LU PRÉFACE
une influence sur le mouvement fies idées dans le catholicisme, se rencontrèrent dans les Alpes du Tyrol. Pendant trois jours on échangea des idées, des avis, des espérances. Frédéric de Ilûg-el y était aussi, mais avec son humilité coutumière il écoutait, s'effaçait. Cependant le jour du départ, au matin, il réunit tous les amis dans sa chambre et leur adressa des paroles à la fois si simples et si brûlantes, que ceux qui eurent le bonheur de les entendre, les ont gardées comme le souvenir d'un de ces moments où la vie nous apparaît à la fois transfigurée et encore réelle, où nous prenons conscience des forces mystérieuses qui sont en nous et pourtant nous dominent et nous dépassent.
Le prêtre qui, baissant la voix d'émotion, quelques mois après, me racontait cette scène, ajoutait que tous les assistants avaient songé à saint Paul prenant congé des anciens de FEglise d'Ephèse.
Devant des faits de ce genre, on a le droit de se demander si les antimodernistes n'ignorent pas tout de la valeur religieuse de ceux qu'ils combattent. Ne sont-ils pas, devant eux, aussi aveugles que le sont, devant les catholiques, ces anticléricaux, simplistes à l'excès, qui croient, avec une naïve sincérité, que la religion n'est qii'un système de croyances ridicules, habilement maintenu par les prêtres pour exploiter la bêtise humaine?