PRÉFACE LUI
La réunion dont je viens de parler était guettée par les espions de l'orthodoxie. Quelques jours plus tard, les organes qui dictent impérieusement leurs volontés à l'autorité ecclésiastique, publièrent des noms, et perfidement demandèrent si tel ou tel protestant n'y avait pas assisté. De cette façon, ils n'affirmaient pas une contre-vérité, et ils inculquaient pourtant à leurs candides lecteurs la conviction de conciliabules secrets entre les modernistes et les protestants. Et ce qui n'est pas moins triste, c'est que de cet effort, fait par des hommes qu'ils considèrent comme des adversaires, mais qu'ils connaissent pourtant et qu'ils sont forcés d'estimer, ils n'avaient rien compris, rien deviné. La seule chose qui les avait frappés — qu'on m'excuse de le dire — était le fait d'avoir vu l'abbé Romolo Murri en redingote 1
Beaucoup des représentants de l'orthodoxie ne comprennent rien au succès du modernisme, et ne trouvent contre lui que la vieille accusation jetée par le paganisme à son déclin au christianisme envahissant : les chrétiens étaient accusés d'athéisme. Les modernistes sont accusés d'incrédulité et d'agnosticisme. En réalité, s'ils se multiplient ainsi, c'est qu'ils ont la vie en eux : à une éducation « faite de malédictions, de restrictions, d'insincérité (Nova et Vetera, t. II, p. 14), ils se