‹ Les modifications phonétiques du language, étudiées dans le patois d'une famille de CellefrouinChapitre 22 sur 93 · DE ? SYLLABES · texte numérisé non relu

DE ? SYLLABES

iS

Ainsi ta distinction des longues et des brèves diminue à mesure que les groupes deviennent plus étendus, et elle arrive dans certains jusqu'à s'effacer presque complètement, comme cela se fait pour les i et les 0.

Les groupes qui ont été étudiés jusqu'ici se composent tous de la même voyelle répétée. Mais ils nous permettent d'aller plus avant et de prévoir ce

Kovttt'trr. 7

qui doit arriver pour des combinaisons formées de voyelles différentes. Du reste, nous n'en sommes pas réduits à cette seule ressource, et diverses expériences nous conduisent aux constatations suivantes :

1° Les voyelles naturellement brèves sont fort diminuées devant des longues : fôsà « fossés », kit A « un quite (seul) œuf », pïkb

7 17 8,s is 5 io

« Picaud », k—v—t—t « couteau ».

2° Dans les groupes composés soit de brèves, soit de longues, la tonique demeure la plus longue :wi//« matin »tkôkl« ceci »,<*/« « aussi »,

7 ij 7 13 6 14

k l pu j « que je puisse », k 0 k â « quelque œuf », € à te « château »,

b t « r « autour ».

30 Enfin les longues elles-mêmes atones peuvent être plus courtes que

les brèves toniques :

ekù t « écoute », k 6 k k ù « quelque coup », à t ft « as-tu » d t s ï 9 10 10 17 . 6 12 8 14

«dit », ktta « quitter », c t) fa « chauffer », 14 19 13 14

à côté de k à p ù « quel pot ? » c 6 j / 1 « chausse-toi », c b s à 21 18 14 13 16 14

« chausser », k-û'- k-i « celui-ci ».

(Tous ces exemples sont empruntés au discours suivi, p. 102 et suiv.)

Avant de quitter les voyelles, il y a deux questions auxquelles il serait intéressant de toucher, a savoir : i° Si les consonnes contiguës ont une influence sur la durée des voyelles ? — 20 Quelle place revient à mes voyelles dans l'échelle générale de la quantité ?

Je n'y puis répondre qu'en partie, et presque uniquement avec des observations faites sur mes expériences de 1886. Mais les résultats, quoique incomplets, auxquels je suis arrivé, méritent, je crois, d'être signalés.

DURÉE D£S SONS. — ACCEKT TEMPOREL

I. — Influence des consonnes sur la durée des voyelles. i° L'a se comporte autrement que les autres voyelles. 2° Les voyelles, excepté a, sont phts longues :

a) après les continues /, v, s, m qu'après les instantanées b, />, et après /'

qu'après £ (je n'ai pas d'exemples concluants pour e et k);

b) après les continues sonores (y, i, j) qu'après leurs sourdes (/, s, c);

c) inversement après les instantanées sourdes (p, k) qu'après leurs sonores

d) après les gutturales (k, g) qu'après les labiales (/>, b) ;

e) après la palatafe n qu'après n.

3° La voyelle a, au contraire, est plus courte :

a) après m qu'après p et b;

b) après la continue sonore v qu'après la continue sourde / ; e) après l'instantanée sourde p qu'après l'instantanée sonore b; d) après les gutturales k qu'après les labiales b, p.

La différence de longueur de la voyelle suivant ces diverses positions est variable, mais constante; elle est, du reste, comme on s'y attend bien, peu considérable. J'en donne ici quelques exemples :

p + à < £ + à de i ,3

f+à>v + àdc},y

La nature de la consonne suivante n'est pas non plus sans influence sur la longueur de la voyelle précédente. Je n'ai d'exemples que pour a. Or cette voyelle varie dans les proportions suivantes :

a + sonores > a + sourdes.

a -j- continues (J, v), > a + instantanées (/>, b). a + gutturales > a -f dentales > a -f labiales, et avec des chiffres :

+ de 2, 7 a + v>A+/de4,9

- S >~ k 3>9 - ; >- « 7,4 a +f>a +pde i,6 |<i+v><i + *de3,8 (Exp. de i88é).

a + k > a 4- /, s de 3, > a + b,fdc 2 (exp. de 1889), a ayant successivement 13, 10, 8 centièmes de secondes. Cf. a de /«/ > a de «f*, fig. 911

IOO

Les variantes que je viens de relever ne sont point de celles, j'en conviens , qui ne peuvent se produire pour chaque voyelle placée dans les mûmes conditions. Mais la régularité avec laquelle elles entrent dans un système rationnel a quelque chose d'attrayant et ine porte à croire, jusqu'à des études plus complètes, à une influence réelle exercée par la consonne sur la voyelle.

H. — Pour comparer, au point de vue de la durée, mes voyelles avec celles des autres pays, j'ai quelques tracés pris à l'aide du téléphone inscripteur du Dr Boudet de Paris, instrument mauvais, mais suffisant pour ce qui nous occupe, et recueillis sur le petit enregistreur de M. Verdin avec une vitesse que je ne puis précise/.' Fruit de mes premiers tâtonnements, ces tracés suffisent, malgré leurs imperfections, pour montrer que mes voyelles ont une durée moyenne entre les voyelles rapides du Midi et les voyelles lentes du Nord et de l'Est, qui sont elles-mêmes bien rapides si on les compare à celles du breton et de l'arabe de Syrie.

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