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moignon fréquentes mais relativement peu douloureuses.
On apprend qu’il y a un an environ, le blessé hospitalisé à l'hôpital E.-Herriot, à Lyon a subi une série de quatre infiltrations lombaires. Toutes ont été suivies de soulagement, maïs la disparition des douleurs n’a jamais duré plus de deux ou trois heures. Il a quitté Lyon souffrant toujours autant. À l’examen du inoignon, on perçoit un gros névrome à la palpation.
En résumé, il s’agit de douleurs du type tronculaire extrêmement vives, surtout la nuit, accompagnées de crises épileptiformes, mais sans aucune douleur sympathique.
On décide une sympathectomie lombaire, malgré le type douloureux.
Dr F. Leclerc, protoxyde + avertine, opération très aisée le sujet étant maigre. Résection de L3 et L4 du côté droit.
Les douleurs disparaissent complètement et le blessé ne sent absolument plus le membre amputé. Guérison complète. Le moignon est souple, indolent. Les secousses épileptiformes ont disparu.
Chez le blessé de l’observation N° IV, malgré la topographie des douleurs, nous ne nous attachons pas à la résection nerveuse suivie de suture ; lablation de la chaîne lombaire nous donne d’emblée une guérison.
Les résultats de la sympathectomie lombaire sont vraiment parfaits.
Tous les troubles disparaissent quelquefois. extrèémement rapidement. Comme l'avait déjà fait remarquer Leriche, il faut parfois un certain temps avant
d’avoir un bon résultat. Dans d’autres cas, il est. immédiatement, parfois extraordinairement frappant et, le soir même de l'intervention, l’amputé parle de luimême de soulagement complet (obs. IV, V).
L'action de la sympathectomie se fait sentir sur tous les troubles que présentait le blessé. Les ulcérations régressent peu à peu et disparaissent (obs. III et V). Les crises d’épilepsie du moignon qui sont parfois si pénibles cessent également de facon définitive (obs. IV).
La douleur sympathique s’évanouit comme par enchantement, le moignon glacé, œdémateux, violacé, redevient normal, la cicatrice qu’on ne pouvait toucher, ni palper, devient indolore. Ce résultat, d’ailleurs, on l’attendait, on pouvait le prévoir connaissant les succès immédiats que donne la simple sympathectomie péri-artérielle dans le type douloureux sympathique. Maïs, avec la résection ganglionnaire, il ne s’agit plus de soulagement de deux ou trois mois, mais d'amélioration durable et même de guérison.
Plus étonnants au premier abord: sont les. succès dans les douleurs tronculaires. Là, où échoue partiellement une opération logique comme la section nerveuse suivie de suture, l’ablation de la chaîne donne le soulagement définitif.
Dans l’observation n° V, l’amputé présentait des douleurs. à type mixte, avec prédominance des: douleurs sympathiques. La sympathectomie lombaire a agi sur les deux typesiet a donné-une guérison:qui: date maintenant de plusieurs années. Les deux autres mar lades ne souffraient que du membre absent ; les moi-
gnons étaient absolument normaux, les douleurs nettement fixes, nullement diffusanies. Dans l’observation III l’opération de Leriche fut un demi-échec, la résection de la chaîne un très beau succès.
Dans l’observation IV, malgré la topographie de la douleur, nous ne nous attardons pas à la section nerveuse, l’ablation de la chaîne atteint d'emblée le but cherché.
Il nous faut donc penser que le type clinique a moins d'importance qu’on pouvait le supposer et que dans un type douloureux purement spinal, une intervention sympathique peul amener une guérison parfaite.
Aucune autre opération ne nous a donné des satisfactions comparables (si on excepte la sympathectomie péri-fémorale du blessé de l’observation n° I). Ce qui frappe, en effet, c’est la qualité de la guérison, la perfection du résultat.
Au prix d’une opération en somme simple, sans danger, le malade jusque là un grand infirme, est rendu à la vie normale. Nous sommes bien loin des succès brillants mais passagers de la sympathectomie péri-artérielle et très loin également du 50 % d’amélioration que nous a paru donner la section nerveuse suivie de suture, ou les infiltrations novocaïniques.
Enfin, il est un dernier fait qui nous paraît très remarquable. Leriche écrit à plusieurs reprises que la résection de la chaîne sympathique lui a donné de beaux succès et même il regrette, semble-t-il, ne pas lavoir toujours pratiquée, maïs, ajoute-t-il, l’hallucination du membre fantôme n’est pas influencée ou
très rarement influencée par l'opération sympathique.
Or, nos trois amuputés après sympathectomie lombaire n’ont absolument plus perçu leur membre disparu. Tous ont été formels à l’interrogatoire, l’un même (obs. IV) s’en est déclaré gêné les premiers temps, lorsqu'il a repris la marche. Il avait l'habitude en portant son appareil, de sentir son pied; depuis l’intervention au-dessous de la cicatrice, c’est le vide, ce qui l’a décontenancé quelques jours.
Il semble donc bien que, dans la moyenne des cas, l'élément psychologique n'intervient que fort peu dans l'illusion, puisqu’en changeant les conditions circulatoires du moignon, l’amputé ne sent plus le membre fantôme. On peut rapprocher ce résultat de celui de la section nerveuse suivie de suture après laquelle les blessés continuent à percevoir le membre amputé et parfois même à en souffrir.
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