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dans l’impossibilité de dormir, de s’occuper d’autre chose que de ses souffrances, obligé de prendre continuellement du gardénal et de la morphine.
La douleur sympathique procède, comme la douleur tronculaire, par paroxysmes entre lesquels persiste toujours une douleur continuelle plus ou moins vive. Les variations atmosphériques ont également dans ce type une grande influence. Un de nos opérés qui présentait des douleurs du type sympathique, que nous considérons comme guéri, nous disait que ses douleurs avaient disparu, sauf en été : à l’approche des orages et des pluies il ressentait quelques fourmillements, comme au temps où il souffrait, quoique beaucoup moins pénibles. Weir Mitchell, il y a 50 ans avait déjà observé ce fait curieux.
Les douleurs ressenties d’abord uniquement au moignon tendent à se diffuser. G... de l’observation II a vu ses douleurs d’abord localisées à la cicatrice de désarticulation de l’épaule gauche s’étendre au dos, au thorax, à la nuque, puis au bras, au coude, enfin au petit doigt du membre supérieur opposé. Finalement, avec les crises d’angine, les brûlures au niveau de l’auriculaire étaient devenues les douleurs les plus insupportables. Elles étaient presque continuelles.
Le moignon de ces malades est très différent de ceux qui souffrent de douleurs tronculaires. Son aspect est toujours franchement anormal.
La peau est violacée, cyanosée, le moignon est œdémateux, infiltré, succulent, son aspect est très particulier. Le moindre attouchement est quelquefois atrocement douloureux. Une pression sur le né-
vrome déclenche une crise violente, la peau est très souvent froide.
Les ulcérations atones, sans aucune tendance à la cicatrisation sont fréquentes. Les oscillations sont parfois diminuées.
Enfin le syndrome peut s'accompagner, rarement d’ailleurs, d’épilepsie du moignon qui peut être très pénible.
En résumé, douleurs diffuses et diffusantes, agaçantes, mal définissables, accompagnées de troubles vaso-moteurs, tels sont les principaux caractères de ce type.
Malheureusement, si cette classification entre douleur spinale et douleur sympathique a le mérite d'apporter de la clarté à une question jusqu'alors confuse, elle a l’inconvénient d’être trop schématique.
Les types purs ne représentent pas la moitié des cas observés; le plus grand nombre des amputés qui souffrent présente une association des deux types décrits.
Leriche écrit d’ailleurs : « Ne vous attendez pas à les trouver toujours aussi nettement individualisés », très souvent, ils sont intriqués mais il est cependant assez facile de faire la part de chacun d’eux en interrogeant le blessé.
Parfois un type prédomine sur l’autre. Chez N…., de l'observation VI par exemple, les douleurs tronculaires, se traduisant par une crispation des orteils amputés, étaient beaucoup plus fortes que les douleurs sympathiques qui se traduisaient par des crises