‹ Les modifications de quelques glandes à sécrétion interne: thyroïde, parathyroïde et surrénale après la dérivation biliaire expérimentaleChapitre 12 sur 22 · RESULTATS DE NOS EXPERIENCES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

RESULTATS DE NOS EXPERIENCES PERSONNELLES

Résultats généraux.

Tous les animaux en expérience présentent de selles totalement décolorées, les urines sont chargées de bile.

Les premières semaines de l’expérience les animaux se montrent très voraces, puis au bout de 3 ou 4 semaines se contentent de l'alimentation habituelle.

La plupart des animaux deviennent amaigris et cachectiques, sauf quelques chiens qui se maintiennent par contre dans un bon état général étonnant.

Glande thyroïde.

Examen macroscopique. — Le corps thyroïde ne présente pas de lésions macroscopiques, il garde au début de l’expérience ses dimensions normales, plus tard il augmente de volume. Au-delà de trois mois nous avons rencontré dans plus de la moitié des cas les corps

(1) Voir R. Leriche et A. Jung: Des modifications de quelques glandes à sécretion interne: Parathyroïde, Thyroïde et Surrénale consécutivement à la dérivation biliaire. Conséquences cliniques de ces modifications Presse Médicale No 92, 16 novembre 1935,

thyroïdes largement augmentés de volume, leurs dimensions sont doublées dans quelques cas.

Examen microscopique. — L'image histologique de la thyroïde reste normale chez quatre de nos chiens où l'expérience avait duré de 3 à 15 jours : vésicules de taille variable, mais dans l’ensemble assez petites, et irrégulièrement distribuées: l’épithélium comporte des cellules cubiques ou cylindriques renfermant à leur base un noyau bien visible, la colloïde est claire rarement foncée et présente souvent près de la bordure épithéliale de petites taches claires de résorption qui donnent au bord de la substance colloïde un aspect rogné.

À partir de 15 jours ou de 3 semaines de dérivation l’aspect histologique des glandes thyoïdes change.

Chez le chien 565 (dérivation biliaire de 3 semaines) le lobe gauche présente les caractéristiques suivantes : le protoplasme des cellules épithéliales a énormément diminué et il ne reste presque plus de cellules cylindriques. La cellule est aplatie et autour du noyau on ne voit plus qu’une mince couche de protoplasme. Il n’y a plus de vacuoles. Le noyau apparaît normal. Les vésicules sont de taille variable mais dans l’ensemble il est frappant de voir surtout des vésicules de grande taille. La colloïde est bien colorée, elle n’a plus cet aspect rogné à sa périphérie. Les vaisseaux sont très peu apparents. Chez ce chien il y a d’ailleurs une différence entre le côté droit et le côté gauche. Le corps thyroïde droit présente encore de petites vésicules et l’épithélium quoique aplati l’est moins que du côté gauche. Mais la colloïde est foncée et l'aspect rogné de la périphérie manque.

Ces indications se précisent de plus en plus. Les champs à petites vésicules avec colloïde pâle et rogné et épithélium haut diminuent de plus en plus.

Chez le chien 568 (à dérivation biliaire de 5 semaines) nous trouvons dans le lobe thyroïdien gauche un

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épithélium presque partout absolument aplati, et on ne voit pas de corps cellulaire. À d’autres endroits d’ailleurs rares la cellule est encore cubique et on peut y voir même quelques petites vacuoles au pôle interne de la cellule. Les vésicules sont toutes très grandes et renferment une colloïde bien colorée. ;

Du côté droit ces modifications sont un peu moins prononcées. Les vésicules sont moins grandes: on rencontre un grand nombre de petites vésicules. En certains endroits les cellules sont cubiques et renferment de grosses vacuoles. Par endroit on trouve une grande quantité de cellules épithéliales desquamées et nageant dans la colloïde.

Il en est ainsi encore chez les chiens 537 (6 semaines de dérivation), 596 (2 mois de dérivation).

Chez quelques animaux, (notamment chez le chien 249, dérivation de 2 mois) nous trouvons certaines plages de nécrose des cellules épithéliales.

Chez les chiens 542 (5 mois 1/2 de dérivation), 560 (7 mois 1/2 de dérivation) on trouve : de grosses vésicules, un épithélium complètement aplati de sorte que les vésicules apparaissent comme bordées par une simple rangée de noyaux, une colloïde abondante et foncée. Cet aspect se trouve presque uniformément chez les trois chiens, sauf chez le chien 551 où on trouve encore à quelques très rares endroits un épithélium haut.

Nous ajoutons enfin que chez deux chiens (533, 542) nous avons été frappés de trouver de grosses lésions d’endartérite des artères thyroïdiennes.

D’après nos constatations les modifications du corps thyroïde se font toujours dans le même sens : augmentation macroscopique du corps thyroïde; histologi- ‘quement agrandissment des vésicules, aplatissement de d'épithélium, accumulation de la colloïde. D’après les travaux de M. Policard, de M. Aron, ces états histologi-

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