp#2i, p. 96.
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principauté de Tae-si appelée aussi Mo-siè (Mossos) et Houa-ma koao, royaume de Houa-ma, occupait le département de Souei tcheou i»3 jfH V^^ répond à la préfecture actuelle de Li-kiang fou. ^)
Au sujet du Tchao de Tue-si ^ ^ , l'un des six tchao composant le Nan-tchao ^ ^ nous lisons: «Po-tch'ong ^ ^ fut le fondateur de cet état, appelé aussi tchao de Mo-sie ^ ffi ^ et encore Houa-ma-kouo, ^ iS| H • H habitait à Souei-tcheou 'j^ j^ . C'est aujourd'hui la préfecture de Li-kiang. Dans la suite, Tu-tseng, ^ ||^, fils de son frère luné, passa la rivière Lou ^ f^ et établit sa capitale au fleuve Long-k*iu jljl'f^ f^ ^). do^MoMos «T-meou-tsin fit de nouveau la guerre aux Tou-fan, auxquels
il enleva la ville appelée Kouen-^ming tching ^ i^ ^- H soumit plusieurs petits princes des peuples méridionaux, ses voisins, tels que les Mo-ne-man^ ^ ^ ^, les Long'tong'tnan^ j^ Ij^ ^, les Mo-tehang-man^ j^ ^ ^, et désigna la yille de Pe-jai ^ jH pour recevoir leurs tributs». ')
Ti-meou-tsin ^ ^ ^ monta sur le trône de Nan-tchao en 778 ; ce fut lui qui subjugua les Mo-sos. Sous la dynastie des Soung, Mong-ts'ou 1^ î^ chef des Mo-sos, s*empara de Li-kiang. Les Mongols en firent la principauté ou marche de Tcha-ghan-djang ^ ^ ^^ . La signification de Tcha-ghan-djang, nom sous lequel les Mongols ont désigné le territoire de Li-kiang occupé par les Mo-sos, est donnée par le passage suivant du Fti^-cAtf-M-/n>ra (liv. 1, p. 19):
«En 1255, le général mongol Ouriangcadaî, venant du Tibet, attaqua Earadjang ^ ^J :^, c'est-à-dire les Ou Man ou barbares noirs (Tun-nan fou) et Tcha-ghan-djang, c'est-à-dire les Pê Man
1) Deférit, pages 106, 120.
2) Natê-eeÂao ye cAe, p. 10-11.
S) Etàuoçrapkiâ des peuple* étranger» de Ma^aman-lim trad, du ekiuoii pmr le Mtrqait d'Uerfey de Stint-Denyï, II, p. 207, dtnt Meume Orna,
ou barbares blancs^. Eara et Tohagan signifient en efiFet noir et blanc en mongol. ^)
La dynastie des Ming confia les fonctions de préfet à nn chef nommé Mon ^ . *)
J*ai déjà en Toccasion de signaler ') la série de monographies q ^ h. traduites dn chinois par M. Platfair à propos des Lo^los; je traduis ^^ maintenant la notice N^ 21 consacrée anx Mo-êos*):
Mo-siÉ j^ ^ JHbu Mo-8ié.
Dialrihution. — La préfecture de Li-kiang. Us vivent non loin de la TÎUe. Leurs maisons sont des huttes construites de planches airec des claies pour portes.
Habillement — Les hommes percent leurs oreilles, portant des pendants fiûts d'une pierre verte. Leur chevelure est tordue sous un honnet noir â.. Ils portent des hahits avec de longs cols et de larges manches, attachés avec une ceinture soit rouge soit verte fleurie. Les femmes portent de courtes jaquettes, des chapeaux en pointe et des jupes cylindriques, joliment plissées et attachées avec une ceinture hrodée de couleur vive. Sur le tout, ils portent un manteau de peau de mouton.
Mariage. — Les membres de la tribu dans cette préfecture, Li-kiang, sont tous surnommés Ho 4tP, mais néanmoins il ne leur est pas défendu de se marier entre eux.
Enterrement. — On n'emploie ni cercueil ni enveloppe à la mort d'un parent, mais le corps est brûlé et les os sont dispersés dans un endroit désert. Un morceau de bois à moitié brûlé est apporté à la maison et on lui ofi&e des sacrifices.
Religion. — La religion dominante est le Bouddhisme, et les Lamas sont tenus en gitind respect. Mais ils ont aussi d'autres cérémonies. Au jour de l'an, les membres de chaque famille brûlent de l'encens et prennent un bain de cérémonie. Ensuite avec de Tencens dans leurs mains, jpt portant du riz sur leurs dos, ils se rendent au bâtiment renfermant l'autel fomilial. Les prétresses de leurs rites sont priées respectueusement d'offrir des prières et des sacrifices en leur faveur. Ces cérémonies, qui durent onze jours, sont appelées les «Jours de Sacrifice» et ont pour but de s'assurer une heureuse année. De nouveau, dans la 6e et dans la lie lunes, la prêtresse, à leur prière, plante une branche de châtaignier comme «une perche pour que les dieux se juchent dessus», et offre des sacrifices aux ancêtres.
1) 8) Uev^rit, pp. 166, 164.
8) Les Lolot ... par Henri Cordier, 1907, pp. 6/7.
4) CAiita Retfiew, V, pp. 98/9.
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Nourriture, — Leur pays étant trop froid pour la culture du riz, ils se nourrissent d*orge ^Kft , d^ivraie Itt et diverses autres graines.
Les Moao-sie ^ ^ forment ane «branche des Wou-man J^ ^. Ils sont d'un naturel franc et simple. Lear parler ressemble à des croassements. Les hommes ont les cheveax toudas et portent an bonnet; ils portent une Teste de toile à grand col. Les femmes ont un haut chignon on portent an bonnet pointe enduit de Ternis noir; elles portent ane courte veste etnnelongae jape. Les Moao-sie s*occapent à éleTer des bœnfis et des montons et à chasser le musc. Ils ont entre enx des inimitiés qni Tont jasqn*à la lotte à mort; mais les femmes n*ont qa*à aller an lien do combat et à les exhorter à cesser poar qu'ils s'arrêtent ')• A la fin de Tannée, ils tnent des bœufs et des montons et s'entr'inTitent; le refus d'un seul invité est considéré comme au afiFront. Actnellemeut, il y a quelques-ans de ces indigènes qni savent lire et vont % l'école».') Garnier Francis Garnibb dans son chapitre de Tun^nan à Taly (Voyage
iï exploration en Indo^Chine^ I, p. 520) noas dit: «On doit sans doute rattacher les Mossos au rameau tibétain». Et il ajonte en note: «Les seuls mots de la langue mosso qae j'ai pu me procarer sont les suivants: hanise^ «manger»; khipa khi tche ma eeu^ «je ne sais pas parler le chinois», littéralement: «chinois, je ne connais pas la langne».
T. T. Cooper. T. T. OooPBR dans ses TraveU of a Pioneer of Commerce^ (London, 1871) écrit (pages 312—313):
«Uaving spent a pleasant night with the Fathers Biet and Dubernard, I bade them good-bye, and re-crossed the Lan-tsan early next morning. From Tz-coo to a Moso village which we reached in the evening, we rode through
1) Je reproduit une flgnre da ^ ^8 j^ Nan Mon teke repr^ntant eette loèiie. 8) Nam-4chao ye-^Ae, pp. 180—181; k tndactear, M. C. Sainson mtrque en notet cCTett une branche des Thibétaini».
dense woods, in wbich the cbestnut-trees grew to magnificent proportions, and along the banks of the river, which was foaming over dangerous rapids, down which immense quantitiee of drifl-wood were swept by the rapidly rising flood, swollen by the unceasing rain.
At the Moso village we were kept a long time in the rain before any one would admit us into a house; but the good offices of the Goneah chief at last procured us comfortable quarters for the night.
«The Mosos are apparently the remnant of a once powerful tribe, fast losing their identity and becoming merged into the Ya-ts" tribe, whose chief govems them. They are quite Chinese in appearance, the men wearing the common blue jacket and short wide trousera of China, shaving their heads, and growing the pig-tail. The costume of the women is fantastic, but graoeful. It consists of a very becoming little cap of red and black cloth, with pendant tassel, jauntily wom on the top of the head, inclining a little to one side; a short loose jacket, with long wide sieeves, over a tightfltting cotton bodice, covering the breasts; with a kiltlike petticoat of home-made cotton stuff, reaching fîx>m the waist to the knee, and gathered in longitudinal plaits. Instead of stockings, their finely — shaped limbs are swathed from the ankle to the knee with white or blue cotton cloth, while leather shoes, tunied up in a sharp point at the toe, complète the cfiaussure of the Moso ladiee, who, though not quite so fair as the Chinese, are generally well — proportioned and goodlooking, and unembarrassed by the shy reserve of the tàiv Celestials. As omaments they wear huge silver ear-rings (resembling in shape the handle of a common key), silver rings and bracelets, and bead necklaces. In religion they profess both Buddhism and the Chinese worship of ancestors.
. «They bave a language of their own, but no written character. Chinese îs perhaps more used than Moso, and in their schools Chinese reading and writing alone are taught; so that in time the Moso, in common with the language of other tribes in thb part of Yunnan, will probably die out.
«Tbeir bouses are principally built of wood, and are quite Chinese in appearance. They cultivate rice in terraces up the sides of the hills, the climate being ezceedingly génial during the day, but cool at night t.
Francis Garniir remarque (0. c, I, p. 520, note): «M. Oooper.... prend souyent les titres des chefs de tribu pour des noms dé peuplade. C'est ainsi (p. 812) qu*il parle des Ya-têu et des Mooquors. Ya-tsu est Tortliographe anglaise de Te-tche, petite localité où réside le chef mosso de qui dépendent les tribus Lou-tse et Lissons du voisinage. Mooquor, en langue mosso, signifie simplement chef, mandarin. L*ouvrage de M. Gooper, en dehors des renseignements
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qui lai ont été fournis par les missionnaires, est rempli de méprises de ce genre». Gooper se trompe également qaand il affirme que les Mossos n'ont pas d'écriture.
M. Tabbé DasGODins fait également les observations suivantes au sujet de Touvrage de Cooper:
Page 312. «Les Mosso sont apparemment les restes d*une tribu puissante qui perd promptement son identité, mêlée qu'elle est à la tribu des Ya-ts" dont le chef les gouverne». Un peu plus loin, M. Cooper fait encore une tribu particulière des Mooquors, près le village de Kong per. Or il n*y a pas de tribu de Ya-ts*^ ni encore bien moins de Mooquors. Ce dernier terme, entre autres, n*étant que le mot indigène mosso pour signifier chef, mandarin, et n'étant pas un nom de peuple. Depuis Aten-tse jusquee Ouï-si, presque tous les chefe indigènes appartiennent à des familles mosso, la dignité est même héréditaire. M. Cooper a donc confondu difTérents chefs de la même tribu et en a fiût des tribus différentes. C*est bien la tribu mosso qui domine dans tout ce pays, c'est le fond de la population; elle est gouvernée maintenant par les mandarins chinois de Ouï-si, et par ses chefs indigènes qui sont soumis aux mandarins chinois sans exception» i).
Desgodini. L*Abbé Desgodins écrit: «Les Moèèo formaient autrefois un empire florissant dont la capitale était Ly-kiang, ville que les Tbibétains et autres indigènes nomment Sadam. Le roi portait le titre de Mou-tUn ouang. J'ignore jusqu'où s'étendait la puissance de ce roi vers le sud, mais ce qui est certain, c'est que dans mes voyages sur les bords du Lan-tsang-kiang (Me-kong) et du Loutsé-kiang (Salouen), j'ai vu souvent des ruines de forts et de maisons Mosso, non seulement jusqu'à Terkalo, mais bien plus an nord. Les Mosso sont venus conquérir le pays des Salines; je sais qu'il y a un volume de po&iie thébétaine sur cette conquête, je cherche à me le procurer. Ce royaume a été détruit probablement quand cette partie du Tun-nan et les pays de Patang, de Ly-kiang et Tbong-tien ont été réunis à la Chine à la fin du règne de Eang-ki, mais ce peuple n'a pas été pour cela entièrement détruit;
]) Bul. de U Soe, d0 Qéog.. Not. 1878, p. 627.
la prente en est que les salines sont encore peuplées de Mosso. Sar les territoires d*Aten-tzé et de Oui-si, tous les chefs indigènes que Ton rencontre en descendant vers le sud sur les bords dn Lan-tsang-kiang, sont encore presque tous des Mossos, soumis aux mandarins chinois».
^MoêêOj écrit encore Tabbé Desgodins, est le nom donné par les Chinois à la tribu que les Thibétains nomment Guiong, et qui se nomme elle-même Nachi. Cette tribu habite, toute entière, les bords du Lan-tsang-kiang et du Ein-cha-kiang. Avant la conquête chinoise elle formait un royaume indépendant et puissant dont la capitale était Ly-kiang-fou (nommé Sadam par les Thibétains). Les rois mossos allèrent conquérir autrefois, ters le nord, presque tous les pays jusque vers Patangsur leKin-cha-kiang —jusqu'aux salines (ici) sur le Lan-tsang-kiang — et les bords du Lou-tze-kiang, jusque vers notre latitude (29^).
«Depuis la conquête chinoise, la tribu, tout en cessant de former un royaume, s'est bien maintenue surtout sur les bords du Lan-tsang-kiang depuis les salines au nord, jusqu'au sud de Ouïsi, et sur les bords du Kin-cha-kiang, dans les environs de Ly-kiang-fou. Presque tous les chefs indigènes sont mossos, sous Tautorité des mandarins chinois»*).
Dans ses Notes Ethnographiques sur le Thibetj Tabbé Desgodins donne les renseignements suivants sur les Mossos '):
«n y a peut être trois ou quatre cents ans, que le roi Mosso de Ly-kiang-fou envoya conquérir une partie du Thibet S. — E. Pour maintenir sa conquête il plaça des colonies militaii^es de distance en distance, et ces colonies formèrent des villages que Ton rencontre encore aujourd'hui sur les bords du Lou-tse-kiang (Salouën), du Lan-tsang-kiang (Mé-Kong) et du Rin-cha-kiang (fleuve Bleu) jusque vers le 30^ lat. N. Toutes les forteresses bâties dans le principe sont actuellement en ruines, mais la race Mosso s'est perpétuée, a conservé son langage plus ou moins altéré, mais a pris presque toutes les coutumes thibétaines. Pour connaître et décrire le vrai
1) Mistiom du TAiiet, 1872, p. 882.
2) BulUtim de la Sœ. de Oéog,, 6e Sër., t. Y, 1878. p. 149.
8) AmimUt de rSsiréme Orient, II. JuiUet 1870. — Juin 1880, ptget 11—12.
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M08BO, il faudrait aller Tétudier près de Ly-kiang-fbu dans le Tan-nan. Les Tbibétains méprisent les Mosso. Appeler quelqu'un Guiong-god (tète de Mosso), est une insulte assez fréquente. Il faut avouer que les Mosso incorporés au Thibet, et très-probablement métisés, sont loin d*ètre bonorables. Aux vices des Thibétains, dont j*ai. parlé ailleurs, il faut ajouter un esprit chicanier, querelleur, ladre, et aimant les procès; ajoutez à cela Tivrognerie presque générale, et vous aurez une idée de ces êtres dégradés. Quant aux traits physiques ils sont bien altérés et ne représentent plus le vrai type Mosso, cependant on peut le reconnattre encore à certains caractères: front plus fuyant, nez plus aquilin, les deux os maxillaires inférieurs moins écartés, menton plus fuyant que chei le Thibétain. Ces différences donnent quelque chose de plus délicat et même de plus joli à la figure des enfants et des jeunes gens, tandis que les vieillards ont quelque chose des traits de la vieille femme ridée. Je me suis souvent demandé comment le type et le langage mosso s'étaient conservés en pays tbibétains. Voici je crois l'explication. Il est probable que dans le principe, les soldats mosso n'avaient pas amené leurs femmes avec eux, ils se sont mariés à des femmes thibétaines, mais comme ils formaient des colonies ou villages séparés, ils se seront ensuite mariés entre eux, de sorte que le mélange n'aura pas été complet, comme il l'eut été si les mariages mixtes avaient continué. Ce qui me fait émettre cette opinion, c'est que, aujourd'hui encore, les Mosso ne se marient guère qu'entre eux, il y a cependant des exceptions, et les désordres de mœurs surtout, contribuent à mélanger les deux races».
9^^, A Ten yoaen SU ^ f i^ l'ouest de Té tch'ang ^ g , pré-
fecture de Ning yoaen ^ j|^ dans le Se-tch'onan, Babbb écrit: c Moins de la moitié des habitants da district de Ten-yonen est chinoisCf le reste étant principalement des tribns Moso. Un Toyage y yandrait probablement la peine d*être fait, ne serait-ce que dans le bat de visiter ces tribus, qui semblent différer, et, à qnelqaes points de vae, être sapérienres aux Si&n. Les Chinois les considèrent comme des gens très respectables, de bon Toisinage et me disent que beaucoup d'entre eux sont riches en troupeaux de bœufs et de moutons. Les classes les plus paorres parmi eux gagnent leur Tie comme muletiers des carayanes». ')
Baber raconte qu'à Ta-tsien lou on lui montra un poème populaire tibétain, épique plutôt que lyrique, racontant l'inyasion d'une
1) Bsber, puget 87— 8S.
partie da Tibet par les Mo-so; ce poème désigné sous le titre de Djiung Ling (Division Mo-so) n'est qa*ane des trois parties d'un onTrage de plas long s haleine connu sous le nom de Djriung Fi. ^)
Dans son voyage Du Tonkin aux Indes *) accompli de janvier ,.? ^ 1895 à janvier 1896, le Prince Henri d'Orléans, allant de Ta-Ii à Tse-kon, en passant an village mo-so de Te-tché noas donne quelques renseignements sur les Mo-sos et leur organisation:
«Les M068O8 appartiennent à cette famille thibéto-birmanienne qui a envoyé plusieurs branches dans la haute Indo-Chine; actuellement soumis à la Chine, ils sont cantonnés autour de Li-Kiang ; on les retrouve dans un rayon de quelques jours de cette ville. Au nord, sur la rive gauche du Mékong, ils vont Jusqu'à Yerkalo, et sur la droite, à deux jours de Tsékou. Jadis leur empire s'étendait au loin dans le Thibet et au-delà de Kiang-Ka. Un poème célèbre au Thibet, le Késer^ chante les exploits d*un guerrier qui lutta pour refouler les M088O8.
Les hommes s*habi]lent à la chinoise. La coiffure des femmes est particu* lière: les cheveux tordus en un petit chignon sont ramenés sur le devant de la tète pour former une corne que surmonte un bouton d'argent ; derrière ce bouton, s'appuie sur la chevelure un bandeau à clous d'argent auxquels sont suspendues deux boules creuses, du même métal, plus grosses que des noix, et qui pendent en dessous dee oreilles. Cet ornement n'est porté que par les femmes mariées qui le reçoivent de leur mari quand elles ont un enfant. Les jeunes filles portent le bandeau à clou sans les boules. Ces bijoux ayant une certaine valeur et étant transmis de génération en génération, il est difficile de s'en procurer. Le vêtement ressemble à celui des Chinoises. Exception doit pourtant être faite pour la femme du mokoua (roi en roosso). Celle-d a un grand costume fort joli: sur le dos une peau de mouton noir ornée de belles garnitures; à la ceinture, une ou deux livres de bijoux d'argent; grelots, peignes, plaques. La coiffure est de même forme que celle des femmes du peuple, mais les ornements sont d'or; au cou, une agrafe d'or; la veste est de soie avec des boutons d'argent à pointe de corail; la jupe est verte.
La religion des Mossos est celle des esprits. Des poteaux chargés de dessins, dont l'un représente souvent un œil, sont placés à l'entrée des villages pour écarter les mauvais esprits, et dans les maisons sont disposés avec la même intention, autour d'un poteau central, des branchages, des piquets, des bambous couverts de dessins et de petits drapeaux. La tradition du déluge n'est pas inconnue des Mossos. Ds ont des sorciers; on devient même, chez les Mossos,
1) Bsber, page 88. 8) Ptgw 198—108.
12 HBKRI OORDIIR. 672
sorcier malgré soi. Quand la voix publique désigne quelqu'un comme ayant les qualités requises pour écarter les mauvais esprits, Télu doit, bon gré mal gré, &ire son office et soigner les malades. Parfois, lorsque trop souvent, il n*a pas réussi, un sorcier est massacré par la foule. Si une certaine considération est attachée au métier, on voit que tout n*y est pas rose. Au premier de l'an, on sacrifie un cochon qui a été nourri avec des pêches; on ne parle que mosso au repas, et s*il y a des Thibétains au village, ils sont exclus de cette fête. Le sorcier ne parait que le l*' pour faire sur Tépaule des habitants une empreinte de la lune en blanc, pendant les vingt-cinq jours qui suivent, il &it une retraite dans la montagne où on lui porte des aliments.
Les morts sont brûlés; la cérémonie, pour laquelle les voisins de la famille du défunt sont conviés, n*a jamais lieu au moment des récoltes. Pendant cette saison les cadavres attendent, et souvent on les garde dans du sel.
Les Mossos n*ont pas, à proprement parler, d'écriture ; les sorciers conservent et font encore des cahiers chargés d'hiéroglyphes; chaque page est divisée en petits casiers se succédant horizontalement et de gauche à droite; dans chacun sont placées une ou plusieurs figures asssz grossières, des tètes d'animaux, des hommes, des maisons, des signes conventionnels représentant le ciel ou la foudre, par exemple. J*ai la chance d'avoir pu rapporter plusieurs de ces cahiers: deux me furent donnés par le Père Titet, un par le roi de Yetché et un à Tsékou. Le voyageur Gill et l'abbé Desgodin en avaient rapporté ou envoyé plusieurs en Europe, mais non accompagnés d'explications. Des sorciers m'ont expliqué le sens de deux de ces cahiers: ce sont des prières où l'on commence par parler de la création du monde et où l'on termine en énumérant tous les maux qui menacent l'homme et qu*il écartera s'il est pieux, c'est-à-dire s'il fait des présents aux sorciei-s. J'ai pu constater par les cahiers reçus à des endroits différents, que les mêmes idées étaient toujours traduites par les mêmes signes; les sorciers m'ont pourtant dit ne pas avoir d'alphabet: les hiéroglyphes se transmettent de sorcier à sorcier.
II est intéressant de tomber chez une peuplade isolée sur une des premières étapes dans l'histoire de l'écriture; à l'origine, beaucoup des caractères chinois étaient simplement représentatifs, et si les Mossos, au lieu de se restreindre, eussent pris un grand développement, nous aurions peut-être vu leurs livres sacrés donner eux aussi naissance à des caractères».
Richard. «^^ MoêêOê^ qui occupèrent le Tibet en grande partie, ayant
la conquête chinoise, sont fourbes et adroits. Pour tromper un Tibétain, dit un proTerbe, il faut 3 Chinois, et ponr tromper nn Mosso, il faat 3 Tibétains. Ils ne sont qa*à demi ciTilisés» 0*
1) L. Richard. — GéograpAie de f Empiré de Ckime, 1906, pp. 440/450.
673 LIS MOHEKM. 13
«La religion des Masses et celle des autres tribus sauvages ou demi-8au?ages est le fétichisme^ ').
«Les Mossoê ainsi que les autres tribus, ont leurs langues, fort différentes les unes des antres. Les Mossos n*out pas d'écriture proprement dite, mais se servent, pour leurs superstitions, de caractères hiéroglyphiques» ^).
M. Cl. Madbollb ') nous dit: «En Indo-Chine on relève dans^noogg^xy le Mœuong Mœugne *) une tribu Mo-so dont les rameaux s'étendent, au delà du Mékong, dans les montagnes du pays tai de Birmanie. Ces Mo-so, établis dans le massif du Doi-toeu-si après un court séjour dans le pays de P*ou-eul et en dernier lieu dans les états chan de Birmanie, disent avoir quitté le haut Yun-nan il y a deux ou trois générations à la suite de troubles et de yexations».
M. MoHPiYBAT, administrateur des Services civils, les appelle «Mousseux»; il écrit:
«Dans la seule province de Muong-sing, dont le territoire très montagneux et couvert de forêts épaisses était un lieu de refuge, on trouve sept variétés de «Khas» et autant de variétés de montagnards originaires du Yunnan.
«Les plus intéressants à étudier parmi ces derniers sont assurément les « Mousseux 9
«D'après les renseignements qui nous ont été donnés par le Sen Pan Mou, un des chefs les plus intelligents et les plus influents, les «Mousseux» seraient originaires de la région montagneuse qui se trouve dans la partie Sud-Oueet du Yunnan comprise entre les fleuves Mékong et Salouen et entre les 24** et 91^ degrés de latitude Nord.
«Il y a deux générations, leurs ancêtres ont du quitter leur pays qui était ravagé par la guerre. Ils descendirent vers le Sud et s'arrêtèrent dans le territoire de Muong-men (Yunnan méridional). Mais là encore ils ne purent vivre tranquilles, les contre-coups de la rébellion musulmane se faisant sentir jusque
1) Jbid., p. 460.
8) làid,, p. 461.
8) Quelçuês penplades Ixhio. {Tomtypao, Octobre 1908, pp. 629). 4) Profinoe de Htnt Mékong to Laot. Let Mo-so da dittriet comptent 476 intoritt et 8.600 individus. (Note de M. Madrolle).
14 HIKBI OOBDIIB. 674
dans cette région. Ils quittèrent Mnong-men abandonnant alors le territoire chinois et, ils allèrent s'installer dans le district de Muong-lièm, dans les Etats Shans birmans.
«Us restèrent quelques années à Muong-lièm mais les troubles continuels qui agitaient ce pays et la cupidité des chefs indigènes, décidèrent les «Mousseux» à aller chercher dans le territoire Laotien la tranquillité qu'ils ne pouvaient trouver, ni dans leur propre pays, ni dans les États Shans.
«Durant ces pérégrinations, les chefs rencontrèrent des difficultés sérieuses pour maintenir groupées toutes les femilles et éviter une dispersion de la tribu. C'est aussi, croyons-nous, un peu pour ce motif qu'ils choisirent pour s'y installer, le massif de Muong-men, qui était alors presqu'inhabité. Les « Mousseux » sont actuellement répartis dans une centaine de villages et forment, ... un groupe de deux à trois mille familles.
«Le mot «Mousseux» est celui qui se rapproche le plus de l'appellation indigène. C'est le nom générique sous lequel les membres de cette tribu sont connus; entr'eux ils s'appellent «La Hou».
«Les hommes sont de taille élancée et assez élevée; ils ont le tdnt asseï blanc, les pommettes peu saillantes, le nez bien feit et non écrasé; les yeux grands, noirs et très doux, ne sont pas bridés; la bouche est petite et les maxillaires n'ont pas le développement qu'ils ont chez le Chinois.
«Les femmes sont également de taille élancée. Elles sont plus fines de lignes que les Laotiennes.
«Les hommes ont pour costume une veste courte et un pantalon flottant ayant dans le bas une broderie de cinq à dix centimètres de largeur. Les jeunes gens portent généralement le turban rouge, les hommes d'un certain âge le turban de couleur noire et enfin les chefs et quelques notables ont adopté le volumineux turban birman. Comme bijoux, ils ont des bracelets et des colliers rigides, en argent. Les vêtements des hommes, teints avec de l'indigo sont de couleur presque noire.
« Les femmes portent une jupe i-ayée horizontalement de couleur rouge et noire. Le bas de la jupe, sur une largeur de trente centimètres environ, est formé par une étoffe de couleur uniforme bleue ou verte. La veste courte eet couverte de broderies par devant; elle se porte ouverte sur la poitrine.
«Les femmes portent le turban noir; les toutes jeunes filles portent quelquefois le turban rouge. Comme bijoux, elles ont des bracelets et des colliers en argent, des boucles d'oreilles formant pendeloques, en argent également, et des bagues en cuivre
«La religion chez les Mousseux, se borne à certaines pratiques qui paraissent être les vestiges d'un bouddhisme fortement dégénéré.
« Dans chaque village existe une maison consacrée au culte, mais à rencontre d.s pagodes boudhistes on n'y trouve aucune statue rappelant une divinité quelconque.
675 LBS MO-808. 15
« Cependant les « Mousseux » adorent le Phra Indra du bouddhisme et une autre divinité, le Phaya Tham ou dieu de la Sagesse.
«Les «Mousseux» n'ont pas de bonze. G*est un vieillard qui dans chaque village est chargé de réciter les prières d*usage. Ce vieillard prend le titre de Pou-chan.
«n n*7 a pas de fêtes proprement dites, revenant périodiquement à une époque déterminée. Les habitants ne se réunissent à la maison du culte que pour fedre des prières à l'occasion de faits bien déterminés, maladies, décès, anniversaires, etc. ....
«Seuls, les vieillards, à chaque changement de lune, vont placer des fleurs et des bougies sur Tautel de la maison commune.
«Les Mousseux» croient à la métempsycose.
. « La naissance ne donne lieu à aucune cérémonie rituelle
« Lorsqu'après un flirt plus ou moins long un jeune homme et une jeune fille ont décidé de se marier, le jeune garçon, porteur de bougies et de fleurs, va demander au chef du village l'autorisation de se marier. — C'est là une marque de respectueuse déférence envers le chef qui . . . est considéré comme
le père de la grande famille que forme le village Lorsque l'autorisation
est accordée par le chef du village le jeune homme va faire sa demande aux parents de la jeune fille. Il leur offre quatre bougies et des fleurs. Le consenter ment est presque toujours accordé et on fixe immédiatement la date du mariage pour lequel il n'y a aucune cérémonie. Ce jour là les parents et les amis sont simplement invités à un repas. Le gendre doit habiter chez ses beaux parents pendant trois ans; pendant ce temps il aide à tous les travaux domestiques et des champs. Ce n'est qu'après ces trois années que le jeune marié peut se construire une maison et habiter avec sa petite femille.
«Les inclinations étant rarement contrariées il s'ensuit que les cas d'adultère sont rares. Lorsqu'un cas se produit cependant, une amende dont le produit est partagé entre le mari .... outragé et les notables, est infligée solidairement aux deux coupables. L'amant doit payer les deux tiers de l'amende et la femme l'autre tiers. Le montant de cette amende varie suivant que le mari trompé reprend ou non son infidèle épouse. Dans le premier cas l'amende est fixée à vingt piastres environ. Elle peut être portée à quarante piastres mais dans ce cas l'amant garde la femme et le mari empoche l'argent
«Les «Mousseux» confient leurs morts à la terre.
«L'industrie est limitée à la fabrication des objets nécessaires aux besoins de la tribu. Les hommes travaillent le fer qu'ils se procurent par échanges; ils fabriquent des coupe-coupe, des outils rudimentaires et des instruments aratoires.
«Les «Mousseux» sont particulièrement adroits dans la confection des objets de vannerie en rotin. Les femmes tissent et peignent les étoffes servant à la fiibrication des vêtements; ces étoffes sont en coton ou bien en chanvre.
«La base de la nourriture des «Mousseux» est le ris gluant et le mais.
16 HBHEI OOEDIEE. 676
Hb font cuire le riz à la vapeur d'eau et le mangent avec du piment rouge grillé ou bien simplement avec du sel. Le mais est cuit à l'eau. Pour les fètee, aux anniversaires, au renouvellement de Tannée, ils tuent alors sans compter, bœufs, buffles, porcs, volailles. Pendant plusieurs jours, c'est un festin ininterrompu accompagné de libations d'eau de vie de riz. La fête terminée, les habitants reviennent à leur ordinaire de riz et de sel et à l'eau pour toute boisson. Toutes les cultures se font sur le sommet ou sur les flancs des montagnes» >)»•
R.F. Joknftoii. Dans le Yolnme dans lequel M. Johnston, fonctionnaire de Weihai-wei, a raconté le voyage qu'il a accompli de Peking à Mandalay en 1906, le chap. XV est consacré à TEthnographie de rSxtréme Oaest chinois, et parmi des notes intéressantes, il renferme les renseignements suivants snr les Mo-so (Pages 277 et seq.) '):
« En ce qui concerne les Mo-so et les Li-so, les individus de ces tribus que je rencontrai entre Young-ning et Li-Kiang, niaient qu*il y eût aucun lien entre eux et tous deux étaient opposés à Tidée qu'ils fussent apparentés de quelque manière que ce soit avec les Lo-los. De telles dénégations, cependant, ne signi* fient pas grand' chose, spécialement dans le cas de peuples qui manquent totalement de sens historique. Les Mo-so de Young-ning me dirent qu'ils étaient une race immigrée et venaient originairement de Mongolie, mais ceci peut être le résultat de réminiscences confuses de leurs relations avec les armées mongoles il y a six ou sept cents ans. C'est un fiiit bien reconnu que les Mo-so occupaient autrefois une grande partie du Tibet Sud-Ouest, et il y a, en effet, une sorte d'épopée nationale, célébrant leurs gueiTes avec les Tibétains. A Li-Kiang, ainsi qu'il est dit plus haut, ils fondèrent une capitale qui était le centre d'une principauté puissante et ils ont encore un prince près du fleuve Mé Kong, an sud de Tse-Kou. A des époques, sous des gouverneurs faibles, ils étaient soumis à la suzeraineté du grand royaume Ghan de Nan-tchao, dont la capitale était généralement à Tali-fou, ou pas loin de là; mais en d'autres temps, ils étaient ec pratique indépendants de tout contrôle extérieur. Ce ne fut pas avant que Koubilaï amena ses troupes mongoles au Yun-nan afin de détruire le royaume de Nan-tchao comme préliminaire du renversement de la dynastie des Soung dans la Chine du Sud que le pouvoir politique des Mo-so fut abaissé. Koubilaï, afin d'éviter la possibilité d'avoir son arrière-garde prise par des tribus hostiles.
1) I. Monpeyrat, Adminiitrateiir des Services ci?ils. — Notes sur les Mousseux de la province de Muomg-siMg {Haut-Laos oceideuiat). (Revue indo-ehiuoise, 80 novembre 1905, pp. 1614—1628).
8) From Feking to Uandalay a Joumey from North Chima to Bunua through THetam Ssueh'uan amd Tunmm. London, John Marray, 1908, in-8*.
677 LKS M0-80B. 17
se détourna de ea marche directe vers Tali-fou, afin de réduire les Mo-so. Il s'empara de Li-Kiang et brisa la puissance des Mo-so en Tan 1253 environ. Ensuite il assiégea et prit Tali-fou. La pacification de cette province nouvelle* ment conquise fut confiée par Koubilaï à son g)*and général mongol Ouriang Kadai et fut heureusement accomplie. Les Mo-so, Lo-los et Chans ne furent jamais depuis capables, avec quelques chances de réussite, de mettre au défi le pouvoir de l'Empereur de Chine.
«L'origine du mot Mo-so est inconnue. Ils s'appellent eux-mêmes Lashi ou Nashi (L. et N. pouvant se substituer l'un à l'autre) et les Tibétains les appellent Djiong. Peut-être sont-ils les descendants des tribus Joung qui, ainsi qu'il est marqué plus haut, sont mentionnées dans les Classiques chinois comme ayant fréquemment menacé la frontière ouest de Chine; quoiqu'il paraisse plus probable que les Joung étaient les ancêtres des Hiong-Noa. Dans un ouvrage géographique récent sur la Chine (Richaixi), il n'est pas fait allusion aux Mo-so d'une &çon fiivoreble. Us sont décrits comme étant trompeurs et inconstants et on dte un proverbe qui dit qu'il &ut trois Chinois pour tromper un Tibétain et trois Tibétains pour tromper un Mo-so. La plupart des Mo-so orientaux parlent le Chinois aussi bien que leur propre langue, qui offre diverses ressemblances avec le Lo-lo. Quand je faisais remarquer à quelque Mo-so de Young ning que beaucoup de mots usuels de leur langue étaient identiques avec les mots Lo-Io ayant la même signification, il convenait du fait, mais niait énergiquement aucune affinité de race. Cette attitude peut être attribuée au &it que les Mo-so, autrefois, race guerrière, se sont établis tranquillement sous la domination chinoise comme pacifiques cultivateurs du terrain, tandis que les TiO'los ont gagné la réputation d'être de désordonnés pillards. Le Mo-so, quand il est pris pour un Lo-lo, est blessé, comme le serait un robuste fermier du Dumfriesshire dont les ancêtres étaient d'habiles voleurs de bétail si on le considérait comme une branche de la race de voleurs de grand chemin.
«Le district de Young-ning, comme nous l'avons vu, jouit encore d'une certaine mesura d'indépendance sous un prince indigène, auquel depuis longtemps les Chinois conférant le rang héréditaira de préfet. Le district de Li Kiang est actuellement plus directement sous le joug chinois, mais même là, un fonctionnaire ou un noble Mo-so agit comme une sorte d'assesseur auprès des mandarins locaux, qui sont encore regardés comme les représentants d'un pouvoir étranger. Le nom tibétain de Li-Kiang est Sa-T'am, par lequel il est également connu des Mo-so.
«Les Mo-so, sous leurs différentes appellations (Lashi ou ^ashi et Djiong inclus) sont encore une race très nombreuse quoique non homogène et méritent peut-être une étude plus soigneuse que celles que l'on a faites jusqu'à présent.
«Je suis fortement porté à penser que c'est cette race qui constitue l'élément prédominant dans la population du pays de Mou-li ou Houang Lama. Nous avons vu plus haut que les peuples de cette région, s'appellent eux-mêmes
18 HIHEI OOBDIEE. 678
Njong, et je conjecture que c^est simplement une forme à peine déguisée âm Djong. Le préfixe nasal est une particularité linguistique très fréquente dmns le Tibet chinois et se retrouve dans beaucoup de mots tibétains. Le mot usuel dro «marcher», par exemple, est presque toujours invariablement pnmoiieé ndro. Il peut être admis, cependant, que les gens de Mou-li se sont identifiés eux-mêmes plus étroitement que leurs frères du Yun-nan avec la race prédominante tibétaine et ont subi des influences tibétaines plus directes en oe qoi concerne la langue et la religion. Car les gens du pays de Mou-li sont, comme nous Tavons vu. Bouddhistes du type tibétain, tandis que avec les Mo-so du Yun-nan, le Lamaisme est seulement un vernis qui couvre un système de sorcellerie et de magie encore plus bizarre fondé sur le Bon-pa pré-bouddhique.
« Les Li-60, à en juger seulement par leur langage, semblent se rapprocher plus étroitement des Birmans que des Mo-so. Dans le district de Young-ning, toutefois, Li-so et Mo-so vivent ensemble dans des termes amicaux et tous deux n'ont que haine et mépris pour les Lo-los. Les Li-so sont tout aussi largement dispjBrsés que les Mo-so, et peuvent être trouvés, apparemment dans les Etats Ghans et les plateaux Katchin aussi bien qu*au Yun-nan et au Se-tch*ouan. Us paraissent apparentés très étroitement aux La hou des Etats Chans anglais et ils se considèrent évidemment comme race distincte des Ghans, car ils refusent de s'allier par mariage avec ce peuple. La langue Li so a été examinée par le Prince Henri d'ÛRLÉANS, qui la trouvait semblable à celle des La hoa ou Mou 80 et celle des Lo los. Il rappelle une tradition parmi les Li so qu'ils venaient originairement de Nan King, sur le Yang tseu inférieur, « qui s'accordait avec une tradition similaire parmi les Lo los». Les Li so de Young-ning, quand je les questionnai, se donnaient eux-mêmes le nom de Lou sou ».
Eentnra pieto- On lit dans le Nan^man tche cité par Devéria '): «Les Moasoi
graphique.
ont une écriture figurative; pour écrire homme ils dessinent un homme, de même aussi ils tracent l'image de Tobjet qu'ils veulent
désigner Leurs magiciens s'appellent To-pa j& p^ ».
Il est à noter que dans la tribu mo-so qu'il dézni sous le nom de «Mousseux», M. Monpbtrât fait une constatation différente:
«L'instruction est absolument nulle chez les «Mousseux», dit-il. — Ces montagnards n'ont pas d'écriture. Ils ne se servent même pas, pour correspondre entr'eux, des morceaux de baml>ou8, sur lesquels des entailles représentent des signes conventionnels, qu'emploient les « Khas » et même les Méos de la région » *).
2) X.tf. pp. 1620—1621.
679 UB xo-soa. 19
M. DivitiA a donné nn spécimen d'écritare Mo-so que Tabbé DiSGODiiiSf des Missions étrangères de Paris, aTait fait parrenir an regretté Gieasd de Bialli qni a? ait bien vonln le Ini commnniqner ')• Le manuscrit entier copié par Tabbé Desgodins d*aprds l'original appartenant à nn Tong-ba a été reproduit en entier en facsimile par Terrien de Laoouperie {Beginningê of Writing in and arcund Tibêt^ Jour. Ray. Am. Soc., N. S., XVU, Joly 1885). Terrien de Laeonperie a reproduit en facsimile dans le même article nn Ifs. rapporté de la frontière tibéto-chinoise à Test de Li-t*ang par le capitaine W. Gill qni en fit don au British Muséum. (Add. M$ê. Or. 2162). Le Colonel Henry Tulb a Sût mention de ce dernier Ms. dans son Introduction au récit du voyage de Gill *). En se rendant d'A-ten-tseu à Tseu-kou, ce dernier a rencontré des Mohm» (Mu-su) à Lu-jioDg (17 sept. 1877) dont la langue n'était pas comprise par les ma>fon tibétains du Toyageur (U, p. 265) et à Eu-deu (n, pp. 269/270) oà il obtint son manuscrii
Le Prince Henri d*ORLiANS a rapporté cinq manuscrits mo-sos actuellement entre mes mains et destinés à prendre place ultérieure* ment dans la collection de TEcole des Langues Orientales riTantes. Dans son ouvrage Vu TonHn aux Inde$, le Prince Henri à reproduit les trois premières pages de deux de ces manuscrits, dont Tun recueilli à Tse-kou, avec la traduction littérale pour les deux, et en plus pour Tun d*enx avec le texte mo-so tel qu'il se prononce '); il a en outre dans ses vocabulaires recueillis en route donné sons le n^ 24 un vocabulaire mo-so noté le 14 août à Ngsawa^).
1) DeT^ria, pp. 166.
S) Tàê Si9er of Oolden Sêmd, I, Ini. Suéiy, pp. 91—92.
8) L. e., ptgM 864 — 867.
20 HIVRI OOBDIIE. 680
M. Charles^Eades Bonin a présenté aa onzièine Oongrès international des Orientalistes tena à Paris en 1897, un mannserit mo-eo qui Ini fat remis par on Tong-pa (To-pa, sorciers) an village de Kelooa, sur la rife gauche dn Tang-tsen, Ton des derniers points occupés par les Mo-sos dans la vallée de ce fleuve; plus an nord, sont des Tibétains. Le Manuscrit dont le Tong-pa fit secrètement la traduction est le principal rituel des sorciers ou prêtres mo-sos. U «se compose d*un album de forme oblongue, sur papier très fort, comprenant 12 feuillets entièrement couverts de caractères sur le verso et le recto de chaque page, sauf la dernière qui est ornée de deux fleurs rouges en papier collé. Le recto et le verso du premier feuillet sont consacrés aux représentations des divinités et des objets du culte; les dix feuillets suivants sont couverts des hiéroglyphes coloriés spéciaux à Técriture des Tong-pa, et distribués par page sur trois lignes horizontales, chaque ligne coupée par deux ou trois lignes verticales et formant ainsi des carrés dont les caractères représentent une phrase par chaque carré. Par suite de la surveillance des lamas dont nous étions Tobjet, le Toog-pa de Eeloua ne put me donner la traduction que des six premières pages, et cette traduction fut fixée sous mes yeux, par mon interprète, en caractères chinois correspondant à chacun des hiéroglyphes sacrés. Gomme les mêmes caractères se repètent fréquemment au courant du livre, il sera possible, par cette traduction des premières pages et par la comparaison des autres manuscrits mossos, de traduire en entier le livre, qui paraît être un document de premier ordre pour Thistoire et la religion de ce peuple encore si peu connu» *).
M. Bonin donne à la suite la traduction française du texte*).
1) Boûn, page I. Q X. e,, pp. 8—9.
681 LH MOHMNL 21
Dans le n^ de Mai 1903, pp. 117/126, du T'oung pao, M. Bonin a publié an certain nombre de Tocabnlaires qu'il avait recueillis dans le S. 0. de la Chine et en particulier un ? ocabulaire Man-tsen (Lolo) du Leang chan et un vocabulaire Mo-so recueilli à li-kiang; nous reproduisons ce dernier avec un vocabulaire Mo-so (ncuhi) que M. Olaudius Madrolli nous a remis récemment ')• Nous râmprimons également la liste des mots mo-so que M. Tabbé Desgodins avait comprise dans sa communication à la Société de Géographie en 1873') comprenant les mots principaux des langues Mo-so, Li-sou, Min-kia, Lou-tze, Chinoise, Thibétaine, Ehamdi-Mou oua, ainsi que les mots mo-so recueillis à Toung-ning par Mr. Johnston.
1) Cf. rptmç Fao, Octobre 1908, ptgei 662—665.
8) Moiê jtrimeipMmM des langmt de cerimnss trikut qm UHUiU Ut èardê ém LiutUmi§» kiëmg, dm Lomiu kitmg êi IrrmwtMi/, ptr l'abbé Dcsgodini, miitioiiiiiira aa Thibet. (Torktlo, 86 Mai 1878). (BuL Soe. Oéof., Six. Sér., T. V, JanT.— Juîb 1878, pp. 14é— 160).
HIKKI OOEDIBB.
YOCIBULAIBES MO^OS.
Desoodins
BONIN
Madrolle
ALONrSTRAT
(Mousseux)
JOHNSTON
Un
(^jre lu
dieu
kig
T6 ma
chih
deux
gni lu
ngié
nyi
Mei ma
nyi
trois
se lu
sse
sam
Thé le
so
quatre
lolu
lou
jeu
Ho le
cinq six
ngoa lu tchoa lu
oa ts'oa
nffa tchrou
Nga ma Khô ma
nsa ou ua isTixo oii k*o
sept
che lu
chea
deun
Thu' ma
shih
huit
ho lu
h'eu
guyé
Hi ma
ho
neuf
ngo lu
gou
kiou
Rho ma
gu
dix
tsê lu
ts'ai
Thit thi
ts'e ou t'zu
onze
tsê 4jre lu
kiou kig
Thit thi ti ma
t'su chih
douze
tsè gni lu
kiou nyi
Thit thi mi ma
t Vzu nyi
treize
tsê se lu
t'zu so
quatorze
tsê lo lu
t'su ru
quinze seize
tsè ngoa lu tsè tchoa lu
kiou nga
t'zu nga t'zu ro
dix-sept
tsè che lu
t'zu shih
dix-huit
tsè ho lu
t'zu ho
dix-neuf
tsè ngo lu
t'zu gu nyi-t^u
vingt
gni Uë lu
ngié-ts'ai
nyi chou
Mi shi
vingt-un
nyi-t'zu-chih
trente
sam kiou
Thé shi
80 t'zu
quarante
jeu kiou
ru t'zu
cinquante
nga kiou
nga t'zu
cent
4jrè chi
dieu tsou
guya
Tô pa
cent-un
guya guè kig
mille
tong tchra
dièu-chié
tong tchra kig
dix-mille
tchré tso kig
ciel
mou
mou
mu
soleil
gni mè tiè mè tze
nyi ma
nyi me
lune
hé mè tseu
hà pà
le, ou hle me
étoile
kheu
keu
jour
gr
nyi le gou (lu-
- jun ni
t'inyi
mois
mière)
le, ou hle me
année
khou
du k'u
terre
mou deu
sa (sol)
djï
monde
dzom bou ling
nuit
tseu rin
man ha
eau
guié
gnie-k'ié
gji
ika
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bois
se
ssH
pierre fer
lou
do
chou
cho
shi
argent
ngou
ngou
ngu
or
ha
ser
ha
cuivre
heu (rouge) eu Cjftune)
eul
air
heu
papier sable
t*ai-guèu
chié ma
corps
goumo
gou mou dou ke
visage
pa k'ua
tète
koulu
cou-leu
wu-k'ua
cou
tyépa
U8 KO-flOS.
DssQoniNS
BONIN
Madrolle
(Mousseux)
JOHNSTON
yeux
men
mig
nya lu
oreilles
hé tze
na pa
nez
gni ma kroube
na
nyi ga
bouche
nu ta
shang 5
main
la
là
la
lo k'ua
doigt ongle
la nyi
lu
se mo
pouce
lu mi
ventre
deu men
mamelle
nyi nyi
k'ô ts'e
pied
kheu
k'éu
cheveux
kou fou
barbe
mou-tseu
bras
la eul
épaule
la p*i
sang
tchra
manger
dzè
hung-tse
tseu
cha
boire
tchré
t*eu
ikado
nourriture
ha
riz
tchoa
reu gné (riz de montagne)
djreu lin (riz de plaine)
ho
viande
chi
beurre
marpeur
thé
lé
lai
sel
tsè
tabac
yo
lait
nyi nyi k'a tze
maïs
miel
djrou
salade
t8*e pe le
vin
a-<][ui
sucre
bam
grand père
a p'ou
père
aba^aou
a pa
a-da
grand mère
a tzeu
mère
amé
a mè
a^-me
frère
bezè
frère aine
a bou
a^mu
frère cadet
gneu zeu
ke-sstt
soeur
méhé
soeur ainée
a bou
soeur cadette
se mo
fils
zo
fille
mi
mi-tchuen
mi
ml zo
mari
i ka zeu
femme
gni mou me
ze mou
épouse
ze mou
enfant
jeu jeu
zeu heu
garçon
zo
mâle
me
femelle
ou zou
homme (homo]
chi-dièu-cou
si
hyi (fortement
animal en
aspiré)
général çoghé
cheval boeuf
loa îéghé
joi
joua gheu
mua nan
rouen
HBVKI OOKDIIB.
Desqodins
Tache
ghémé
chien
chat
ha lé
oiseau
coq poule
à mé
poulet
mouton
iu
chèvre
tsi
buffle
canard
cerf
cochon
corbeau
éléphant
fourmi
grenouille
mulet
poisson
rat
serpent
tortue
tigre
bec d'oiseau
griffé de chat
maître
daha
chef-officier
su-mouquoi-a
domestique table
guieu zo
maison
guié da
porte fenêtre
kho
kho-ka-gotchr
toit
kia kou
fourneau de
cuisine
koua
écuries
tso bou
rouge
hu lu
blanc
he le
bleu
vert
guiong ko na me
noir
jaune
montagne
guieu khou
plaine
pa tze lo
rivière
1 bi guii
fleuve
champ
mou deu
pâturages
ko khou
rochers
hà
ruisseau
sentier
village
route
vêtements
bala
ceinture
bouke
bottes
sa
couteau
jeté
sabre
dapia, daper
BONIN
n-guea
sa-la
ze-t'ai
Madrollb
k'eu
houa leu bou
chiu
a meu
chia mo
tseu mé gji gheu
tch'oua
bo
la ka
tso
tcheu eul
pa
nva
cûi oua
4jreu
sem bou tou ter
ta
ko beu
houa leu thcu
se ra go
mé mer p'eul mé
ngo seu na na cheu mé reu, la
lom ba i bi
lom ba lam tchrom ba
jeu
MONPETRAT
(Mousseux)
hu'
JOHNSTON
e [yak]
hôk kha
t'itt 4ji ye
yi k'ua
4ji na ma
zha me
LBS MO-SOB.
Desoodins
bui>i
MâDROLLE
MONPEYRÀT
(Mousseux)
coupe-coupe
ha tho nat
boucles (d'oreille)
he t^
bracelet
la dyd -
chapeau
cou-mo
kou mon
habit
ba-lan
] >antaloii
nam bou
nurban
go tchreu
toile
t*ou pou
àme
oua hê
aimer
chi to ba
penser être
choun drou
mou
avoir vouloir
guiou djra-djro da
gueu
faire
fou
parler
chado
queu-tse
aller
bêu
venir
lou la
marcher
giêu
monter
descendre
feu
mi
à mi
pluie
kia ba
tonnerre
tson diob
se réjouir
bà
peine
chou djrou guiem ma bà hè la gni
riche
pauvre
ma hà
voleur
chi c*ou
voler
c'ou
déjeuner
ning nong tse
diner
yong tse
souper
tsong tse
dormir
i ngou
mourir
cheu
ndzeu
feuille
seu p'ya
fleur
ba ba
fruit
seu lu
herbe
zeu
forêt
bi na
moi
ngô
nous
ing-guea
toi
nà
vous
nà
lui
nà ho
eux
nà ho
oui
yao
non
ma héou
battre
tuer
fonctionnaire civil
Nord
Sud
Est
Ouest
JOHNSTON
t'e djo
hû, ou htl se yi «e
ko ke be me ch'a be hle dji
lei zhi le shih ssû tzfl
ba ba
me be la .
ssii p'in hunff gu lo i ch i me nyi me tu nyi me gu
HBHBI OOBDIBE.
Dbsqodins
BONIN
Madrolle
bon
mauvais
petit
grand
où alles-vous
je vais à la maison
d*oîi venez-vous?
je viens de ma maison
la viande de cochon
la viande de boeuf
la viande de mouton
avez-vous
je n'ai pas
combien ça coûte?
dites moi
s'il vous plait
qui est-ce qui?
boire du thé
manger du sucre
tard
de bonne heure
hier
aujouinlliui
demain
printemps
été
automne
hiver
MONPETRAT
(Mousseux)
JOHNSTOM
lai-cou-ke-lai ?
n^^lai-6-lai-bèu
zi-cou-ni-tse ?
ng6-7a-co-ni-t8e
bou-che
guièu-che
yu-che
ya-mou-gueu ?
n^^mou-gueu
kièu-ze-da ?
na-co-ke-tse
ngou-di-ka-sou-na
chi-t'y-kou?
lai-t'eu
bain-tse
4jei
mo 4jei 4ii chih
hua k'o nya a nyi nyi
su nyi nyi so-le
S 3 so-le 'u so-le ch'ih so-le