‹ Les modifications phonétiques du language, étudiées dans le patois d'une famille de CellefrouinChapitre 48 sur 93 · DOCUMENTS ORAUX · texte numérisé non relu

DOCUMENTS ORAUX

Les documents oraux se composent de mots, de phrases, de récits, de dialogues, entendus par moi et transcrits sur le champ. Ils ont été tous recueillis avec le même soin, mais non dans les mêmes conditions. Les uns sont dus aux relations continuelles et intimes de la vie de famille; les autres à des explorations rapides et sommaires. Ceux-ci ont été comme saisis au vol dans le cours d'une conversation où je ne jouais que le rôle d'observateur passif; ceux-la ont été amenés à l'insu de mes interlocuteurs, par une diplomatie dont seul j'avais le secret; d'autres ont été demandés directement et sont le fruit d'expérimentations où les sujets observés devenaient mes collaborateurs, j'ai observé un peu partout et toutes sortes de personnes : à la maison, dans « le cadre familier » de la vie journalière, chez des amis, dans les champs ou le long des routes, sur place et loin du domicile, des indigènes et des nouveaux venus, des personnes ne parlant que leur patois, d'autres qui l'ont abandonné pour le français; ceux qui n'ont jamais quitté leur village et ceux qui ont élu domicile ailleurs ou qui sont revenus après de longues absences.

Critique des documents oraux.

Si je m'en rapportais aux règles données par M. Psichari {Observations sur la phonétique des patois, Revue des patois g.-r., H, p. 20), plusieurs de ces documents seraient à rejeter. « Le paysan, dit-il, ne parle pas la même langue dans les différents endroits du même village où vous conversez avec lui, par exemple chez lui ou dans la maison d'un ami, au cabaret ou sur la place publique. Il a besoin de son cadre familier pour parler la langue qui lui est naturelle. D'autre part, le plus sûr moyen de se tromper, c'est de poser aux paysans des questions directes. A plus forte raison , le paysan, interrogé hors de son village, ne nous donnera-t-il jamais un renseignement sur lequel la science puisse compter. Il s'agit, avant tout, de surprendre le paysan dans l'état d'inattention : dès que se produit chez lui l'absence de l'état d'inattention, toute information peut être considérée comme nulle et non avenue. »

PRÉLIMINAIRES

Ces remarques témoignent d'une grande finesse d'observation ; mais il ne faudrait pas, du moins pour les pays que j'ai explorés, les prendre au pied de la lettre.

Un parler ne forme point un tout indivisible dont toutes les parties sont également sous notre puissance. On y peut distinguer trois éléments. Le premier, de beaucoup le plus important, est l'élément réfléchi; c'est celui dont chacun a la pleine conscience et qui se présente à l'appel de la réflexion. Le second comprend l'ensemble des formes qui sont en train de se produire ou en voie de disparaître; il s'efface à la réflexion et échappe à b conscience : c'est l'élément instinctif. Le troisième, que j'appellerai l'élément idéal, comprend tout ce qui, dans notre esprit, réalise le type du beau langage.

De ces trois éléments, le premier seul est fixe ; il constitue le fonds présent de la langue. Les deux autres, placés aux confins du passé et de l'avenir, n'existent que dans les tendances ou les aspirations du sujet parlant. Les deux premiers sont indigènes, le troisième est surtout étranger.

Pour l'élément instinctif, M. Psichari a raison. Il faut le surprendre dans les moments où le paysan s'abandonne, lorsqu'il parle sans prêter attention à sa manière de parler.

L'élément idéal, abondant surtout sur les limites de deux dialectes et dans le voisinage des centres d'influence, n'est point a négliger dans une enquête sérieuse, car il contient plus d'un enseignement.

Le danger, c'est de le confondre avec l'élément réfléchi. Mais, quelle que soit la tendance du paysan a modifier son langage devant un étranger, un observateur habile saura bien distinguer l'ivraie du bon grain. En prolongeant la conversation un peu de temps, il ne tardera pas à voir son interlocuteur, fatigué de la contrainte qu'il s'imposait au début, rendre les armes et parler tout simplement. De plus, par des questions habiles, en proposant des mots dont la forme toute locale ne se prête pas à une traduction, il soumettra la bonne foi du paysan à une épreuve décisive. Mais l'observateur aurait-il été trompé, le philologue ne le sera pas : les documents gravement falsifiés ne résistent pas à l'analyse.

L'étal de sincérité peut donc être constaté, et il suffit pour l'étude de l'élément réfléchi. Dans cet ordre de faits, aucun témoignage n'est à rejeter, même ceux qui ont été donnés dans les circonstances les moins rassurantes, comme après une longue absence du pays natal, l'abandon et même l'oubli partiel du patois. Soit, par exemple, une enquête sur la limite du territoire où la gutturale médiale posttonique se conserve, et

l6l LES MODIFICATIONS PHONÉTIQUES DU LANGAGE.

supposons que l'on demande à un homme qui se souvient à peine de son patois comment on disait scie (secat) dans son village. S'il répond scie, il y a lieu de douter : ce peut être un mot français. Mais s'il dit séje, pourquoi hésiterait-on ?

Ainsi, loin d'être désarmée en face des dépositions fautives ou des erreurs involontaires, la science peut profiter des unes et des autres. D'où je conclus que tous les témoignages sont bons. Le tout est d'en déterminer la valeur et de ne leur demander que ce qu'ils renferment.

Degré de généralisation dont sont susceptibles Us documents oraux.

Si le cadre d'une étude est assez restreint, il est possible d'entendre toutes les personnes qui s'y trouvent renfermées. Mais, dans ce cas même, l'observateur sent bientôt la nécessité de regarder un peu au delà, et se voit obligé de recourir à des explorations incomplètes. Dès lors, la question se pose de savoir quel rapport il peut y avoir entre la langue de quelques-uns, ou même d'un seul, avec la langue de tous; en d'autres termes, si l'on peut sur des témoignages individuels conclure pour la généralité.

La réponse , c'est à l'observation seule que nous devons la demander, et elle peut varier suivant les lieux où celle-ci a porté. Autant que je puis en juger par ma propre expérience (et cela surfit dans le cas présent), l'élément réfléchi d'un patois ne varie guère dans un même village. L'on peut donc admettre que, sur ce point, le témoignage d'un seul vaut pour tous. Mais, quand il s'agit de l'élément qui est encore flottant, et de faits qui sont soumis à une évolution actuelle, un témoignage isolé ne peut avoir de portée générale. Ce qu'on peut faire de plus, c'est de l'étendre à la génération dans laquelle on l'a observé. Une modification peut, il est vrai, se produire isolément, et l'on en a beaucoup d'exemples ; mais les faits isolés se décèlent toujours par des caractères propres qui ne permettent pas de les confondre avec le résultat d'une évolution régulière.

Les sujets mêmes, chez qui on les rencontre, sont souvent en mesure d'avertir l'observateur, car ils ont eu ordinairement à subir des critiques ou des railleries pour leur défaut de langue. En tout cas, on ne trouvera pas le même fait chez deux individus différents.

Je me crois donc autorisé à conclure :

i° D'un seul témoignage pour tout un village de peu d'étendue, quand ce témoignage concorde avec l'induction scientifique, et qu'il porte sur un fait pour lequel l'évolution paraît être accomplie;

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2" De deux ou trois témoignages pour toute la génération placée dans des conditions analogues à celles des sujets observés.

Du reste, il sera toujours facile au lecteur de connaître au juste la valeur des formules générales que, pour plus de brièveté, j'emploierai souvent, en se reportant à la liste des témoignages que j'ai recueillis pour chaque village.

Valeur des documents oraux pour établir la chronologie linguistique.

Les raisonnements, basés sur les documents oraux, supposent tous un postulatumt dont la preuve, je crois, résultera de l'ensemble de l'ouvrage : à savoir que le patois est stable dans chaque individu, et que, considéré à un âge quelconque du sujet observé, il représente le parler de la génération prise dès l'origine ; — en d'autres termes, que le patois est constitué dans l'enfance et qu'après il ne change plus, du moins quant à la nature propre des sons, d'une manière appréciable.

On peut faire à ce principe une objection préjudicielle, qui n'est point sans valeur : les modifications qui se produisent avec l'âge dans les organes doivent amener des modifications dans le parler.

Pour apporter une réponse directe et sans réplique, il faudrait pouvoir fournir une série d'observations faites sur une personne aux différentes périodes de son existence par un observateur placé chaque fois dans les mêmes conditions. C'est dire qu'il faudrait, pour trancher la question, recourir à une observation mécanique. En attendant qu'elle soit faite, voici les raisons générales que je puis faire valoir en faveur de ma supposition :

i° Des observations faites par moi sur ma mère à dix ans d'intervalle et d'une façon tout à fait indépendante ont donné des résultats identiques.

2° Les parlers des vieillards ont entre eux les mômes ressemblances que ceux des enfants. Une évolution se continuant aurait amené infailliblement des divergences, surtout lorsque les personnes ont vécu dans des milieux complètement différents. Or, autant que j'ai pu le constater, ces divergences n'existent pas. Je citerai comme exemple les parlers de deux amis d'enfance, MM. Lévêque et B. de Fonroche (Le Maschinet), qui sont demeurés identiques. Pourtant, M. Lévêque n'a jamais quitté son village, et M. B. de Fonroche a passé 37 ans hors du pays. Rien, du reste, n'est plus fréquent que de trouver des vieillards qui, transportés depuis longtemps dans des villages étrangers, ont conservé fidèlement la caractéristique du patois de leur lieu d'origine.

Mais, je me hâte de le reconnaître, ces observations ne portent que sur la nature môme des sons, et non sur les qualités accessoires, comme la durée, l'acuité ou l'intensité.

Je me garderais bien aussi de les étendre aux faits d'ordre analogique. C'est surtout dans le premier âge que l'analogie est puissante; mais il est possible qu'elle conserve quelque chose de son action sur toutes les périodes de la vie.

En tout cas, elles ne s'appliquent pas du tout à l'élément étranger qui s'introduit dans le langage. Sous ce rapport, la même personne modifie plusieurs fois son parler. J'en ai des témoignages certains, et, du reste, ici les témoignages sont superflus. Non seulement les mots étrangers sont reçus ou rejetés en proportions variables dans le courant d'une même existence, mais le mot étranger lui-même varie dans la môme bouche avec le temps. En 1879, ma mère disait kôtûtfélmâ « continuellement », en 1886 kôlfinyèrmà, en 1890 kdtû\)brmà. On ne trouverait pas un changement analogue dans un mot indigène.

Ces réserves faites, je crois que le patois est fixe dans le même individu.

Je devrais maintenant faire connaître les circonstances dans lesquelles chacune des personnes auprès desquelles j'ai recueilli des documents ont constitué leur parler. Mais la tâche serait longue et rénumération fastidieuse. Je me contenterai de le faire pour les membres de ma famille qui m'ont fourni la base même de cette étude. Quant aux autres personnes, je me bornerai â quelques indications sommaires.

Ma famille.

Ma parenté à Ccllefrouin a été constituée par l'union de deux familles qui se sont alliées dans les personnes de ma grand'mère et de mon grandpère, celle des Bernier et celle des Garnaud.

A ces deux familles, je dois en ajouter une troisième qui descend des Bernier, par une tante de ma grand'mère, et dont une partie est passée par deux mariages successifs dans celle des Garnaud, je veux dire celle des BéchaJe.

Les Bernier et les Béchadc sont relativement nouveaux h Ccllefrouin. Les Bernier n'apparaissent dans les registres de la paroisse que dans le courant du xvinc siècle. Les Béchade sont plus anciens. Nous les trouvons établis à Cellefrouin en 1639, c'est-à-dire aussi haut à peu près que les

Dig

PRÉLIM in aires.

registres nous permettent de remonter. Nous pourrions même dresser leur généalogie à partir de Louis Béchade de Fonroche, qui fut père, en 1734, de François Béchade de Fonroche auquel remontent les représentants actuels de la famille. D'un rang assez élevé pour le pays, ils avaient leurs tombeaux dans l'église et s'étaient alliés aux De Salignac-Fénelon. Ce qui ne les empêchait pas de conserver avec un soin jaloux le patois qu'ils parlaient.

Les Garnaud, d'une condition plus modeste, mais pourtant aisée, semblent appartenir à la population indigène. Ils sont cités deux fois dans le Cartulairc, et huit fois dans le Censicr. Nous les retrouvons dans les registres à partir de 1646. L'absence d'une forme complètement populaire pour le nom de Garnaud pourrait seule faire croire a une importation étrangère. Mais la conservation des noms de famille n'est due qu'à une influence savante. Des formes populaires dans le censier, comme Tareu, Grassi, ont complètement disparu devant les formes françaises Tareau, Grassitt. Les noms de lieux seuls ont gardé les formes indigènes. On dit : « là Jo bàrà, la Font Barraud »; mais « tà bàrà, chez Barraud ». Les personnes étaient surtout désignées par des surnoms. Celui de mon grand-père était Papelin.

Dans les derniers temps, les Bernier étaient établis au Moulin de la Boubière, les Béchade au Temple, les Garnaud au Moulin-Neuf.

Le mariage de mon bisaïeul Bernier avec une femme de Poursac, suivi de ceux de son fils, de son petit-fils et de sa petite-fille avec des personnes de Beaulieu, ont écarté le parler de la branche directe des Bernier du patois de Ccllefrouin. Je ne le distingue pas de celui de Beaulieu. J'ai observé : M. Pierre Bernier (1821) qui s'est transporté de la Boubière au Moulin de Sansac; sa sœur, Mmc Cotinaud (1825) établie à Beaulieu; ses filles, Anoa (1850) et Théoline (1854), nées toutes les deux à la Boubière, et son neveu, Eugène Cotinaud, né à Beaulieu (1865).

Les descendants des sœurs de ma grand'mèrc Bernier parlent le patois des lieux où ils sont nés : Mme Darconnat (1825), son frère M. Champagne (1836), et son fils Louis Darconnat (1860), celui de Ventouse; les filles de M. Champagne, celui de Ronfort (Saint-Front), pays de leur mère; M. Sejat (181 1), et ses neveux Prèvotel, celui du Moulin de Villars et du Maine-Michaud, sa petite-nièce Mnw Pinaud, celui de Chalais (Saint-Claud).

M. Louis Darconnat, qui est venu passer une année à Paris, m'a assisté de sa collaboration pendant la rédaction de cette partie de mon travail, et je lui dois d'utiles renseignements.

Le patois des Béchade, du moins celui que j'ai étudié moi-même, s'écarte de celui du Temple, et se rapproche de celui des Garnaud. Aussi ai-je cru pouvoir lui emprunter les échelons qui me manquent dans la famille Garnaud et qui me permettent de remonter sur certains points jusqu'au second tiers du xvni€ siècle. Je citerai :

1783. F. Bêchade de Fonroche, fils de Fr. de Fonroche, était né au Temple. Je connais de lui quelques formes archaïques qui sont restées, grâce à leur étrangeté, dans la mémoire de sa fille, M™1 Valteau de Mouillac. Il était, par son mariage avec une demoiselle Bernier, l'onde de ma grand'mère.

1809. Mœ* Valteau de Mouillac est née au Temple; mais elle est restée au Maschinet chez une de ses tantes, afin qu'elle pût suivre de là l'école de Ventouse. Elle a défendu son patois de son mieux. Elle m'a raconté que sa tante voulant lui faire dire divàtb (forme de Ventouse), au lieu de divâtâ (forme de Cellefrouin) : « Tant qu'à changer, aurait-elle répondu, j'aime mieux dire tablier. » Elle a gardé dévàtà. Après un court séjour à La Merlière, elle a quitté Cellefrouin, en 1841, pour aller à Bordeaux où elle s'est trouvée au milieu d'une petite colonie de compatriotes, composée de membres de la famille Béchade et de deux personnes de Chez-Cherves. Du reste, elle n'a jamais cessé de parler patois avec son fils.

1813. Béchade de Fonroche. Il est né au Maschinet où il a été élevé. Son patois diffère peu de celui de sa sœur (M"" V. de M.). Sa vie présente ce détail intéressant pour nous, que, après avoir été soldat pendant 7 années et avoir passé près de 30 ans en Amérique, il a retrouvé en quelques jours le patois de ses jeunes années. Il est donc resté étranger au mouvement qui a pu s'opérer pendant son absence dans le patois de Cellefrouin, et son témoignage, à ce point de vue, est d'un grand prix.

1839. E. Valteau de Mouillac. Il est né à La Merlière. Son père, arrière petit-fils d'un maire d'Angoulème, ne parlait que français. Il n'a donc pu apprendre le patois que de la bouche de sa mère et dans la petite colonie établie à Bordeaux.

Quant aux autres membres de la famille Béchade qui descendent d'une sœur de ma mère, nous les retrouverons dans la famille Garnaud.

Le patois de la famille Garnaud a été constitué au Moulin-Neuf, où mon grand-père est né, le dernier de neuf enfants. Ce moulin, qui est le Moulin-Neuf au moins depuis le xm* siècle, était, il y a 50 ans, le centre où l'on se réunissait de tous les villages voisins, du bourg, de Chez-

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Picard, de Chez-le-Royal , de Chavagnac, de la Phibaudet, du Lac, du Temple, de Chez-Vérinaud, etc. Une maladie, qui retint mon grand-père 18 ans dans son fauteuil, était une raison de plus pour attirer les visiteurs qui y venaient en foule et de toutes les conditions, le curé, le notaire, les bourgeois, avec les pauvres gens et les clients qui affluaient.

Tandis que le grain ou les noix étaient broyés sous la meule, tous se groupaient autour de l'aimable vieillard qui avait gardé le costume avec les bonnes grâces du siècle dernier et qui était l'âme de ces réunions. On racontait les nouvelles du jour, les histoires et les légendes du passé, les apparitions nocturnes des revenants ou du diable, les exploits du loup garou, les contes où la Sainte-Vierge remplaçait les fées, les aventures de Jean-le-Sot; on y daubait même parfois les bourgeois et les curés; on se posait des énigmes; on se portait des défis; à certains moments, chacun devait dire son conte ou donner sa chanson. Cependant on rapportait du bourg des hocs1 pleins de vin; ma mère disposait les gobelets sur la table ; et ma grand' mère assise devant son foyer, en vraie meunière qui sait attirer l'eau à son moulin, faisait sauter les crêpes avec une habileté demeurée célèbre.

Pour faire connaître toute la littérature orale du pays, je n'aurais qu'à publier les Récits du Moulin-Neuf. Ils existent encore, conservés dans deux mémoires merveilleuses que j'aimerais à pouvoir exploiter un jour.

Je n'ai pas connu mon grand-père. C'est donc à ma mère que je dois reprendre la série des représentants de mon patois.

1822. Marie Garnaud, enfant préférée de son père qu'elle ne quittait jamais. Elle représente fidèlement la tradition des Garnaud, et j'ai pu me convaincre qu'elle n'a rien pris de sa mère, Françoise Bernier. Elle a quitté Cellefrouin à l'âge de 22 ans pour s'établir à Saint-Claud où elle est toujours restée depuis. Suivant la coutume de son temps, en sa qualité de fille, elle n'a pas appris à lire. Le patois a été pendant longtemps sa seule langue, et elle l'a défendu, comme son costume, contre l'invasion de la mode nouvelle. Cependant elle a, depuis peu, fléchi sur certains points, et, comme elle abaisse ses coiffes, elle francise son patois. Mais elle se rend bien compte du changement; aussi, quand elle veut, elle sait bien laisser de côté tout élément d'emprunt.

1832. L. Carré, petit-neveu de mon grand-père, né à Cellefrouin, était un habitué du Moulin-Neuf. Eloigné du pays depuis longtemps, il en parle le patois avec amour. Je lui dois d'avoir le premier attiré mon attention sur certaines formes peu correctes de mon propre parler.

» Cruches qui servent à mettre l'eau â boire.

l68 LES MODIFICATIONS PHONÉTIQUES DU LANGAGE.

1834. Marie Béchade, nièce de Marie Garnaud, née au Moulin-Neuf. Elle ne représente en réalité que la tradition des Garnaud ; car d'une part elle descend de ceux-ci par son père comme par sa mère ; et d'autre part son grand-père, frère de Fr. Béchade de Fonroche, étant mort jeune, l'éducation des enfants est restée entre les mains de la mère qui était une nièce de mon grand-père Garnaud. On peut dire qu'elle n'a pas changé de milieu, malgré quelques séjours temporaires à Lascoux et à la Merlière. Elle est fixée depuis longtemps Chez-Casternaud. C'est un témoin précieux du parler de Cellefrouin : elle n'en connaît pas d'autre.

1837. Jean BècHADE, frère de Marie, né aussi au Moulin-Neuf. Il est allé à l'école et il a quitté le pays à 22 ans, mais il n'a pas cessé de parler patois en famille. Pendant que je rédigeais ce travail, il était à Paris, et il s'est prêté avec complaisance à toutes mes investigations.

1846. Pierre Rousselot, fils de Marie Garnaud. Mon père est de Nanteuil-cn- Vallée, et je suis né à Saint-Claud. Malgré ces deux circonstances, ou plutôt grâce à elles, je puis me réclamer du Moulin-Neuf dont je continue sur bien des points la tradition. Ma mère m'a appris son patois et je l'ai parlé constamment avec elle. J'ai fait mes premières études à Cellefrouin, où je suis resté depuis douze ans jusqu'à seize, parlant tous les jours patois avec les paysans et mes camarades de jeux. Cependant je n'ai pas échappé entièrement aux influences des milieux où j'ai vécu. J'ai pris au parler de Saint-Claud quelque chose de ses nasales, et certaines formes de conjugaison ; au français, sa syntaxe.

Aucune de mes sœurs n'a conservé l'habitude de parler patois ; elles l'ont abandonné dès qu'elles sont allées à l'école. Deux néanmoins,

1850. Marie-Louise Rousselot, et

1852. Juliette Rousselot, ont gardé des formes intéressantes.

1859. Françoise Neuville, fille de Marie Béchade, a été élevée Chez- Casternaud. Elle n'a guère vécu qu'avec sa mère dont elle, continue très visiblement la tradition, tout en subissant une légère influence du patois de Chavagnac qui est celui de son père.

1878 et 1880. Mariette et Elisa Raynaud, filles de la précédente, sont nées à Fonfais et ont été transportées en 1880 Chez-le-Royal. Comparées à leur mère, elles ont quelque chose d'archaïque dans leur parler. Elles ont été en partie élevées par leur grand'mère, et elles vont à l'école. Leur père, qui est de Chasseneuil, a adopté le patois de Cellefrouin, mais sans se débarrasser entièrement de celui qu'il a répudié tout enfant.

Ainsi, en réunissant les deux familles Béchade et Garnaud, nous obtenons une série qui embrasse plus de cent ans, et qui comprend quatorze témoins, tous placés dans des conditions qu'il est possible de déterminer.

PRÉLIMINAIRES

Le patois des autres membres de la famille Garnaud fixés dans des hameaux importants se rattache à celui des lieux qu'ils habitent, avec quelques nuances pourtant que nous aurons à constater. Je signalerai :

Pierre Baud (1835), petit-fils d'une sœur de mon grand-père mariée au Temple, avec ses enfants, Pierre (1876) et Marie (1880), sa sœur, Mme Tabaud (1844), et sa nièce (1864), parlent le patois du Temple.

M"" Lavaud, cousine germaine de ma mère, ses enfants et ses petitsenfants parlent celui de Lascoux.

En transcrivant ces noms, j'ai la douleur de penser que deux déjà ne sont plus qu'un souvenir. M"" Vallcteau de Mouiliac d'abord, puis M. Pierre Bernier, ont été ravis à notre affection et à ma reconnaissance.

Indication sommaire des sources orales.

La liste suivante ne se rapporte qu'aux documents oraux recueillis dans la région. Quant à ceux qui y sont étrangers, j'en indiquerai la provenance à l'occasion.

Les noms de lieux sont rangés selon l'ordre alphabétique des communes et, sous chaque commune, selon l'ordre alphabétique des hameaux.

Tous les hameaux ne sont pas mentionnés même pour Cellefrouin; cela tient à ce que quelques-uns ne sont habités que par des nouveaux venus, et que les autres m'ont paru négligeables pour l'objet que je me proposais.

Les personnes indiquées après chaque nom de lieu sont, sauf mention contraire, nées dans ce lieu et observées sur place.

Les chiffres entre parenthèses marquent l'année où l'enquête a été faite et à laquelle se rapporte l'âge indiqué.

L'astérisque désigne un membre de ma famille dont il a été déjà parlé.

Je joins à cette liste le nombre des habitants, d'après le Dictionnaire

géographique du dêp. delà Charente publié en 1858. Cette date convient bien

pour déterminer le cadre où se placent la plupart de mes renseignements.

Agris. — La Grange. — M~ Brunaud, depuis peu à Saim-Claud, environ 37 ans (1887). - 99 h.

Aunac. — Vitux-Aunae. — Une femme de plus de 9$ ans et son petit-fils, homme d'une quarantaine d'années (1887). — 239 h.

Bayers. — Une femme de 68 ans ; un jeune homme de 20 ans et de tous petits enfants que j'ai écoutés sans être vu (1887). — 382 h.

Beau lieu. — Veuve Ballet, 68 ans (1879) ; MM. Cotineau, 63 ans ; * Eugène Cotineau ; Amédce Garnaud, environ 37 ans, vu à Saint-Claud (il a vécu loin du pays) ; Ballon, sacristain, 62 ans; Caillier, 60 ans (1886). — 388 h.

La Grange à Boussard. — Diverses personnes ; M. Ballon, établi â St-Claud (1886). — 18b.

Moulin itSansae. — M»« Bcmier, 55 ans, et ses * filles (1886). — 6 h. BloussAC. — M. et MM Mourousseau, 60 ans, vus à Parzac (1887). — 82 h.

170 LES MODIFICATIONS PHONETIQUES DU LAKGAC

Chllefrouin. — MM. Carré, 6s ans, son fils, 35 ans, et ses petits-enfants, 9 ans 1/2, 8 ans et 5 ans ; Geneix, 52 ans ; Grassin, 66 ans (il tient un hôtel très fréquenté), et son fils aîné, 26 ans ; Faudry, 18 ans (1887) ; mes deux compagnons de jeu* : Fr. Doche, 40 ans (1887), dont le père était des Lélots et la mère du bourg, et C. Babaud, 41 ans (1890). — 138 h.

Chavagnac. — M. Gros, 60 ans (1887), déjà vu en 1879 ; une camarade d'enfance de ma mère, $9 ans (1887) ; M. Pierre Neuville, époux de 'Marie Béchade, né en 1832 (1887 et 1890), et son frère (1887) ; enfant Mayou, n ans; Hélène Vergnaud, 5 ans ; une personne de 35 ans ; une femme de 7! ans (1890). — 328 h.

Che^Casternaud. — •Françoise Neuville (1887). — 8 h.

Che^Chervu. — Tardât, facteur, $4 ans ; un autre Tardât, environ 60 ans (1887). — 46 h.

Chcç-Francilkm. — M»« Pascal Lebrunic, 34 ans, demeurant près du cimetière ; son frère, M. Aug. Bernard, 25 ans (1890). — 26 h.

ClxçU-Royal. — ' Mariette et * Elisa Raynaud (1887). — 21 h. Oie^-Pêricbou. — Un enfant de 10 ans (1887). — 8 h.

Goutibert. — Une femme mariée aux Ages, où elle demeure depuis 20 ans, environ 50 ans ; plusieurs personnes ; une petite fille de 4 ans (1887). — 73 h. La Boubièrt. — M. *Bernier (1886).

La Merlihe. — Une petite fille (1887). — 43 h-

Lascoux. — M»« * Lavaud, ses enfants et ses petits-enfants, 25 ans, 15 ans et 13 ans (1887), 8 ans, 4 ans (1890) ; la fille Rivet, 12 ans, Louise Mayou (son père et sa mère sont du village), 3 ans ; la fille d'une cousine germaine de ma mère, M«°* Charles, 3) ans, habitant Les Pradelières (1890). — 134 h.

Le MascUnet. — M. Lévêque et M. • Béchade de Fonroche, deux amis d'enfance ; une petite fille (1887). — 46 h.

Le MasdinUau. — Mme Degorce (M. Grenet), établie à Saint-Claud ; sa sœur, M»« Lhoumcau, environ 45 ans; M. Brethonneau (1887). — 113 h.

Le Moulin Neuf . — «Marie Garnaud (1879, 1882, 1886, 1887, 1889, i89o);*Marie Béchade (1882, 1886, 1887, 1889, 1890) ; «Jean Béchade (1880, 1888 et 1889).

Le Temple. — Une camarade d'enfance de ma mère (1887) ; M. Tabaud, 58 ans (1S86 et 1887); •sa femme et* sa fille; M. ' Pierre Baud, son 'fils et sa 'fille; un petit garçon de 10 ans 1/2 et une petite fille de 4 ans (1887). — 178 h.

Les Forges. — M. Lépinoux, 94 ans ; son fils, $0 ans, et son petit-fils, environ 18 ans (1886), et un enfant de 9 ans (1887). — 117 h.

Les Ltiots. — Debard, 12 ans, né aux Pradelières ; son père est né à Saint-Claud

(1886) ; son frère, Pierre Debard, né cher Mitcau, 11 ans ; Auguste Vildary, 14 ans, petit neveu de M. Pierre Carré, et son frère, Louis Vildary, 7 ans 1/2 (1887). — 23 h.

Les PradeJUres. — M. Dubois, 43 ans, et ses deux fils, l'un de 20 ans, l'autre de 13 ans

(1887) , sa femme est du Mas-Dieu. J'ai revu M. Dubois en 1890 ; trois enfants de t2, 10 et 9 ans (1890). — 184 h.

Pujch/tiJ. — M. Meunier fils (1887). — 35 h.

Puyrajoux. — Les deux enfants Tardât, l'un de 13 ans, l'autre de 9 ans (1887). — 30 b.

Chabanais. — M. Laurent, 78 ans, vu à Aunac (1887). — 1071 h.

Chabrac. — Un enfant de 12 ans, de passage a Saint-Claud (1890). — 151 h.

Champagnb-Mouton. — Deux personnes en 1879 ; une autre en 1890. — 647 h.

Chantrbzac. — M. Grenet, établi à Saint-Claud (1879 et 1890). — 120 h.

Chassenbuil. — Le fils de M. Barbineau, 22 ans, et sa fille, 6 ans (1889). M. Crusot, établi à Saint-Claud (1890). — 563 h.

Che^-Baugis. — Elisa Patry, environ 30 ans. Elle est née chex Chadiat (Saint-Claud); mais, transportée Chei-Baugis vers Tige de 3 ou 4 ans, elle semble en avoir complètement adopté le parler, et son petit garçon, 6 ans (1887). — 14 h.

Chassœcq. — M«« veuve Epinoux, 74 ans (1886) ; M. La Brunerie, $i ans; ses filles, dont l'aînée avait 21 ans (1886) ; M. Lallemand (1879).

PRELIMINAIRES

Biergi. — M. Valentin, environ 60 ans (1886). — 147 h.

Che^-Basut. — M. Meunier, dit k[Mly te plus âgé de la commune (1886). — 33 h. Cbtç-Jtan de Btaulieu. — M»« La Brunerie (1886), établie au bourg. — 90 h. La GbKvrau. — Un homme, d'une quarantaine d'années ; son fils, de 20 ans ; une pente fille de 7 ans (t 886).

Lajite. — M»e pjat, établie au bourg (1886). — 33 h. Chenon. — Une femme établie à Aunac (1887).

Cher ves-Chate lard. — Che^-Bonneau. — M«« Poitevin, 3$ ans (1886 et 1890), établie 1 Saint-Claud depuis 9 ans, mais elle a continué à parler son patois en famille.

Couturb. — Chei-Gouffitr. — M. Rouyer, 70 ans (1887), établi à Aunac. 11 est allé à l'école de Chenomet. — 52 h.

Genouillac — Puybarraud. — M. l'abbé Fourgcau et sa sœur (1887). — 84 h.

La Péruse. — M. l'abbé Chesnes, curé de Saint-Claud, et sa sœur (1886, 1887 et 1890). — 34$ h.

La Tache. — M"» Château et sa fille, de 7 â 8 ans (1887). — 192 h.

Le Grand-Madiiu. — M. Garnaud, $3 ans, n'ayant jamais quitté le pays, et un autre homme du même âge environ, qui a fait son apprentissage à Beaulieu (1887); la femme du maire (1879).

Le Lixdois. — M»« Barbineau, établie à Chasseneuil (1889). — 32 h.

Les Pins. — M. Léonide Bernard, environ 40 ans (1886). — 108 h.

LicHÈRES. — M. Légeron, 57 ans, et sa fille, 25 ans (1887). — 84 h.

Lussac. — M. Bélamy, habitant Le Treuil depuis quelques années, et son fils (1886); MM. Terreau, 3$ ans; Bisscrier, 77 ans, établi Chcz-Chadiat depuis 40 ans (1887). — 196 h.

Makot. — M«* Eugène Cotinaud, 17 ans, vue â Saint-Claud (1890). — 299 h.

Mouton. — M. Delille, 79 ans (1887), son père était de Trellies (Jauldes), sa mère de Mouton, sa fille et sa petite-fille (1887). — 255 h.

Moutonn eau . — Un vieillard de 79 ans et son petit-fils, rencontrés i Mouton (1887) ; le sacristain, 49 ans, et une femme (1887). — 225 h.

Nantbuii.. — Vûlan. — Mon père, né en 1818 (1887 et 1890).

NtEUt. — M. Méturas, environ 40 ans (t 886). — 261 h.

Cht\-]v\aud. — Un jeune homme, environ 18 ans, vu â Parzac (1887). — 49 h.

Les Chaumes. — M"" Vachot, 70 ans, établie â Saint-Claud (1886). — 46 h.

Le Rocher. — M. Tingaud, établi à Saint-Claud (1879). — 60 h.

La Sorcellerie. — Une femme d'environ 30 ans, son père était de La Péruse, sa mère de Negret (1886); M. Dubois, élevé au Petit-Negret, il est resté 10 ans aux Carmagnats, 1 5 i Chalais, 4 ou j Chez-Tcvenin, 66 ans (t886). — 73 h.

Parzac. — M°>« Marchivc, au moins 70 ans (1879) ; MM. Texier, Découret, Lhermite, 25 ans (son père est du Poitou, sa mère de Saint-Laurent) ; un jeune homme, dont le père est de Champagne-Mouton et la mère de Châtain (1889) ; un autre, dont le père est de Parzac et la mère de Vicux-Céricr (1890), vu a Romfort. — 90 h.

Cbei-Cormemer. — Un homme habitant La Combe de Saint-Claud (1890). — $0 h.

La Cwnbe. — Un jeune homme de 17 ans (1887). — $8 h.

La Garaudie. — Mme Marchand, habitant Saint-Claud depuis longtemps (1890). — 80 h.

Mouchtdune. — M. Nivet, 68 ans (1886). — 90 h.

Tierce. — M. Caluaud (t886).

Roumazières. — Des enfants (1886). — 79 h.

La Vignes. — Un homme d'environ 60 ans (1886;. — Maison isolée.

Ruffec. — M™ Raphaël, 72 ans , M** Devant, 75 ans ; sa fille, 48 ans ; la famille Cadoux (1886). — 2854 h.

Saint-Ciaud. — M™« Baily, 57 ans ; M. Nanglard, environ 60 ans (1879) ; Louis Louit (Lébaudi), qui depuis le commencement de mes recherches jusqu'à 1887 s'est mis A ma disposition avec une affection que je ne saurais oublier. Il est mort en 1888, i l'âge

de 72 ans ; M»* Lavillc, 68 ans ; sa fille, 46 ans, et son petit-fils, Léonide Armand, 90ns, le seul des enfants de Saint-Claud qui ait conservé l'usage du patois (1887); MM. J. Bourgcatc, environ 50 ans, et Ducoq, 59 ans (1890). — 648 h.

Chalais. — M. Ripe, 62 ans ; M»« 'Pineau, 20 ans (1887) ; M. Charles Prévôtel, 64 ans, sa famille habite Chalais depuis au moins 160 ans, sa femme, sa fille et sa petitefille de 3 ans (1890). — 1 16 h.

Che^'Cbadiat. — MM. Courteneuvc (1879); Desvergnes, 51 ans (1887) ; Bernard, environ 60 ans (1890). — 127 h.

Che^-Civadier. — M. Jacques Carmagnac, environ 50 ans (1887). Son père était de Chez-Fayard, sa mère de Chalais. — 8 h.

Cbei-Mancur. — M. Prévotel, 66 ans; une jeune fille de 15 ans (1890). — 105 h.

Cbei-Minier. — Un homme d'environ $o ans (1879) ; l'enfant Denis, 4 ans 1/2 (1890), observé conjointement avec sa grand'mère, de ta Betoule, et sa mère, de La Chapelle. — 35 h-

Chti-Robiutt. — M. Gauthier, 8} -ans (1879). — 9« h.

La Combe. — Jamot, dit la Rouine, 84 ans (1879). Son père et son grand-père étaient nés au même endroit. — 55 h.

La Betoule. — M"»« Denis mère, 6j ans (1890). — 12 h. La Chapelle. — Mme Denis, 24 ans (1890). — 7 h.

L'Age. — M. Louis Sudre, 71 ans (1890). — 272 h. (L'Age touche Saint-Claud.) Les Car magnais. — Jeanne Maigre, environ $8 ans (1879). — 48 h. Les Rainauds. — Un homme (1879) ; un jeune homme (i89°)« — 49 h- Maine-Mkhaud. — •M™* Prévotel, 70 ans (1879). — 91 h. Moulin de Villars. — 'M. Séjat (1879).

Moulin de la Roclx. — Françoise Vildary, environ 50 ans (1887).

Negrti. — M. Poitevin, 41 ans; une jeune femme, 18 ans ; une femme de 72 ans, venue à 6 ans de Saint-Laurent (1889) ; M. Dubois, 76 ans (1890). — 50 h.

Saint-Front — MM. Gauthier, 70 ans; son fils, 35 ans, et un enfant; Louis Gauthier, 47 ans ; M"" Bouchaud, 42 ans, et son fils, 12 ans (1887). — 125 h.

Romfort. — M. Jaboin, 74 ans; sa fille (M»* 'Champagne), 40 ans, et ses petitesfilles (1887) ; deux enfants de 1 1 ans ; René Ménicr et Joséphine Vidaud (1890). — 24 h.

Saint-Gocrson. — Le sacristain, 45 ans(i887) ; une jeune fille de 15 ans (1887). — 142 h.

Saint-Laurent. — Une femme très âgée ; un homme d'environ 40 ans ; des petites filles (1887). — 190 h.

Cbrç-Rioux. — 21 h. — La Jarttou. — 45 h. — La Prh<étie. — 66 h. — Lu Fiiguaudies. — 38 h. — Les petites filles de l'école (1887).

Saint-Mary. — M. Gobcau, environ 68 ans ; son fils, environ 28 ans ; le sacristain

Cbei-Rosi — 44 h. — et U Grauge — 76 h. — Un ménage, vu à Saint-Mary (1866). Salles de Villefacnan. — M. Charles, 63 ans, établi aux Pradelièrcs (1890). Suaux. — M. Brejoux, établi â Saint-Claud depuis une vingtaine d'années (1886 et 1890), et diverses personnes. — 166 h.

Masfoubert. — Un enfant, vu a Saint-Claud (1887)

Taisé-Aisie. — M. Bodet, *o ans, sa fille, 15 ans (1890), fixés à St-Claud. — I $6 h. Valence. — M. Maudet, 83 ans; un enfant de 15 ans (1887) ; M™ Rousseau, 37 ans (1890). — 96 h.

Bois-Iïernardenl. — M=* Barret, établie a Goise (1887) J Mmc Gros. «5tablie à Chavagnac

Goise. — M. Barret, 61 ans, et son fils, 38 ans (1887). — 57 h. Ventocse. — Famille Champagne : M™ ' Darconnat (1887), son 'fils (1888), son frère M. * Champagne (1890). — 42 h.

Loûme, — M. Lembert, 50 ans (1887). — 25 h.

PRÉLIMINAIRES

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