‹ Les Moineaux francsChapitre 50 sur 56 · MATINEE DE BROUILLARD · texte numérisé non relu

MATINEE DE BROUILLARD

Brouillard épais, matinée Chagrinée.

Les pécheurs restent au port...

Tout s'endort.

Le soleil dans un lointain

Incertain, Semble une étoile mouillée

Et brouillée.

MATINEE DE illiiH'l I.LA RD,

Les barques llottent ballantes, Nonchalantes,

Sur le flot d'argent bruni Tout uni.

Des coups de sifflet pressés

Sont lancés, Cris de machine embrumée

Enrhumée...

Puis un long flic-llac de roue

Qui s'ébroue :

Le bateau de Saint-Malo

Vient sur l'eau.

Les voyageurs débarqués

Sur les quais Passent au loin, silhouettes

Fort peu nettes.

M A T I N K ]•: DK BItOU I 1,1. A R [>.

Ils marchent tèle baissée

Et lassée ; Leurs membres paraissent pris

Dans du gris.

La cloche, au sourd tintement,

Tristement Dans le brouillard vibre et pleure

Un quart d'heure.

Des ombres vont qui s'espacent

Et qui passent :

Le bateau repart, tout luit

Dans la nuit.

i ) Soleil ! ô vieil ami

Endormi, Qui sous ces flottantes robes

Te dérobes,

248 MATINÉE D E HROU1LL.VUD.

Pour demeurer de la sorte

A la porte, As-tu fait, vieux débauché,

Un péché?

En courant le guilledou (Dieu sait où !),

Cette nuit loin de la Lune Importune,

Liitinant quelque planète

En goguette, Es-tu tombé sur ton né

Fleuronné?

Ou bien, réveillé trop tard,

Par hasard, Honteux de ta nonchalance,

En silence,

MATINEE DE lilMni.l.Ai; I».

Rjestes-tu dans un nuage

Comme en cage, I (e ] > < ■ u r de te voir puni

Et honni?

Si toile est ta crainte, eh bien!

Ne crains rien !

Perce la brume maudite!

Viens-nous vite'

i lu pardonne tout quand même.

Dès qu'on aime, Et l'on t'aime, tu le sais,

Bien assez.

Ne nous laisse pas te voir

Sans t'avoir!

Grand acteur, sors des coulisses

< lu tu glisses,

Page 1