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LES INDICATIONS DU TRAITEMENT

Avant d'entreprendre le traitement des douleurs des amputés, il faut se rappeler ce que Leriche a écrit à plusieurs reprises. « La thérapeutique des moignons douloureux est très difficile, J’ai beaucoup échoué, de toutes sortes de façons ».

Dans un article de la Presse Médicale, il. conclut: « Dans le traitement des douleurs de moignon, j'ai quelquefois réussi, et souvent échoué, ce sont mes échecs qui m'ont le plus instruit ».

Dans une lettre récente qu’il nous, adressait, il insiste encore et écrit : « Il est très difficile de savoir ce qu’il faut faire, parce que les cas sont très différents les uns des autres. ».

Nous avons eu, bénéficiant de son expérience et. de ses directives, une série cerlainement heureuse d’améliorations et de guérisons. Nous ne voulons. pas en conclure que dorénavant nous parviendrons. à soulager tous les amputés qui souffrent. Nous savons que certains cas résistent aux thérapeutiques. les mieux conduites et les plus logiques. En particulier, certaines algies du membre supérieur nous ont paru résister à tout traitement et quelquefois même, semblent aggravées.

On:a pu envisager les indications opératoires de façon simple et claire, proposant une véritable règle de conduite :

Lorsqu'il existe des douleurs uniquement tronculaires : opération sur le nerf périphérique en cause (infiltration du névrome.…., résection nerveuse suivie de suture).

Lorsque l’amputé se plaint de douleurs purement sympathiques : après infiltration de novocaïine quelquefois suffisante, section des rameaux communicants, ou résection de la chaîne et des ganglions.

Il faudrait, pour adopter ce schéma qui a le mérite d'éclairer une question d’indications opératoires, Jusque-là obscure, admettre qu’il n’existe que deux types douloureux, qu’ils sont uniques et nettement tranchés.

Or, la clinique nous a appris que les types douloureux purs étaient rares et que les types mixtes sont au contraire la règle.

Nous avons montré dans les premiers chapitres que six moignons douloureux sur dix appartenaient aux types spinal et sympathique combinés.

De ce seul fait, la règle thérapeutique citée plus haut paraît donc beaucoup trop simple, ce qui n’est guére étonnant, et les indications se trouvent remises en Causes.

Cependant, il est certainement exact que les douleurs sympathiques soient soulagées dans une grande mesure et même souvent guéries par les résections ganglionnaires. Tous nos opérés se présentant dans ces conditions ont été améliorés de façon considérable (obs. I, IL, V).

Mais, à un moment donné, nous avons mis en application dans les douleurs tronculaires ce schéma simple de traitement, et il ne nous a pas toujours donné satisfaction.

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