II II
Les cas exceptionnels où la dernière voyellc est moins longue que la précédente sont précieux à noter comme de nouveaux indices de la tendance, faible encore, mais certaine, de l'accent temporel à se déplacer.
Ces quelques faits mis de côté, il nous reste :
i° Pour les groupes pairs :
2° Pour les groupes impairs :
/-Ml
Ou bien encore dans certains cas :
i° Pour les groupes pairs :
2° Pour les groupes impairs :
La fin du groupe se compose donc en tout cas d'un iambe. Le commencement seul varie. Il renferme tantôt un iambe, tantôt un trochée. Le trochée est fréquent lorsque la seconde syllabe est entravée ou appartient à l'iambe final, et encore lorsque le sujet parlant éprouve un peu de fatigue. Ce dernier point est mis hors de doute par les remarques suivantes : le 8 août je n'ai fait que quelques expériences; le 23 juillet j'en ai fait beaucoup, et celles qui sont rapportées ici sont de la fin de la séance. Or les expériences du 8 août ne nous offrent pas un seul trochée initial. Celles, au contraire, du 23 juillet en présentent 12 contre 12 iambes dans les groupes formes de syllabes libres, de 36 contre 20 (ire expérience) et 21 contre 3 (2* exp.) dans les groupes de trois syllabes contenant une entrave. Enfin , si l'on compare la fin de l'expérience du 23 juillet sur les groupes de quatre syllabes avec le commencement, on voit que la forme iambique, dominante au début, est presque toujours remplacée par la forme trochaïque à la fin. Ces remarques concordent, du reste, avec les observations analogues qui ont été faites sur l'émission du souffle.
Donc, en résumé, deux formes rythmiques principales semblent s'imposer à tous les groupes, suivant que les voyelles sont libres ou entravées, suivant que le sujet est lui-même reposé ou fatigué : la for/ru iambique tt la fortne trochateo-iambique.
Cependant tous les groupes ne sont point nécessairement enfermés dans ce cadre. Plusieurs, en effet, semblent procéder par sections de plus de deux syllabes et pourraient bien obéir à un rythme croissant qui imposerait aux voyelles une durée d'autant plus longue que celles-ci seraient plus voisines de la tonique.
Au milieu de ces causes de variations, que devient pour les atones la distinction des longues et des brèves? C'est ce que nous devrons maintenant examiner, moins en comparant les diverses expériences les unes avec les autres qu'en rapprochant les voyelles d'une môme expérience.
DURÉE DES SOXS. — ACCENT TEMPOREL
Voyelles atones.
tOUf
î 5YL1
Rythme iimbiqoc
Ryih. iroch.-Umb.
Ryik
me iambique.
Ryth.
>-iunt>.
i-N ri
Iî
IQ
iq
ce
Donc, dans les groupes de deux syllabes, là où il n'y a qu'une seule atone, celle-ci suit la loi des toniques : ouverte ou fermée, elle est nettement longue; moyenne, elle est nettement brève.
La différence toutefois entre la longue et la brève est moindre entre les
atones qu'entre les toniques. De près de moitié entre â et a, elle est de 1/3 entre / et », de 1/4 environ entre ô et o, û et u, œ, œ et ce, û et u, de 1/5 entre f, é et*.
Cette différence décroît encore à mesure que le groupe augmente, et quelquefois s'efface complètement. Ainsi elle n'est, par exemple, entre d et 0, dans la 3e syllabe des groupes de 4 syllabes, que de ^ de seconde. Dans la 2 e syllabe d'un autre groupe de 4 syllabes, œ est plus long que â. La différence serait encore moins sensible si l'on comparait des atones de rangs différents , quoique , en général , elle se maintienne.
Mais, si nous comparons les atones aux toniques, c'est alors que nous voyons des voyelles senties comme brèves dépasser souvent en longueur d'autres voyelles senties comme longues.
Ce fait est mis en lumière par le tableau suivant, où, dans les groupes de plus de deux syllabes, la voyelle moyenne tonique est comparée aux voyelles ouvertes ou fermées atones les plus courtes.
rapport
«tone
ionique
rapport
atone
tonique
rapport
iy é
à et
Ainsi s'explique l'inégalité des trois voyelles que j'émettais rapidement dans mes expériences de 1886, croyant leur donner une égale valeur. Je formais à mon insu un groupe de trois syllabes soumis comme tous les groupes à la loi naturelle du rythme. Si j'avais fait une pause entre chaque émission, cette inégalité. n'aurait pas existé.
Enfin je termine par un tableau comparatif des toniques libres suivant qu'elles se trouvent dans des monosyllabes et des groupes de deux, trois et quatre syllabes :
Di
DURÉE DES SONS. — ACCENT TEMPOREL
Voyelle tonique libre.
GROUPES
GROUPES
GROUPES